À la une
Le siège de Corinthe : 1826-2026Pour en savoir plus sur le...
Les festivals de l’été –Les Vêpres siciliennes : Verdi retrouve...
LES VÊPRES SICILIENNES, Verdi (1855) – dossier
Se préparer au SIÈGE DE CORINTHE (1826) – Festival Rossini...
Les festivals de l’été ––« Musique aux mirabelles » s’invite au château...
Se préparer à MACBETH – Opéra Royal de Wallonie-Liège, 18-26...
MANON LESCAUT, Puccini (1893) – Théâtre des Champs-Elysées, 02-15 novembre...
Les festivals de l’été –Un vagabondage romantique en compagnie de...
Sumi Jo International Singing Competition : victoire du baryton américain...
CD – Marion Vergez-Pascal : Amor y flores, une voix...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Subscribe our Newsletter for latest news.

Compte renduVu pour vousConcert

Les festivals de l’été –
Cap vers l’Italie (1/2) aux Semaines musicales de Quimper

par Sabine Teulon Lardic 20 août 2023
par Sabine Teulon Lardic 20 août 2023
© D.R.
0 commentaires 4FacebookTwitterPinterestEmail
1,9K

Au cœur de la Cornouaille, la 44e édition des Semaines musicales de Quimper choisit le cap des « Nuits italiennes » du 16 au 20 août. Sous les voûtes gothiques de la cathédrale Saint-Corentin, l’ensemble Zene fait partager les émotions des madrigalistes Monteverdi et Gesualdo. L’auditoire est captivé.

Un festival au cœur de la Cornouaille

Depuis quelques éditions, les Semaines musicales de Quimper se diversifient sous le directeur de programmation Andoni Aguirre . Du chœur citoyen au concert apéro au bar éphémère, des tarentelles traditionnelles au récital lyrique, tout public trouve son bonheur, y compris celui de se détendre lors d’un atelier « massages sonores ». D’autant que les lieux investis permettent de musarder dans le cœur historique de la cité, entre les Jardins de l’Evêché au pied des rives de l’Odet et les rues piétonnes bordées de demeures à colombages.

Première Loge assiste à deux concerts dont la qualité pourrait vous inciter à séjourner dans la fraîcheur finistérienne… et son brumisateur naturel !

Les madrigalistes avec l’ensemble Zene

Ce 18 août, l’ensemble Zene (« musique » en hongrois) –  cinq chanteurs chanteuses, deux instrumentistes – explore les affects des madrigaux renaissants. Et ce, en toute autonomie après leur travail réalisé avec leur chef,  Bruno Kele-Baujard,  fondateur de Zene  (2014). Lors de sa présentation, ce dernier précise que la formation est invitée pour la troisième fois  par la manifestation quimpéroise. L’été 2022, Première Loge avait apprécié leur exploration made in Transylvanie aux Rencontres de Vézelay.
Consacrée à un florilège de madrigaux de Claudio Monteverdi et de Carlo Gesualdo (voir la rubrique Programme), la première partie dévoile l’expressivité soutenue du premier et les tourments du second. L’extatique Ecco mormorar l’onde (2e Livre), sur un poème de Torquato Tasso, offre une immersion sonore dans la polyphonie renaissante par ses respirations, ses ondoiements. Par la suite, les effets de figuralisme (madrigalismes) éclairent les émotions amoureuses qui parcourent les divers poèmes : « pietosa » pour l’un, « sospirando » pour l’autre, « dolorosa » du plaintif Ohimé se tanto amate (4e Livre) avant les lamentations chromatiques de Lasciate mi morire (6e Livre). Ouvrant le volet consacré à Carlo Gesualdo, prince ténébreux, Moro lasso al mio duole (6e Livre) est un itinéraire tortueux, quasi torturé, où la dissonance est cultivée au plus près des frottements, voire du cri. La difficulté du parcours chromatique est battue en brèche par les cinq madrigalistes. Tous concentrés, comme d’ailleurs l’auditoire qui remplit les travées gothiques où les chants dessinent de sonores ogives.

En seconde partie, deux instrumentistes – la gambiste Alice Trocelier et le théorbiste Diego Salamanca –  se joignent aux chanteurs. Ce soutien de la basse continue étoffe l’expression poétique, tant profane que sacrée. Relevons la théâtralisation du Lamento della ninfa que Monteverdi fait évoluer vers la naissance de l’opéra en opposant la voix féminine au trio masculin. Et le public acclame l’ultime pièce, Duo Seraphim, dans laquelle l’entrelacs des voix de ténor et de basse devient un prétexte à leur surenchère virtuose. Celle-ci est d’autant plus réjouissante (comique ?) que l’ostinato des instruments est pulsé avec un swing entraînant.

Tous les interprètes partagent une complicité optimale par l’écoute et le cheminement expressif.  La souplesse vocale qualifie l’aisance des deux soprani, capables de projeter d’éclatants aigus ou de dialoguer dans Pulchra es (Vêpres de la Vierge). Deux pièces permettent d’apprécier le pouvoir expressif de chacune. Soit Anne-Laure Hulin (soprano) dans le sublime recitar cantando de la Pianta della Madonna (contrafactum du Lamento d’Arianna). Soit Charlotte Bozzi (soprano) dans le véhément Lamento della ninfa. Du côté des chanteurs, le contre-ténor Léo Fernique tient son registre dans les madrigaux (en dépit d’un vibrato serré), tandis que le pivot de la basse René Ramos-Premier (au large ambitus) maintient l’assise du contrepoint exubérant. Bénéficiant de son expérience avec les Arts florissants (enregistrement des Madrigaux sous la dir. de Paul Agnew), le ténor Sean Clayton imprime les élans (entrées en imitation) et les ruptures de tempo au collectif des solistes chanteurs.  Dans la pièce solo, Si dolce è il tormento,  il joue du raffinement des nuances, à égalité de la viole de gambe, devenue mélodique.

La seule réserve concerne le programme de salle, inexistant …  Dommage pour le titre et les poèmes des œuvres, sans compter l’absence du nom des interprètes  (que nous avons repêché auprès des artistes, après le concert).

Prochain rendez-vous quimpérois lors de la soirée du 20 août : le baroque italien est à l’affiche avec l’ensemble I Gemelli.

Les artistes

Ensemble Zene, direction Bruno Kele-Baujard

Le programme

Claudio Monteverdi, Ecco mormorar l’onde ; Svogava con le stelle ; Darà la notte il sol ; Volgea l’anima mia ; Ah, dolente partita ; Lasciate mi morire ; A un giro sol de belle occhi ; Ohime, se tanto amate ; Lamento della ninfa ; Si dolce è il tormento (madrigaux des 2e, 3e et 4e Livres). Pianto della Madonna ;  Pulchra es ; Duo Seraphim.

Carlo Gesualdo, Morro lasso ; Io pur respiro.

image_printImprimer
Ensemble Zene
0 commentaires 4 FacebookTwitterPinterestEmail
Sabine Teulon Lardic

Sabine Teulon Lardic est chercheure à l'université de Montpellier 3. Spécialiste de l'opéra-comique du XIXe siècle et des spectacles lyriques dans les Théâtres de plein air (XIXe-XXIe siècles), elle a collaboré aux volumes collectifs de Carmen Abroad (Cambridge Press), The Oxford Handbook of the Operatic Canon (Oxford Press), Histoire de l'opéra français, t.3 (Fayard, 2022). Elle signe également des articles pour les programmes de salle (Opéra-Comique, Opéra de Montpellier) ou la collection CD du Palazzetto Bru Zane.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
FESTIVAL ROSSINI DE PESARO : 5 opéras à l’affiche en 2024
prochain post
Les festivals de l’été –
Innsbruck : LA FIDA NINFA, une favola pastorale du Vivaldi de la maturité

Vous allez aussi aimer...

Les festivals de l’été –Les Vêpres siciliennes :...

18 juillet 2026

Les festivals de l’été ––« Musique aux mirabelles » s’invite...

17 juillet 2026

Les festivals de l’été –Un vagabondage romantique en...

16 juillet 2026

Sumi Jo International Singing Competition : victoire du...

16 juillet 2026

Les Festivals de l’été –Un Wanderer inspiré du...

14 juillet 2026

Les festivals de l’été –Le Barbier de Séville...

14 juillet 2026

Les Festivals de l’été –Tristan et Isolde :...

14 juillet 2026

Il barbiere di Siviglia nella Cavea del teatro...

14 juillet 2026

Les Festivals de l’été –Accabadora à Aix : une...

12 juillet 2026

Les Festivals de l’été –Aix : L’humanité merveilleuse de...

11 juillet 2026

Humeurs

  • La colline verte n’a pas fini de rougir —
    L’affaire Friedman et les fantômes de Bayreuth : le festival Wagner bute sur son passé antisémite

    26 juin 2026

En bref

  • Concours de chant Sumi Jo :
    Le baryton américain TREVOR HAUMSCHILT-ROCHA, repêché avant la finale, remporte le Premier Prix de la deuxième édition !

    14 juillet 2026
  • Les brèves de juillet –

    8 juillet 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de juillet – août : bonnes vacances lyriques !

    1 juillet 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Alain Camou dans Les festivals de l’été –
    La traviata aux Chorégies d’Orange : quand le spectacle vivant reprend ses droits
  • MALOUM dans La Vie parisienne au Châtelet, ou la joyeuse basse-cour ! 
  • Théo Leneveu dans La Vie parisienne au Châtelet, ou la joyeuse basse-cour ! 
  • Julien Bouyer dans SIMON BOCCANEGRA revient dans les lieux de sa création dans la nouvelle production de Luca Micheletti
  • MIchelle Aubas dans Les Festivals de l’été –
    Un Wanderer inspiré du Voyage d’hiver : Matthias Goerne au Festival de Radio-France Montpellier 

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Les festivals de l’été –Les Vêpres...

18 juillet 2026

Les festivals de l’été ––« Musique aux...

17 juillet 2026

Les festivals de l’été –Un vagabondage...

16 juillet 2026