À la une
Superbe Cavalleria rusticana à Palerme : un opéra vériste, toujours...
Cavalleria rusticana: un opera verista, tuttora attuale e dal valore...
Un Dido and Aeneas trop original ouvre la saison de...
Livre – Écrivains mélomanes, scrittori melomani (direction Camillo Faverzani, Andrea...
Se préparer à LEAR, Komische Oper Berlin, 16 septembre-03 octobre
Genève – LA TEMPÊTE de Franck MartinTempête sur le Rhône...
Les festivals de l’été – Une fin de dimanche en...
Se préparer à MACBETH – Opéra Royal de Wallonie-Liège, 18-26...
In memoriam : Pierre Constant (1933-2026)
In memoriam : Hartmut Welker (1941-2026)
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Subscribe our Newsletter for latest news.

Compte renduVu pour vousConcert

Concerts d’automne (1/3) : L’Orfeo de Monteverdi, ou quand le fils de Calliope fait escale en Touraine

par Stéphane Lelièvre 16 octobre 2021
par Stéphane Lelièvre 16 octobre 2021
0 commentaires 4FacebookTwitterPinterestEmail
2,2K

Crédit photos : © Rémi Angeli

Corboz, Harnoncourt, Garrido, Jacobs, Alessandrini,… Ce ne sont pas les versions intéressantes de L’Orfeo de Monteverdi qui manquent. Tout récemment encore, Leonardo García Alarcón en proposait un nouvel enregistrement, dans une vision qui a séduit notre confrère Tom Mébarki. L’an dernier pourtant, Emiliano Gonzalez Toro faisait paraître une nouvelle version du chef-d’œuvre de Monteverdi chez Naïve, et parvenait à trouver une place bien à lui au sein de la riche discographie déjà existante.

On retrouve au concert l’essentiel des caractéristiques et qualités qui avaient frappé dans la version discographique : absence délibérée de rubato, coloris très riche, variété et fantaisie chez les musiciens d’I gemelli, et surtout une capacité à donner à chaque tableau son identité propre et à créer des ambiances musicales et dramatiques idoines. Sur le vif, ce qui séduit surtout, c’est l’apparence d’une grande spontanéité (elle est bien sûr, on le devine, le fruit d’une intense préparation en amont) et la fluidité du discours musical, la favola in musica semblant déployer tableaux descriptifs, péripéties, climax dans une parfaite continuité et avec une belle densité dramatique. Cette impression est peut-être renforcée par l’absence de surtitres et de mise en scène (il y a cependant une mise en espace, sobre et efficace), forçant le spectateur à se concentrer exclusivement sur la musique, ce dont il a aujourd’hui parfois quelque peu perdu l’habitude à l’opéra…

Côté voix, le plateau, composé pour l’essentiel des artistes qui ont gravé l’œuvre pour Naïve, offre de nombreux motifs de satisfaction. Les dix chanteurs qui, outre Orphée, composent la distribution, interviennent tantôt en tant que solistes, tantôt en tant que membres du chœur, celui-ci n’étant pas étoffé de ripiénistes (contrairement à l’option choisie dans le CD). Tous forment une équipe solide, homogène, parfaitement impliquée dans la réussite globale du concert. Maud Gnidaz, Ninfa délicate et musicale, Alix Le Saux, belle voix chaude de mezzo, Lauranne Oliva, Euridice émouvante et Musica raffinée, Mathilde Étienne, Proserpina digne, ne forcent pas leurs moyens et sont constamment attentives au juste équilibre entre musicalité et intelligibilité du texte. Les sons fixes, quasi dépourvus de vibrato, de la première intervention de la Messagère (Natalie Perez) apportent une dissonance dramatique bienvenue dans l’ambiance champêtre, quasi madrigalesque des deux premiers actes. Les bergers (les ténors Juan Sancho et Olivier Coiffet) rivalisent d’élégance, avec des voix aux couleurs suffisamment différenciées pour pouvoir rebondir et se répondre efficacement. Les deux basses Nicolas Brooymans et Jérôme Varnier disposent toutes deux de la noirceur et de l’autorité attendues pour les rôles de Pluton et Caron. Quant à Fulvio Bettini, il compose un Apollon radieux à la diction très claire et évidemment idiomatique.

Emiliano Gonzalez Toro est annoncé dans le programme comme assurant à la fois la direction de l’ensemble I gemelli et le rôle-titre de l’œuvre. De fait, le travail de direction a été fait en amont, et c’est Violaine Cochard qui, tenant – avec un formidable talent – le clavecin et l’orgue face aux musiciens, assure tout au long de la représentation la cohésion musicale du spectacle. Emiliano Gonzalez Toro, quant à lui, s’implique entièrement, physiquement et vocalement, dans l’incarnation du fils de Calliope. Le timbre, très homogène, est d’une grande beauté, la technique parfaitement maîtrisée (la virtuosité – Possente spirto – n’est jamais extérieure mais reste toujours au service de l’expression), et le chanteur trouve toujours le juste équilibre entre la trop grande sobriété et l’expressionnisme parfois excessif voire déplacé de certaines interprétations.

Un spectacle accueilli triomphalement par le public, qu’on pourra revoir (avec presque la même distribution) mercredi 26 janvier 2022 à l’Opéra Royal de Versailles.

Retrouvez Emiliano Gonzalez Toro en interview sur France Musique !

Les artistes

Orfeo : Emiliano Gonzalez Toro  
Pastore : Juan Sancho
Appolo : Fulvio Bettini
Pastore, Caronte :Jérôme Varnier
Plutone :Nicolas Brooymans
Pastore : Olivier Coiffet
Euridice, La Musica : Lauranne Oliva 
La Speranza : Alix Le Saux 
Messagera : Natalie Perez 
Proserpina : Mathilde Etienne
Ninfa : Maud Gnidaz
 
Ensemble I gemelli, dir. Emiliano Gonzalez Toro

Le programme

L’Orfeo, favola in musica

Opéra en 5 actes avec Prologue de Claudio Monteverdi, livret d’Alessandro Striggio, créé à Mantoue, Palazzo Ducale, Accademia degl’Invaghiti, 24 février 1607.

Opéra de Tours, concert du 15 octobre 2021

image_printImprimer
Emiliano Gonzalez ToroConcerts d'autome
0 commentaires 4 FacebookTwitterPinterestEmail
Stéphane Lelièvre

Stéphane Lelièvre est maître de conférences en littérature comparée, responsable de l’équipe « Littérature et Musique » du Centre de Recherche en Littérature Comparée de la Faculté des Lettres de Sorbonne-Université. Il a publié plusieurs ouvrages et articles dans des revues comparatistes ou musicologiques et collabore fréquemment avec divers opéras pour la rédaction de programmes de salle (Opéra national de Paris, Opéra-Comique, Opéra national du Rhin,...) Il est co-fondateur et rédacteur en chef de Première Loge.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Rachel Willis-Sørensen et les Quatre derniers lieder de Strauss au Théâtre des Champs-Élysées. Aux portes du drame…
prochain post
Concerts d’automne (2/3) – les Vêpres de Rachmaninov par l’ensemble La tempête : une immersion dans le Sacré

Vous allez aussi aimer...

Superbe Cavalleria rusticana à Palerme : un opéra...

20 septembre 2026

Cavalleria rusticana: un opera verista, tuttora attuale e...

20 septembre 2026

Un Dido and Aeneas trop original ouvre la...

19 septembre 2026

Genève – LA TEMPÊTE de Franck MartinTempête sur...

18 septembre 2026

Les festivals de l’été – Une fin de...

18 septembre 2026

Porgy and Bess à la Philharmonie : Paris,...

17 septembre 2026

Le Crépuscule des dieux au T.C.E. : le Walhalla...

14 septembre 2026

Il barbiere di Siviglia : toujours très efficace, la...

14 septembre 2026

L’amour au temps de l’IA et de la...

13 septembre 2026

Zaïde de Mozart fait sa rentrée au Lycée...

11 septembre 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : onze mois déjà

    5 septembre 2026

En bref

  • Les brèves de septembre

    13 septembre 2026
  • La vidéo du mois –
    Hommage à Ileana Cotrubas : La traviata, « Parigi, o cara »

    2 septembre 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de septembre –
    Fin des festivals, début des festivités… avec la nouvelle saison lyrique 26-27 !

    1 septembre 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Michel Fournier dans In memoriam : Pierre Constant (1933-2026)
  • Stéphane Lelièvre dans Conservatorio Peri-Merulo di Reggio Emilia e Castelnuovo Monti – Masterclass del M.o Alessandro Corbelli 
  • Delvigne dans In memoriam : Pierre Constant (1933-2026)
  • Renza Begotti dans Conservatorio Peri-Merulo di Reggio Emilia e Castelnuovo Monti – Masterclass del M.o Alessandro Corbelli 
  • Renza Begotti dans Conservatorio Peri-Merulo di Reggio Emilia e Castelnuovo Monti – Masterclass del M.o Alessandro Corbelli 

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Superbe Cavalleria rusticana à Palerme :...

20 septembre 2026

Cavalleria rusticana: un opera verista, tuttora...

20 septembre 2026

Un Dido and Aeneas trop original...

19 septembre 2026