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Concerts d’automne (1/3) : L’Orfeo de Monteverdi, ou quand le fils de Calliope fait escale en Touraine

par Stéphane Lelièvre 16 octobre 2021
par Stéphane Lelièvre 16 octobre 2021
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Crédit photos : © Rémi Angeli

Corboz, Harnoncourt, Garrido, Jacobs, Alessandrini,… Ce ne sont pas les versions intéressantes de L’Orfeo de Monteverdi qui manquent. Tout récemment encore, Leonardo García Alarcón en proposait un nouvel enregistrement, dans une vision qui a séduit notre confrère Tom Mébarki. L’an dernier pourtant, Emiliano Gonzalez Toro faisait paraître une nouvelle version du chef-d’œuvre de Monteverdi chez Naïve, et parvenait à trouver une place bien à lui au sein de la riche discographie déjà existante.

On retrouve au concert l’essentiel des caractéristiques et qualités qui avaient frappé dans la version discographique : absence délibérée de rubato, coloris très riche, variété et fantaisie chez les musiciens d’I gemelli, et surtout une capacité à donner à chaque tableau son identité propre et à créer des ambiances musicales et dramatiques idoines. Sur le vif, ce qui séduit surtout, c’est l’apparence d’une grande spontanéité (elle est bien sûr, on le devine, le fruit d’une intense préparation en amont) et la fluidité du discours musical, la favola in musica semblant déployer tableaux descriptifs, péripéties, climax dans une parfaite continuité et avec une belle densité dramatique. Cette impression est peut-être renforcée par l’absence de surtitres et de mise en scène (il y a cependant une mise en espace, sobre et efficace), forçant le spectateur à se concentrer exclusivement sur la musique, ce dont il a aujourd’hui parfois quelque peu perdu l’habitude à l’opéra…

Côté voix, le plateau, composé pour l’essentiel des artistes qui ont gravé l’œuvre pour Naïve, offre de nombreux motifs de satisfaction. Les dix chanteurs qui, outre Orphée, composent la distribution, interviennent tantôt en tant que solistes, tantôt en tant que membres du chœur, celui-ci n’étant pas étoffé de ripiénistes (contrairement à l’option choisie dans le CD). Tous forment une équipe solide, homogène, parfaitement impliquée dans la réussite globale du concert. Maud Gnidaz, Ninfa délicate et musicale, Alix Le Saux, belle voix chaude de mezzo, Lauranne Oliva, Euridice émouvante et Musica raffinée, Mathilde Étienne, Proserpina digne, ne forcent pas leurs moyens et sont constamment attentives au juste équilibre entre musicalité et intelligibilité du texte. Les sons fixes, quasi dépourvus de vibrato, de la première intervention de la Messagère (Natalie Perez) apportent une dissonance dramatique bienvenue dans l’ambiance champêtre, quasi madrigalesque des deux premiers actes. Les bergers (les ténors Juan Sancho et Olivier Coiffet) rivalisent d’élégance, avec des voix aux couleurs suffisamment différenciées pour pouvoir rebondir et se répondre efficacement. Les deux basses Nicolas Brooymans et Jérôme Varnier disposent toutes deux de la noirceur et de l’autorité attendues pour les rôles de Pluton et Caron. Quant à Fulvio Bettini, il compose un Apollon radieux à la diction très claire et évidemment idiomatique.

Emiliano Gonzalez Toro est annoncé dans le programme comme assurant à la fois la direction de l’ensemble I gemelli et le rôle-titre de l’œuvre. De fait, le travail de direction a été fait en amont, et c’est Violaine Cochard qui, tenant – avec un formidable talent – le clavecin et l’orgue face aux musiciens, assure tout au long de la représentation la cohésion musicale du spectacle. Emiliano Gonzalez Toro, quant à lui, s’implique entièrement, physiquement et vocalement, dans l’incarnation du fils de Calliope. Le timbre, très homogène, est d’une grande beauté, la technique parfaitement maîtrisée (la virtuosité – Possente spirto – n’est jamais extérieure mais reste toujours au service de l’expression), et le chanteur trouve toujours le juste équilibre entre la trop grande sobriété et l’expressionnisme parfois excessif voire déplacé de certaines interprétations.

Un spectacle accueilli triomphalement par le public, qu’on pourra revoir (avec presque la même distribution) mercredi 26 janvier 2022 à l’Opéra Royal de Versailles.

Retrouvez Emiliano Gonzalez Toro en interview sur France Musique !

Les artistes

Orfeo : Emiliano Gonzalez Toro  
Pastore : Juan Sancho
Appolo : Fulvio Bettini
Pastore, Caronte :Jérôme Varnier
Plutone :Nicolas Brooymans
Pastore : Olivier Coiffet
Euridice, La Musica : Lauranne Oliva 
La Speranza : Alix Le Saux 
Messagera : Natalie Perez 
Proserpina : Mathilde Etienne
Ninfa : Maud Gnidaz
 
Ensemble I gemelli, dir. Emiliano Gonzalez Toro

Le programme

L’Orfeo, favola in musica

Opéra en 5 actes avec Prologue de Claudio Monteverdi, livret d’Alessandro Striggio, créé à Mantoue, Palazzo Ducale, Accademia degl’Invaghiti, 24 février 1607.

Opéra de Tours, concert du 15 octobre 2021

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Emiliano Gonzalez ToroConcerts d'autome
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Stéphane Lelièvre

Stéphane Lelièvre est maître de conférences en littérature comparée, responsable de l’équipe « Littérature et Musique » du Centre de Recherche en Littérature Comparée de la Faculté des Lettres de Sorbonne-Université. Il a publié plusieurs ouvrages et articles dans des revues comparatistes ou musicologiques et collabore fréquemment avec divers opéras pour la rédaction de programmes de salle (Opéra national de Paris, Opéra-Comique, Opéra national du Rhin,...) Il est co-fondateur et rédacteur en chef de Première Loge.

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