À la une
Le Miracle d’Héliane à Strasbourg : le miracle et l’épure
Apothicaire et Perruquier, Un Mari à la porte : la Compagnie...
Les brèves de janvier –
Se préparer à Un ballo in maschera, Opéra de Paris...
Création française de La Passagère de Mieczysław Weinberg à Toulouse –...
Turin : La Cenerentola – Le triomphe de l’ouïe sur...
Se préparer à La Passagère, Opéra national Capitole de Toulouse,...
Werther à l’Opéra-Comique : le drame lyrique est de retour !
Ludovic Tézier et Marina Rebeka couronnent le retour de Nabucco...
Se préparer à Benvenuto Cellini, Monnaie de Bruxelles, 28 janvier...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

ProductionCompte renduVu pour vous

Apothicaire et Perruquier, Un Mari à la porte : la Compagnie Fortunio redonne vie à deux raretés offenbachiennes

par Stéphane Lelièvre 25 janvier 2026
par Stéphane Lelièvre 25 janvier 2026

Apothicaire et perruquier - © Pascal Goncz

Apothicaire et perruquier - © Pascal Goncz

Apothicaire et perruquier - © Pascal Goncz

Apothicaire et perruquier - © Pascal Goncz

Apothicaire et perruquier - © Pascal Goncz

Apothicaire et perruquier - © Pascal Goncz

Un Mari à la porte - © Pascal Goncz

Un Mari à la porte - © Pascal Goncz

Un Mari à la porte - © Pascal Goncz

Un Mari à la porte - © Pascal Goncz

Un Mari à la porte - © Pascal Goncz

Un Mari à la porte - © Pascal Goncz

0 commentaires 1FacebookTwitterPinterestEmail
58

Apothicaire et Perruquier, Un Mari à la porte, Paris, Auguste Théâtre, samedi 24 janvier 2026

Offenbach à l’Auguste Théâtre : l’art du léger pris au sérieux

Depuis une dizaine d’années, la Compagnie Fortunio s’est donné pour mission salutaire de défendre ce que l’on appelle trop vite le « répertoire léger », aujourd’hui largement négligé par les scènes lyriques. Sous l’impulsion de Geoffroy Bertran, véritable homme-orchestre — il est à la fois directeur artistique, administrateur, producteur, metteur en scène, chanteur, décorateur et costumier — la compagnie poursuit avec constance un travail exigeant, nous faisant ainsi redécouvrir de nombreuses œuvres célébrées en leur temps mais quelque peu oubliées aujourd’hui.

Cette saison, la Compagnie Fortunio propose à l’Auguste Théâtre un diptyque offenbachien réunissant Apothicaire et Perruquier (1861) et Un mari à la porte (1859), deux ouvrages courts et relativement peu connus, même si le second a bénéficié de reprises plus fréquentes ces dernières années.

Apothicaire et Perruquier : Offenbach à l’heure du XVIIIᵉ siècle

Créé salle Choiseul en 1861 sur un livret d’Élie Frébault, Apothicaire et Perruquier s’inscrit résolument dans une esthétique « à l’ancienne » : le XVIIIᵉ siècle tout d’abord, le cadre de l’action qui se déroule « sous le règne de Louis XV », mais aussi le XVIIe, avec une intrigue qui convoque certains thèmes moliéresques : mariage forcé, pères autoritaires, professions médicales tournées en dérision : Boudinet entend marier sa fille Sempronia à un apothicaire réputé, Plumoizeau, qu’il n’a jamais rencontré. Mais c’est le perruquier Chilpéric qui se présente le premier, déclenchant une série de quiproquos dont l’issue permettra, conformément aux lois du genre, le triomphe de l’amour.

Si Offenbach semble avoir composé cette partition sans enthousiasme excessif — la musique originale, composée par un autre musicien, ayant été perdue puis réécrite à la demande du directeur du théâtre — l’ouvrage n’en regorge pas moins de fantaisie. L’hommage constant au XVIIIᵉ siècle y est manifeste : une ouverture qui, selon les critiques de l’époque, évoque Haydn, numéros d’un charme délicat (« C’est la vérité, papa »), finale en forme de canon, et pages directement inspirées de l’opéra-comique français que le compositeur affectionnait tant (duo Chilpéric/Sempronia).

Un Mari à la porte : le vaudeville en musique

Avec Un Mari à la porte, Offenbach se rapproche davantage du vaudeville pur. Le livret de Léon Morand et Alfred Delacour — ce dernier étant un collaborateur régulier d’Eugène Labiche — propose une situation typiquement vaudevillesque : le soir de ses noces, Suzanne se retrouve enfermée chez elle avec son amie Rosita… et un parfait inconnu, Florentin, compositeur d’opérettes, entré par la cheminée pour échapper à un huissier. Il s’agit bien sûr de tenir à distance le mari, Martel, qui stationne derrière la porte.

Sur cette trame volontairement mince, Offenbach déploie une partition d’un charme constant. Deux valses s’imposent particulièrement : celle de l’ouverture, d’une élégance rare, et la célèbre valse tyrolienne « J’entends, ma belle, la ritournelle », qui rappellent qu’Offenbach mérite pleinement — avant Johann Strauss, au moins chronologiquement ! — le titre de « roi de la valse ». Les références abondent, avec une nouvelle fois un clin d’œil (cette fois-ci explicite à Molière) avec le quatuor « Tu l’as voulu, Georges Dandin », une allusion aux bien oubliés Mystères d’Udolphe, le roman gothique d’Ann Radcliffe, ou encore un ensemble (« Bonne nuit ») qui, dans la volonté des personnages de faire partir l’un d’entre eux sans qu’il se décide pour autant à quitter les lieux, évoque irrésistiblement le « Buona sera » de l’acte II du Barbier de Séville. La page du faux suicide de Florentin, héroï-comique à souhait, constitue l’un des sommets de l’ouvrage, avec une musique dont la tonalité contraste avec la bouffonnerie des paroles (Florestan, en devant quitter la vie, dit se trouver dans la même situation dramatique que celui à qui on retire les couverts au moment du dessert !).

Une réalisation scénique pleine de vie

Fidèle à ses habitudes, la compagnie Fortunio ne se contente pas d’une version de concert : décors simples mais évocateurs, costumes particulièrement réussis signés Marina Ruiz et Geoffroy Bertrand, et surtout une troupe de comédiens-chanteurs dont l’enthousiasme communicatif emporte l’adhésion.

Dans Apothicaire et Perruquier, Marina Ruiz campe une Sempronia spirituelle et efficace, Xavier Meyrand (Chilpéric) et Brice Poulot Derache (Plumoizeau )complètent efficacement la distribution, tandis que Geoffroy Bertran prête à Boudinet une autorité teintée d’ironie. Dans Un mari à la porte, Geoffroy Bertran incarne cette fois le mari Martel, Brice Poulot Derache campe  avec verve le Florentin tombé du ciel — ou plutôt de la cheminée —, et deux nouvelles venues se distinguent : Louise Benzoni Grosset (une Suzanne vive et espiègle), et Charlotte Mercier en Rosita. Présentée comme mezzo-soprano, cette dernière possède certes un médium et des graves assurés : elle n’en manifeste pas moins une belle aisance dans l’aigu, et surmonte les difficultés de la valse tyrolienne, notamment le placement des respirations, pas toujours aisé à assurer compte tenu du rythme trépidant de la page.

Au piano, bien que relégué hors de vue par l’exiguïté de la scène, Romain Vaille accompagne l’ensemble avec légèreté et élégance, remportant à juste titre un joli succès personnel au salut final.

Ce diptyque offenbachien confirme donc la pertinence du travail mené par la Compagnie Fortunio. Tout amateur d’Offenbach, comme de curiosités lyriques injustement négligées, aurait grand tort de ne pas se rendre à l’Auguste Théâtre pour découvrir ce spectacle, qui sera repris  à la Comédie Saint-Michel les 7 février (17h45), 7 mars (17h45), 16 avril (21h15), 7 mai (21h15) et 13 juin (17h45).

Les artistes

La compagnie Fortunio

Apothicaire et perruquier
Sempronia : Marina Ruiz
Chilpéric : Xavier Meyrand
Boudinet : Geoffroy Bertran
Plumoizeau : Brice Poulot Derache

Un Mari à la porte
Rosita : Charlotte Mercier
Suzanne : Lou Benzoni Grosset
Florestan : Brice Poulot Derache
Martel : Geoffroy Bertran

Piano et direction musicale : Romain Vaille
Mise en scène et décor : Geoffroy Bertran
Costumes : Marina Ruiz & Geoffroy Bertra

Le programme

Apothicaire et perruquier
Opérette du temps jadis en un acte de Jacques Offenbach, livret d’Élie Frébault, créée le 17 octobre 1861 à Paris (salle Choiseul).

Un Mari à la porte
Opérette en un acte de Jacques Offenbach, livret d’Alfred Delacour et Léon Morand, créée le 22 juin 1859 aux Bouffes-Parisiens, salle Lacaze.

Auguste Théâtre (Paris 11e), représentation du samedi 24 janvier 2026.

image_printImprimer
Marina RuizXavier MeyrandGeoffroy BertranBrice Poulot DeracheCharlotte MercierRomain VailleLou Benzoni Grosset
0 commentaires 1 FacebookTwitterPinterestEmail
Stéphane Lelièvre

Stéphane Lelièvre est maître de conférences en littérature comparée, responsable de l’équipe « Littérature et Musique » du Centre de Recherche en Littérature Comparée de la Faculté des Lettres de Sorbonne-Université. Il a publié plusieurs ouvrages et articles dans des revues comparatistes ou musicologiques et collabore fréquemment avec divers opéras pour la rédaction de programmes de salle (Opéra national de Paris, Opéra-Comique, Opéra national du Rhin,...) Il est co-fondateur et rédacteur en chef de Première Loge.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Le Miracle d’Héliane à Strasbourg : le miracle et l’épure

Vous allez aussi aimer...

Le Miracle d’Héliane à Strasbourg : le miracle...

25 janvier 2026

Création française de La Passagère de Mieczysław Weinberg à...

24 janvier 2026

Turin : La Cenerentola – Le triomphe de...

22 janvier 2026

Werther à l’Opéra-Comique : le drame lyrique est de...

21 janvier 2026

Ludovic Tézier et Marina Rebeka couronnent le retour...

19 janvier 2026

À l’Opéra Bastille, un Siegfried somptueux vocalement

18 janvier 2026

À La Seine Musicale, les contradictions d’un Requiem...

18 janvier 2026

Dijon : Pelléas et Mélisande en miroir des Boréades,...

16 janvier 2026

Maggio Musicale Fiorentino : une belle réussite pour...

14 janvier 2026

Maggio Musicale Fiorentino: un buon successo per Tosca...

14 janvier 2026

Humeurs

  • À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant

    3 janvier 2026

En bref

  • Les brèves de janvier –

    24 janvier 2026
  • Ça s’est passé il y a 200 ans
    Création d’ALAHOR IN GRANATA de Donizetti

    7 janvier 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Bonne année 2026 !

    1 janvier 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Gérard dans Démission de Jean-Louis Grinda, un seul opéra programmé cet été en version de concert… : AVIS DE TEMPÊTE SUR LES CHORÉGIES D’ORANGE
  • Alain dans À l’Opéra Bastille, un Siegfried somptueux vocalement
  • Gauthier Am dans À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant
  • Ivonne Begotti dans Intervista – Pier Luigi Pizzi : « Verdi è il paradigma del melodramma! »
  • Ivonne Begotti dans Intervista – Pier Luigi Pizzi : « Verdi è il paradigma del melodramma! »

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Le Miracle d’Héliane à Strasbourg :...

25 janvier 2026

Création française de La Passagère de...

24 janvier 2026

Turin : La Cenerentola – Le...

22 janvier 2026