À la une
Glamour, gloire et beauté : Sonya Yoncheva au TCE
Falstaff à Montpellier. Les femmes s’inventent.
L’Oratorio de Noël à Athènes : Noël à la française...
Les brèves de janvier –
Se préparer à L’ANNONCE FAITE À MARIE – Châtelet, 28...
Elle aurait 100 ans aujourd’hui : Evelyn Lear
Ça s’est passé il y a 200 ansCréation d’ALAHOR IN...
SEMYON BYCHKOV nommé directeur musical de l’Opéra de Paris
Ça s’est passé il y a 100 ans : mort du...
Livre – Marina Mayrhofer : Ombre in scena. Drammaturgia delle...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduRécitalVu pour vous

Glamour, gloire et beauté : Sonya Yoncheva au TCE

par Ivar kjellberg 9 janvier 2026
par Ivar kjellberg 9 janvier 2026
© Victor Santiago
1 commentaire 1FacebookTwitterPinterestEmail
130

Elle se meut langoureusement dans une robe violette vaporeuse, elle remet son bracelet de diamants en place, et arrive sur le devant de la scène en effeuillant une rose blanche. Sonya Yoncheva est plus qu’une diva : une star.  

Malgré la neige, l’absence de transports stables et les grippes habituelles de début d’année, le public a fait le déplacement pour la diva bulgare, avec comme promesse de récompense 1h30 de vérisme et de tragédiennes romantiques flamboyantes pour oublier tous les obstacles de la route et le blues de janvier. 

Et l’oubli commence effectivement, dès les premières mesures de Puccini sur Le Villi, instaurant immédiatement la tension dramatique qui marque le choix des airs de la soirée. D’une fiancée trahie à une courtisane déchue, en passant par les séductrices bibliques et les femmes fatales, la soprano bulgare propose à son public parisien un répertoire maîtrisé, un terrain conquis d’avance, sans aucune prise de risque réelle mais exécuté avec la virtuosité qu’on lui connaît.  

Voix langoureuse et dont le velours résiste aux notes les plus graves, d’une fragilité qui n’est que pure apparence, Sonya Yoncheva n’a pas besoin de dominer vocalement l’orchestre, il suffit de faire sentir qu’elle peut le faire ; grâce à un phrasé et une articulation savamment posés, elle fait ressortir certains mots presque suggérés et évoque avec maestria tour à tour le tourment, ou la passion, avant de déployer des aigus d’airain.  

Sur le « Il est doux, il est bon » de Massenet un des airs les plus bouleversants du programme, la soprano fait valoir une belle diction et une longueur de souffle sur les aigus finaux, avec un sens très sûr de la tragédie. Le “Donde lieta usci” de La bohème, convainc moins mais la langueur dans le ton demeure, et rappelle au public que Yoncheva sait donner réellement toute la mesure de son talent dans une représentation intégrale.

Vient en clôture de cette première partie la fameuse “Chanson à la lune” extraite de Rusalka, qui constitue un des plus beaux moments de la soirée. Cet air permet en particulier d’entendre l’art des nuances de Yoncheva; sa puissance vocale semble presque difficilement contenue dans cette prière ardente. L’orchestre mené par Nayden Todorov fait ressortir les couleurs de l’espérance amoureuse de la jeune nymphe, tandis que Yoncheva délivre sa prière à la lune avec une expressivité vocale qu’elle arrive à maintenir crescendo, et finit sa dernière phrase de manière intense plutôt que de la diminuer dans la longueur du souffle. L’effet est des plus réussis et offre un beau teasing pour sa prise de rôle cette année dans l’opéra de Dvoràk. 

Mais Sonya Yoncheva est une star, et les stars se doivent d’être généreuse avec leur public. Et La seconde partie de ce récital, quoique fort bien exécutée et menée avec entrain, ne parvient pas tout à fait à garder intact le feu sacré. Difficulté peut-être due au choix des airs, véritables tubes de l’opéra, avec Carmen et sa fameuse Habanera, chantée malicieusement à grand renfort de fleurs et l’air de Manon “Adieu à notre petite table” de Massenet, ainsi que la version puccinienne du mythe de Manon. Etrangement les airs viennent annuler un peu chacun leur impact émotionnel respectif, sans endommager toutefois la qualité de l’interprétation, mais laisse curieusement penser que la Diva ne les a que superficiellement abordés sans engagement poussé. Sans doute irait-on plus volontiers l’applaudir dans chacun de ces rôles plutôt que d’en avoir un avant-goût trop vite consommé. Aussi le choix très convenu de certains titres (Carmen, Manon) auquel est inlassablement associé le répertoire français peut lasser le public en quête d’audace. Les airs bulgares de cette seconde partie viennent donc introduire de la fraîcheur et le plaisir de la découverte avec la “Rachenitsa” de Petko Staynov, aux motifs délicieusement folkloriques, et le joli “Albena” de Parashkev Hadjiev.  

Impossible de nier l’intention de rendre hommage à la langue française et à son public, comme le rappelle Sonya Yoncheva en fin de récital lorsqu’elle remercie la salle pour l’accueil fait à l’Orchestre Philharmonique de Sofia, à l’accompagnement irréprochable, et à son chef d’orchestre, dont la complicité avec la chanteuse a insufflé une bonne humeur et une certaine légèreté. Deux ingrédients indispensables à la clôture de cette soirée sans surprise mais terriblement gourmande, par deux encores : “Non ti scordar di me” de De Curtis et le culte “La Vie en rose” : une vraie star a un répertoire de star – et saura toujours se montrer gracieuse avec son public. 

Les artistes

Sonya Yoncheva, soprano 

Orchestre philharmonique de Sofia,  dir. Nayden Todorov

Le programme

Puccini : « La Tregenda », « Se come voi piccina », airs extraits de Le villi 
Massenet : « Il est doux, il est bon », air extrait d’Hérodiade 
Puccini : Intermezzo de Manon Lescaut, « Donde lieta usci », air extrait de La bohème 
Dvořák : Chant à la lune extrait de Rusalka
Bizet : Carmen, ouverture 
Massenet : « Adieu notre petite table », air extrait de Manon 
Puccini « In quelle trine morbide », air extrait de Manon Lescaut 
Petko Staynov : Danses de Thrace, « Rachenitsa » 
Parashkev Hadjiev : Albena 
Bizet : « Habanera », extrait de Carmen 

Paris, Théâtre des Champs-Elysées, concert du mercredi 7 janvier 2025

image_printImprimer
Sonya Yonchevanayden todorovorchestre philarmonique de sofia
1 commentaire 1 FacebookTwitterPinterestEmail
Ivar kjellberg

Habitué de longue date du TCE et pianiste amateur, Ivar Kjellberg est venu à l'art lyrique grâce à ses parents, qui faisaient sonner Wagner dans tout l'immeuble pour l'amuser. Grand fan des interprètes des années 70 et de l'opéra allemand, Ivar peut écouter en boucle les disques d'Edda Moser et d'Hermann Prey avant d'enchaîner... sur un bon Offenbach !

1 commentaire

Fabrice del Dongo 9 janvier 2026 - 16 h 05 min

En effet, « sans aucune prise de risque réelle ». Concert affligeant de par la facilité des morceaux choisis (alors que le programme annoncé était tout autre…). Sans compter que les extraits en français étaient incompréhensibles. Soirée glamour…. et l’opéra dans tout cela ?…

Répondre

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Falstaff à Montpellier. Les femmes s’inventent.

Vous allez aussi aimer...

Falstaff à Montpellier. Les femmes s’inventent.

9 janvier 2026

L’Oratorio de Noël à Athènes : Noël à...

9 janvier 2026

Les brèves de janvier –

9 janvier 2026

Elle aurait 100 ans aujourd’hui : Evelyn Lear

8 janvier 2026

La Périchole à Saint-Étienne – Que la vie...

3 janvier 2026

La musique de Jacques Offenbach pétille comme du...

2 janvier 2026

C’est à Marseille qu’il faut aller pour commencer...

1 janvier 2026

Orphée aux Enfers à l’Opéra de Tours –Pour les...

30 décembre 2025

Stiffelio triomphe à Plaisance et commence son voyage...

23 décembre 2025

Stiffelio trionfa a Piacenza e inizia il suo...

23 décembre 2025

Humeurs

  • À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant

    3 janvier 2026

En bref

  • Ça s’est passé il y a 200 ans
    Création d’ALAHOR IN GRANATA de Donizetti

    7 janvier 2026
  • SEMYON BYCHKOV nommé directeur musical de l’Opéra de Paris

    6 janvier 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Bonne année 2026 !

    1 janvier 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Fabrice del Dongo dans Glamour, gloire et beauté : Sonya Yoncheva au TCE
  • Ivar kjellberg dans Les Noces de Figaro à Garnier : un opéra déconstruit
  • Renato Verga dans À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant
  • Stéphane Lelièvre dans Violence et passion au Théâtre des Champs-Élysées : le WERTHER bouleversant de B. Bernheim, M. Viotti et C. Loy
  • Stéphane Lelièvre dans À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Falstaff à Montpellier. Les femmes s’inventent.

9 janvier 2026

L’Oratorio de Noël à Athènes :...

9 janvier 2026

Les brèves de janvier –

9 janvier 2026