À la une
Le Triomphe de Haendel revient à Rome après près de...
Saison 26-27 de la Philharmonie de Paris : découvrez la...
Il vecchio avaro à l’Athénée : quand Harpagon devient Pancrazio
Programme 2026 du Festival d’Opéra de Munich
Se préparer à LE VILLI, Puccini (1884) – Opéra de...
Se préparer à LUCIE DE LAMMERMOOR, Opéra Comique, 30 avril-10...
Teatro Regio de Turin – Peur, foi et révolution :...
Les opéras du monde –L’Opéra de Bordeaux, l’un des plus...
Se préparer à ROBINSON CRUSOÉ, Opéras de Nantes, Angers, Rennes, 10...
Entretien – Massimo Pizzi Gasparon Contarini : “L’émerveillement est fondamental...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduProductionVu pour vous

Les festivals de l’été – Griselda de Scarlatti à Martina Franca

par Gilles Charlassier 20 août 2021
par Gilles Charlassier 20 août 2021
0 commentaires 1FacebookTwitterPinterestEmail
1,6K

Crédit photos : © Clarissa Lapolla

Par-delà les questions musicologiques indissociables de la redécouverte de partitions oubliées ou de l’exploration de nouvelles sources, qui constitue l’une des colonnes vertébrales du Festival de Martina Franca, la programmation de l’édition 2021 offre un panorama d’options scénographiques, intimement lié à la nature des ouvrages représentés. Si l’abrégé du récit biblique de La creazione de Haydn se traduit naturellement en un kaléidoscope d’images et d’allégories, tandis que l’économie bucolique de L’Angelica de Porpora appelle l’illustration pour étoffer un argument assez léger, Griselda, dernier opéra de Scarlatti dont la Lira di Orfeo et Luca della Libera ont réalisé une nouvelle édition critique en vue de la présente production, à l’heure de la commémoration du tricentenaire de la création de l’œuvre, affirme une complexité dramatique  propice au travail de symbolique théâtrale.

Inscrite dans la scénographie minimaliste de Tiziano Santi, qui tire habilement parti des contraintes de la cour du Palazzo ducale, la mise en scène de Rosetta Cucchi dépasse la simple translation spatio-temporelle de l’intrigue dans la Sicile des premières années du novecento, pour proposer, dans un langage qui n’oublie pas la force des symboles, une réinterprétation du contrepoint entre raison du cœur et raison d’Etat autour duquel s’articulent nombre de livrets d’opéras baroques, et dont cet opus inspiré du Décaméron de Boccace s’avère un avatar admirable qui n’oublie pas la variété des registres. Sous les lumières tamisées de Pasquale Mari, les accessoires qui meublent le plateau sans l’encombrer inutilement s’inscrivent dans cette relecture dramaturgique : une bergère pastel aux motifs évoquant le Rococo, cinq confessionnaux auxquels se substituent ensuite des sculptures en plexiglas réalisées par Davide Dall’Osso et représentant des figures féminines à demi effacées sous un voile. À l’heure du dénouement, l’une d’elle, en gros plan, prendra la place du canapé. Ce jeu métaphorique, qui s’origine dans une cruelle tradition sicilienne éliminant, encore au début du vingtième siècle, pour des raisons économiques, les nouveaux-nés de sexe féminin, traduit avec une  indéniable efficacité poétique le destin de Griselda. Évocateurs plutôt que strictement documentaires, les costumes dessinés par Claudia Pernigotti participent de cette économie au service d’une lecture qui, par une certaine décantation, traverse le clivages des époques.

Dans le rôle-titre, Carmela Remigio décline une remarquable palette expressive. La maîtrise des couleurs et des intonations façonne l’évolution psychologique du personnage, dans une belle synthèse entre les ressources de la voix et du théâtre. En Gualtiero, Raffaele Pe affirme un contre-ténor souple, dans la lignée d’un Lawrence Zazzo, expert dans les nuances du sentiment plus que dans la vaillance. Si son entrée souffre de quelques menues timidités, l’incarnation s’épanouit rapidement et fait entendre une intéressante consistance dans la tension entre l’époux et le roi. L’androgynie  homogène de Francesca Ascioti résume la cruauté jalouse et vindicative d’un Ottone qui ne manque pas d’éclat. Mariam Battistelli séduit avec une Costanza juvénile jusque dans le timbre, face au Roberto non dénué de suavité de Miriam Albano. Krystian Adam défend la carrure souveraine de  Corrado, sans perdre de son humanité. Carlo Buonfrate ne démérite pas dans les interventions d’Everardo.

Dans la fosse, George Petrou propose une lecture concentrée, sans appuyer inutilement les contrastes – se remettant pour cela aux césures de la mise en scène, à l’exemple de l’interversion des scènes V et IV de l’acte II pour faire tomber le rideau de la première partie sur la déréliction de Griselda. Les effectifs du Coro Ghislieri, préparés par Giulio Prandi, participent – de manière plus congrue que dans La creazione de Haydn – à la réussite d’un spectacle qui n’hésite pas à soumettre parfois l’exhaustivité musicologique à l’efficacité théâtrale. Une gravure discographique pourra pallier les coupures que les dimensions raisonnables d’une représentation ont pu exiger.

Les artistes

Griselda : Carmela Remigio
Costanza : Mariam Battistelli
Gualtiero : Raffaele Pe
Ottone : Francesca Asciotti
Corrado : Krystian Adam
Roberto : Miriam Albano
Everardo, rôle muet : Carlo Buonfrate

Chœur Ghislieri ; Ensemble La Lira di Orfeo, dir. George Petrou
Mise en scène : Rosetta Cucchi
Décors : Tiziano Santi
Costumes : Claudia Pernigotti
Lumières : Pasquale Mari

 

Le programme

La Griselda

Dramma per musica en trois actes de Scarlatti, livret d’Apostolo Zeno, créé à Rome en 1721.

Festival della Valle d’Itria, Martina Franca, représentation du 29 juillet 2021.

image_printImprimer
ScarlattiRaffaele PeCarmela Remigio
0 commentaires 1 FacebookTwitterPinterestEmail
Gilles Charlassier

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
UNE MASTER CLASS D’ALEXIA COUSIN !
prochain post
Les festivals de l’été – Une Carmen avec flamenco à Sanxay

Vous allez aussi aimer...

Le Triomphe de Haendel revient à Rome après...

10 avril 2026

Il vecchio avaro à l’Athénée : quand Harpagon devient...

10 avril 2026

Teatro Regio de Turin – Peur, foi et...

5 avril 2026

Toujours Tosca à l’Opéra Bastille : quatrième distribution de...

4 avril 2026

À Montpellier, La traviata mise en abime sur...

3 avril 2026

Aux Bouffes du Nord, Paul Lay et Les...

2 avril 2026

Le Prophète enfin de retour à Paris !

2 avril 2026

À Nancy, « Cry me a river »…

2 avril 2026

Versailles : Des Ténèbres au Paradis

1 avril 2026

Philharmonie : un Rigoletto aux sonorités très pures

31 mars 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : six mois déjà

    2 avril 2026

En bref

  • Les brèves d’avril –

    4 avril 2026
  • La vidéo du mois – Bizet, Chanson d’avril par Felicity Lott

    3 avril 2026

La vidéo du mois

Édito

  • L’authenticité en musique : un idéal introuvable ?

    3 avril 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Sabine Teulon Lardic dans À Montpellier, La traviata mise en abime sur sa scène de théâtre
  • Catherine Dutrieux dans Toujours Tosca à l’Opéra Bastille : quatrième distribution de la saison
  • Stéphane Lelièvre dans In memoriam : ROBERT FORTUNE (1942-2024)
  • Stéphane Lelièvre dans In memoriam : ROBERT FORTUNE (1942-2024)
  • Marie-José Ganahl dans In memoriam : ROBERT FORTUNE (1942-2024)

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Le Triomphe de Haendel revient à...

10 avril 2026

Il vecchio avaro à l’Athénée : quand...

10 avril 2026

Teatro Regio de Turin – Peur,...

5 avril 2026