À la une
PAATA BURCHULADZE : quatre mois déjà
SIMON BOCCANEGRA revient dans les lieux de sa création dans...
Bon sang ne saurait mentir – Les Dessay-Naouri, un Broadway Family...
Les brèves de février –
Les opéras du monde –Sydney, un opéra toutes voiles dehors !
Se préparer à Benvenuto Cellini, Monnaie de Bruxelles, 28 janvier...
La Clémence de Titus à Nice, une sacrée salade
8ᵉ Concours Voix des Outre-mer : le talent et l’enthousiasme en...
Sur la scène de l’Opéra de Nancy, les Carmélites de...
Parme, Orfeo ed Euridice – Humain, trop humain : un...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduRécitalVu pour vous

Une immersion dans la Rome de 1700 avec Bruno de Sá salle Gaveau

par Stéphane Lelièvre 21 mai 2021
par Stéphane Lelièvre 21 mai 2021
0 commentaires 2FacebookTwitterPinterestEmail
2,3K

L émotion était palpable en ce jeudi soir Salle Gaveau pour ce qui, pour beaucoup de personnes, constituait le premier concert de l’« après-Covid »… C’est Bruno de Sá qui a eu l’honneur de rouvrir les festivités, avec un récital qu’il a donné accompagné par l’ensemble Les Accents de Thibault Noally. Le programme, intitulé Rome 1700, a permis d’entendre des pages orchestrales et vocales (airs d’opéras et musique sacrée) de Händel, Scarlatti, Caldara et Lanciani.

En six années seulement (l’ensemble a été créé en 2016), Les Accents ont acquis une belle visibilité sur la scène musicale baroque. Sous la houlette de leur chef le violoniste Thibault Noally, ils ont fait preuve de leurs habituelles qualités : musicalité constante, précision des attaques, belle capacité des musiciens à varier les coloris, à se répondre les uns les autres (superbe entrée successive des instruments dans le Quartetto en ré mineur de Scarlatti), et à dialoguer avec le chanteur (bravo à Guillaume Cuiller dont le hautbois a été plusieurs fois appelé à « chanter » avec Bruno de Sá).

Un Bruno de Sá qui a été le grand triomphateur de la soirée ! La carrière de ce jeune contre-ténor soprano brésilien est en pleine expansion : il s’agissait ici de son premier récital français,  avant son concert à Montpellier avec Philippe Jaroussky (le Primo Omicidio de Scarlatti, donné ce 25 mai au Corum), puis un premier disque qui paraîtra chez Warner cet automne. L’accroche naturellement haute de sa voix fait évoluer le chanteur sans difficulté aucune dans le registre de soprano, jusques et y compris dans les notes les plus aiguës. Si l’on ajoute à cela une grande maîtrise du souffle, une belle attention accordée aux nuances et surtout une technique qui lui permet de venir à bout de la virtuosité la plus folle (les Amen finals du Gloria de Händel sont pris à un tempo d’enfer !), on comprendra le très grand succès remporté par le chanteur auprès d’un public conquis.
Osera-t-on  troubler l’enthousiasme général pour un ou deux (petits) bémols ? On entend parfois, ici ou là, d’infimes problèmes de justesse lorsque le chanteur change de registre (notamment lorsqu’il passe de l’aigu au grave), et surtout, la voix, toute belle qu’elle soit, gagnerait à être plus richement, plus diversement colorée : qu’il s’agisse de chanter la gloire de Dieu, d’implorer sa pitié, de chanter l’amour, d’exprimer la colère, les couleurs restent toujours plus ou moins les mêmes ; et si l’on ressent (un peu) la fureur qui (devrait) embrase(r) l’air du Martirio di Sant’Eustacchio de Lanciani, on le doit peut-être plus, finalement, aux roulements d’yeux, mimiques et mouvements d’épaules alla Bartoli qu’à une véritable autorité dans l’accent et dans la projection, ou à la sollicitation de couleurs vocales idoines – qui devraient ici se faire sombres et rugueuses… Reproches minimes pour un chanteur qui est à l’orée de sa carrière et qui aura, n’en doutons pas, tout le loisir de peaufiner la caractérisation des personnages qu’il sera amené à interpréter.

Rendez-vous à Montpellier le 25 mai !

——————————————

Pour ce spectacle, Stéphane Lelièvre a bénéficié d’une invitation de la salle Gaveau.

Les artistes

Les Accents, violon et direction Thibault Noally
Bruno de Sá, sopraniste

Le programme

Extraits d’œuvres de Scarlatti, Händel, Caldara et Lanciani.
Concert du 20 mai 2021, Paris, salle Gaveau.

image_printImprimer
Thibault Noallyles Accents
0 commentaires 2 FacebookTwitterPinterestEmail
Stéphane Lelièvre

Stéphane Lelièvre est maître de conférences en littérature comparée, responsable de l’équipe « Littérature et Musique » du Centre de Recherche en Littérature Comparée de la Faculté des Lettres de Sorbonne-Université. Il a publié plusieurs ouvrages et articles dans des revues comparatistes ou musicologiques et collabore fréquemment avec divers opéras pour la rédaction de programmes de salle (Opéra national de Paris, Opéra-Comique, Opéra national du Rhin,...) Il est co-fondateur et rédacteur en chef de Première Loge.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
TOULOUSE – Suivez vos envies avec la saison 21-22 du Capitole de Toulouse
prochain post
MASSY : une saison 21/22 à l’équilibre entre les différents répertoires, les raretés et les classiques.

Vous allez aussi aimer...

SIMON BOCCANEGRA revient dans les lieux de sa...

2 février 2026

Bon sang ne saurait mentir – Les Dessay-Naouri, un...

2 février 2026

Les brèves de février –

1 février 2026

La Clémence de Titus à Nice, une sacrée...

31 janvier 2026

8ᵉ Concours Voix des Outre-mer : le talent et...

31 janvier 2026

Sur la scène de l’Opéra de Nancy, les...

31 janvier 2026

Parme, Orfeo ed Euridice – Humain, trop humain...

31 janvier 2026

Le Vaisseau fantôme à Rouen : de l’errance à...

30 janvier 2026

Philharmonie : Le Paradis et la Péri par Philippe...

29 janvier 2026

Sabine Devieilhe et Mathieu Pordoy à Bordeaux, un...

28 janvier 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : quatre mois déjà

    2 février 2026

En bref

  • Les brèves de janvier –

    28 janvier 2026
  • Ça s’est passé il y a 200 ans
    Création d’ALAHOR IN GRANATA de Donizetti

    7 janvier 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Bonne année 2026 !

    1 janvier 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Bennett dans La Clémence de Titus à Nice, une sacrée salade
  • Stéphane Lelièvre dans ERMIONE, Rossini (1819) – dossier
  • Stéphane Lelièvre dans In memoriam – JEAN-PIERRE MARTY (1932-2024)
  • LAVIGNE Jean-François dans Le Miracle d’Héliane à Strasbourg : le miracle et l’épure
  • Vinson dans ERMIONE, Rossini (1819) – dossier

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

SIMON BOCCANEGRA revient dans les lieux...

2 février 2026

Bon sang ne saurait mentir – Les...

2 février 2026

Les brèves de février –

1 février 2026