À la une
SONDRA RADVANOVSKY : « En studio d’enregistrement, on peut viser la...
Il Trovatore à Monte-Carlo, un opéra de chef… aussi !
Se préparer à LE VILLI, Puccini (1884) – Opéra de...
Parme – Manon Lescaut : une mise en scène raffinée...
Manon Lescaut: una messa in scena raffinata che seduce i...
CD – Tout Puccini (ou presque) avec Sondra Radvanovsky
Découvrez la saison 26-27 de l’Opéra Orchestre Normandie Rouen
Florence : Le Château de Barbe-Bleue / La Voix humaine –...
SONDRA RADVANOVSKY : « In a recording studio you can aim...
Première Loge reçoit Lenski et Olga ! – Rencontre avec...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

ProductionCompte renduVu pour vous

Aux confins du sublime et de l’abject : le « Requiem de Terezin » (Grand Amphithéâtre de la Sorbonne)

par Pierre Brévignon 7 novembre 2025
par Pierre Brévignon 7 novembre 2025

© DR / INSPÉ de Paris

© DR / INSPÉ de Paris

© DR / INSPÉ de Paris

© DR / INSPÉ de Paris

© DR / INSPÉ de Paris

© DR / INSPÉ de Paris

© DR / INSPÉ de Paris

2 commentaires 7FacebookTwitterPinterestEmail
1,6K

Requiem de Verdi (Terezin), Grand Amphithéâtre de la Sorbonne, mercredi 5 novembre 2025

Dans l’infinie litanie des atrocités dont l’histoire des camps de concentration et d’extermination nazis est tissée, l’épisode du « Requiem de Terezin » occupe une place singulière. Dans ce camp-ghetto situé à Theresienstadt, en Bohème-Moravie, où quelque 144 000 personnes (en grande partie juifs tchécoslovaques, allemands et autrichiens) furent déportées, un prisonnier du nom de Rafael Schächter, compositeur et chef d’orchestre, obtint l’autorisation d’organiser des concerts avec certains détenus pour le compte de leurs bourreaux et geôliers. À côté d’opéras de Mozart, il montera ainsi la Messa da Requiem de Verdi dans une version écourtée (1 heure au lieu des 1h40 habituelles), où l’orchestre est remplacé par un piano. 

Rafaël Schächter - Illustration Lucie Lelièvre (D.R.)

Comble du cynisme et de l’horreur : à l’issue de chaque concert, les 120 choristes seront envoyés à Auschwitz pour y être assassinés, les SS obligeant Schächter à recruter d’autres chanteurs pour les concerts suivants… Un ultime Requiem sera donné le 23 juin 1944 lors d’une visite de la Croix-Rouge, pour accréditer la fable d’une vie paisible à Terezin, où les prisonniers peuvent donner libre cours à leur passion pour les arts…

Sous les ors du Grand Amphithéâtre de la Sorbonne et la fresque arcadienne de Puvis de Chavannes, il y avait d’abord quelque chose de déroutant, en cette soirée du 5 novembre, à assister à la reconstitution de ce concert. Mais très vite, la rutilance du cadre s’efface devant l’implication de tous les artistes et la solennité dépouillée de l’événement. Les extraits du livre de Joseph Bor[1] lus avec sobriété par le comédien Antoine David-Calvet, rehaussent la beauté sombre de la musique d’un hymne extraordinaire à la résilience par l’art. 

La petite trentaine de chanteuses et chanteurs du Chœur Arthémys, parfaitement mis en place par Cyrille Rault-Gregorio, confèrent à l’œuvre de Verdi toute la puissance qu’elle requiert (Dies Irae) mais aussi toute sa poésie, comme dans ce Lacrimosa déchirant, et toute sa virtuosité dans l’impressionnante fugue finale. On est surpris de voir combien le piano solo de Daniel Propper parvient à restituer l’ampleur et la théâtralité de la partition orchestrale, mettant en relief ses accents les plus opératiques. Les prestations des quatre solistes sont tout aussi impressionnantes, de l’unique intervention du ténor chinois Ping Zhang (l’Ingemisco du Dies Irae), d’une digne intensité, au baryton d’airain de Nicolas Cavallier dans le Confutatis, en passant par l’Agnus dei lumineux de la mezzo belge Florine God, en duo avec la soprano Claire de Monteil. C’est à cette dernière, la plus sollicitée de la soirée, qu’il revient de conclure avec un Libera me bouleversant, tantôt cri et tantôt murmure. Lorsque la musique parvient à son terme, le public a besoin d’un moment avant d’ovationner les acteurs de la soirée.
Et l’on songe aux paroles introductives de Stéphane Lelièvre, à l’origine de ce projet : le Requiem de Terezin est la meilleure réponse apportée aux terribles mots marquant le fronton des camps nazis. Non plus Arbeit macht frei, le travail libère, mais bien Kunst macht frei : l’art libère.

—————————————————————-

Le dossier du concert : Programme_Terezin_L.pdf

[1] Le Requiem de Terezin (1963 / Robert Laffont 1966, Éditions du Sonneur 2005)

Les artistes

Claire de Monteil, soprano
Florine God, mezzo-soprano
Ping Zhang, ténor
Nicolas Cavallier, baryton-basse
Antoine David-Calvet, récitant

Daniel Propper, piano

Chœur de chambre Arthémys, dirigé par Cyrille Rault-Gregorio

 

Le programme

Giuseppe Verdi,  Messa da Requiem (1874)

Reconstitution de la version abrégée pour piano, chœur et quatre solistes réalisée par Rafael Schächter et donnée au camp de concentration de Terezin à trois reprises entre septembre 1943 et juin 1944.

Production de l’Inspé (Institut national supérieur du Professorat et de l’Éducation) de l’Académie de Paris.

Concert du 5 novembre 2025, Grand Amphithéâtre de la Sorbonne.

image_printImprimer
Claire de MonteuilNicolas CavalierFlorine GodPing Zhang
2 commentaires 7 FacebookTwitterPinterestEmail
Pierre Brévignon

Pierre Brévignon jongle avec les mots et les notes, tour à tour dans les programmes de l'Opéra de Paris, de la Cité de la Musique, du Théâtre du Châtelet, dans les livrets de CD, dans les salles de conférence de la Philharmonie, au sein de l'Association Capricorn (www.samuelbarber.fr) ou dans les livres qu'il consacre à sa passion : la première biographie française de Samuel Barber ("Samuel Barber, un nostalgique entre deux mondes", éditions Hermann, 2012), le "Dictionnaire superflu de la musique classique" (avec Olivier Philipponnat, Castor Astral, 2015) et "Le Groupe des Six, une histoire des années folles" (Actes Sud, 2020).

2 commentaires

meyer frederic 14 décembre 2025 - 17 h 57 min

Ce fut une fois encore une soirée admirable d’émotion.

Répondre
Verdi's Requiem, Terezin's version - Claire de Monteil 28 février 2026 - 18 h 05 min

[…] Aux confins du sublime et de l’abject : le « Requiem de Terezin » (Grand Amphithéâtre de la … […]

Répondre

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Vienne : une production de PELLÉAS ET MÉLISANDE magnifiée par la direction incandescente d’Alain Altinoglu
prochain post
Rouen – L’incomplétude d’un Voyage d’hiver

Vous allez aussi aimer...

Il Trovatore à Monte-Carlo, un opéra de chef…...

25 mars 2026

Parme – Manon Lescaut : une mise en...

25 mars 2026

Manon Lescaut: una messa in scena raffinata che...

25 mars 2026

Florence : Le Château de Barbe-Bleue / La Voix...

24 mars 2026

Lyon : Le vaisseau fantôme de Billy Budd

23 mars 2026

Les Enfants terribles de Philip Glass à l’Opéra...

22 mars 2026

Lyon : Une lecture « dantesque » réjouissante de Manon Lescaut

22 mars 2026

Un somptueux Orlando au Théâtre des Champs-Elysées devenu...

22 mars 2026

Opéra de Zurich – Meurtre sur le Nil,...

17 mars 2026

Salle Gaveau : l’apothéose verdienne de Roberto Alagna

17 mars 2026

Humeurs

  • Les stars d’Hollywood et l’opéra : Chalamet vs. DiCaprio

    14 mars 2026

En bref

  • Ça s’est passé il y a 300 ans : création de Scipione de Händel

    12 mars 2026
  • Les brèves de mars –

    9 mars 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Transposer un mythe dans la contemporanéité : mettre à jour… ou mettre à plat ?

    1 mars 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Renza dans Manon Lescaut: una messa in scena raffinata che seduce i giovani e il folto pubblico
  • SONDRA RADVANOVSKY : « In a recording studio you can aim for perfection. On stage you’re aiming for truth ». – Sondra Radvanovsky dans SONDRA RADVANOVSKY : « In a recording studio you can aim for perfection. On stage you’re aiming for truth ».
  • MARIE-ELISABETH CORNET dans Les stars d’Hollywood et l’opéra : Chalamet vs. DiCaprio
  • Fabrice del Dongo dans Les stars d’Hollywood et l’opéra : Chalamet vs. DiCaprio
  • Claire Géraudon dans Le Temps de la Gitane : reprise de la Carmen de Calixto Bieito à l’Opéra Bastille

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Il Trovatore à Monte-Carlo, un opéra...

25 mars 2026

Parme – Manon Lescaut : une...

25 mars 2026

Manon Lescaut: una messa in scena...

25 mars 2026