À la une
Pelléas et Mélisande à la Scala, ou quand le non-dit...
Opéra-Comique : Lucie de Lammermoor revient à Paris après une absence...
Reprise de la Rusalka de Carsen, désormais l’un des grands...
DEFIANT REQUIEM : Un Requiem de Verdi très particulier dans le...
STAATSOPER DE VIENNE 26-27 : six nouvelles productions et de...
Madrid 26-27 : une saison royale pour le Théâtre Royal...
Découvrez la saison 26-27 du Liceu de Barcelone
Se préparer à LUCIE DE LAMMERMOOR, Opéra Comique, 30 avril-10...
Édito de mai – L’artiste peut-il ne pas être politique...
CD – Adriana González : Rondos for Adriana, une suggestive...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

ProductionCompte renduVu pour vous

Aida à l’Opéra Bastille : seconde distribution et quelques surprises

par Camillo Faverzani 3 novembre 2025
par Camillo Faverzani 3 novembre 2025

© Nathan Lainé – Opéra national de Paris

© Nathan Lainé – Opéra national de Paris

© Nathan Lainé – Opéra national de Paris

© Nathan Lainé – Opéra national de Paris

0 commentaires 3FacebookTwitterPinterestEmail
1,7K

Aida, Opéra Bastille, samedi 1er novembre 2025

Aida inattendue, Aleksandra Kurzak s’empare du rôle, ouvrant vraisemblablement une nouvelle phase de sa carrière

Programmée en alternance, à partir du 7 octobre, avec Ewa Płonka dans le rôle-titre, la seconde distribution de la nouvelle production d’Aida de l’Opéra national de Paris a connu une modification de taille pour les deux dernières soirées, affichant, première surprise, Aleksandra Kurzak en esclave éthiopienne. Dans notre compte rendu de la première, nous avions considéré avec circonspection l’interprétation de Saioa Hernández. Réserves qui n’avaient fait que se confirmer à l’occasion d’une deuxième écoute, le 1er octobre, au point que nous nous étions demandé si la cantatrice espagnole irait au bout des représentations prévues. À ce stade de sa carrière, il serait sans doute judicieux d’abandonner le personnage, comme cela semble être déjà le cas dans les mois à venir. 

Avec Aleksandra Kurzak nous planons décidément sur d’autres sphères. Pour la soprano polonaise, il s’agit presque d’une prise de rôle, puisqu’elle n’avait jusque-là abordé la captive sacrifiée qu’une seule fois, l’été dernier, dans l’environnement bien particulier des Arènes de Vérone. Saluons donc l’impressionnant travail de préparation accompli en amont car nous assistons ce soir à une incarnation déjà très fouillée et fort aboutie en tous points. Dès son apparition, dans le bref trio avec Amneris et Radamès, s’imposent la solidité du haut du registre et une ligne maîtrisée sans condition, couronnées par des notes piquées vertigineuses. Si l’air du premier acte laisse à peine transparaître les limites de l’étendue de l’instrument, la qualité de l’élocution et un portamento exceptionnel se voient enrichis d’une variation des couleurs extrêmement expressive, afin de signifier le conflit des sentiments, entre l’amour pour son bien-aimé et les affects familiaux. Le duo avec Amneris se singularise par une grande noblesse, l’inflexion se faisant alors angélique, comme cela sied à la situation. La romanza de l’acte III conjugue à la fois ampleur, projection et soin du phrasé, les duos avec son père et son amant se distinguant respectivement par la sincérité du propos dramatique et par l’intelligence du texte. Des notes filées mémorables viennent enfin magnifier le finale III. C’est dans ces moments que l’interprétation d’Aleksandra Kurzak atteint son zénith. Cristalline dans l’épilogue du tombeau, elle insuffle à ses accents la pureté appropriée à la situation.

Il est parfois bienvenu de devoir changer d’avis. Nous n’avions pas totalement aimé le Radamès de Gregory Kunde que nous avions entendu aux Arènes de Vérone en août 2024. Deuxième surprise : dans une salle plus traditionnelle, malgré les contraintes qu’imposent les dimensions de l’Opéra Bastille, le rendu est bien différent. Si le comédien est toujours un peu gauche, si l’attaque de sa romanza peut encore poser quelques minimes soucis de justesse (mais il est vrai que Verdi n’a pas fait de cadeau aux ténors en la plaçant dans les toutes premières battues), si l’aigu est par moments négocié, quoique très adroitement, le récitatif s’impose par un phrasé rare et l’air par un legato de premier ordre. Éclatant à souhait dans le duo du Nil, il entre en parfaite osmose avec Amneris dans le duo du chantage.

Royale dans tout l’acte IV, Judit Kutasi, déjà Azucena sur cette même scène, atteint au paroxysme lors d’un tableau du jugement où prime la puissance. Ses premières interventions, jusqu’au duo avec sa rivale, s’embarrassaient néanmoins d’un vibrato trop excessif que ne justifiait guère la profusion du volume. La palette chromatique et l’efficacité du propos dans la menace venant pallier quelques sons tubés.

Troisième surprise : les débuts à l’Opéra national de Paris d’Enkhbat Amartüvshin que le public de la capitale n’avait entendu qu’épisodiquement au Théâtre des Champs-Élysées dans le Don Carlo d’Ernani, en novembre 2019. La chaleur du timbre irradie dès la scène triomphale pour nourrir plus tard le débat d’âme du père-guerrier.

Faisant à son tour ses preuves sur la première scène nationale et dans l’œuvre en même temps, Dmitry Matvienko dirige consciencieusement les phalanges de la maison d’où ressortent tout particulièrement les cordes et les vents, ostensiblement dans le ballabile de l’acte II, malgré, au tout début de ce même tableau du triomphe, la mise en difficulté certaine des chœurs, par ailleurs toujours excellents, comme à l’accoutumée.

Ovations bien méritées pour les quatre rôles principaux au rideau final.

Les artistes

Il Re : Krzysztof Bączyk
Amneris : Judit Kutasi
Aida : Aleksandra Kurzak
Radamès : Gregory Kunde
Ramfis : Alexander Köpeczi
Amonasro : Enkhbat Amartüvshin
Un Messaggero : Manase Latu
Sacerdotessa : Margarita Polonskaya

Orchestre et Chœurs de l’Opéra national de Paris, dir. Dmitry Matvienko et Ching-Lien Wu
Mise en scène : Shirin Neshat
Décors : Christian Schmidt
Costumes : Tatyana van Walsum
Lumières : Felice Ross
Chorégraphie : Dustin Klein
Dramaturgie : Yvonne Gebauer

Le programme

Aida

Opéra en quatre actes de Giuseppe Verdi, livret d’Antonio Ghislanzoni, créé à l’Opéra khévidal du Caire le 24 décembre 1871.
Paris, Opéra Bastille, représentation du samedi 1er novembre 2025

image_printImprimer
Gregory KundeAmartüvshin EnkhbatJudit KutasiDmitry MatvienkoAleksandra KursakShirin Neshat
0 commentaires 3 FacebookTwitterPinterestEmail
Camillo Faverzani

Professeur de littérature italienne à l’Université Paris 8, il anime le séminaire de recherche « L’Opéra narrateur » et dirige la collection « Sediziose voci. Studi sul melodramma » aux éditions LIM-Libreria musicale italiana de Lucques (Italie). Il est l’auteur de plusieurs essais sur l’histoire de l’opéra. Il collabore également avec des revues et des maisons d’opéra (« L’Avant-scène Opéra », Opéra National de Paris).

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Un Trouvère sensationnel à Plaisance, avec une prodigieuse Teresa Romano dans le rôle d’Azucena
prochain post
Iphigénie en Tauride à l’Opéra Comique : la modernité de Gluck sublimée

Vous allez aussi aimer...

Pelléas et Mélisande à la Scala, ou quand...

3 mai 2026

Opéra-Comique : Lucie de Lammermoor revient à Paris après...

3 mai 2026

Reprise de la Rusalka de Carsen, désormais l’un...

3 mai 2026

PUTTING IT TOGETHER ! – La brillante « revue » de...

28 avril 2026

Entrée triomphale des Villi au répertoire de l’Opéra...

27 avril 2026

À Saint-Étienne, le réveil magistral de la belle...

25 avril 2026

« Il était une fois… » SIEGFRIED par Yannick Nézet-Séguin

24 avril 2026

Samuel Hasselhorn chante Schubert et l’Espoir salle Cortot

22 avril 2026

Roberto Devereux à Bologne : Et j’ai vu pleurer...

22 avril 2026

Heaven ! I mean heaven… avec Top Hat au...

21 avril 2026

Humeurs

  • Découverte vocale : la contralto ukrainienne VANDA KOZUB

    17 avril 2026

En bref

  • DEFIANT REQUIEM : Un Requiem de Verdi très particulier dans le Grand Amphi de la Sorbonne…

    3 mai 2026
  • Les brèves d’avril – Rupture consommée entre la Fenice et Venezi

    26 avril 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de mai – L’artiste peut-il ne pas être politique ?

    1 mai 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Stéphane Lelièvre dans Découvrez la saison 26-27 de l’Opéra Orchestre Normandie Rouen
  • Anne-Marie LANGRENE dans Découvrez la saison 26-27 de l’Opéra Orchestre Normandie Rouen
  • Stéphane Lelièvre dans MARIA CALLAS – 100 ans, 100 rôles
    V. LE CRÉPUSCULE DE LA DIVINE (1961-1969)
  • Rémy OLIVE DE L'AUTE dans MARIA CALLAS – 100 ans, 100 rôles
    V. LE CRÉPUSCULE DE LA DIVINE (1961-1969)
  • Dajean Genevieve dans PUTTING IT TOGETHER ! – La brillante « revue » de Stephen Sondheim fait un tabac à Toulon pour sa création française !

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Pelléas et Mélisande à la Scala,...

3 mai 2026

Opéra-Comique : Lucie de Lammermoor revient à...

3 mai 2026

Reprise de la Rusalka de Carsen,...

3 mai 2026