La prochaine saison du Metropolitan Opera de New York se distingue par une programmation particulièrement équilibrée, qui embrasse un large spectre d’époques et de styles. On y trouve en effet aussi bien des œuvres appartenant au grand répertoire classique, comme Così fan tutte ou Médée, que des titres emblématiques du XIXᵉ siècle, parmi lesquels Aïda, La bohème et Manon. Le XXᵉ siècle n’est pas en reste avec des partitions majeures telles que La fanciulla del West, Jenůfa ou Der Rosenkavalier. L’époque contemporaine sera représentée par Silent Night de Kevin Puts, ainsi que le tout récent Lincoln in the Bardo de Missy Mazzoli. Seul le répertoire baroque manque véritablement à l’appel. Il est vrai que l’immense salle du Metropolitan Opera se prête parfois difficilement à l’esthétique baroque, même si l’institution a déjà proposé, les années précédentes, quelques incursions réussies dans ce domaine. Cette alternance d’époques se double d’une grande diversité de traditions musicales : les ouvrages italiens, allemands, français, américains ou encore tchèques se succèderont ainsi tout au long de la saison, et le public pourra retrouver des piliers incontournables du répertoire — Aïda, Manon, Parsifal ou Tosca — mais aussi des titres plus rares, contribuant à un équilibre entre familiarité et découverte.
La programmation témoigne d’une réelle pluralité, tant dans les œuvres choisies que dans les approches scéniques proposées : depuis plusieurs saisons, le Metropolitan a en effet renoncé à une ligne exclusivement traditionnelle — que certains défenseurs qualifieraient de « classique », quand d’autres parleraient de « kitsch »… La maison new-yorkaise privilégie désormais une alternance entre productions traditionnelles et propositions plus modernes. On retrouvera ainsi certaines mises en scène « conventionnelles » (l’Aïda de Michael Mayer, ou l’inoxydable Bohème de Franco Zeffirelli). À leurs côtés, plusieurs (re)lectures scéniques plus novatrices seront proposées, comme le Così fan tutte vu par Felix McDermott, La fanciulla del West mise en scène par Richard Jones ou encore Jenůfa dans la vision de Claus Guth.
Du côté des distributions, les affiches s’annoncent également très prestigieuses. La soprano Asmik Grigorian sera présente en concert et interprétera également le rôle-titre de Jenůfa. Les attentes sont également fortes autour de la Lady Macbeth de Lise Davidsen, tandis que Sondra Radvanovsky incarnera Minnie dans La fanciulla del West ; elle sera par ailleurs l’une des Tosca de la reprise de la production signée David McVicar. La saison verra aussi la présence de Rachel Willis-Sørensen dans le rôle de la Maréchale, ainsi que celles d’Angela Meade et de Lisette Oropesa, qui se partageront le rôle de Maria Stuarda.
Cette politique reflète finalement ce que devrait être la mission de tout directeur d’opéra : rappeler qu’un théâtre n’est pas la propriété exclusive de son directeur (même s’il peut évidemment – et doit – imprimer sa marque par des propositions originales et parfois audacieuses), mais une maison au service de son public et de la diversité de ses attentes. La programmation 26-27 du Metropolitan Opera cherche ainsi, de toute évidence, à satisfaire le spectre le plus large possible de spectateurs, en conciliant tradition, modernité et curiosité artistique.
Retrouvez la programmation détaillée de la future saison sur le site du Metropolitan Opera.

