À la une
DAVIDE TRAMONTANO : « Le rapport à l’histoire de la musique...
Un Roi d’Ys d’ombres et de lumières : le retour...
Les stars d’Hollywood et l’opéra : Chalamet vs. DiCaprio
Découvrez la saison 26-27 de la Staatsoper unter den Linden...
Golda Schultz en concert avec l’Orchestre national de Montpellier
À Versailles, un Roland en demi-teinte
En dehors de toute routine : nouvelle reprise de Tosca à...
CD – Clémence de Grandval, MAZEPPA, à toute bride !
CD — Nahuel di Pierro, Alphonse Cemin : Un grand...
Nuit sans aube à l’Opéra-Comique : un fascinant cauchemar éveillé
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

CDMédiathèque

CD – Rossini, Stabat Mater (Gustavo Gimeno)

par Hervé Casini 22 avril 2022
par Hervé Casini 22 avril 2022
0 commentaires 3FacebookTwitterPinterestEmail
1,6K

Nouvelle gravure chez Harmonia Mundi  de l’un des plus opératiques Stabat Mater de tout le répertoire : une belle réussite.

Les artistes

Maria Agresta, soprano
Daniela Barcellona, mezzo-soprano
René Barbera, ténor
Carlo Lepore, basse

Orchestre Philharmonique du Luxembourg
Wiener Singverein (Johannes Prinz)
Direction : Gustavo Gimeno

Le programme

Gioacchino Rossini (1792-1868)  : Stabat Mater (créé à Paris, Salle Ventadour, le 7 janvier1842).

Œuvre tardive du « cygne de Pesaro », créée triomphalement dans sa version définitive à Paris, au Théâtre-Italien, en 1842, avec un quatuor d’exception (Grisi,  Albertazzi, Mario, Tamburini), le Stabat Mater de Rossini, s’il n’est pas la pièce la plus sacrée de la musique religieuse, reste par contre, comme son compositeur se plaisait à le dire non sans malice, de la sacrée musique !

Enregistrée en décembre 2019 au grand auditorium de la philharmonie du Luxembourg, dans une conception sonore superlative sachant parfaitement mettre en évidence les contrastes d’un orchestre philharmonique en grande forme et du magnifique Wiener Singverein à la prononciation parfaite, cette gravure séduit avant tout par  la direction captivante du chef  Gustavo Gimeno et par l’homogénéité du quatuor vocal réuni.

Dès les premières mesures de l’introduction orchestrale,  avec ses pianissimi éthérés,  on est  saisi par ce sens du climat dramatique et d’une élévation pleine de retenue que le directeur musical de l’orchestre philharmonique du Luxembourg  sait insuffler à la phalange. Ici, pas d’obscurité malvenue ni d’effets spectaculaires hors de propos : Rossini n’a pas besoin de cela pour faire entendre la douleur de la mère au pied de la croix. De même, la direction du chef espagnol, biberonné à l’ombre de Mariss Jansons et de Claudio Abbado qu’il a assisté pendant plusieurs années, ne tombe jamais dans le piège de l’opératique, là où certains moments (l’aria du ténor, le duetto soprano-mezzo, l’Inflammatus soprano-chœur) pourraient s’y prêter. C’est d’autant plus remarquable que le quatuor vocal est particulièrement familier du répertoire lyrique dont il porte haut les couleurs un peu partout ! Jamais pourtant ici René Barbera, ténor belcantiste de jolie facture, ne confond les accents de son aria Cujus animam gementem, propice aux si et autre ré bémol solaires, avec l’un de ces airs de bravoure dont Rossini nous a donné maints exemples. De même, si Carlo Lepore, basse rossinienne aux moyens vocaux intéressants, chante avec goût et sait triller, il ne pêche jamais par un excès d’émotion intempestive. On ne sera pas étonné de lire que Daniela Barcellona, l’une des mezzo-sopranos qui a le mieux servi Rossini ces dernières années, soit ici dans son élément et nous délivre quelques très beaux moments, en particulier dans une poétique cavatine Fac ut portem au parfait legato et dans le quartetto Sancta Mater où le trille et la vigueur qu’il convient d’avoir sont toujours au rendez-vous ! On aurait pu croire, enfin, Maria Agresta plus étrangère à un compositeur qu’elle a finalement peu côtoyé : l’accent fiévreux mais toujours maîtrisé avec lequel elle aborde l’Inflammatus mais aussi la justesse de sa vocalise font pourtant partie des moments enthousiasmants de cet enregistrement, où la soprano lucanienne trouve dans la puissance des voix du chœur un partenaire saisissant.

C’est d’ailleurs l’ensemble viennois qu’il convient de louer en dernier lieu tant la couleur vocale de ses artistes fait ici merveille, en particulier dans la fugue finale où l’ensemble entre totalement dans la conception du chef et de ses variations de tempo.

Un enregistrement qui d’ores et déjà prend toute sa place dans une discographie pourtant pléthorique !

image_printImprimer
René BarberaGustavo GimenoCarlo LeporeMaria AgrestaDaniela Barcellona
0 commentaires 3 FacebookTwitterPinterestEmail
Hervé Casini

Hervé Casini est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence, docteur en littérature française à Aix-Marseille Université et Secrétaire Général du Museon Arlaten (Musée d’ethnographie provençale). Collaborateur de diverses revues (Revue Marseille, Opérette-Théâtre Musical, Résonances Lyriques…), il anime un séminaire consacré au « Voyage lyrique à travers l’Europe (XIXe-XXe siècle) à l’Université d’Aix-Marseille et est régulièrement amené à collaborer avec des théâtres et associations lyriques dans le cadre de conférences et colloques.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Ça s’est passé il y a 100 ans : mort d’Alessandro Moreschi, l’un des derniers castrats
prochain post
Grace Durham à la Bibliothèque La Grange-Fleuret : l’état de Grace !

Vous allez aussi aimer...

CD – Clémence de Grandval, MAZEPPA, à toute...

13 mars 2026

CD — Nahuel di Pierro, Alphonse Cemin :...

13 mars 2026

CD – Simon Boccanegra : encore un rôle...

10 mars 2026

CD — Mélodies avec orchestre, volume 2 de...

24 février 2026

Livre – Jean-Philippe Thiellay, En finir avec les...

19 février 2026

Amour et mariage à l’opéra paraît chez Classiques...

14 février 2026

CD – Ralph Vaughan Williams : LandscapesRalph comme...

12 février 2026

Livre – Le Voyage dans la Lune, d’après...

14 janvier 2026

CD – Fra l’ombre e gl’orrori : un siècle...

13 janvier 2026

Livre – Marina Mayrhofer : Ombre in scena....

6 janvier 2026

Humeurs

  • Les stars d’Hollywood et l’opéra : Chalamet vs. DiCaprio

    14 mars 2026

En bref

  • Ça s’est passé il y a 300 ans : création de Scipione de Händel

    12 mars 2026
  • Les brèves de mars –

    9 mars 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Transposer un mythe dans la contemporanéité : mettre à jour… ou mettre à plat ?

    1 mars 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • BOUDIAF Christiane dans Eugène Onéguine de retour au Palais Garnier : un beau succès d’ensemble… et un triomphe pour Lenski !
  • Camillo Faverzani dans En dehors de toute routine : nouvelle reprise de Tosca à l’Opéra Bastille
  • Shadi Hazara dans Sur la scène de l’Opéra de Nancy, les Carmélites de Francis Poulenc dialoguent avec notre temps
  • Béatrice dans Le Temps de la Gitane : reprise de la Carmen de Calixto Bieito à l’Opéra Bastille
  • Virginie Bardelot dans En dehors de toute routine : nouvelle reprise de Tosca à l’Opéra Bastille

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

CD – Clémence de Grandval, MAZEPPA,...

13 mars 2026

CD — Nahuel di Pierro, Alphonse...

13 mars 2026

CD – Simon Boccanegra : encore...

10 mars 2026