Édito de septembre –
Fin des festivals, début des festivités… avec la nouvelle saison lyrique 26-27 !

Alors que se referme progressivement la page des festivals d’été, avec son lot de belles surprises, de promesses tenues ou parfois déçues, de découvertes inattendues et de quelques désillusions, se profilent déjà les premiers spectacles de la saison 2026-2027.

Dans un contexte économique toujours tendu, les opéras, qu’il s’agisse de grandes institutions ou de salles plus modestes, font plutôt bonne figure – et, loin de céder au découragement, parviennent à proposer des programmations riches, ambitieuses et extrêmement variées. De Paris à la province, et bien au-delà de nos frontières, les occasions de découvrir des œuvres rares, de retrouver les grands classiques ou d’entendre des artistes prestigieux ne manqueront pas.

À Paris, ce n’est peut-être pas nécessairement du côté de l’Opéra que nous nous tournerons en priorité, tant sa saison nous paraît, à quelques exceptions près, tristounette. Pas forcément non plus vers l’Opéra Comique, fermé pour travaux, même si sa programmation hors les murs mérite toute notre attention, avec notamment, très prochainement, la Zaïde de Mozart.

Nous suivrons en revanche avec beaucoup d’intérêt ce que proposera le Théâtre de l’Athénée, en espérant que le Così fan tutte imaginé par Jean-Yves Ruf et Julien Chauvin sera aussi réussi que leur Don Giovanni. À la Philharmonie, Nadine Sierra sera notamment à l’affiche de Lucia di Lammermoor, tandis que Jérémie Rhorer proposera sa lecture du Trovatore.

Mais c’est surtout du côté du Théâtre des Champs-Élysées que plusieurs événements particulièrement attendus devraient retenir notre attention : le Crépuscule des dieux dirigé par Kent Nagano, Roma de Massenet et, bien sûr, la venue de Riccardo Muti pour Attila.

En province, le choix ne sera pas moins alléchant. On pourra ainsi découvrir le rare Edgar de Puccini à l’Opéra de Limoges, La Nuit de mai de Rimski-Korsakov à Lyon, une Platée particulièrement prometteuse par Il Caravaggio à l’Opéra de Rennes, ou encore Macbeth ou Tannhäuser à Rouen. Autant de rendez-vous qui témoignent, une fois encore, de la vitalité du réseau lyrique français.

Et puis il y a l’étranger, pour celles et ceux qui auront la possibilité de franchir les frontières. Là encore, la saison s’annonce particulièrement riche. À Berlin, on attend tout particulièrement le Lear que Barrie Kosky montera pour la Komische Oper à l’aéroport de Tempelhof, ou encore La Femme silencieuse (Staatsoper unter den Linden). À Munich, la fin du Ring imaginée par Tobias Kratzer suscite la curiosité, même si sa Walkyrie n’avait pas, selon nous, tenu toutes ses promesses

À Vienne, un prestigieux Don Carlos (Vittorio Grigolo, Étienne Dupuis, Elena Stikhina) devrait attirer tous les regards. Bruxelles proposera le très réputé diptyque Cavalleria rusticana / Pagliacci de Robert Carsen. Madrid invite Sondra Radvanovsky dans Manon Lescaut et propose une Norma aux distributions particulièrement prestigieuses. Bologne permettra de découvrir la très rare Straniera, tandis que la Scala de Milan ouvrira sa saison avec Otello, sous la direction de Chung et dans une mise en scène de Michieletto. Toujours en Italie : Parme propose Boris Godounov et Turin Iris et Edgar.
Zurich réunira prochainement, dans une Rondine particulièrement prestigieuse, Ermonela Jaho et Benjamin Bernheim dans les rôles-titres, sous la direction scénique de Christof Loy. L’Opéra de Genève proposera quant à lui  (aux Bâtiments des Forces Motrices, le Grand Théâtre étant fermé pour travaux) la rarissime Tempête de Frank Martin, La fanciulla del West de Puccini et Le Voyage à Reims de Rossini, dont nous sommes particulièrement impatients de découvrir la lecture proposée par Laurent Pelly, après celle de Barrie Kosky cet été à Salzbourg.

Enfin, l’Opéra Royal de Liège proposera à lui seul plusieurs rendez-vous particulièrement séduisants : Le Baiser de Smetana, Thaïs de Massenet ou encore Roberto Devereux, inexplicablement absent des scènes françaises depuis tant d’années.

De quoi, donc, aborder cette nouvelle saison avec enthousiasme et curiosité. Car si les contraintes économiques sont bien réelles et si certaines programmations peuvent parfois laisser sur notre faim, le paysage lyrique continue de témoigner d’une remarquable vitalité. Les œuvres rares côtoient les classiques, les jeunes artistes les chanteurs confirmés, et les lectures nouvelles les mises en scène plus « sages ».

C’est cette diversité, ces découvertes, ces retrouvailles et, bien sûr, les enthousiasmes comme les déceptions que Première Loge s’attachera à partager avec vous tout au long de cette nouvelle saison.

Et, pour préparer dès maintenant vos prochaines soirées, rappelons que vous pouvez consulter sur notre site les programmes de toutes les grandes salles lyriques du monde — ou presque — ainsi que les liens permettant d’accéder directement aux sites des théâtres concernés, en cliquant ici ! (Les suggestions que nous avons faites ci-dessus sont loin de rendre compte de façon exhaustive de toutes les belles surprises concoctées par les théâtres et leurs équipes…).

Première Loge souhaite à ses lectrices et lecteurs une excellente saison lyrique !