Se préparer à ROBERTO DEVEREUX – Opéra Royal de Wallonie-Liège, 11-20 avril 2027

Tragédie lyrique en 3 actes de Gaetano Donizetti, livret de Salvadore Cammarano, créé le 29 octobre 1837 au Teatro San Carlo de Naples.

Opéra Royal de Wallonie-Liège, 11-20 avril 2027

Table des matières

LES AUTEURS

Le compositeur

Gaetano Donizetti (Giuseppe Rillosi, musée de la Scala)

Gaetano DONIZETTI (1797-1848)

Donizetti est né à Bergame le 29 novembre 1797, où il mourut également quelque 50 ans plus tard (le 08 avril 1848). Cette ville de Lombardie honore depuis la mémoire du musicien, avec notamment un festival qui lui est consacré chaque automne.

Avec Rossini et Bellini, Donizetti régna sur l’Europe musicale pendant la première moitié du XIXe siècle. Il s’installa notamment à Paris (en 1839), où il prit la direction de la salle Ventadour. Trois ans plus tard, il fut nommé maître de chapelle à Vienne. Il fit représenter dans la capitale française plusieurs ouvrages importants : La Fille du régiment (1840), La Favorite (1840), ou encore Don Pasquale (1843).

Extrêmement prolixe, il composa plus de 500 œuvres dont 71 opéras, parmi lesquels Anna Bolena (1830), L’elisir d’amore (1832), Maria Stuarda (1834), Lucia di Lammermoor (1835), Roberto Devereux (1837). Atteint de la syphilis, il ne peut plus composer dès 1845 et sombre progressivement dans la folie.

Pendant la première moitié du XXe siècle, on ne jouait plus guère de ce musicien que Lucia, Don Pasquale et L’elisir d’amore, avant qu’on ne se réintéresse progressivement à l’ensemble de son œuvre, notamment sous l’impulsion de Maria Callas, qui redonna à Lucia di Lammermoor ses lettres de noblesse et mit également à son répertoire Anna Bolena et Poliuto. Aujourd’hui, la fameuse « trilogie Tudor » (Anna Bolena, Maria Stuarda, Roberto Devereux) est régulièrement proposée à l’attention des spectateurs. Mais il reste encore de très nombreux opéras de Donizetti à redécouvrir, notamment en France où l’on continue de se montrer assez frileux envers ce compositeur. (Des ouvrages aussi importants que les opéras de la trilogie Tudor, Poliuto ou Belisario – entre autres – attendent toujours d’être…  créés à l’Opéra de Paris !)

Le librettiste

Salvadore Cammarano (1801-1852)

Fils et père de deux peintres (Giuseppe et Michele), le librettiste Salvadore Cammarano naît le 19 mars 1801 à Naples, où il mourra de façon précoce le 17 juillet 1852.
Auteur de pièces de théâtre doté d’une grande culture littéraire (il écrivit surtout des comédies), il abandonnera progressivement ce genre pour l’écriture exclusive de livrets (22 en tout), essentiellement destinés aux compositions de Gaetano Donizetti puis de Giuseppe Verdi.

Spécialiste du mélodrame romantique, il affectionne les ambiances nocturnes, mystérieuses et  parfois inquiétantes, telles qu’on en lit dans les livrets de Lucia di Lammermoor (1835) ou du Trouvère, créé en 1853, un an après sa disparition.
Pour Donizetti, Cammarano écrivit les livrets de L’assedio di Calais (1836), Roberto Devereux (1837), Maria de Rudenz (1838), Poliuto (1848), Maria di Rohan (1848) ; pour Verdi : La battaglia di Legnano et Luisa Miller (1849), Il Trovatore (1853). Il commença également à travailler sur le livret du Re Lear, qu’Antonio Somma achèvera, mais que Verdi ne mit jamais en musique.

L’ŒUVRE

La création et la fortune de l’œuvre

Teatro San Carlo de Naples

Les conditions de la création (1837)

Au printemps 1837, Gaetano Donizetti signe avec le Teatro San Carlo de Naples un contrat pour un nouvel opéra seria. Ce sera Roberto Devereux, ossia Il conte di Essex, sur un livret de Salvadore Cammarano. L’ouvrage clôt ce qu’on appellera plus tard la « trilogie Tudor » du compositeur, après Anna Bolena (1830) et Maria Stuarda (1834).

La composition de l’œuvre se déroule dans des circonstances personnelles tragiques. Durant l’année précédente, Donizetti avait perdu son père et sa mère, puis sa femme Virginia Vaselli avait mis au monde un enfant mort-né. En juin 1837, un autre enfant meurt à la naissance, et le 30 juillet, sa femme meurt à son tour, à seulement 28 ans. Les répétitions débutent fin août 1837 : l’essentiel de la partition doit être écrit dans le mois qui suit la mort de son épouse, tandis que Naples est simultanément ravagée par une épidémie de choléra. Donizetti lui-même qualifiera l’ouvrage, dans une lettre du 4 septembre, d’« opéra de ses émotions », convaincu qu’il porte en lui un mauvais présage.

La création a lieu le 28 (ou 29, selon les sources) octobre 1837 au San Carlo. Le triomphe est immédiat, mais fragile : la maladie frappe rapidement les principaux chanteurs de la distribution originale, dont la prima donna Giuseppina Ronzi de Begnis et le baryton Paul Barroilhet, ce qui interrompt prématurément la série de représentations.

La fortune de l’œuvre au XIXe siècle

Malgré ces débuts contrariés, l’opéra connaît une diffusion rapide à travers l’Europe et au-delà dans les années qui suivent la création, porté par la notoriété de Donizetti, alors au sommet de sa gloire après le succès de Lucia di Lammermoor (1835). Il s’impose durablement au répertoire italien pendant plusieurs décennies. Toutefois, comme beaucoup d’ouvrages du bel canto reposant sur une virtuosité vocale et dramatique exigeante, Roberto Devereux subit le contrecoup de l’évolution du goût lyrique dans la seconde moitié du siècle : l’essor du grand opéra français, puis du wagnérisme et du vérisme italien, relègue progressivement au second plan ce répertoire fondé sur le chant orné. L’œuvre disparaît ainsi presque entièrement des scènes à la fin du XIXe siècle.

La redécouverte au XXe siècle

Il faut attendre les années 1960 pour que Roberto Devereux renaisse, dans le sillage plus large de la « renaissance donizettienne » qui redonne alors vie à l’ensemble du répertoire bel cantiste italien du premier XIXe siècle, aux côtés de Rossini et Bellini. Naples le reprend en 1964 avec Leyla Gencer dans le rôle d’Elisabetta. La cantatrice Montserrat Caballé s’impose ensuite dans le rôle-titre féminin aux États-Unis et à Venise, avant de triompher au Festival d’Aix-en-Provence en 1977 aux côtés de José Carreras.

De fait, cette redécouverte doit beaucoup à des chanteuses capables de restituer l’exigence technique et l’intensité dramatique du rôle d’Elisabetta. Dans les années 1970, la soprano américaine Beverly Sills popularise à son tour l’ouvrage, notamment au New York City Opera, où elle réunit les trois « reines de Donizetti » (Anna Bolena, Maria Stuarda, Elisabetta) en un véritable cycle. Depuis, l’opéra a retrouvé une place assez stable dans le répertoire des grandes maisons lyriques internationales (à l’exception des opéras français, qui la boudent avec une constance remarquable, comme d’ailleurs presque toute la veine sérieuse de Donizetti, à l’exception de Lucia et, tout récemment, Lucie de Lammermoor) : Roberto Devereux est considéré aujourd’hui comme l’un des sommets les plus aboutis mais aussi les plus sombres de l’art donizettien tardif.

Le livret

La source

Le livret de Cammarano est librement inspiré de la pièce Elisabeth d’Angleterre de Jacques-François Ancelot, elle-même adossée à l’histoire du comte d’Essex, favori déchu et exécuté d’Élisabeth Ire en 1601. La tragédie d’Ancelot fut créée à la Comédie-Française en décembre 1829 : elle y obtint un grand succès populaire. 

L’intrigue

Contexte historique
L’action se déroule à Londres, à la fin du règne d’Élisabeth I, vers 1601.

Résumé 
La reine Élisabeth I (soprano) aime en secret Roberto Devereux (ténor), comte d’Essex, malgré la différence d’âge et son rang. Or Devereux, revenu disgracié d’une campagne militaire en Irlande, aime en réalité Sara (mezzo-soprano), duchesse de Nottingham — qui est mariée au duc de Nottingham, meilleur ami de Devereux.

Avant son départ pour l’Irlande, Élisabeth avait offert à Devereux une bague, symbole de sa protection : s’il la lui renvoyait un jour, elle lui pardonnerait quelle que soit sa faute.

De retour, Devereux est accusé de trahison (on le soupçonne de comploter contre la couronne). Élisabeth, jalouse et blessée en apprenant qu’il aime une autre femme, hésite entre son amour et sa colère. Sara possède un mouchoir brodé qu’elle avait donné à Devereux ; cet objet, découvert, devient la preuve accablante de leur liaison aux yeux de la reine et surtout du duc de Nottingham (baryton), furieux d’être trahi par son ami et son épouse.

Devereux est arrêté et condamné à mort pour trahison. Sara tente désespérément de faire parvenir à la reine la bague qui sauverait Devereux, mais son mari, jaloux et vengeur, l’en empêche et retarde volontairement la remise de l’anneau.

Quand la bague arrive enfin entre les mains d’Élisabeth, il est trop tard : l’exécution a déjà eu lieu.

François Ancelot











François Ancelot, Elisabeth d’Angleterre, Acte V, scènes 4, 5 et 6

Dans la scène finale, la reine, effondrée de douleur et de remords, sombre dans un état second, hantée par la culpabilité, et l’opéra s’achève sur son désespoir, laissant présager (comme le veut la légende) la fin de son règne et de sa vie.

La partition

Une œuvre qui dépasse les codes du bel canto pour ouvrir la voie à l’opéra italien de demain

Composée en 1837, en pleine maturité créatrice de Donizetti, la partition de Roberto Devereux constitue l’un des sommets de son écriture belcantiste, tout en laissant déjà entrevoir certains traits du futur drame musical verdien. Si l’ouvrage demeure fidèle aux grandes conventions de l’opéra italien – alternance de récitatifs, d’airs à cabalettes, de duos et de vastes ensembles concertants –, Donizetti parvient à dépasser le cadre parfois conventionnel de ces formes closes par une inspiration dramatique d’une remarquable intensité.

La partition n’est certes pas exempte de certains procédés hérités de la tradition. L’ouverture, par exemple, peut paraître relativement conventionnelle (surtout lorsqu’elle est dirigée sans goût ni conviction). Toutefois, cette impression s’efface rapidement devant la qualité de l’écriture dramatique qui se déploie au fil des trois actes. Bien que l’opéra soit construit sur une succession de numéros distincts, les transitions entre eux gagnent en souplesse et en continuité. Donizetti veille à ce que la musique accompagne au plus près les fluctuations psychologiques des personnages, plutôt que de se plier mécaniquement à une architecture formelle.

Le rôle poético-dramatique de l’orchestre donizettien 

L’orchestre, particulièrement soigné, participe pleinement à cette caractérisation. Fidèle à l’esthétique belcantiste, Donizetti le maintient constamment au service de la ligne vocale, sans jamais couvrir les chanteurs. Pour autant, l’écriture orchestrale dépasse la simple fonction d’accompagnement et se distingue par un sens aigu de la couleur et de l’évocation. Le compositeur introduit notamment un motif inspiré de God Save the King. Certes anachronique par rapport à l’époque de l’action, ce thème possède une forte valeur symbolique, contribuant à l’identité historique de l’ouvrage.

Plus généralement, l’orchestration devient un véritable vecteur d’expression psychologique. Les bois, et tout particulièrement le cor anglais, déploient des sonorités sombres et mélancoliques qui accompagnent les moments d’introspection, de solitude ou de tension intérieure. Sans jamais renoncer à la primauté du chant, Donizetti enrichit ainsi son langage orchestral d’une palette expressive nouvelle, annonçant l’évolution du théâtre lyrique italien vers un drame toujours plus intégré, où l’orchestre participe pleinement à la construction de l’émotion.

L’exceptionnelle caractérisation musicale des personnages

La caractérisation musicale des protagonistes constitue d’ailleurs l’une des plus grandes réussites de la partition. Chacun bénéficie d’un langage vocal qui lui est propre et qui traduit avec finesse son tempérament et son évolution dramatique. Ainsi, Nottingham se voit confier le grand air de jalousie « Forse in qual cor sensibile », dont la véhémence et la puissance expressive annoncent déjà les grands rôles de baryton de Verdi. Roberto Devereux, quant à lui, oscille entre l’héroïsme et l’introspection. Son air de prison, « Come uno spirto angelico », où la résignation se mêle à la nostalgie amoureuse, compte parmi les plus belles pages écrites par Donizetti pour un ténor.

Mais c’est incontestablement le personnage d’Elisabetta qui domine l’ouvrage. Donizetti lui offre l’un des rôles de soprano les plus accomplis de tout son catalogue. Elisabetta est un  soprano drammatico d’agilità parmi les plus exigeants de tout le répertoire belcantiste. À la virtuosité redoutable de la ligne vocale s’ajoute une intensité expressive exceptionnelle, qui sollicite autant la technique que les qualités de tragédienne de l’interprète. Donizetti ne conçoit jamais la virtuosité comme une fin en soi : elle devient l’expression même des tourments intérieurs de la reine, de son autorité blessée, de sa jalousie, puis de son effondrement psychologique. Cette évolution trouve son accomplissement dans la scène finale, l’une des plus impressionnantes que Donizetti ait jamais composées. La structure traditionnelle est certes respectée, avec un récitatif accompagné suivi d’un arioso d’une intensité déchirante puis d’une cabalette. Mais Donizetti en renouvelle profondément la conception. Loin d’offrir une brillante démonstration de virtuosité, la cabalette adopte un mouvement inhabituellement lent, comme si le temps lui-même se suspendait. Les traits d’agilité, réduits à quelques fulgurances, ne servent plus l’éclat vocal mais traduisent les derniers soubresauts d’un esprit qui sombre dans la folie. Cette économie de moyens renforce considérablement la puissance dramatique de la scène et donne à entendre, avec une vérité psychologique saisissante, la désagrégation progressive du personnage.

Un pur joyau du premier Ottocento

Roberto Devereux apparaît donc comme l’une des réussites les plus accomplies de tout le théâtre lyrique de Donizetti. À nos yeux, l’ouvrage surpasse même Anna Bolena et Maria Stuarda, pourtant plus régulièrement représentés. L’équilibre exceptionnel entre l’inspiration mélodique, la profondeur de la caractérisation psychologique et l’intensité dramatique en fait sans doute le sommet de la célèbre « trilogie des reines Tudor ».

Le relatif effacement de l’œuvre au répertoire demeure d’ailleurs assez paradoxal. Il tient peut-être, au moins en partie, à son titre, qui met en avant Roberto Devereux alors que le véritable centre de gravité dramatique de l’opéra est incontestablement Elisabetta. C’est bien la reine qui porte l’action, qui en concentre les conflits et qui domine la partition tant par l’ampleur de son rôle que par la richesse de son évolution psychologique. On peut même se demander si un titre faisant explicitement référence à Élisabeth Iʳᵉ n’aurait pas favorisé une plus large diffusion de l’ouvrage. Le destin tragique d’une souveraine exerce en effet, dans l’imaginaire lyrique, un pouvoir d’attraction bien plus fort que celui des personnages masculins, d’ailleurs relativement rarement érigés en héros éponymes.

Quoi qu’il en soit, Roberto Devereux s’impose comme un jalon absolument essentiel de l’histoire de l’opéra italien du XIXᵉ siècle.
Peut-être un directeur de l’Opéra de Paris s’en apercevra-t-il un jour, et acceptera-t-il enfin de créer l’ouvrage en ses murs, quelque deux cents ans après sa création napolitaine ! Il est permis d’attendre, il est doux d’espérer, comme dit l’autre…

LES REPRÉSENTATIONS DE L’OPÉRA ROYAL DE WALLONIE-LIÈGE

Le chef

© J. Berger-ORW

Giampaolo BISANTI

Né à Milan, Giampaolo Bisanti a remporté de nombreux concours internationaux (dont le concours Dimitri Mitropoulos d’Athènes) et a dirigé les plus grands orchestres dans de nombreuses salles particulièrement prestigieuses : 

Maggio Musicale Fiorentino, Teatro Regio de Turin, La Fenice de Venise, Semperoper de Dresde, Deutsche Oper de Berlin, Opéra de Zurich, Festival de Peralada, Gran Teatre del Liceu de Barcelone, Staatsoper de Vienne, Chorégies d’Orange, Bayerische Staatsoper, Opéra de Paris, Scala de Milan, etc. 
Giampaolo Bisanti est actuellement  directeur musical de l’Opéra Royal de Wallonie-Liège, où il a déjà dirigé, entre autres œuvres, RigolettoAnna Bolena, La sonnambula, AlziraLes Contes d’Hoffmann,… Sous son impulsion, l’orchestre s’est ouvert avec succès à de nouveaux répertoires, notamment russe et allemand.
Lors de la saison 2023-2024, il dirigera Nabucco à la Deutsche Oper de Berlin et à la Wiener Staatsoper de Vienne, Benvenuto Cellini à la Semperoper Dresden, Cavalleria rusticana et I Pagliacci à la Scala de Milan.

Retrouvez Giampaolo Bisanti en interview ici !

https://youtu.be/ZyCykH0JL1I?si=uMisQHZQPdARdpG6

Giampaolo Bisanti évoque Benvenuto Cellini à l’occasion des représentations données à la Semperoper de Dresde en juin 2024.

Le metteur en scène

© Marco Borrelli

Jacopo SPIREI

Jacopo Spirei est un metteur en scène d’opéra italien reconnu pour son approche inventive, alliant respect des œuvres et regard contemporain. Formé aux arts et au théâtre à Bologne, puis au cinéma à la New York Film Academy, il développe une esthétique nourrie à la fois par la scène et le langage cinématographique.

Sa carrière l’a conduit à collaborer avec de prestigieuses maisons d’opéra en Europe et à l’international. Il a signé des mises en scène d’ouvrages majeurs tels que Don Giovanni, Così fan tutte, Falstaff, L’elisir d’amore, Aida ou encore Rinaldo, présentés notamment au San Francisco Opera, au Festival Verdi, au Theater an der Wien, au Badisches Staatstheater Karlsruhe, au Festival de Wexford et au Salzburger Landestheater. Ce dernier lui a décerné le Prix du public de la meilleure production en 2012-2013.

En parallèle de son activité de metteur en scène, Jacopo Spirei a travaillé comme assistant et directeur des reprises auprès de Graham Vick sur des productions de référence, notamment à Glyndebourne, au Maggio Musicale Fiorentino, à la Birmingham Opera Company, au Festival de Bregenz et au New National Theatre de Tokyo. Il a également collaboré avec plusieurs figures majeures de la mise en scène lyrique, parmi lesquelles John Copley, Stefano Vizioli et Stephen Medcalf.

Très engagé dans la transmission, il enseigne régulièrement auprès de jeunes artistes, notamment à l’Académie de l’Opéra royal de Copenhague, à l’Accademia della Scala et au Conservatoire royal d’Écosse. Il est également professeur associé d’opéra à l’Académie nationale des arts d’Oslo (KHiO). Entre 2006 et 2011, il a fondé le projet expérimental Spurio, consacré aux croisements entre opéra, cinéma, vidéo et performance.

https://www.youtube.com/watch?v=JbG7po6voog

Carmen à Macerata en 2019

Les chanteurs

© Ksenia Ryzhkova

Maxim MIRONOV, Roberto (ténor)

Après des études suivies à Moscou, le ténor russe Maxim Mironov remporte le 2e prix du concours international de chant Neue Stimmen en Allemagne en 2003, un événement qui le propulse sur les scènes lyriques de première importance :

La Fenice de Venise, la Scala de Milan, le Teatro del Maggio Musicale Fiorentino, le Teatro dell’Opera di Roma, le Teatro Massimo de Palerme, le Teatro di San Carlo de Naples, le Teatro Comunale di Bologna, le Teatro Real de Madrid, le Théâtre des Champs-Élysées, le Palais Garnier de Paris, la Staatsoper de Vienne, la Semperoper de Dresde, La Monnaie de Bruxelles, le Gran Teatre del Liceu de Barcelone, l’Opéra de Los Angeles, l’Opéra de Washington,…
Spécialiste de Rossini, il se produit régulièrement au Festival de Pesaro. Son répertoire comporte les principaux rôles de ténor rossinien (Il Viaggio a Reims, L’Italiana in Algeri,  La Gazzetta, La pietra del paragone, Il barbiere di Siviglia, Otello, La Cenerentola, Le Siège de Corinthe), mais Maxim Mironov interprète également Mozart (Cosi fan tutte, Don Giovanni, L’Enlèvement au sérail), Gluck (Iphigénie en Aulide, Orfeo ed Euridice), Donizetti (Roberto Devereux, Anna Bolena, Don Pasquale, La Fille du régiment), Bellini (I Puritani, La Sonnambula) ou Verdi (Falstaff).

Retrouvez Maxim Mironov en interview ici ! 

https://www.youtube.com/watch?v=nDfnIER6Dnk

Rossini, air de Ramiro (La Cenerentola) – Vienne, 2016
© Anna Barbera

Nino MACHAIDZE, Elisabetta (soprano)

Née en Géorgie, Nino Machaidze intègre en 2005 l’Académie du Teatro alla Scala de Milan. En 2007, elle y chante Marie de La Fille du régiment, avant d’entamer une brillante carrière qui la conduit sur les principales scènes lyriques du monde : 

Festival de Salzbourg, Staatsoper de Hambourg, Teatro Real de Madrid, Opéra de Paris, Gran Teatre del Liceu de Barcelone, Opéra de Los Angeles, Staatsoper de Vienne, Festival Rossini de Pesaro, Théâtre des Champs-Élysées, Teatro San Carlo de Naples, Grand Théâtre de Genève… Son répertoire est particulièrement étendu, mais c’est surtout dans les œuvres italiennes et françaises qu’elle est demandée, avec, pour les premières, des rôles tels ceux de Gilda (Rigoletto), le rôle-titre de Lucia di Lammermoor, Adina (L’Elixir d’amour), Musetta et Mimi (La bohème), Fiorilla (LeTurc en Italie), Ninetta (La Pie voleuse), Nedda (I Pagliacci), Luisa Miller ; et pour les secondes : Juliette (Roméo et Juliette), Leïla (Les Pêcheurs de perles), Thaïs, Micaëla (Carmen), Antonia (Les Contes d’Hoffmann), Inès (L’Africaine) …

https://youtu.be/BC0PENY1Cds?si=xtuBzwsi3EDfmQyo

Roméo et Juliette, « Je veux vivre » (Salzbourg, 2008)
© Aymeric Giraudel

Karine DESHAYES, Sara (Mezzo-soprano)

Après ses études musicales, Karine Deshayes rejoint la troupe de l’Opéra de Lyon où elle a l’occasion de chanter Cherubino (Les Noces de Figaro), Stéphano (Roméo et Juliette) et Rosina (Le Barbier de Séville). Elle entame ensuite une brillante carrière qui prend rapidement une dimension internationale. 

Elle est en effet invitée, entre autres, par l’Opéra national de Paris, le Teatro Real de Madrid, le Gran Teatre del Liceu de Barcelone, le Metropolitan Opera de New-York, l’Opéra de San Francisco et par plusieurs festivals prestigieux (Salzbourg, Pesaro, Festival de Radio France et de Montpellier,…).

Son répertoire est d’autant plus vaste qu’elle alterne des rôles de mezzo (Carmen, Dalila, Isabella, Rosina, Charlotte, Cenerentola) et de soprano (Norma, Adalgisa, la Comtesse des Noces de Figaro, Elena de La donna del lago,…). Karine Deshayes se montre tout aussi à l’aise dans le répertoire baroque (Monteverdi), le répertoire classique (Mozart), le bel canto (Rossini, Donizetti), que dans les romantismes italien et français. Elle a remporté en 2002 le Concours Voix Nouvelles, et a également reçu deux fois la Victoire de la musique dans la catégorie Artiste Lyrique de l’année.

Retrouvez Karine Deshayes en interview ici !

https://youtu.be/_bNlkVMyR4o?si=AvEbZmDzA0xUVLEB

Semiramide, « Bel raggio » – Ensemble les Forces Majeures, dir. Raphael Merlin, Paris, Cathédrale du Dôme-Saint-Louis des Invalides (2015)
© D.R.

Vittorio PRATO, Nottingham (baryton)

Vittorio Prato est l’un des barytons italiens les plus demandés de sa génération. Ayant étudié avec Ivo Vinco et Luciano Pavarotti, il a participé à l’ Accademia Rossiniana de Pesaro et a été notamment lauréat des Mattia Battistini International Competition et Sacred Music Competition.

Même s’il est très apprécié dans le bel canto dont il est considéré comme un éminent spécialiste, Vittorio Prato possède un répertoire très vaste, s’étendant de Monteverdi aux œuvres du XXe siècle. Il s’est déjà produit à la Staatsoper de Berlin, au Liceu de Barcelona, à l’Opéra national de Lyon, au Grand Théatre de Genève, au Ncpa de Beijing, au Théatre du Capitole de Toulouse, au Théatre des Champs-Elysées et à l’Opéra Comique de Paris, à La Monnaie de Bruxelles, à l’Opéra Royal de Liège, à l’Opéra de Rome, au Teatro Regio de Turin, au Teatro del Maggio Musicale de Florence, et a participé aux festivals de Wexford, Montpellier, Beaune, Bad Kissingen, Bad Wildbad et Pesaro.

https://youtu.be/JsYXY_3NUO8?si=XNsiyiT5OCFWb5rX

Don Carlo, mort de Posa

NOTRE SÉLECTION POUR VOIR ET ÉCOUTER L’ŒUVRE

CD

  • 1964 (live, Naples) / Mario Rossi – Ruggero Bondino, Leyla Gencer, Piero Cappuccilli, Anna Maria Rota. Orchestre et chœur du Teatro San Carlo di Napoli. Opera d’Oro (CD).

  • 1965 (live, Carnegie Hall) / Carlo Felice Cillario – Juan Oncina, Montserrat Caballé, Walter Alberti, Lili Chookasian. American Opera Society. Premiere Opera (CD).

  • 1969 (studio) / Charles Mackerras – Robert Ilosfalvy, Beverly Sills, Peter Glossop, Beverly Wolff. Royal Philharmonic Orchestra / Ambrosian Opera Chorus. Westminster/ABC, réédition Deutsche Grammophon (CD).

  • 1970 (live, New York) / Julius Rudel – Plácido Domingo, Beverly Sills, Louis Quilico, Beverly Wolff / Susanne Marsee. New York City Opera. Premiere Opera / Melodram (CD).

  • 1972 (live, Venise) / Bruno Bartoletti – Gianni Raimondi, Montserrat Caballé, Walter Alberti, Beverly Wolff. Teatro La Fenice. GOP / Myto (CD).

  • 1977 (live, Aix-en-Provence) / Julius Rudel – José Carreras, Montserrat Caballé, Vicente Sardinero, Susanne Marsee. Orchestre et chœurs du Capitole de Toulouse. Gala / SRO (CD).

  • 1979 (live, San Francisco) / Gian-Franco Masini – Carlo Bini, Montserrat Caballé, Juan Pons, Stefania Toczyska. San Francisco Opera. Live Rare Opera (CD).

  • 1987 (live, Naples) / Gustav Kuhn – Alberto Cupido, Katia Ricciarelli, Paolo Coni, Martha Senn. Teatro San Carlo di Napoli. Legato Classics (CD).

  • 1994 (studio/concert, Strasbourg) / Friedrich Haider – Don Bernardini, Edita Gruberová, Ettore Kim, Delores Ziegler. Orchestre philharmonique de Strasbourg / Opéra du Rhin. Nightingale Classics (CD).

  • 2002 (concert, Covent Garden) / Maurizio Benini – José Bros, Nelly Miricioiu, Roberto Frontali, Sonia Ganassi. Orchestre et chœur du Royal Opera House. Opera Rara (CD).

Streaming

1975 (New York) / Julius Rudel, Tito Capobianco – John Alexander, Beverly Sills (sous-titres anglais)

1977 (Aix-en-Provence) / Julius Rudel, Alberto Fassini José Carreras, Montserrat Caballé

1992 (Monte-Carlo) /Gianfranco Masini, Jonathan Miller – Mariana Nicolesco, Roberto Alagna

1998 (Naples) / Alain Guingal, Alberto Fassini – Giuseppe Sabbatini, Alexandrina Pendatchanska

2000 (Vienne) / Marcello Viotti, Silviu Purcarete – Ramon Vargas, Edita Gruberová (sous-titres allemands)

2016 (Teatro Real, Madrid) / Bruno Campanella, Alessandro Talevi – Gregory Kunde, Mariella Devia

2016 (New York) / Maurizio Benini, David McVicar – Matthew Polenzani, Sondra Radvanovsky (sous-titres anglais et italiens)

2019 (Munich) / Friedrich Haider, Christof Loy – Charles Catronovo, Edita Gruberova (adieux à la scène)

DVD et Blu-rays

  • 1975 (live, vidéo, Wolf Trap) / Julius Rudel, Tito Capobianco – John Alexander, Beverly Sills, Richard Fredricks, Susanne Marsee. Filene Center Orchestra / Wolf Trap Company Chorus. VAI (DVD).

  • 1998 (live, vidéo, Naples) / Alain Guingal, Alberto Fassini – Giuseppe Sabbatini, Alexandrina Pendatchanska, Roberto Servile, Ildikó Komlósy. Teatro San Carlo di Napoli. Image Entertainment (DVD).

  • 2005 (live, vidéo, Munich) / Friedrich Haider, Christof Loy – Roberto Aronica, Edita Gruberová, Albert Schagidulin, Jeanne Piland. Bayerische Staatsoper. Deutsche Grammophon (DVD).

  • 2006 (live, audio/vidéo, Bergame) / Marcello Rota, Francesco Bellotto – Massimiliano Pisapia, Dimitra Theodossiou, Andrew Schroeder, Federica Bragaglia. Orchestre et chœur du Bergamo Musica Festival Donizetti. Naxos (CD / DVD).

  • 2016 (live, vidéo, Metropolitan Opera, New York) / Maurizio Benini, David McVicar – Matthew Polenzani, Sondra Radvanovsky, Mariusz Kwiecień, Elīna Garanča. Orchestre et chœur du Metropolitan Opera. Met Opera Shop / Deutsche Grammophon (DVD).

  • 2016 (live, vidéo, Teatro Real, Madrid) / Bruno Campanella, Alessandro Talevi – Gregory Kunde, Mariella Devia, Marco Caria, Silvia Tro Santafé. Orchestre et chœur du Teatro Real de Madrid. Bel Air Classiques (DVD/Blu-ray).

  • 2016 (live, vidéo, Teatro Carlo Felice, Gênes) / Francesco Lanzillotta, Alfonso Antoniozzi – Stefan Pop, Mariella Devia, Mansoo Kim, Sonia Ganassi. Orchestre et chœur du Teatro Carlo Felice. Dynamic (CD/DVD/Blu-ray).

  • 2025 (live, vidéo, Bergame, Donizetti Opera Festival) / Riccardo Frizza, Stephen Langridge – John Osborn, Jessica Pratt, Simone Piazzola, Raffaella Lupinacci. Orchestra Donizetti Opera. Dynamic (DVD).

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