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CHRISTINE NILSSON

par Stéphane Lelièvre 3 mai 2020
par Stéphane Lelièvre 3 mai 2020
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Christine Nilsson en février 1874

Christine Nilsson (1843-1921) fait partie des chanteurs qui, de Jenny Lind à Birgit Nilsson, via Jussi Björling et Nicolaï Gedda, donnèrent au chant suédois ses lettres de noblesse.

Kristina Jonasdotter naît le 20 août 1843 en Suède, à Sjöabol, dans une famille modeste de paysans. Elle manifeste très tôt un don pour la musique et le chant, et est remarquée alors qu’elle chante dans une foire paysanne par un fonctionnaire qui devient son mécène et grâce à qui elle peut prendre des leçons de chant. Après une série de concerts donnés à Stockholm en 1860, elle se rend à Paris où elle étudie pendant quatre années, avant de chanter Violetta au Théâtre-Lyrique en 1864. C’est le début d’une glorieuse carrière, qui fera d’elle la rivale d’Adelina Patti, et la conduira sur les principales scènes européennes et jusqu’en Amérique : elle inaugure ainsi l’ancien Metropolitan Opera avec en chantant Marguerite de Faust en 1883 (l’opéra fut donné dans sa version italienne).

 

Le Metropolitan Opera en 1905

Outre Faust (elle fut Marguerite pour l’entrée de l’œuvre au répertoire de l’Opéra de Paris en 1869) et Traviata, Christine Nilsson chante également Hamlet (Ophélie, qu’elle créa en 1868, fut un de ses plus grands succès), Mignon ou Robert le Diable. Elle cours de sa carrière, elle aborde progressivement des rôles moins virtuoses, plus lyriques et plus lourds, allant même jusqu’à chanter Mefistofele et Gioconda pour les premières représentations de ces œuvres au Metropolitan en 1883.

Christine Nilsson dans le rôle de Violetta (©BnF)
Christine Nilsson dans le rôle d'Ophélie (©BnF)

Sa carrière s’achève par un événement dramatique : en septembre 1885, elle donne un concert d’adieu depuis le balcon du Grand Hôtel de Stockholm, devant, dit-on, 50 000 spectateurs. Une rumeur selon laquelle un échafaudage était en train de s’écrouler sème la panique dans la foule, provoquant des centaines de blessés et une vingtaine de morts. Christine Nilsson, littéralement traumatisée par l’événement, fera des dons généreux aux familles des victimes.

Elle s’éteint en Suède le 20 novembre 1921.

L'accident du Grand Hôtel de Stockholm en 1885, vu par la presse de l'époque
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Stéphane Lelièvre

Stéphane Lelièvre est maître de conférences en littérature comparée, responsable de l’équipe « Littérature et Musique » du Centre de Recherche en Littérature Comparée de la Faculté des Lettres de Sorbonne-Université. Il a publié plusieurs ouvrages et articles dans des revues comparatistes ou musicologiques et collabore fréquemment avec divers opéras pour la rédaction de programmes de salle (Opéra national de Paris, Opéra-Comique, Opéra national du Rhin,...) Il est co-fondateur et rédacteur en chef de Première Loge.

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