À la une
OPERAFEST 2026 – CENTENAIRE DE TURANDOT & VARIATIONS ENIGMATIQUES À LISBONNE
Édito de juillet – août : bonnes vacances lyriques !
L’Opéra de Rome confirme son statut avec une saison 2026-2027...
Le Metropolitan Opera de New York — Temple américain de...
Il aurait 100 ans aujourd’hui : HANS WERNER HENZE
Les brèves de juillet –
Découvrez la saison 2027 du Teatro San Carlo de Naples
Fenice de Venise – Vénus et Adonis Sciarrino réécrit le...
In memoriam – MIGNON DUNN, grande mezzo-soprano américaine et pédagogue...
Saison 2027 du Teatro Comunale de Bologne : éclectisme et...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduRécitalVu pour vous

LE GRAND FRISSON – Récital Cyrille Dubois aux Invalides

par Laurent Bury 17 mai 2022
par Laurent Bury 17 mai 2022
© CR
0 commentaires 2FacebookTwitterPinterestEmail
2,5K

Pour ressentir le grand frisson, on peut choisir les montagnes russes ; on peut aussi opter pour la mélodie française, surtout lorsqu’elle est interprétée par un artiste qui, tout en cultivant bien d’autres répertoires, s’en est malgré tout fait une spécialité. Au sommet de son art, Cyrille Dubois, fidèlement secondé par le pianiste Tristan Raës avec lequel il forme le duo Contraste, est incontestablement de ceux qui savent procurer à l’auditeur ce frisson de plaisir et d’émotion qu’inspire l’adéquation entre un chanteur et une partition. Alors que doit sortir à la fin de ce mois de mai leur intégrale des mélodies de Fauré, le ténor et son accompagnateur étaient une fois encore réunis dans le Grand Salon de l’hôtel des Invalides, non pour se consacrer au seul compositeur de Pénélope, mais pour offrir un programme franco-allemand.

C’est en effet une alternance permettant de passer d’un côté à l’autre du Rhin que cultive le duo Contraste en cette occasion. D’un côté, Franck, Chausson et Fauré ; de l’autre, Brahms, Wagner et Richard Strauss. Mais au lieu d’opposer deux blocs, on enchaîne un bouquet de mélodies à un groupe de lieder pour revenir ensuite en France, avant de repartir en Allemagne. Ces compositeurs se connaissaient-ils, s’écoutaient-ils ? En dehors du wagnérisme cultivé dans les salons parisiens, y eut-il d’autres influences transfrontalières ? Laissons au musicologue le soin de trancher ces questions, et concentrons-nous plutôt sur l’aisance avec laquelle Cyrille Dubois négocie cette oscillation constante entre les deux pays.

Après la parution récente de l’intégrale des mélodies de César Franck enregistrée par Tassis Christoyannis, il est intéressant d’en entendre trois, et non des moindres, chantées par un ténor : la version baryton sonne évidemment plus « grave », moins juvénile, et Cyrille Dubois donne parfois un tour plus ouvertement dramatique à son interprétation. Avec Brahms, après la sérénade qui ouvre les tardifs Cinq Lieder opus 106, le climat se fait de plus en plus sombre, et l’on entre dans l’évocation de la nature. De Chausson, sont réunies une page célébrissime – « Le colibri », susurré comme un rêve éveillé – et une mélodie moins fréquentée, « La caravane », d’une ampleur très théâtrale, sur un poème de Théophile Gautier évoquant la condition humaine.

Deux des Wesendonck Lieder, dont un superbe « Träume », montrent qu’il n’est pas nécessaire d’être Heldentenor pour chanter Wagner. Viennent ensuite quatre Fauré habilement choisis : après l’inévitable « Clair de lune » dont Cyrille Dubois fait le plus beau des paysages choisis, l’auditeur a la surprise de passer à la très guillerette « Fée aux chansons », puis retour à l’univers des parcs mystérieux avec « Arpège », sur un texte d’Albert Samain. Et cette section se clôt sur un extrait de la musique de scène conçue par Fauré pour Le Bourgeois gentilhomme, « Je languis nuit et jour » se parant bien sûr de notes fort différentes de celles qu’avait imaginées Lully. De Richard Strauss, on entend les rare Mädchenblumen de jeunesse : sur les quatre lieder de ce cycle, les deux plus brillants annoncent déjà le compositeur de la maturité.

Le public enthousiaste ne saurait laisser la soirée se conclure sans plusieurs bis que le duo accorde bien volontiers. C’est bien sûr de Fauré qu’ils proviendront : d’abord « Noël » (1885), dont le talent des interprètes transcendent la poésie un peu mièvre ; puis la très connue « Chanson d’amour » (1882), enveloppée d’une douceur confondante ; et enfin « Après un rêve » (1877), où le chant de Cyrille Dubois se révèle une fois de plus irrésistible, par la manière dont il sait s’approprier cette musique et la rendre envoûtante. Plus qu’une dizaine de jours à attendre avant le disque…

Les artistes

Cyrille Dubois, ténor

Tristan Raës, piano

Le programme

Mélodies et lieder de Franck, Chausson, Fauré, Brahms, Wagner, Strauss.

Concert du 16 mai 2022, Grand Salon des Invalides (Paris)

image_printImprimer
Cyrille DuboisTristan Raës
0 commentaires 2 FacebookTwitterPinterestEmail
Laurent Bury

Une fois hors d'un charnier natal assez septentrional, Laurent Bury a longtemps habité sous les vastes portiques du 123, rue Saint-Jacques, du 45, rue d'Ulm et du 1, rue Victor Cousin (et même ensuite du 86, rue Pasteur, 60007). Longtemps, il s'est couché de bonne heure aussitôt après les spectacles que, de 2011 à 2020, il allait voir pour un autre site opératique. Papillon inconstant, farfallone amoroso, il vole désormais entre divers sites, et a même parfois l'honneur de prêter sa plume aux volumes de L'Avant-Scène Opéra.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Philippe Herreweghe dirige LE CHANT DE LA TERRE au Théâtre des Champs-Élysées
prochain post
18 juin – 16 juillet : FESTIVAL LES TRAVERSÉES / NOIRLAC

Vous allez aussi aimer...

Fenice de Venise – Vénus et Adonis Sciarrino...

30 juin 2026

Les festivals de l’été –Nadine Sierra enchante les...

29 juin 2026

Carmen : nouvelle mise en scène de Damiano Michieletto à...

29 juin 2026

Entre larmes et éclats de rire : les deux...

29 juin 2026

Lucia di Lammermoor : la mise en scène...

28 juin 2026

Otello préfère l’amour en mer à l’opéra de...

28 juin 2026

Les Deux Pêcheurs au Théâtre du Châtelet, une...

24 juin 2026

Le nozze di Teti e Peleo : quand...

23 juin 2026

Le dernier scandale de Monteverdi : Poppea, influenceuse...

22 juin 2026

Le Requiem de Verdi à Bordeaux : l’audace...

21 juin 2026

Humeurs

  • La colline verte n’a pas fini de rougir —
    L’affaire Friedman et les fantômes de Bayreuth : le festival Wagner bute sur son passé antisémite

    26 juin 2026

En bref

  • Il aurait 100 ans aujourd’hui : HANS WERNER HENZE

    1 juillet 2026
  • Les brèves de juillet –

    1 juillet 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de juillet – août : bonnes vacances lyriques !

    1 juillet 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Sab dans Timothée Chalamet, ou la médiocrité tranquille
  • Le Clerre dans Otello préfère l’amour en mer à l’opéra de Liège
  • Stéphane Lelièvre dans Otello préfère l’amour en mer à l’opéra de Liège
  • J. Francois dans Otello préfère l’amour en mer à l’opéra de Liège
  • Sabine Teulon Lardic dans La colline verte n’a pas fini de rougir —
    L’affaire Friedman et les fantômes de Bayreuth : le festival Wagner bute sur son passé antisémite

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Fenice de Venise – Vénus et...

30 juin 2026

Les festivals de l’été –Nadine Sierra...

29 juin 2026

Carmen : nouvelle mise en scène de...

29 juin 2026