À la une
Programme 2026 du Festival d’Opéra de Munich
Se préparer à LE VILLI, Puccini (1884) – Opéra de...
Se préparer à LUCIE DE LAMMERMOOR, Opéra Comique, 30 avril-10...
Teatro Regio de Turin – Peur, foi et révolution :...
Les opéras du monde –L’Opéra de Bordeaux, l’un des plus...
Se préparer à ROBINSON CRUSOÉ, Opéras de Nantes, Angers, Rennes, 10...
Entretien – Massimo Pizzi Gasparon Contarini : “L’émerveillement est fondamental...
Les brèves d’avril –
Toujours Tosca à l’Opéra Bastille : quatrième distribution de la saison
Angers-Nantes Opéra 26-27 : la première saison d’Alexandra Lacroix
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduRécitalVu pour vous

LE GRAND FRISSON – Récital Cyrille Dubois aux Invalides

par Laurent Bury 17 mai 2022
par Laurent Bury 17 mai 2022
© CR
0 commentaires 2FacebookTwitterPinterestEmail
2,4K

Pour ressentir le grand frisson, on peut choisir les montagnes russes ; on peut aussi opter pour la mélodie française, surtout lorsqu’elle est interprétée par un artiste qui, tout en cultivant bien d’autres répertoires, s’en est malgré tout fait une spécialité. Au sommet de son art, Cyrille Dubois, fidèlement secondé par le pianiste Tristan Raës avec lequel il forme le duo Contraste, est incontestablement de ceux qui savent procurer à l’auditeur ce frisson de plaisir et d’émotion qu’inspire l’adéquation entre un chanteur et une partition. Alors que doit sortir à la fin de ce mois de mai leur intégrale des mélodies de Fauré, le ténor et son accompagnateur étaient une fois encore réunis dans le Grand Salon de l’hôtel des Invalides, non pour se consacrer au seul compositeur de Pénélope, mais pour offrir un programme franco-allemand.

C’est en effet une alternance permettant de passer d’un côté à l’autre du Rhin que cultive le duo Contraste en cette occasion. D’un côté, Franck, Chausson et Fauré ; de l’autre, Brahms, Wagner et Richard Strauss. Mais au lieu d’opposer deux blocs, on enchaîne un bouquet de mélodies à un groupe de lieder pour revenir ensuite en France, avant de repartir en Allemagne. Ces compositeurs se connaissaient-ils, s’écoutaient-ils ? En dehors du wagnérisme cultivé dans les salons parisiens, y eut-il d’autres influences transfrontalières ? Laissons au musicologue le soin de trancher ces questions, et concentrons-nous plutôt sur l’aisance avec laquelle Cyrille Dubois négocie cette oscillation constante entre les deux pays.

Après la parution récente de l’intégrale des mélodies de César Franck enregistrée par Tassis Christoyannis, il est intéressant d’en entendre trois, et non des moindres, chantées par un ténor : la version baryton sonne évidemment plus « grave », moins juvénile, et Cyrille Dubois donne parfois un tour plus ouvertement dramatique à son interprétation. Avec Brahms, après la sérénade qui ouvre les tardifs Cinq Lieder opus 106, le climat se fait de plus en plus sombre, et l’on entre dans l’évocation de la nature. De Chausson, sont réunies une page célébrissime – « Le colibri », susurré comme un rêve éveillé – et une mélodie moins fréquentée, « La caravane », d’une ampleur très théâtrale, sur un poème de Théophile Gautier évoquant la condition humaine.

Deux des Wesendonck Lieder, dont un superbe « Träume », montrent qu’il n’est pas nécessaire d’être Heldentenor pour chanter Wagner. Viennent ensuite quatre Fauré habilement choisis : après l’inévitable « Clair de lune » dont Cyrille Dubois fait le plus beau des paysages choisis, l’auditeur a la surprise de passer à la très guillerette « Fée aux chansons », puis retour à l’univers des parcs mystérieux avec « Arpège », sur un texte d’Albert Samain. Et cette section se clôt sur un extrait de la musique de scène conçue par Fauré pour Le Bourgeois gentilhomme, « Je languis nuit et jour » se parant bien sûr de notes fort différentes de celles qu’avait imaginées Lully. De Richard Strauss, on entend les rare Mädchenblumen de jeunesse : sur les quatre lieder de ce cycle, les deux plus brillants annoncent déjà le compositeur de la maturité.

Le public enthousiaste ne saurait laisser la soirée se conclure sans plusieurs bis que le duo accorde bien volontiers. C’est bien sûr de Fauré qu’ils proviendront : d’abord « Noël » (1885), dont le talent des interprètes transcendent la poésie un peu mièvre ; puis la très connue « Chanson d’amour » (1882), enveloppée d’une douceur confondante ; et enfin « Après un rêve » (1877), où le chant de Cyrille Dubois se révèle une fois de plus irrésistible, par la manière dont il sait s’approprier cette musique et la rendre envoûtante. Plus qu’une dizaine de jours à attendre avant le disque…

Les artistes

Cyrille Dubois, ténor

Tristan Raës, piano

Le programme

Mélodies et lieder de Franck, Chausson, Fauré, Brahms, Wagner, Strauss.

Concert du 16 mai 2022, Grand Salon des Invalides (Paris)

image_printImprimer
Cyrille DuboisTristan Raës
0 commentaires 2 FacebookTwitterPinterestEmail
Laurent Bury

Une fois hors d'un charnier natal assez septentrional, Laurent Bury a longtemps habité sous les vastes portiques du 123, rue Saint-Jacques, du 45, rue d'Ulm et du 1, rue Victor Cousin (et même ensuite du 86, rue Pasteur, 60007). Longtemps, il s'est couché de bonne heure aussitôt après les spectacles que, de 2011 à 2020, il allait voir pour un autre site opératique. Papillon inconstant, farfallone amoroso, il vole désormais entre divers sites, et a même parfois l'honneur de prêter sa plume aux volumes de L'Avant-Scène Opéra.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Philippe Herreweghe dirige LE CHANT DE LA TERRE au Théâtre des Champs-Élysées
prochain post
18 juin – 16 juillet : FESTIVAL LES TRAVERSÉES / NOIRLAC

Vous allez aussi aimer...

Teatro Regio de Turin – Peur, foi et...

5 avril 2026

Toujours Tosca à l’Opéra Bastille : quatrième distribution de...

4 avril 2026

À Montpellier, La traviata mise en abime sur...

3 avril 2026

Aux Bouffes du Nord, Paul Lay et Les...

2 avril 2026

Le Prophète enfin de retour à Paris !

2 avril 2026

À Nancy, « Cry me a river »…

2 avril 2026

Versailles : Des Ténèbres au Paradis

1 avril 2026

Philharmonie : un Rigoletto aux sonorités très pures

31 mars 2026

Marseille : Luc et Lucette d’Offenbach, une renaissance réussie

31 mars 2026

Un ballo in maschera à la Staatsoper de...

30 mars 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : six mois déjà

    2 avril 2026

En bref

  • Les brèves d’avril –

    4 avril 2026
  • La vidéo du mois – Bizet, Chanson d’avril par Felicity Lott

    3 avril 2026

La vidéo du mois

Édito

  • L’authenticité en musique : un idéal introuvable ?

    3 avril 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Sabine Teulon Lardic dans À Montpellier, La traviata mise en abime sur sa scène de théâtre
  • Catherine Dutrieux dans Toujours Tosca à l’Opéra Bastille : quatrième distribution de la saison
  • Stéphane Lelièvre dans In memoriam : ROBERT FORTUNE (1942-2024)
  • Stéphane Lelièvre dans In memoriam : ROBERT FORTUNE (1942-2024)
  • Marie-José Ganahl dans In memoriam : ROBERT FORTUNE (1942-2024)

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Teatro Regio de Turin – Peur,...

5 avril 2026

Toujours Tosca à l’Opéra Bastille : quatrième...

4 avril 2026

À Montpellier, La traviata mise en...

3 avril 2026