À la une
À Lille, les voix de la magicienne Alcina enchantent dans...
Brèves d’octobre –
Découvrez le programme 2027 du Festival de Pâques d’Aix-en-Provence
Ça s’est passé il y a 200 ans : création du...
Wozzeck à Florence : Marie, gratia plena
PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE...
Édito de septembre –L’inaltérable modernité des chefs-d’œuvre
Trois visions de l’Amérique au Théâtre des Champs-Élysées
Milan – Redécouverte de CHATTERTON : le Werther de Leoncavallo
L’amour des trois oranges à Lyon : une ouverture de saison survitaminée
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Subscribe our Newsletter for latest news.

Compte renduRécitalVu pour vous

Les festivals de l’été – Salzbourg : Traversée baroque avec Joyce Di Donato et Il pomo d’oro

par Gilles Charlassier 30 août 2021
par Gilles Charlassier 30 août 2021
© SF / Marco Borrelli
0 commentaires 1FacebookTwitterPinterestEmail
1,8K

Quelques années après leur enregistrement paru chez Warner, War and Peace, Joyce DiDonato et Maxim Emelyanychev, avec son ensemble Il pomo d’oro, proposent un autre programme baroque au titre éloquent, My favorite things, également construit sur une balancement dialectique, plus chronologique, sinon didactique, mais défendu avec non moins de panache et de conviction : les Anciens et les Modernes, sans intention de reconstituer quelque antique polémique, si ce n’est d’éclairer l’évolution du chant et de sa rhétorique entre le seicento et le siècle suivant. Les deux parties du concert, donné dans la Haus für Mozart, met ainsi en valeur l’adaptation de la soliste – et des effectifs orchestraux – à ce renouvellement de l’écriture musicale à quelques décennies d’intervalle.

La première partie, les Anciens, s’ouvre sur une Sinfonia grave a 5 tirée du Primo libro delle sinfonie et gagliarde de Salamone Rossi, où l’on reconnaît un remarquable sens de la couleur et du geste expressifs dans la sobriété du continuo à peine élargi, auquel se résume généralement l’effectif de l’ensemble des pages de la première moitié du dix-septième siècle retenues pour ce spicilège. Dès l’air de Pénélope Illustratevi, o cieli, du Ritorno d’Ulisse in patria de Monteverdi, Joyce DiDonato démontre une belle attention à l’articulation entre le mot et l’affect, dans une émission lumineuse qui résume la respiration réconciliatrice de la page, contrastant avec l’intériorité délicate d’Orontea dans Intorno all’idol mio, extrait de l’opéra éponyme de Cesti. La Ciaccona op.12 n°20, puisée dans le recueil de Canzoni, overo sonate concertate per chiesa e camera de Tarquinio Merula, fait dialoguer une mélodie avec une trame enjouée, tandis que la Sinfonia extraite de L’incoronazione di Poppea de Monteverdi prélude aux adieux d’Octavie dans ce même opus, Addio Roma, addio patria, dont la mezzo américaine détaille les nuances, regrets et rancunes, avec une saisissante vérité  psychologique, sinon théâtrale, sans exhiber de facilités démonstratives. Le Ballo del Granduca, du Quarto libro de varie sonate, sinfonie, gagliarde, corrente et brandi de Giovanni Battista Buonamente oppose ses textures alertes et nourries, avant la tendresse songeuse de Come again, sweet love doth now invite du First booke of songes or ayres de Dowland. Si dolce e’l tormento de Monteverdi referme cette première partie placée sous le signe de la connivence intime entre le verbe et la musique.

Après l’entracte, en endossant les tourments de Cleopâtre, Joyce Di Donato prend le tournant de la virtuosité plus explicite propre au settecento, et répond, avec un accent mis sur la couleur de l’affect – plus que sur la déclamation, tropisme du siècle précédent – aux chatoiements et à la vitalité d’un orchestre étoffé. L’air de la sérénade de Hasse Marc’Antonio e Cleopatra fait éclater une fureur et une vélocité que contrebalance le Piangerò la sorte mia du Giulio Cesare de Haendel, où la soliste fouille, avec une évidente alchimie entre calcul et instinct, les ressacs sentimentaux de l’héroïne amoureuse. Ce cisèlement des da capo, comme du contraste d’éclairage psychologique entre les deux parties de l’air se retrouve dans le Scherza infida d’Ariodante, livré après les élans vigoureux de l’Ouverture du même opéra. La déploration du héros aveuglé par un stratagème de son rival constitue l’un des morceaux de bravoure de toute mezzo, qui peut y faire montre de la richesse de sa sensibilité musicale. Plus que le souffle et le timbre, qui peut souffrir quelques comparaisons, c’est la précision, au moins autant dans le détail que dans l’effet, dans les évolutions ondoyantes du désespoir qui retient l’attention, et façonne la valeur d’une interprétation qui se confirme dans le retour à bonne fortune après dissipation des illusions tragiques, Dopo notte, vaillance conclusive précédée d’un intermède orchestrale puisé dans Rameau – une Sarabande, un Air tendre en rondeau et un Air très vif de Zoroastre, ainsi qu’un Orage des Indes galantes, où l’énergie suggestive et descriptive de Maxim Emelyanychev et Il pomo d’oro ne se démentent pas. Haendel sera à l’honneur en bis, avec Theodora. Les affinités de Joyce Di Donato avec le Caro Sassone sont électives.

Les artistes

Il pomo d’oro
Maxim Emelyanychev
 : direction musicale
Joyce Di Donato : mezzo-soprano

Le programme

My Favourite Things

GLI ANTICHI :
SALAMONE ROSSI
Sinfonia, Il primo libro delle sinfonie et gagliarde

CLAUDIO MONTEVERDI
Pénélope :  ‘Illustratevi, o cieli’ (Il ritorno d’Ulisse in patria)

ANTONIO CESTI
Orontea : ‘Intorno all’idol mio’ (Orontea)

TARQUINIO MERULA
Ciaccona op. 12/20

CLAUDIO MONTEVERDI
Sinfonia et air d’Ottavia : ‘Addio Roma, addio patria’ (L’incoronazione di Poppea)

GIOVANNI BATTISTA BUONAMENTE
Ballo del Granduca (Il ballo degli reali amanti)

JOHN DOWLAND
Come again, sweet love doth now invite

CLAUDIO MONTEVERDI
Sì dolce è’l tormento

 

I MODERNI :
JOHANN ADOLPH HASSE
Cléopâtra : ‘Morte col fiero aspetto’ (Marc’Antonio e Cleopatra)

GEORGE FRIDERIC HANDEL
Cléopâtre : ‘Piangerò la sorte mia’ (Giulio Cesare in Egitto HWV 17)
Ouverture et airs d’Ariodante : ‘Scherza infida, in grembo al drudo’ et ‘Dopo notte, atra e funesta’ (Ariodante HWV 33)

JEAN-PHILIPPE RAMEAU
Sarabande, Air tendre en rondeau et  Air très vif (Zoroastre)
Orage des Indes galantes

Concert Joyce Di Donato / Il pomo d’oro, Festival de Salzbourg, Haus für Mozart, 26 août 2021.

image_printImprimer
Joyce DiDonatoFestival de Salzbourg
0 commentaires 1 FacebookTwitterPinterestEmail
Gilles Charlassier

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Les festivals de l’été – Telemann sous inspiration française à Innsbruck
prochain post
Les festivals de l’été – La Damnation de Faust au Château de Louis XI

Vous allez aussi aimer...

À Lille, les voix de la magicienne Alcina...

9 octobre 2026

Wozzeck à Florence : Marie, gratia plena

8 octobre 2026

Trois visions de l’Amérique au Théâtre des Champs-Élysées

6 octobre 2026

Milan – Redécouverte de CHATTERTON : le Werther...

5 octobre 2026

L’amour des trois oranges à Lyon : une ouverture de...

5 octobre 2026

Tours, Concerts d’automne : la merveille du Livre...

5 octobre 2026

WERTHER à Rennes : Charlotte embrasse la première

5 octobre 2026

A l’Opéra de Nice, une rentrée de folie...

4 octobre 2026

Festival Verdi 2026 3/3 – Nabucco à Parme...

4 octobre 2026

Festival Verdi 2026 2/3 – Aïda à Busseto...

3 octobre 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE ASSOURDISSANT DU MONDE LYRIQUE

    7 octobre 2026

En bref

  • Brèves d’octobre –

    9 octobre 2026
  • La vidéo du mois : Gala aus dem Festspielhaus Baden-Baden – Anja Harteros, Ekaterina Gubanova, Jonas Kaufmann, Bryn Terfel et Marco Armiliato

    1 octobre 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de septembre –
    L’inaltérable modernité des chefs-d’œuvre

    7 octobre 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Virginie dans Les Vêpres de la Vierge à la Philharmonie : une relecture raffinée.  
  • Béatrice Uria-Monzon : biographie, carrière et vie privée - MarseilleJournal.com dans In memoriam – Béatrice URIA-MONZON (1963-2025)
  • Teulon Lardic Sabine dans Festival Verdi 2026 3/3 – Nabucco à Parme – arrangement à l’amiable : Nabucco a le titre, Abigaïlle la couronne !
  • Vuillemin dans Rusalka au Capitole, quatre ans après, la magie de Poda demeure
  • Boeuf dans Manon des Sources, Pagnol à l’Odéon de Marseille

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

À Lille, les voix de la...

9 octobre 2026

Wozzeck à Florence : Marie, gratia plena

8 octobre 2026

Trois visions de l’Amérique au Théâtre...

6 octobre 2026