À la une
Entretien – Pier Luigi Pizzi : « Verdi est le paradigme de...
Intervista – Pier Luigi Pizzi : « Verdi è il paradigma...
Livre – Le Voyage dans la Lune, d’après l’œuvre de...
Les brèves de janvier –
Maggio Musicale Fiorentino : une belle réussite pour Tosca avec...
Maggio Musicale Fiorentino: un buon successo per Tosca con Chiara...
Se préparer à La Passagère, Opéra national Capitole de Toulouse,...
CD – Fra l’ombre e gl’orrori : un siècle de musique...
Spectacle Bernstein à Massy Anatomies de l’amour : Lenny Tender
La bouleversante Butterfly d’Asmik Grigorian à Berlin
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduRécitalVu pour vous

Les festivals de l’été – Beaune : MARI ERIKSMOEN chante Händel et Mozart

par Stéphane Lelièvre 27 juillet 2021
par Stéphane Lelièvre 27 juillet 2021
© JCC
0 commentaires 2FacebookTwitterPinterestEmail
1,4K

Après sa très belle Pamina dans la Flûte enchantée proposée par Jérémie Rhorer, le public était très impatient de retrouver Mari Eriksmoen en récital… et son attente n’a pas été déçue !

Dans la célèbre « Salle des pôvres » des Hospices, la soprano norvégienne a offert un florilège d’airs de Händel et Mozart, célèbres (Così fan tutte, Le Nozze di Figaro, Giulio Cesare, Rinaldo,…) ou moins rebattus (le « Amarti sì vorrei » de Teseo), accompagnée au piano par Antoine Palloc comme toujours très impliqué et attentif à sa partenaire (autant que faire se peut, la configuration des lieux faisant que le pianiste est séparé de la chanteuse par la clôture du chœur), même si son jeu nous a paru parfois un peu plus approximatif qu’à l’ordinaire…

© JCC

La soprano commence son tour de chant en se glissant subrepticement dans la salle, et en prononçant les paroles de l’air de Despina (« In uomini, in soldati ») sur le mode de la confidence. Puis elle établit une relation simple et directe avec son public en présentant chaque page de son programme par quelques phrases dites en français (avec, parfois, l’aide amicale d’Antoine Palloc !), et offre un programme long et difficile (d’autant que, la chanteuse ayant demandé aux spectateurs s’ils souhaitaient faire une pause et ceux-ci ayant répondu par la négative, le spectacle est donné sans entracte !), mettant en valeur la grande étendue de son talent : les pages choisies par Mari Eriksmoen font en effet appel à la virtuosité aussi bien souriante (« Oh had I Jubal’s lyre » de Joshua ») que dramatique (le « Da tempeste » de Gulio Cesare), mais aussi au chant sur le souffle et à la maîtrise du legato (le « Porgi, amor » de la Comtesse, le « Lascia ch’io pianga »), aux sauts de tessiture vertigineux (air de Fiordiligi)… Or la soprano déjoue tous ces pièges avec une maîtrise admirable : la virtuosité reste constamment élégante et musicale – et nous change agréablement de la pyrotechnie à la fois agressive et désincarnée qui prévaut depuis trop longtemps et qui, sous couvert de dramatisme (?), ne donne à entendre qu’un chant uniformément staccato alignant notes détimbrées ou abusivement poitrinées. La maîtrise du souffle est parfaite, et même les écarts redoutables du « Per pietà » mozartien ne parviennent à briser la continuité d’un legato ductile et admirablement conduit. Pourtant, même si les prouesses vocales sont indéniables, elles sont effectuées avec une telle facilité qu’on les remarquerait à peine si l’on n’avait dans l’oreille d’autres interprétations quelque peu plus « résistantes »… Si bien que ce que l’on retient avant tout de l’art de Mari Eriksmoen, c’est l’impression d’un parfait naturel, d’un chant qui coule de source, avec une spontanéité de tous les instants. Impression renforcée par la nature même de la voix, assez étonnante : le timbre présente en effet une fraîcheur et une légèreté qui est d’ordinaire le fait des sopranos légers, tout en possédant une densité, une rondeur qui lui permettent de belles envolées lyriques, de sorte que la chanteuse peut se permettre d’aborder avec le même bonheur Despina, Fiordiligi, Susanna ou la Comtesse.

Une artiste infiniment attachante, qui a désormais sa place parmi les toutes premières sopranos mozartiennes du moment.

Les artistes

Mari Eriksmoen, soprano

Antoine Palloc, piano

Le programme

MOZART

Così fan tutte
« In uomini, in soldati » ; « Per pietà »

Le nozze di Figaro
« Deh, vieni » « Porgi, amor »

Air de concert : « Voi avete un cor fedele »

 

HÄNDEL

Joshua
« Oh had I Jubal’s lyre »

Giulio Cesare
« Da tempeste »

Scipione
« Scoglio d’immota fronte »

Rinaldo
« Lascia ch’io pianga »

Teseo
« Amarti sì vorrei »

Bis : deux mélodies de Grieg.

Récital du 25 juillet 2021, Salle des Pôvres des Hospices de Beaune.

image_printImprimer
0 commentaires 2 FacebookTwitterPinterestEmail
Stéphane Lelièvre

Stéphane Lelièvre est maître de conférences en littérature comparée, responsable de l’équipe « Littérature et Musique » du Centre de Recherche en Littérature Comparée de la Faculté des Lettres de Sorbonne-Université. Il a publié plusieurs ouvrages et articles dans des revues comparatistes ou musicologiques et collabore fréquemment avec divers opéras pour la rédaction de programmes de salle (Opéra national de Paris, Opéra-Comique, Opéra national du Rhin,...) Il est co-fondateur et rédacteur en chef de Première Loge.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Les festivals de l’été – Beaune : un Retour (triomphal) d’Ulysse dans sa patrie !
prochain post
Carnet de bord FROM Montpellier (4) – De lumineuses ténèbres avec Vincent Dumestre et le Poème Harmonique

Vous allez aussi aimer...

Maggio Musicale Fiorentino : une belle réussite pour...

14 janvier 2026

Maggio Musicale Fiorentino: un buon successo per Tosca...

14 janvier 2026

Spectacle Bernstein à Massy Anatomies de l’amour :...

12 janvier 2026

La bouleversante Butterfly d’Asmik Grigorian à Berlin

12 janvier 2026

« Héroïnes de l’Opéra français » : nouveau triomphe de l’Orchestre...

12 janvier 2026

Au Théâtre des Champs-Élysées, les débuts parisiens de...

10 janvier 2026

Glamour, gloire et beauté : Sonya Yoncheva au TCE

9 janvier 2026

Falstaff à Montpellier. Les femmes s’inventent.

9 janvier 2026

L’Oratorio de Noël à Athènes : Noël à...

9 janvier 2026

Elle aurait 100 ans aujourd’hui : Evelyn Lear

8 janvier 2026

Humeurs

  • À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant

    3 janvier 2026

En bref

  • Les brèves de janvier –

    14 janvier 2026
  • Ça s’est passé il y a 200 ans
    Création d’ALAHOR IN GRANATA de Donizetti

    7 janvier 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Bonne année 2026 !

    1 janvier 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Lelievre Stephane dans À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant
  • Pasquale de rosa dans Libro – Marina Mayrhofer : Ombre in scena. Drammaturgia delle scene d’ombra nel teatro musicale europeo tra Sette e Ottocento
  • Boudou Frederic dans À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant
  • Marquis Lionel dans CRISE À LA FENICE : L’OPÉRA ITALIEN SOUS TENSION POLITIQUE
  • Fabrice del Dongo dans Glamour, gloire et beauté : Sonya Yoncheva au TCE

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Maggio Musicale Fiorentino : une belle...

14 janvier 2026

Maggio Musicale Fiorentino: un buon successo...

14 janvier 2026

Spectacle Bernstein à Massy Anatomies de...

12 janvier 2026