À la une
Les brèves de juin –
Opéra Bastille, La traviata toujours : Pretty Yende retrouve la production...
Découvrez la future saison lyrique de la FENICE de Venise
FESTIVAL D’AMBRONAY 2026
Bach (Cantates II : Actus tragicus) à Versailles : le souffle...
Teatro Regio de Turin – Tosca, ou la Rome des...
La spiritualité des Quattro pezzi de Verdi à l’Orchestre national...
Théâtre des Champs-Élysées : Marc Minkowski a-t-il du chœur dans...
Philharmonie de Paris : sous la baguette de Mirga Gražinytė-Tyla, un...
Opéra Grand Avignon 26-27 – CAPTIVES… mais libres par le...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduRécitalVu pour vous

Les festivals de l’été – Beaune : MARI ERIKSMOEN chante Händel et Mozart

par Stéphane Lelièvre 27 juillet 2021
par Stéphane Lelièvre 27 juillet 2021
© JCC
0 commentaires 2FacebookTwitterPinterestEmail
1,6K

Après sa très belle Pamina dans la Flûte enchantée proposée par Jérémie Rhorer, le public était très impatient de retrouver Mari Eriksmoen en récital… et son attente n’a pas été déçue !

Dans la célèbre « Salle des pôvres » des Hospices, la soprano norvégienne a offert un florilège d’airs de Händel et Mozart, célèbres (Così fan tutte, Le Nozze di Figaro, Giulio Cesare, Rinaldo,…) ou moins rebattus (le « Amarti sì vorrei » de Teseo), accompagnée au piano par Antoine Palloc comme toujours très impliqué et attentif à sa partenaire (autant que faire se peut, la configuration des lieux faisant que le pianiste est séparé de la chanteuse par la clôture du chœur), même si son jeu nous a paru parfois un peu plus approximatif qu’à l’ordinaire…

© JCC

La soprano commence son tour de chant en se glissant subrepticement dans la salle, et en prononçant les paroles de l’air de Despina (« In uomini, in soldati ») sur le mode de la confidence. Puis elle établit une relation simple et directe avec son public en présentant chaque page de son programme par quelques phrases dites en français (avec, parfois, l’aide amicale d’Antoine Palloc !), et offre un programme long et difficile (d’autant que, la chanteuse ayant demandé aux spectateurs s’ils souhaitaient faire une pause et ceux-ci ayant répondu par la négative, le spectacle est donné sans entracte !), mettant en valeur la grande étendue de son talent : les pages choisies par Mari Eriksmoen font en effet appel à la virtuosité aussi bien souriante (« Oh had I Jubal’s lyre » de Joshua ») que dramatique (le « Da tempeste » de Gulio Cesare), mais aussi au chant sur le souffle et à la maîtrise du legato (le « Porgi, amor » de la Comtesse, le « Lascia ch’io pianga »), aux sauts de tessiture vertigineux (air de Fiordiligi)… Or la soprano déjoue tous ces pièges avec une maîtrise admirable : la virtuosité reste constamment élégante et musicale – et nous change agréablement de la pyrotechnie à la fois agressive et désincarnée qui prévaut depuis trop longtemps et qui, sous couvert de dramatisme (?), ne donne à entendre qu’un chant uniformément staccato alignant notes détimbrées ou abusivement poitrinées. La maîtrise du souffle est parfaite, et même les écarts redoutables du « Per pietà » mozartien ne parviennent à briser la continuité d’un legato ductile et admirablement conduit. Pourtant, même si les prouesses vocales sont indéniables, elles sont effectuées avec une telle facilité qu’on les remarquerait à peine si l’on n’avait dans l’oreille d’autres interprétations quelque peu plus « résistantes »… Si bien que ce que l’on retient avant tout de l’art de Mari Eriksmoen, c’est l’impression d’un parfait naturel, d’un chant qui coule de source, avec une spontanéité de tous les instants. Impression renforcée par la nature même de la voix, assez étonnante : le timbre présente en effet une fraîcheur et une légèreté qui est d’ordinaire le fait des sopranos légers, tout en possédant une densité, une rondeur qui lui permettent de belles envolées lyriques, de sorte que la chanteuse peut se permettre d’aborder avec le même bonheur Despina, Fiordiligi, Susanna ou la Comtesse.

Une artiste infiniment attachante, qui a désormais sa place parmi les toutes premières sopranos mozartiennes du moment.

Les artistes

Mari Eriksmoen, soprano

Antoine Palloc, piano

Le programme

MOZART

Così fan tutte
« In uomini, in soldati » ; « Per pietà »

Le nozze di Figaro
« Deh, vieni » « Porgi, amor »

Air de concert : « Voi avete un cor fedele »

 

HÄNDEL

Joshua
« Oh had I Jubal’s lyre »

Giulio Cesare
« Da tempeste »

Scipione
« Scoglio d’immota fronte »

Rinaldo
« Lascia ch’io pianga »

Teseo
« Amarti sì vorrei »

Bis : deux mélodies de Grieg.

Récital du 25 juillet 2021, Salle des Pôvres des Hospices de Beaune.

image_printImprimer
0 commentaires 2 FacebookTwitterPinterestEmail
Stéphane Lelièvre

Stéphane Lelièvre est maître de conférences en littérature comparée, responsable de l’équipe « Littérature et Musique » du Centre de Recherche en Littérature Comparée de la Faculté des Lettres de Sorbonne-Université. Il a publié plusieurs ouvrages et articles dans des revues comparatistes ou musicologiques et collabore fréquemment avec divers opéras pour la rédaction de programmes de salle (Opéra national de Paris, Opéra-Comique, Opéra national du Rhin,...) Il est co-fondateur et rédacteur en chef de Première Loge.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Les festivals de l’été – Beaune : un Retour (triomphal) d’Ulysse dans sa patrie !
prochain post
Carnet de bord FROM Montpellier (4) – De lumineuses ténèbres avec Vincent Dumestre et le Poème Harmonique

Vous allez aussi aimer...

Opéra Bastille, La traviata toujours : Pretty Yende retrouve...

14 juin 2026

Bach (Cantates II : Actus tragicus) à Versailles :...

14 juin 2026

Teatro Regio de Turin – Tosca, ou la...

14 juin 2026

La spiritualité des Quattro pezzi de Verdi à...

14 juin 2026

Théâtre des Champs-Élysées : Marc Minkowski a-t-il du...

14 juin 2026

Philharmonie de Paris : sous la baguette de Mirga...

13 juin 2026

CONCOURS DE CHANT SUMI JO – Les lauréats...

11 juin 2026

Ercole amante à l’Opéra Bastille : réinventer le mythe

10 juin 2026

Marseille : morne Rigoletto

8 juin 2026

Le Chant de la Terre au TCE :...

7 juin 2026

Humeurs

  • Covent Garden et la Monnaie de Bruxelles solidaires de Paata Burchuladze

    14 mai 2026

En bref

  • Les brèves de juin –

    15 juin 2026
  • Ça s’est passé il ya 200 ans : création de Don Gregorio de Gaetano Donizetti

    11 juin 2026

La vidéo du mois

Édito

  • L’été des festivals : la parenthèse enchantée qu’attendent tous les lyricophiles !

    3 juin 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Didier Beauvois dans Bach (Cantates II : Actus tragicus) à Versailles : le souffle profond de Gardiner
  • Maurice Dinard dans Bach (Cantates II : Actus tragicus) à Versailles : le souffle profond de Gardiner
  • Warnant Jean-Claude dans Saison 26-27 de la Philharmonie de Paris : découvrez la liste des concerts « avec voix » !
  • Stéphane Lelièvre dans Se préparer au War Requiem, Philharmonie de Paris, 26 novembre 2026
  • Beaufort dans Se préparer au War Requiem, Philharmonie de Paris, 26 novembre 2026

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Opéra Bastille, La traviata toujours : Pretty...

14 juin 2026

Bach (Cantates II : Actus tragicus) à...

14 juin 2026

Teatro Regio de Turin – Tosca,...

14 juin 2026