À la une
WERTHER à Rennes : Charlotte embrasse la première
A l’Opéra de Nice, une rentrée de folie avec Orlando...
Festival Verdi 2026 3/3 – Nabucco à Parme – arrangement...
Festival Verdi 2026 2/3 – Aïda à Busseto : le...
Festival Verdi 2026 1/3 – Parme réveille ALZIRA, belle endormie...
La vidéo du mois : Gala aus dem Festspielhaus Baden-Baden...
Les opéras du monde – Opéra Bastille : le grand...
Il aurait 100 ans aujourd’hui : Gerhard Stolze
Comique hors les murs : L’éternelle Carmen dans l’arène de la...
Les Vêpres de la Vierge à la Philharmonie : une...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Subscribe our Newsletter for latest news.

Compte renduRécitalVu pour vous

Les festivals de l’été – Aix-en-Provence : Barbara Hannigan à l’Hôtel Maynier d’Oppède, la Terre et le Ciel

par Hervé Casini 11 juillet 2021
par Hervé Casini 11 juillet 2021
0 commentaires 1FacebookTwitterPinterestEmail
2,K

Crédit photos: © Vincent Beaume

Une fois de plus, la présence de Barbara Hannigan à Aix-en-Provence constitue un évènement musical !

Dans un programme où elle partage la scène avec Bertrand Chamayou (piano), Patricia Kopatchinskaya (violon) et le ténor Charles Sy, mêlant grandes pièces du répertoire de la mélodie française et création mondiale, le concert de la toujours atypique soprano canadienne aura constitué sans nul doute un moment important de cette édition 2021 du festival.

Axé autour du « leitmotiv » de la Terre et du Ciel, c’est irrésistiblement au magnifique texte de la philosophe Simone Weil « La pesanteur et la grâce », dans sa combinaison si harmonieuse entre Raison et Mystère, que nous a fait penser l’atmosphère générale de ce programme.

C’est d’abord sous les auspices d’Henri Duparc, dont les mélodies constituent des paradigmes de richesse et de limpidité harmonique, que se place ce concert. Ayant encore dans l’oreille les frémissements de l’orchestre du début du deuxième acte de Tristan et Isolde, entendu trois jours auparavant, le piano de Bertrand Chamayou nous transporte tout naturellement dans un univers onirique constitué de visions de vie, de mort, de transcendance.

Plus encore que « l’Invitation au Voyage », c’est le « Lamento », issu du texte bouleversant de Théophile Gautier, qui retient l’attention dans cette ouverture de programme, d’autant plus que l’intelligence interprétative et la finesse de récitaliste du ténor canadien Charles Sy, ancien membre de la Résidence de chant de l’Académie du Festival d’Aix, en cisèle chaque accent dans une projection et une prononciation qui forcent le respect. En discutant avec ce jeune interprète, on évoque le grand Nadir des Pêcheurs de Perles qu’il pourra être… demain.

Commande du festival donnée en création mondiale, La natura del mondo de Pascal Dusapin, d’après un texte du Paradis de Dante, succède idéalement à Henri Duparc, lui-même grand lecteur du poète florentin. Avec une prononciation italienne que, pour notre part, on ne lui connaissait pas, Barbara Hannigan a ici des accents de tragédienne lyrique particulièrement bien mis en valeur par l’écriture, ici très mélodique, de Dusapin, décidément toujours aussi imprévisible et visiblement conquis, aux saluts, par l’interprétation de sa créatrice. L’œuvre prélude à un nouvel opéra inspiré donc a priori de La Divine Comédie.

Mais c’est, en ce qui nous concerne, les cycles de mélodies d’Olivier Messiaen La mort du nombre (1929) pour soprano, ténor, violon et piano et Chants de Terre et de Ciel (1938) pour soprano et piano qui nous ont particulièrement transporté. Il faut dire que l’ensorcelante poésie du violon de Patricia Kopatchinskaja n’y est pas pour peu avec une élévation qui, dans cette première pièce souvent impressionniste dans ses accents, en se mêlant aux arpèges mystiques du piano de Bertrand Chamayou, nous entraîne bien loin.

Dans ces mélodies, dont certaines répondent au désir de médiation – bien connu chez le compositeur – entre enveloppe terrestre et enveloppe céleste, d’autres dressent, plus simplement, un portrait de la vie domestique du compositeur entre sa femme et son jeune fils, la succession des atmosphères musicales, parfois romantiques, parfois dissonantes, est magnifiquement mise en valeur par la voix humaine et l’art du phrasé des deux chanteurs. Cette écriture souvent scintillante où la partie aiguë de la voix est particulièrement sollicitée (« Résurrection » !),  Barbara Hannigan sait en révéler toutes les nuances, avec une intelligence du texte qui force l’admiration.

Il revient au piano et au violon de terminer ce magnifique programme par le mouvement final du « Quatuor pour la fin du Temps » (1940), nouvel exemple-type du sens de l’éternité dans la musique de Messiaen.

Dans le vacarme du monde, ce programme était une bénédiction. Tout simplement.

Les artistes

Barbara Hannigan, soprano
Charles Sy, ténor
Patricia Kopatchinskaja, violon
Bertrand Chamayou, piano

Le programme

Henri DUPARC (1848-1933)
L’invitation au voyage
pour voix et piano (1870), poème de Charles Baudelaire
Lamento pour voix et piano (1883) poème de Théophile Gautier

Pascal DUSAPIN (né en 1955)
La natura del mondo pour soprano et piano (2020) d’après un texte issu du Paradis de Dante Alighieri
Création mondiale, commande du Festival d’Aix-en-Provence

Olivier MESSIAN (1908-1992)
La Mort du nombre (1929) pour soprano, ténor, violon et piano, poème du compositeur
Chants de terre et de ciel (1938) pour soprano et piano, textes du compositeur
Quatuor pour la fin du Temps (1940), mouvement final « Louange à l’Immortalité de Jésus », pour violon et piano

Concert du  8 juillet 2021, Hôtel Maynier d’Oppède, Festival d’Aix-en-Provence 2021

image_printImprimer
Barbara Hannigan
0 commentaires 1 FacebookTwitterPinterestEmail
Hervé Casini

Hervé Casini est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence, docteur en littérature française à Aix-Marseille Université et Secrétaire Général du Museon Arlaten (Musée d’ethnographie provençale). Collaborateur de diverses revues (Revue Marseille, Opérette-Théâtre Musical, Résonances Lyriques…), il anime un séminaire consacré au « Voyage lyrique à travers l’Europe (XIXe-XXe siècle) à l’Université d’Aix-Marseille et est régulièrement amené à collaborer avec des théâtres et associations lyriques dans le cadre de conférences et colloques.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
VENISE – Teatro La Fenice : présentation de la saison 21-22
prochain post
Les festivals de l’été – Orange : retour triomphal de Samson et Dalila sur la scène des Chorégies

Vous allez aussi aimer...

WERTHER à Rennes : Charlotte embrasse la première

5 octobre 2026

A l’Opéra de Nice, une rentrée de folie...

4 octobre 2026

Festival Verdi 2026 3/3 – Nabucco à Parme...

4 octobre 2026

Festival Verdi 2026 2/3 – Aïda à Busseto...

3 octobre 2026

Festival Verdi 2026 1/3 – Parme réveille ALZIRA,...

2 octobre 2026

Comique hors les murs : L’éternelle Carmen dans l’arène...

30 septembre 2026

Les Vêpres de la Vierge à la Philharmonie...

30 septembre 2026

Au Théâtre des Champs-Élysées, le Roma Termini de...

29 septembre 2026

Manon des Sources, Pagnol à l’Odéon de Marseille

28 septembre 2026

Brescia – Mort à Venise : la dernière...

27 septembre 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : onze mois déjà

    5 septembre 2026

En bref

  • La vidéo du mois : Gala aus dem Festspielhaus Baden-Baden – Anja Harteros, Ekaterina Gubanova, Jonas Kaufmann, Bryn Terfel et Marco Armiliato

    1 octobre 2026
  • Les brèves de septembre

    26 septembre 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de septembre –
    Fin des festivals, début des festivités… avec la nouvelle saison lyrique 26-27 !

    1 septembre 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Teulon Lardic Sabine dans Festival Verdi 2026 3/3 – Nabucco à Parme – arrangement à l’amiable : Nabucco a le titre, Abigaïlle la couronne !
  • Vuillemin dans Rusalka au Capitole, quatre ans après, la magie de Poda demeure
  • Boeuf dans Manon des Sources, Pagnol à l’Odéon de Marseille
  • COIC dans À Bastille, un Hamlet d’Ambroise Thomas porté par une distribution d’exception
  • Senarmont dans À Bastille, un Hamlet d’Ambroise Thomas porté par une distribution d’exception

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

WERTHER à Rennes : Charlotte embrasse...

5 octobre 2026

A l’Opéra de Nice, une rentrée...

4 octobre 2026

Festival Verdi 2026 3/3 – Nabucco...

4 octobre 2026