Les festivals de l’été –
I Capuleti e i Montecchi au Luglio Musicale Trapanese : de jeunes talents redonnent vie à l’opéra de la jeunesse amoureuse

I Capuletti e i Montecchi, Luglio Musicale Trapanese, mardi 21 juillet 2026
Parmi les différents festivals estivaux, la 78e édition du Luglio Musicale Trapanese , la plus ancienne saison lyrique estivale de Sicile, se déroule actuellement à Trapani sous le titre Verbi d’Amore. Après un Nabucco très apprécié, mis en scène la semaine dernière, des applaudissements chaleureux ont accueilli la première du deuxième opéra au programme : I Capuleti e i Montecchi, tragédie lyrique de Vincenzo Bellini sur un livret de Felice Romani. Bravant avec ténacité les températures torrides, les artistes ont su jouer, chanter et danser de manière louable, avec une mention particulière pour les chanteurs, tous très jeunes, puisqu’il s’agit des lauréats du XXIe Concours Giuseppe Di Stefano.
Le rôle de Massimo Pizzi Gasparon, qui a assuré la mise en scène, les décors et les costumes, a été déterminant. Avec son style unique, élégant et épuré, il a su créer un spectacle harmonieux et captivant. En arrière-plan de la scène du Théâtre Giuseppe Di Stefano, un mur LED lumineux a accueilli les spectateurs dès leur entrée dans le parc enchanteur de la Villa Margherita, dessinant – grâce à de splendides effets de perspective – deux rangées de colonnes blanches cannelées à chapiteaux corinthiens, interrompues toutefois au centre de la scène et enveloppées de nuages inquiétants avançant dans le ciel bleu.
L’opposition entre les familles des Capulet et des Montaigu a été si bien mise en évidence sur le plan architectural que, au fur et à mesure que l’intrigue avançait, l’éloignement progressif des colonnades, les jeux d’ombre et de lumière, ainsi que l’assombrissement du ciel, ont accompagné les événements jusqu’à leur épilogue tragique. De leur côté, les costumes – de style élisabéthain et en velours raffiné – ont également mis en évidence l’affrontement entre les deux familles rivales : les Montaigu vêtus de noir, les Capulet de rouge et d’or. Les éclairages de Giuseppe Saccaro ont mis en valeur les couleurs et les scènes.
Les contributions de l’orchestre et du chœur du Luglio Musicale Trapanese ont été remarquables. Le directeur musical de cette institution, Mirco Reina, a dirigé l’orchestre avec sérieux et rigueur, en accompagnant les chanteurs et en alternant habilement les moments de lyrisme délicat et ceux d’affrontements acharnés. Le solo de harpe, interprété par Maria Cristina Chiarelli, et celui de clarinette, interprété par Marco Pennisi, ont été remarquables. Le chœur, bien préparé par Fabio Modica, s’est montré puissant et homogène. Au début de l’opéra, le corps de ballet a animé la symphonie d’introduction grâce à des chorégraphies évocatrices de Piera Spoto, qui semblaient anticiper les tensions affectives intenses entre adolescents.
Tous les chanteurs ont réussi, plus ou moins brillamment, leur passage sur scène. La soprano Martina Bianculli, dans le rôle de Juliette, a confirmé la suprématie qui lui avait déjà été reconnue par le jury du Concours Giuseppe Di Stefano. Dès son entrée en scène, elle a su interpréter de manière convaincante les appréhensions, les ardeurs et les hésitations de cette jeune fille sincèrement amoureuse, qui ne voudrait trahir ni son père ni elle-même et qui finit par faire ce choix extrême. Sa maîtrise scénique est bonne ; sa voix est bien projetée et bien maîtrisée, tant dans les aigus que dans les passages filés ; son phrasé est précis. Les duos avec Roméo, interprété comme le veut la tradition par une mezzo-soprano en travesti, sont particulièrement émouvants : Hinano Yorimitsu, Japonaise diplômée de l’Université des Arts de Tokyo, s’est perfectionnée en Italie et a remporté plusieurs prix lors de concours internationaux. Elle se déplace sur scène avec aisance et expressivité ; elle possède une belle voix, ample et riche en nuances ; elle est attentive au phrasé, à chaque mot et à chaque syllabe.
Le ténor Luciano Giambra a interprété Tebaldo, démontrant qu’il possède une voix limpide et bien timbrée ainsi qu’une bonne technique vocale. La basse Xiangbo Wang s’est montrée particulièrement imposante et convaincante dans le rôle de Capellio.
Le Concours Giuseppe Di Stefano et le Luglio Musicale Trapanese s’avèrent être d’excellents tremplins pour les nouveaux talents.
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Giulietta : Martina Bianculli
Romeo : Hinano Yorimitsu
Tebaldo : Luciano Giambra
Lorenzo : Mariano Orozco
Capellio : Xiangbo Wang
Orchestra e Coro del Luglio Musicale Trapanese, dir. Mirco Reina
Chef de choeur : Fabio Modica
Mise en scène, Décors et Costumes: Massimo Pizzi Gasparon
Lumières : Giuseppe Saccaro
Chorégraphie : Piera Spoto
I Capuleti e i Montecchi
Tragedia lirica in due atti de Vincenzo Bellini, livret de Felice Romani, d’après Giulietta e Romeo di Luigi Scevola, créé au Teatro La Fenice, Venezia, 11 mars 1830.
Luglio Musicale Trapanese, mardi 21 juillet 2026