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Un délicieux Falstaff à l’Opéra de Paris : second point de vue sur la reprise de la production de 1999

par George Markogiannopoulos 13 septembre 2024
par George Markogiannopoulos 13 septembre 2024

© Vincent Pontet / OnP

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Falstaff, Opéra Bastille, 10 septembre 2024

La nouvelle saison musicale prometteuse de la Ville Lumière a été inaugurée par la première, le 10 septembre, du dernier opéra de Verdi, Falstaff. La représentation s’est révélée être d’un excellent niveau, portée par une distribution de premier plan, le chevalier britannique décadent Sir John Falstaff étant cette fois interprété par le Ambrogio Maestri, dont le nom est aujourd’hui directement associé à ce rôle spécifique.

Dès l’introduction de l’œuvre, particulièrement convaincante, la texture délicate des cordes et la clarté, la férocité des interventions de la trompette impressionnent, sous la direction musicale séduisante du Danois Michael Schønwandt, qui brille peut-être plus par sa précision que par la chaleur requise par cette œuvre italienne.

Au premier acte, Falstaff s’efforce de sortir d’une impasse financière en aspirant à acquérir les biens des épouses de deux dames fortunées. Il envoie donc deux lettres romantiques identiques à Mesdames Ford (Olivia Boen) et Page (Marie-Andrée Bouchard-Lesieur), taquinant ses deux hommes de main Bardolfo (Nicholas Jones) et Pistola (Alessio Cacciamani), qui ne participent pas à l’escroquerie, avec le monologue explosif « L’onore ! Ladri »- un pied de nez, en fait, à toute notion d’honneur ! L’étonnante tessiture vocale d’Ambrogio Maestri et le dialogue à venir entre Nannetta (Federica Guida) et Page sont un exemple de l’aisance avec laquelle les chanteurs ont traversé des parties vocales difficiles avec une grande aisance.

Sur le plan visuel, Elena Rivkina, responsable des costumes de cette production datant de 1999, donne à voir des habits élégants et classiques s’harmonisant avec la nature de l’œuvre et la personnalité des interprètes. C’est Dominique Pitoiset qui règle la mise en scène, offrant de beaux moments tel le duo de l’acte I entre Fenton (Iván Ayon-Rivas) et Nannetta, très expressif, avec des moments d’émotion intense et un beau mouvement de balance sur l’escalier de l’édifice, mis en valeur par les ombres imposantes des éclairages de Philippe Albaric. La mise en scène, cependant, pose parfois question : les immeubles de briques notamment, avec leurs enseignes géantes,  n’évoquent guère la ville anglaise de Windsor, mais plutôt avec une métropole américaine de l’entre-deux-guerres… En outre, à partir du deuxième acte et jusqu’à la fin du spectacle, les décors sont restés peu ou prou les mêmes, ne suivant guère le cours naturel de l’intrigue et donnant une forte impression d’immobilité et de fixité. Une impression qu’Ambrogio Maestri parvient cependant à faire oublier par sa présence scènique, ses mouvements, mais surtout sa voix de stentor : il parvient ainsi à maintenir intact l’intérêt du public pour le destin et les joyeuses facéties de Sir John Falstaff. Son duo ironique avec Alice Ford et le monologue dramatique, accompagné de cuivres exquis, de M. Ford lorsqu’il apprend la supposée perfidie de sa femme, ont été les moments forts de toute la soirée, avec également l’assaut inattendu de la maison par Ford lui-même et ses proches, Alice cachant Falstaff dans un panier à linge qui finit dans la Tamise gelée.

Après cette douche froide, les héros se retrouvent au troisième acte lors d’une réunion festive dans une forêt shakespearienne intime et enchantée, dont l’atmosphère ténébreuse est enrichie d’indispensables lanternes, d’habits de chasse et d’elfes caractéristiques de l’auteur anglais. Falstaff, que les invités amenés par M. Ford s’empressent de ridiculiser, apparaît comme un porteur de corne, victime des forces malveillantes qui envahissent la forêt. Dans ce décor, l’air de Fenton « Dal labbro il canto » a été interprété par Iván Ayon-Rivas avec une passion débordante, capable de susciter une réponse tout aussi poétique de la part de la Nannetta de Federica Guida en tant que Reine des fées, avec un étonnant « Sul fil d’un soffio etesio ». Le spectacle se referme sur une brillante interprétation du délicieux tutti final, dans lequel tous les personnages chantent sur le ton de la confession que « Tout, dans le monde, est une farce » (« Tutto nel mondo è burla ») !

Les artistes

Sir John Falstaff : Ambrogio Maestri
Ford : Andrii Kymach
Fenton : Iván Ayón-Rivas
Dottor Cajus : Gregory Bonfatti
Bardolfo : Nicholas Jones
Pistola : Alessio Cacciamani
Mrs. Alice Ford : Olivia Boen
Nannetta : Federica Guida
Mrs. Quickly : Marie-Nicole Lemieux
Mrs. Meg Page : Marie-Andrée Bouchard-Lesieur

Orchestre et Chœurs de l’Opéra national de Paris (chef de chœur Alessandro Di Stefano), dir. Michael Schønwandt.

Mise en scène : Dominique Pitoiset
Décors : Alexandre Beliaev
Costumes : Elena Rivkina
Lumières : Philippe Albaric

Le programme

Falstaff

Commedia lirica en trois actes de Giuseppe Verdi, livret d’Arrigo Boito, créé au Teatro alla Scala de Milan le 9 février 1893.

Paris, Opéra Bastille, 10 septembre 2024

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George Markogiannopoulos

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