À la une
Festival Verdi 2026 2/3 – Aïda à Busseto : le...
Festival Verdi 2026 1/3 – Parme réveille ALZIRA, belle endormie...
La vidéo du mois : Gala aus dem Festspielhaus Baden-Baden...
Les opéras du monde – Opéra Bastille : le grand...
Il aurait 100 ans aujourd’hui : Gerhard Stolze
Comique hors les murs : L’éternelle Carmen dans l’arène de la...
Les Vêpres de la Vierge à la Philharmonie : une...
Au Théâtre des Champs-Élysées, le Roma Termini de Jules Massenet
Manon des Sources, Pagnol à l’Odéon de Marseille
Se préparer à ALZIRA, Festival Verdi de Parme, 25 septembre-1er...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Subscribe our Newsletter for latest news.

ProductionCompte renduVu pour vous

COSMOS, création à rebours de la dialectique lyrique

par Gilles Charlassier 28 mars 2022
par Gilles Charlassier 28 mars 2022

© D.R.

© D.R.

© D.R.

0 commentaires 0FacebookTwitterPinterestEmail
1,5K

La Biennale des musiques exploratoires, placée sous la direction de Sebastian Rivas et Anouck Avisse depuis 2018, s’attache à proposer des expériences musiques et scéniques iconoclastes, dans une soif de curiosité qui s’affranchit des formats préétablis. La commande passée à Fernando Fiszbein, Cosmos, à partir du roman homonyme de  Gombrowicz, témoigne de cette dynamique, quitte à dérouter le spectateur.

La catégorie même d’opéra, apposée à la troisième entreprise lyrique du compositeur argentin, après Avenida de los Incas, créée en 2015, et cette année, L’homme qui aimait les chiens, pose question. Si le livret adaptant l’œuvre littéraire, écrit avec le concours de Marie Potonet, restitue la singularité narrative de ce labyrinthe délirant dans lequel de jeunes garçons, Witold et Fuks, réécrivent constamment l’expérience vécue à partir de détails et de coïncidences, la traduction musicale et scénographique n’établit pas avec le rapport habituel que le genre opératique entretient entre texte, son et visuel. La partition, fondée sur des boucles et des ostinati, affirme sa propre logique, et les interactions avec les autres paramètres du spectacle apparaissent plus accidentels que formellement prémédités, effet sans doute accentué par le placement des pupitres de 2e2m au fond du plateau – dirigés avec précision par Alphonse Cemin. À rebours des usages, les éléments électroacoustiques, réalisés par Max Bruckert et l’informatique du GRAME, ne viennent pas fracturer, ou contraster avec, le matériau instrumental, mais s’y intègrent sans en perturber apparemment l’entropie.

La scénographie et les vidéos de Yann Chapotel, composées d’abord d’images en noir et blanc d’objets de la vie courante, au parfum parfois désuet du milieu du vingtième siècle, superpose sa propre dramaturgie. Plus qu’une valeur sémiologique, les illustrations assument une fonction rythmique et pulsative : on retiendra en particulier la lente pluie cinématographique d’accessoires les plus divers. C’est sans doute dans cette sorte d’abstraction du processus que s’inscrit l’essence de la pièce – comme celle du roman, en un sens, où ce n’est pas la linéarité des intrigues qui compte, mais leur perpétuelle métamorphose. La mise en scène de Jacques Osinski accompagne ce voyage dans la fantasmagorie des hypothèses en le délimitant, en ces termes, par le point de départ du réel.

La partie vocale diverge également des codes traditionnels de l’opéra, fût-il contemporain, tant dans la nature que dans les proportions des modes expressifs. C’est la nonchalance déclamatoire des deux comédiens, Grégoire Tachnakian et David Migeot, incarnant Witold et Fuks, les deux garçons, qui occupe le devant de la scène, tandis que les interventions chantés et parfois rocailleuses de la Bolita de Léa Trommenschlager et du Léon de Vincent Vanty-ghem ne viennent que ponctuer occasionnellement la narration, comme en style indirect. Au bout d’une heure trente, on sort à la fois fascinés et circonspect par cette aventure hors des sentiers battus du lyrique, qui mériterait sans doute une deuxième écoute pour, peut-être, davantage fixer son opinion.

Les artistes

Witold : Grégoire Tachnakian (comédien)
Fuks : David Migeot (comédien)
Bolita : Léa Trommenschlager
Léon : Vincent Vanty-ghem 

Alphonse Cemin : direction musicale
Jacques Osinski : mise en scène

Le programme

Cosmos

Opéra de Fernando Fiszbein, livret du compositeur et de Marie Potonet d’après Witold Gombrowicz

Théâtre de la Renaissance, Oullins, représentation du 12 mars 2022.

 

image_printImprimer
0 commentaires 0 FacebookTwitterPinterestEmail
Gilles Charlassier

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
À Nice, un Phaéton en demi-ton
prochain post
CENDRILLON à l’Opéra Bastille – Éclats et merveilles d’une machine à princesses

Vous allez aussi aimer...

Festival Verdi 2026 2/3 – Aïda à Busseto...

3 octobre 2026

Festival Verdi 2026 1/3 – Parme réveille ALZIRA,...

2 octobre 2026

Comique hors les murs : L’éternelle Carmen dans l’arène...

30 septembre 2026

Les Vêpres de la Vierge à la Philharmonie...

30 septembre 2026

Au Théâtre des Champs-Élysées, le Roma Termini de...

29 septembre 2026

Manon des Sources, Pagnol à l’Odéon de Marseille

28 septembre 2026

Brescia – Mort à Venise : la dernière...

27 septembre 2026

Au festival d’Ambronay : des voix, des espaces et...

27 septembre 2026

Rouen – Macbeth, tel qu’en lui-même enfin

27 septembre 2026

MANON LESCAUT à Madrid : Sondra Radvanovsky, sphinx...

26 septembre 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : onze mois déjà

    5 septembre 2026

En bref

  • La vidéo du mois : Gala aus dem Festspielhaus Baden-Baden – Anja Harteros, Ekaterina Gubanova, Jonas Kaufmann, Bryn Terfel et Marco Armiliato

    1 octobre 2026
  • Les brèves de septembre

    26 septembre 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de septembre –
    Fin des festivals, début des festivités… avec la nouvelle saison lyrique 26-27 !

    1 septembre 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Vuillemin dans Rusalka au Capitole, quatre ans après, la magie de Poda demeure
  • Boeuf dans Manon des Sources, Pagnol à l’Odéon de Marseille
  • COIC dans À Bastille, un Hamlet d’Ambroise Thomas porté par une distribution d’exception
  • Senarmont dans À Bastille, un Hamlet d’Ambroise Thomas porté par une distribution d’exception
  • Cathy dans Un Dido and Aeneas trop original ouvre la saison de l’Opéra de Bordeaux

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Festival Verdi 2026 2/3 – Aïda...

3 octobre 2026

Festival Verdi 2026 1/3 – Parme...

2 octobre 2026

Comique hors les murs : L’éternelle Carmen...

30 septembre 2026