À la une
OPERAFEST 2026 – CENTENAIRE DE TURANDOT & VARIATIONS ENIGMATIQUES À LISBONNE
Édito de juillet – août : bonnes vacances lyriques !
L’Opéra de Rome confirme son statut avec une saison 2026-2027...
Le Metropolitan Opera de New York — Temple américain de...
Il aurait 100 ans aujourd’hui : HANS WERNER HENZE
Les brèves de juillet –
Découvrez la saison 2027 du Teatro San Carlo de Naples
Fenice de Venise – Vénus et Adonis Sciarrino réécrit le...
In memoriam – MIGNON DUNN, grande mezzo-soprano américaine et pédagogue...
Saison 2027 du Teatro Comunale de Bologne : éclectisme et...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

ProductionCompte renduVu pour vous

Iphigénie à Bastille : pour le chef !

par Pascal Lelièvre 19 septembre 2021
par Pascal Lelièvre 19 septembre 2021
0 commentaires 0FacebookTwitterPinterestEmail
2,K

Crédits photos : © Sébastien Mathé / OnP

S’il faut assister à l’Iphigénie en Tauride programmée ces jours-ci à l’Opéra Bastille, c’est avant tout pour la remarquable direction de Thomas Hengelbrock : l’orchestre, sous sa baguette, acquiert une légèreté, une transparence, une précision étonnantes, au point qu’en jetant les yeux dans l’immense fosse de Bastille, on est presque surpris d’y découvrir les forces de l’Opéra de Paris et non pas celles d’un orchestre baroque ! S’ajoute à ces qualités un choix de tempi toujours idoines, toujours les plus à même de susciter l’émotion, ainsi qu’une attention extrême aux chanteurs – le chef s’efforçant de soutenir les voix sans jamais les couvrir. Une très belle réussite, qui nous rend particulièrement impatient de découvrir sa lecture d’Alcina (en novembre-décembre prochains) et de Faust (en juin-juillet).

Autre motif de satisfaction : l’Oreste formidable de Jarrett Ott, jeune baryton américain que nous entendions pour la première fois. La voix est très belle, le timbre clair, la ligne de chant impeccablement conduite, la diction remarquable. Il sera Énée dans Didon et Énée de Purcell à Lille en décembre : puissions-nous réentendre souvent cet excellent baryton sur les scènes françaises !

Tara Erraught, arrivée in extremis pour remplacer la chanteuse initialement prévue dans le rôle, campe une Iphigénie convaincante – d’autant qu’elle a dû apprendre le rôle en une semaine : un exploit ! Les moyens sont réels, la prononciation du français correcte, et la chanteuse se glisse habilement dans cette tessiture qui peut se révéler dangereusement tendue pour une mezzo. Ce qui manque en ce soir du 16 septembre, c’est la petite flamme qui rendrait la prestation réellement émouvante, l’interprétation restant globalement trop lisse. Au crédit de la chanteuse, il faut signaler que les choses sont allées en s’améliorant de façon très sensible au fil de la soirée ! L’interprétation de Pylade par Julien Behr suit une trajectoire inverse : au-delà des qualités de style et de diction qu’on lui connaît, la voix, malgré toute l’attention que le chef porte au plateau, perd en puissance au fil de la représentation (elle est plus d’une fois couverte par l’orchestre), et semble bien fatiguée à la fin du spectacle… Quant au rôle du brutal Thoas, il se prête souvent à certaines exagérations interprétatives que n’évite pas toujours Jean-François Lapointe… Mais les seconds rôles sont excellents, et l’on regrette que leurs interventions (notamment celle de Marianne Croux en Diane et Paul Gay en Scythe) soient si courtes !

Le spectacle de Warlikowski a ses adeptes, dont nous ne sommes pas. La vision de l’œuvre par le metteur en scène (un EHPAD dont les pensionnaires se remémorent un drame qu’ils ont autrefois vécu) est non seulement éculée mais pourrait être transposée à absolument n’importe quel autre titre du répertoire, avec les mêmes costumes et les mêmes décors (j’espère ne pas donner d’idées au directeur de l’Opéra…). Fauteuils roulants, chaises renversées, lavabos, parois réfléchissant l’image du public, projections vidéo : ce spectacle restera sans doute dans les annales, comme réceptacle de tous les tics qui auront encombré 80% des mises en scène d’opéras au début du XXIe siècle. C’est bête, laid et parfaitement inutile.
Ô toi qui, avec cette reprise, prolongeas les jours de cette navrante production, Alexander Neef, je t’implore, arrêtes-en le cours…

Les artistes

Iphigénie : Tara Erraught
Oreste : Jarrett Ott
Pylade : Julien Behr
Thoas : Jean-François Lapointe
Diane, Première prêtresse : Marianne Croux
Un Scythe, un ministre : Paul Gay
Iphigénie (comédienne) : Agata Buzek

Chœurs et orchestre de l’Opéra national de Paris, dir. Thomas Hengelbrock
Mise en scène : Krzysztof Warlikowski

Le programme

Iphigénie en Tauride

Tragédie lyrique en quatre actes de C.W. Gluck, livret de N.-F. Guillard, créée en 1779 à l’Académie royale de musique.
Représentation du 16 septembre 2021, Opéra Bastille (Paris)

image_printImprimer
Tara ErraughtWarlikowskigluckJulien BehrJarrett Ott
0 commentaires 0 FacebookTwitterPinterestEmail
Pascal Lelièvre

Fils d'un explorateur danois et d'une soprano vénézuélienne, Pascal Lelièvre est styliste et comédien. Il fréquente assidûment les théâtres lyriques de France et du monde depuis avril 1976, et a rejoint l'équipe de Première Loge en janvier 2021.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Les adieux de José Carreras
prochain post
Talestri, Reine des Amazones, opéra méconnu de Maria-Antonia Walpurgis – Rencontre avec la metteuse en scène Bérénice Collet

Vous allez aussi aimer...

Fenice de Venise – Vénus et Adonis Sciarrino...

30 juin 2026

Les festivals de l’été –Nadine Sierra enchante les...

29 juin 2026

Carmen : nouvelle mise en scène de Damiano Michieletto à...

29 juin 2026

Entre larmes et éclats de rire : les deux...

29 juin 2026

Lucia di Lammermoor : la mise en scène...

28 juin 2026

Otello préfère l’amour en mer à l’opéra de...

28 juin 2026

Les Deux Pêcheurs au Théâtre du Châtelet, une...

24 juin 2026

Le nozze di Teti e Peleo : quand...

23 juin 2026

Le dernier scandale de Monteverdi : Poppea, influenceuse...

22 juin 2026

Le Requiem de Verdi à Bordeaux : l’audace...

21 juin 2026

Humeurs

  • La colline verte n’a pas fini de rougir —
    L’affaire Friedman et les fantômes de Bayreuth : le festival Wagner bute sur son passé antisémite

    26 juin 2026

En bref

  • Il aurait 100 ans aujourd’hui : HANS WERNER HENZE

    1 juillet 2026
  • Les brèves de juillet –

    1 juillet 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de juillet – août : bonnes vacances lyriques !

    1 juillet 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Sab dans Timothée Chalamet, ou la médiocrité tranquille
  • Le Clerre dans Otello préfère l’amour en mer à l’opéra de Liège
  • Stéphane Lelièvre dans Otello préfère l’amour en mer à l’opéra de Liège
  • J. Francois dans Otello préfère l’amour en mer à l’opéra de Liège
  • Sabine Teulon Lardic dans La colline verte n’a pas fini de rougir —
    L’affaire Friedman et les fantômes de Bayreuth : le festival Wagner bute sur son passé antisémite

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Fenice de Venise – Vénus et...

30 juin 2026

Les festivals de l’été –Nadine Sierra...

29 juin 2026

Carmen : nouvelle mise en scène de...

29 juin 2026