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EURYANTHE de Weber : la mauvaise réputation…

par Laurent Bury 1 novembre 2020
par Laurent Bury 1 novembre 2020
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2,3K

© Monika Rittershaus

Streaming - Weber, EURYANTHE au Theater an der Wien (décembre 2018)

Disponible jusqu’au 18 décembre 2020
Sous-titres en français

Opéra maudit, cette Euryanthe ? À l’heure où l’on ressuscite à tour de bras les titres les plus oubliés, on le croirait volontiers. Peu joué en France, Weber s’y réduit à un Freischütz donné de temps à autre, mais l’œuvre n’a pas réussi à s’acclimater malgré les efforts de Berlioz. Dans les années 1950, l’Opéra de Paris avait misé sur Obéron mais Maurice Lehmann n’avait pas tout à fait réussi, avec ce spectacle fastueux, à renouer avec le succès des Indes galantes. En 1993, on avait pu croire que l’heure d’Euryanthe avait sonné, grâce à sa programmation au festival d’Aix-en-Provence, mais le verdict avait été sans appel, et l’échec de cette production semble avoir renvoyé la partition aux oubliettes.

Heureusement, ce que la France dédaigne a de quoi tenter d’autres pays, en dépit de la réputation de « plus mauvais livret d’opéra » dont pâtit le texte signé Helmina von Chézy, femme de lettres qui inspira à Schubert quelques lieder et la musique de scène de Rosamunde. Avec ses histoires de bague empoisonnée et ses méchants un rien caricaturaux, le livret d’Euryanthe n’est pourtant pas pire que bien d’autres. Son principal défaut est de renvoyer à l’univers daté du roman gothique, avec ses châteaux hantés, ce qui peut faire basculer du côté du carton-pâte, comme n’a pas craint de le faire Pier Luigi Pizzi à Cagliari en 2002. Au Theater an der Wien en 2018, Christof Loy procède tout autrement et recentre l’action sur le mental des personnages, transformant Euryanthe en un drame psychologique hitchcockien situé dans un lieu unique, vaste pièce vue en forte perspective qui rappelle d’abord le décor du troisième acte des Noces de Figaro montées par Giorgio Strehler. Sauf que ce salon de musique où trône un piano à queue est éclairé d’une lumière blanche, clinique, et qu’un lit en fer occupe le mur côté cour. L’action se déroule dans les années 1950, quelques indices venant très vite semer le trouble dans les esprits : à la fin de l’ouverture, Eglantine, la méchante de l’histoire, embrasse sauvagement Adolar qui se laisse faire, et cette même Eglantine sera plus tard le serpent qu’affronte le héros. Rien de vraiment renversant, rien de choquant non plus.

Dans la fosse, Constantin Trinks tire le maximum d’une partition qui, si elle manque parfois de tension dramatique, n’en recèle pas moins d’immenses beautés et qui, surtout, préfigure clairement le premier Wagner. Euryanthe est l’un des premiers opéras allemands entièrement chantés (Schubert l’avait précédé avec Alphonso und Estrella, mais cette œuvre ne fut représentée que trente ans après) et, même si la forme reste évidemment celle de l’opéra à numéros, Weber s’y montre particulièrement inspiré dans son orchestration.

Régulièrement présent sur la scène du Theater an der Wien, le Chœur Arnold Schoenberg est comme d’habitude impeccable. Le rôle du roi est peu développé, mais chacune des interventions de Stefan Cerny révèle un vrai timbre de basse, si jeune que soit l’interprète. Loin des débordements de certaines qui l’ont précédée dans le rôle, Theresa Kronthaler conserve une ligne de chant très propre jusque dans les imprécations de cette Ortrud avant la lettre. L’image permet de mettre en avant l’expressivité d’Andrew Foster Williams, dont les intonations sarcastiques pourraient gêner au disque (le spectacle a été diffusé en CD par Capriccio et en DVD par Naxos). Surtout connue à Paris comme mozartienne, la soprano américaine Jacquelyn Wagner fait en Allemagne une belle carrière straussienne : malgré quelques aigus qu’on aimerait plus moelleux, elle livre du rôle-titre un portrait tout en pudeur. Son compatriote Norman Reinhardt est décidément un ténor à suivre : la prudence dont il a su faire preuve (sa participation à la Violanta de Korngold à Turin en janvier dernier semble une incursion exceptionnelle dans le répertoire post-romantique) lui permet de respecter l’identité vocale d’Adolar, sans que jamais sa vaillance ne soit prise en défaut.

Les artistes

Euryanthe  Jacquelyn Wagner
Adolar  Norman Reinhardt
Eglantine  Theresa Kronthaler
Lysiart  Andrew Foster-Williams
Roi Louis VI   Stefan Cerny   
Duchess de Burgundy   Eva-Maria Neubauery   

Mise en scène Christof Loy   

Choeur Arnold Schoenberg, orchestre Orf Radio-Symphonieorchester Wien, dir.  Constantin Trinks

 

 

Le programme

Euryanthe

Grand opéra héroïco-romantique » de Car Maria von Weber, livret de Helmina von Chézy, créé le 25 octobre 1823 à Vienne (Theater am Kärntnertor)

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WeberEuryantheStefan CernyTheresa KronthalerAndrew Foster WilliamsJacquelyn WagnerNorman ReinhardtChristof LoyConstantin Trinks
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Laurent Bury

Une fois hors d'un charnier natal assez septentrional, Laurent Bury a longtemps habité sous les vastes portiques du 123, rue Saint-Jacques, du 45, rue d'Ulm et du 1, rue Victor Cousin (et même ensuite du 86, rue Pasteur, 60007). Longtemps, il s'est couché de bonne heure aussitôt après les spectacles que, de 2011 à 2020, il allait voir pour un autre site opératique. Papillon inconstant, farfallone amoroso, il vole désormais entre divers sites, et a même parfois l'honneur de prêter sa plume aux volumes de L'Avant-Scène Opéra.

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