À la une
Après Marseille, Les Brigands (I masnadieri) assiègent Madrid !
TCE : La tempête ravageuse d’une Médée ressuscitée
Création à Milan de la Marina du jeune Giordano
Nadine Sierra à la Salle Gaveau, « J’adore »
De l’eau aux assoiffés ! Tristan et Isolde à Gênes
Acqua agli assetati! Tristan und Isolde a Genova
Amour et mariage à l’opéra paraît chez Classiques Garnier
CD – Ralph Vaughan Williams : LandscapesRalph comme Somerset
Verdi, enfin ! I MASNADIERI entrent en triomphe au répertoire...
Les brèves de février –
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduVu pour vousConcert

REQUIEM de Verdi à la Philharmonie : un orchestre et des chœurs au sommet !

par Pascal Lelièvre 27 avril 2023
par Pascal Lelièvre 27 avril 2023
© William Beaucardet
0 commentaires 5FacebookTwitterPinterestEmail
3,3K

Opus verdien particulièrement aimé du public s’il en est, le Requiem du maître de Busseto vient de remporter un nouveau très grand succès à la Philharmonie de Paris. Œuvre qui fut (et est parfois encore) dénigrée pour son aspect théâtral et la teneur lyrique de certaines pages (dramatisme et lyrisme sont-ils donc incompatibles avec l’expression de la foi, la crainte du jugement dernier, la peur de la mort, l’imploration du pardon, l’espérance en une vie post-mortem ?), elle peut donner lieu à des interprétations plus ou moins recueillies, plus ou moins extraverties – Giulini et Solti ayant gravé au XXe siècle des versions constituant en quelque sorte des points de repère pour le mélomane, le premier mettant en lumière la dimension spirituelle de l’œuvre, le second exaltant sa puissance dramatique – deux moyens différents d’exprimer in fine une même ferveur religieuse.

C’était hier soir le chef néerlandais Jaap van Zweden (actuellement chef de l’Orchestre philharmonique de Hong Kong, et également directeur musical du New York Philharmonic Orchestra) qui officiait dans la Grande salle Pierre Boulez de la Philharmonie. Jouant la carte de la sobriété, il privilégie la (relative) retenue à l’ostentation, la cohésion d’ensemble et l’équilibre de la vision aux effets dramatiques appuyés, avec certains choix de tempos originaux mais toujours convaincants et intéressants.

Le quatuor vocal a fait preuve d’une belle implication et s’est montré globalement de qualité. La moins à son aise a sans doute été Elza van den Heever, dont le chant nous a déjà semblé, en d’autres circonstances, plus assuré. Ce soir, même si l’on retrouve ici ou là les belles qualités de timbre que l’on connaît à la chanteuse, la projection vocale a parfois manqué de puissance, et la ligne vocale a été entachée de petits problèmes, dont le pianissimo qui conclut la reprise du « Requiem » dans le « Libera me » a été le plus saillant.  Aude Extrémo s’est montrée, quant à elle, parfaitement à l’aise dans la partie d’alto (n’était un petit accroc bien excusable survenu à la fin du « Lux aeterna »), avec un « Liber scriptus » dont elle possède à la fois l’autorité et le mystère. Elle met les couleurs si personnelles de son timbre au service d’une interprétation stylistiquement convaincante. À l’opposé d’un Jonas Kaufmann aujourd’hui ou d’un Placido Domingo il n’y a guère, René Barbera aborde sa partie avec un timbre clair, très allégé, et une ligne de chant quasi donizettienne. Le résultat est pleinement convaincant : superbe « Ingemisco », émouvant « Hostias », raffiné, stylé, avec un passage en voix de poitrine d’une belle facilité et élégantissime. Quant à Jean Teitgen, il confirme ici, après ses beaux Jacopo Lorendano à Aix et Fiesco à Montpellier, ses affinités avec le répertoire verdien : respect du style, noblesse du phrasé, timbre naturellement émouvant, tout y est ! Espérons qu’on offrira bientôt au chanteur la possibilité d’explorer plus avant ce répertoire où il se montre particulièrement convaincant.

Terminons par ceux qui, selon nous, sont peut-être les tout premiers artisans de la réussite du concert : l’Orchestre de Paris et le Chœur de l’Orchestre de Paris, qui ont délivré ce soir une performance en tout point mémorable. L’orchestre a été remarquable d’homogénéité, de musicalité, de rigueur stylistique, déployant un très riche panel de couleurs et répondant aux directives du chef avec une précision jamais prise en défaut. Quant au chœur, préparé par son chef Marc Korovitch, il s’est montré tout simplement exceptionnel, délivrant une interprétation d’une rare émotion, offrant une variété de nuances impressionnante, toujours au service de l’expressivité (bouleversant « Requiem » initial, à peine murmuré ; flamboyant « Dies Irae »…), et d’une précision redoutable dans les fugues du « Sanctus » ou du « Libera me ». Du très grand art !

Les artistes
Elza van den Heever, soprano
Aude Extrémo, mezzo-soprano
René Barbera, ténor
Jean Teitgen, basse
 
Orchestre de Paris ; Chœur de l’Orchestre de Paris (Marc Korovitch , chef de choeur), dir. Jaap van Zweden
Le programme

VERDI, Requiem

Œuvre créée à Milan le 22 mai 1874.
Philharmonie de Paris, concert du mercredi 26 avril 2023.

image_printImprimer
Jean TeitgenAude ExtrémoRené BarberaElza van den HeeverJaap van Zweden
0 commentaires 5 FacebookTwitterPinterestEmail
Pascal Lelièvre

Fils d'un explorateur danois et d'une soprano vénézuélienne, Pascal Lelièvre est styliste et comédien. Il fréquente assidûment les théâtres lyriques de France et du monde depuis avril 1976, et a rejoint l'équipe de Première Loge en janvier 2021.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Ça s’est passé il y a 100 ans : création de Belfagor de Respighi
prochain post
CD – POLYDORE de Stuck – Tout près de Rameau

Vous allez aussi aimer...

Après Marseille, Les Brigands (I masnadieri) assiègent Madrid...

15 février 2026

TCE : La tempête ravageuse d’une Médée ressuscitée

15 février 2026

Création à Milan de la Marina du jeune...

15 février 2026

Nadine Sierra à la Salle Gaveau, « J’adore...

14 février 2026

De l’eau aux assoiffés ! Tristan et Isolde à...

14 février 2026

Acqua agli assetati! Tristan und Isolde a Genova

14 février 2026

Verdi, enfin ! I MASNADIERI entrent en triomphe...

12 février 2026

À Rennes, Lucia di Lammermoor retrouvée dans son...

10 février 2026

Exils #2 à l’Opéra Orchestre de Montpellier

9 février 2026

Un Giulio Cesare enchanteur au Théâtre des Champs-Élysées

8 février 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : quatre mois déjà

    2 février 2026

En bref

  • Les brèves de février –

    11 février 2026
  • La vidéo du mois – Anne Sofie von Otter chante Göttingen de Barbara

    5 février 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Quand l’audace lyrique se joue loin de Paris…

    6 février 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Claudine Shafa dans TCE : La tempête ravageuse d’une Médée ressuscitée
  • mireille dans LA VIE PARISIENNE, Offenbach (1866 ; 1873) – dossier
  • Ranoux dans Verdi, enfin ! I MASNADIERI entrent en triomphe au répertoire de l’Opéra de Marseille
  • Pierre Brévignon dans Le Temps de la Gitane : reprise de la Carmen de Calixto Bieito à l’Opéra Bastille
  • Stéphane Lelièvre dans Le Temps de la Gitane : reprise de la Carmen de Calixto Bieito à l’Opéra Bastille

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Après Marseille, Les Brigands (I masnadieri)...

15 février 2026

TCE : La tempête ravageuse d’une Médée...

15 février 2026

Création à Milan de la Marina...

15 février 2026