À la une
Turin : La Cenerentola – Le triomphe de l’ouïe sur...
Les brèves de janvier –
Se préparer à La Passagère, Opéra national Capitole de Toulouse,...
Se préparer à Un ballo in maschera, Opéra de Paris...
Werther à l’Opéra-Comique : le drame lyrique est de retour !
Ludovic Tézier et Marina Rebeka couronnent le retour de Nabucco...
Se préparer à Benvenuto Cellini, Monnaie de Bruxelles, 28 janvier...
À l’Opéra Bastille, un Siegfried somptueux vocalement
À La Seine Musicale, les contradictions d’un Requiem allemand
Dijon : Pelléas et Mélisande en miroir des Boréades, un couplage...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Concert

Au menu de l’Opéra de Lyon, réduction de Tristan sur consommé de Strauss

par Pierre Brévignon 14 février 2022
par Pierre Brévignon 14 février 2022

© Marco Borrelli

Tanja Ariane Baumgartner ©DR

Stefan Cerny ©DR

Ausrine Stundyte ©DR

Daniele Rustioni ©Jean-Louis Fernandez

0 commentaires 3FacebookTwitterPinterestEmail
1,7K

Assister à un opéra en version de concert reste une expérience curieuse : sans décors, sans costumes, sans direction de chanteurs, comment appréhender cette bizarrerie qui, en somme, prend le contre-pied d’une bonne partie des intentions du compositeur, qui n’écrit jamais d’opéra sans l’envisager sur scène ? Ce dimanche à Lyon, la bizarrerie était redoublée par le choix de donner « simplement » l’acte II de Tristan und Isolde, sorte d’opéra dans l’opéra qui, certes, enclot le plus long duo d’amour de l’histoire de l’art lyrique, mais pour autant ne peut revendiquer une autonomie dramatique dans l’économie de l’œuvre. Avant le grand duo : la mise en garde de Brangäne, suivante d’Isolde qui lui enjoint de se méfier de Mélot, l’ami sournois de Tristan ; après le duo : l’irruption du roi Marke et la double révélation d’une trahison, celle du roi par Tristan et celle de Tristan par Mélot ; enfin le duel fatal par lequel Tristan accomplit sa part du pacte de mort avec Isolde. Plus qu’un engrenage dans la mécanique inexorable du fatum tristanesque, le spectacle d’hier se présentait comme un arrêt sur image – l’exhibition d’un organe vital privé de son influx sanguin. Pari risqué, donc.

La demi-réussite de cette après-midi wagnérienne tient en grande partie à ce choix de tronquer l’opéra et, ce faisant, de priver les chanteurs du temps nécessaire à la construction de leur personnage – dans l’esprit comme dans la voix. Animé par un Daniele Rustioni volubile et impliqué, l’orchestre de l’Opéra de Lyon – dont les cordes ont eu le temps de se chauffer dans des Métamorphoses de Strauss un brin anecdotiques – fait d’emblée entendre une énergie et un sens poétique séduisants, mais son volume sonore dresse un obstacle qu’Ausrine Stundyte, en Isolde, peine à franchir. Constat surprenant, quand on se rappelle l’Elektra tétanisante du dernier Festival de Salzbourg… Si la soprano lituanienne compense par un investissement scénique immédiat, son duo initial avec Tanja Ariane Baumgartner montre la mezzo plus à son aise dans la projection. Quelques minutes lui suffisent pour camper une Brangäne angoissée, fragile, rongée par la culpabilité. Michael Spyres, plus ténor que « bary » pour l’occasion, franchit sans difficulté le mur du son, mais son timbre que l’on a tant apprécié dans ses récitals se révèle ici assez avare de couleurs. Portés par un orchestre incandescent, le couple montre heureusement une belle complicité, malgré les quelques mètres qui séparent leur pupitre. Le frisson est immanquablement au rendez-vous lorsque arrive le sublime « O sink hernieder, Nacht der Liebe… » et l’on se prend à imaginer – à espérer ? – Spyres et Stundyte à l’affiche d’un futur Tristan, complet celui-là. Mais la belle surprise de ce concert, c’est le roi Marke de la basse autrichienne Stefan Cerny qui nous l’apporte. Beauté du timbre, sûreté de la projection, noblesse du phrasé : tout est en place, d’emblée, pour livrer un « Mir dies ? Dies, Tristan, mir ? » d’anthologie, subtil dosage de déception, de chagrin, de honte et de colère où Wagner a condensé toute l’humanité du roi trahi. Cerny volerait presque la vedette à ses partenaires…

Après le Ring Ohne Worte concocté jadis par Lorin Maazel, les innombrables highlights et autre montages bancals (le Prélude et la Bacchanale – avec ou sans chœur – de Tannhäuser, le Prélude de l’Acte I enchaîné à l’Isoldes Liebstod – chantée ou non – de Tristan und Isolde) , l’opéra wagnérien continue de se montrer rétif aux tronçonnages en tout genre. Et si le meilleur digest de Tristan und Isolde restait les Wesendonck-Lieder ?

Les artistes

Tristan : Michael Spyres
Isolde : Ausrine Stundyte
Brangäne : Tanja Ariane Baumgartner
Le Roi Marke : Stefan Cerny
Merlot : Rupert Charlesworth
Kurwenal : Lukas Zeman

Orchestre de l’Opéra de Lyon, direction Daniele Rustioni

Le programme

TRISTAN UND ISOLDE (acte II)
Richard Wagner (1813-1883)
Livret du compositeur
Créé au Théâtre Royal de la cour de Bavière, Munich, le 10 juin 1865.

METAMORPHOSEN (1945)
Richard Strauss (1864-1949)
Crée au Collegium Musicum de Zurich le 25 janvier 1946

Opéra de Lyon, concert du dimanche 13 février, 16h

image_printImprimer
Daniele RustioniMichael SpyresRupert CharlesworthTanja Ariane BaumgartnerAusrine StundyteLukas Zeman
0 commentaires 3 FacebookTwitterPinterestEmail
Pierre Brévignon

Pierre Brévignon jongle avec les mots et les notes, tour à tour dans les programmes de l'Opéra de Paris, de la Cité de la Musique, du Théâtre du Châtelet, dans les livrets de CD, dans les salles de conférence de la Philharmonie, au sein de l'Association Capricorn (www.samuelbarber.fr) ou dans les livres qu'il consacre à sa passion : la première biographie française de Samuel Barber ("Samuel Barber, un nostalgique entre deux mondes", éditions Hermann, 2012), le "Dictionnaire superflu de la musique classique" (avec Olivier Philipponnat, Castor Astral, 2015) et "Le Groupe des Six, une histoire des années folles" (Actes Sud, 2020).

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Les Arts Florissants à la Philharmonie de Paris – Gesualdo de référence
prochain post
Pauvre Manon !

Vous allez aussi aimer...

Dijon : Pelléas et Mélisande en miroir des Boréades,...

16 janvier 2026

« Héroïnes de l’Opéra français » : nouveau triomphe de l’Orchestre...

12 janvier 2026

Au Théâtre des Champs-Élysées, les débuts parisiens de...

10 janvier 2026

L’Oratorio de Noël à Athènes : Noël à...

9 janvier 2026

TCE : le triomphe des Tenebrae dans un Messie...

14 décembre 2025

« Gala lyrique à la française » salle Gaveau –...

9 décembre 2025

Tous sur le podium : les virtuoses de l’ADAMI...

5 décembre 2025

Nuit napolitaine à Dijon : la tournée d’automne du...

1 décembre 2025

Lucrezia et Les Paladins aux Invalides

22 novembre 2025

Didon en poème harmonique et dramatique

18 novembre 2025

Humeurs

  • À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant

    3 janvier 2026

En bref

  • Les brèves de janvier –

    22 janvier 2026
  • Ça s’est passé il y a 200 ans
    Création d’ALAHOR IN GRANATA de Donizetti

    7 janvier 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Bonne année 2026 !

    1 janvier 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Gérard dans Démission de Jean-Louis Grinda, un seul opéra programmé cet été en version de concert… : AVIS DE TEMPÊTE SUR LES CHORÉGIES D’ORANGE
  • Alain dans À l’Opéra Bastille, un Siegfried somptueux vocalement
  • Gauthier Am dans À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant
  • Ivonne Begotti dans Intervista – Pier Luigi Pizzi : « Verdi è il paradigma del melodramma! »
  • Ivonne Begotti dans Intervista – Pier Luigi Pizzi : « Verdi è il paradigma del melodramma! »

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Dijon : Pelléas et Mélisande en miroir...

16 janvier 2026

« Héroïnes de l’Opéra français » : nouveau triomphe...

12 janvier 2026

Au Théâtre des Champs-Élysées, les débuts...

10 janvier 2026