À la une
La colline verte n’a pas fini de rougir — L’affaire...
Les Deux Pêcheurs au Théâtre du Châtelet, une amitié qui fait...
Les opéras du monde – Bayerische Staatsoper, l’âme lyrique de...
Le nozze di Teti e Peleo : quand la Discorde...
Le dernier scandale de Monteverdi : Poppea, influenceuse de l’Empire...
Daniel-François-Esprit AUBER : un maître de l’opéra romantique à redécouvrir
Maggio Musicale Fiorentino – et 89e Festival del Maggio :...
Maggio Musicale Fiorentino: la ricca Stagione 2027, compreso l’89° Festival...
Le siège de Corinthe : 1826-2026Pour en savoir plus sur le...
Le Requiem de Verdi à Bordeaux : l’audace d’une autre...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduConcert

Il Caravaggio : « La Muse de l’Opéra » – Festival de Sablé

par Félicité Charmille 25 août 2020
par Félicité Charmille 25 août 2020
0 commentaires 0FacebookTwitterPinterestEmail
1,5K

L’ensemble Il Caravaggio, dont la création est toute récente, vient de proposer un concert très particulier dans le cadre du festival de Sablé-sur-Sarthe, qui, coronavirus oblige, a été annulé cette année – sauf pour deux concerts donnés sans public mais filmés : le premier permettait d’entendre le Te Deum de Charpentier interprété par le Concert Spirituel sous la direction d’Hervé Niquet (le concert est toujours visible ici ; le second, donné samedi 29 août, était précisément celui du Caravaggio, au cours duquel a été interprété un florilège particulièrement séduisant d’airs sérieux et à boire, de cantates, de pièces instrumentales ou d’extraits d’opéras de compositeurs et compositrices du Grand Siècle : Mademoiselle B…, Nicolas Racot de Grandval, André Campra , François Couperin, Michel Pignolet de Montéclair et Élisabeth Jacquet de La Guerre. C’est ainsi l’esprit des salons français de l’époque que Camille Delaforge, ses musiciens et les trois chanteurs réunis pour l’occasion (Marie Perbost, Anna Reinhold et Thibault de Damas) ont fait revivre l’espace d’une soirée, avec un enthousiasme de tous les instants.

Camille Delaforge

Si les instrumentistes de l’ensemble Il Caravaggio font valoir ici ou là de remarquables talents individuels (le côté âpre et grinçant des cordes traduisant le « bruit sourd et grinçant » qu’entend Procris dans la « tragédie mise en musique » d’ Élisabeth Jacquet de La Guerre, le délicat traverso qui double la voix d’Anna Reinhold dans l’aria « Dove vai, crudo spietato ? » extraite de La mort de Lucrèce de Michel Pignolet de Montéclair), c’est pourtant leur capacité à former un ensemble délicatement équilibré que l’on apprécie avant tout, ainsi que leur capacité à véritablement dialoguer avec les chanteurs, bien plus qu’à simplement les accompagner. Le mérite en revient également à la cheffe Camille Delaforge, qui, de son clavecin, veille constamment à équilibrer les interventions des uns et des autres et à doser les effets de façon à préserver la teneur parfois poétique, parfois comique, parfois dramatique des œuvres interprétées.

Thibault de Damas

Les trois chanteurs font preuve de la même passion et leur amour pour la musique qu’ils interprètent transparaît à chaque instant. Le baryton-basse Thibault de Damas, voix sombre, émission arrogante, campe un Céphale virile et vaillant, à l’aise vocalement jusque dans la ligne ornée de son « Est-il de plus douce victoire ? » du cinquième acte.

Anna Reinhold est particulièrement remarquable dans la longue, dramatique et difficile Morte di Lucrecia, où elle atteint le statut d’une authentique tragédienne : de la noblesse outragée du récitatif initial à la véhémence du « Dove vai, crudo spietato ? », de la lamentation désespérée de l’adagio « Assistetemi, oh Dei » au déchirant adieu à la vie, tout est superbement rendu, avec une économie de moyens, une expressivité et une justesse stylistique admirables.

Anna Reinhold
Anna Rheinhold et Marie Perbost

On retrouve enfin avec plaisir la soprano Marie Perbost (qui nous avait accordé un entretien il y a un an à l’occasion des représentations de Richard Cœur de Lion à Versailles). Son timbre pur et fruité, l’attention qu’elle porte aux mots (la diction gourmande dont elle pare les mots « Chantez tendrement »  dans l’air homonyme de Mademoiselle de B…) de même que l’émotion sincère et discrète dont elle se montre capable dans le rôle de Procris en font une interprète particulièrement remarquable dans ce répertoire.

Un concert de grande qualité, donnant notamment envie d’entendre dans son intégralité la tragédie lyrique d’Élisabeth Jacquet de la Guerre, qui comporte tant de beautés (le cinquième acte, en particulier, est splendide…), et dont on espère qu’il sera bientôt disponible en streaming afin de lui offrir toute la visibilité qu’il mérite.

 

Les artistes

ENSEMBLE IL CARAVAGGIO
Direction Camille Delaforge

Avec Marie Perbost soprano, Anna Reinhold mezzo-soprano, Thibault de Damas baryton-basse


Fiona Emilie Poupard, Myriam Mahnane violons, Lucas Peres violone, Ronald Martin Alonso viole, Benjamin Narvey théorbe, François Nicolet traverso, Camille Delaforge clavecin

Le programme

Mademoiselle B…
Airs sérieux et à boire, 1716
Chantez tendrement ma Muzette

Nicolas Racot de Grandval (1676-1753)
Airs sérieux et à boire, 1709
J’ai langui

André Campra (1660-1744)
Airs sérieux, 1709
Ah que mon cœur éprouve une cruelle peine

François Couperin (1668-1733)
La Sultane

Michel Pignolet de Montéclair (1667-1737)
La morte di Lucrecia
Cantate à une voix et symphonie, 1728

Élisabeth Jacquet de La Guerre (1665-1729)
Céphale et Procris
Extraits

image_printImprimer
Anna ReinholdIl CaravaggioCamille DelaforgeThibault de DamasMarie Perbost
0 commentaires 0 FacebookTwitterPinterestEmail
Félicité Charmille

Née à Oucques-la-Joyeuse en 1805, Félicité Charmille est l’auteure de recueils poétiques (Marguerites et renoncules, 1832), de romans (Le Papillon énamouré,1848) ou encore d'essais philosophiques (La Beauté des choses,1851). Mélomane passionnée, sa longévité exceptionnelle (elle meurt à Bourg-la-Reine en 1904), lui permit d'être l'amie intime de Rossini, Bellini, Donizetti, Verdi, Wagner, Moussorgski, Berlioz, Offenbach, Gounod, Liszt, Schumann, Bizet, Thomas, Hervé, Planquette et Debussy. Son esprit hante encore les salles de concerts, et elle nous envoie à l'occasion les commentaires que lui inspirent les spectacles du XXIe siècle.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Jessica PRATT
prochain post
« MENUS-PLAISIRS D’ETE » – Centre de Musique Baroque de Versailles

Vous allez aussi aimer...

Les Deux Pêcheurs au Théâtre du Châtelet, une...

24 juin 2026

Le nozze di Teti e Peleo : quand...

23 juin 2026

Le Requiem de Verdi à Bordeaux : l’audace...

21 juin 2026

Rendez-vous annuel : la Folle soirée de Radio Classique...

20 juin 2026

Juan Diego Flórez à Bordeaux : le portrait...

20 juin 2026

Naples, Adriana Lecouvreur : Et l’ombre de Magda Olivero...

19 juin 2026

Tosca à Bruxelles : Scarpia, le parfait Salo ?

19 juin 2026

Amour, gloire et beauté à Rouen : Robert Carsen...

19 juin 2026

Un Couronnement de Poppée très contemporain à l’Opéra...

17 juin 2026

Maison de Radio France : une heure avec...

16 juin 2026

Humeurs

  • La colline verte n’a pas fini de rougir —
    L’affaire Friedman et les fantômes de Bayreuth : le festival Wagner bute sur son passé antisémite

    26 juin 2026

En bref

  • Les brèves de juin –

    19 juin 2026
  • Ça s’est passé il ya 200 ans : création de Don Gregorio de Gaetano Donizetti

    11 juin 2026

La vidéo du mois

Édito

  • L’été des festivals : la parenthèse enchantée qu’attendent tous les lyricophiles !

    3 juin 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Marc Dumont dans Bach (Cantates II : Actus tragicus) à Versailles : le souffle profond de Gardiner
  • Maurice Dinard dans Bach (Cantates II : Actus tragicus) à Versailles : le souffle profond de Gardiner
  • Ngus dans La Vie parisienne au Châtelet, ou la joyeuse basse-cour ! 
  • Stéphane Lelièvre dans Opéra Bastille, La traviata toujours : Pretty Yende retrouve la production de ses débuts dans le rôle de Violetta
  • annie Cognier dans Opéra Bastille, La traviata toujours : Pretty Yende retrouve la production de ses débuts dans le rôle de Violetta

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Les Deux Pêcheurs au Théâtre du...

24 juin 2026

Le nozze di Teti e Peleo...

23 juin 2026

Le Requiem de Verdi à Bordeaux...

21 juin 2026