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Ludovic Tézier et Marina Rebeka couronnent le retour de Nabucco à Naples

par Camillo Faverzani 19 janvier 2026
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© Luciano Romano

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Nabucco, Naples, Teatro di San Carlo, 18 janvier 2026

Après sept années d’absence, le premier grand succès de Verdi fait toujours recette

La nouvelle production transpose l’action vers le tournant du siècle

Après une absence d’un peu plus de sept ans – il s’agissait de la mise en scène de Jean-Paul Scarpitta, avec Anna Pirozzi dans le rôle d’Abigaille –, Nabucco revient au San Carlo de Naples et fait salle comble dans la conception de l’Opéra de Zurich – déjà revue à Amsterdam en 2020 et à Madrid, théâtre coproducteur, en 2022 –, signée par Andreas Homoki. Dans le programme de salle, ce dernier souligne l’opposition entre la nouvelle bourgeoisie et une aristocratie qu’à l’époque de Verdi l’on pouvait percevoir comme une alliée de la domination étrangère. En réalité, il s’agit d’une transposition à une époque vaguement 1900, ne serait-ce que par les costumes (Wolfgang Gussmann et Susana Mendoza) des choristes et des personnages, à l’exception de l’uniforme militaire du roi de Babylone et de la belle robe 1850 qu’endossent d’abord les deux princesses, bien que la cadette en soit vite dévêtue pour rejoindre son statut de captive, laissant à son aînée l’exclusivité d’un accoutrement qui la rapproche davantage de Violetta que d’une jeune femme de Mésopotamie. Le vert domine : la tenue du héros, la toilette des sœurs et surtout une sorte de parallélépipède marbré et mouvant en guise de décor unique (Wolfgang Gussmann). Une fois n’est pas coutume, l’ouverture donne l’occasion d’un retour à l’enfance, convoquant les deux fillettes qui se disputent déjà une couronne. Nabucco s’en empare et simule la mort. Présage ?

La suppression des armes blanches entraîne, bien évidemment, toute une série d’incohérences entre les vers du livret et la réalisation visuelle, notamment, dès la première partie, lorsque Zaccaria menace de frapper Fenena du poignard, tout en empoignant un pistolet, ou encore, vers l’épilogue, quand le protagoniste réclame d’Abdallo « il brando », remplacé par un revolver. De même, le Grand Prêtre de Belos meurt d’un coup d’arme à feu, tout comme Abigaille dont l’empoisonnement se double d’un suicide que guide la main de Fenena.

Relevons encore le chœur des femmes babyloniennes revêtant la mise d’une Abigaille triomphante, au début de l’acte III, devant un Nabucco prostré et une Fenena maintenant en habit de voyage. Et enfin le mur de scène s’avançant, devant signifier l’emprisonnement momentané de Nabucco.

Deux prises de rôles marquantes

La distribution se caractérise par trois prises de rôle significatives, y compris notre biblique souverain, et par quelques confirmations sans surprise. Curieusement, Ludovic Tézier n’avait jamais incarné jusque-là le personnage à la scène. Dès son apparition, au sein du finale I, il en impose de sa présence (« Tremin gl’insani ~ del mio furore… »), faisant aussitôt état d’une longueur de souffle exceptionnelle, le glissement vers la folie du II dégageant une intensité extrême. Sa grande scène de la dernière partie se distingue alors par un récitatif très expressif, par un andante soutenu d’une ligne rare et par l’aisance d’un allegro mené sans le moindre effort.

Abigaille percutant, Marina Rebeka, elle aussi à ses débuts dans le rôle, impressionne dans l’air de l’imposture : le récitatif étale d’emblée une palette chromatique remarquablement variée, cependant que le cantabile se singularise par la rondeur de l’accent et par des notes filées prodigieuses, et que la cabalette s’enrichit de modulations saisissantes dans sa reprise, couronnée d’un aigu impérieux.

C’est malheureusement le moment le plus faible de la mise en scène et il est force de constater l’embarras récurrent des réalisateurs face aux cabalettes qui, très souvent, ne savent pas quoi en faire, faute d’en comprendre la finalité dramatique : ici on se réfugie dans un chœur aux mimiques niaises, d’abord des mains, ensuite des jambes, dans une vague ébauche de pas de danse. C’est bien dommage car le tableau, donné sans interruption après le finale I, avait suggéré une narration éloquente : Abigaille dépouillant son père adoptif afin de lui soustraire la preuve de sa naissance ; Nabucco ramassant sa couronne ; une des deux petites filles réapparaissant pendant les notes du souvenir, projection de l’héroïne dans son passé ou souvenir des jeux avec sa sœur ; puis Fenena venant s’allonger aux pieds d’Abigaille pour la serrer enfin.

Dès lors, le duo de l’acte III entre le roi détrôné et l’usurpatrice relaie la noblesse de l’accent de l’un et les écarts savamment maîtrisés de l’autre, dans un affrontement impressionnant d’émotion. Ou encore, dans le finale I, l’élocution du premier vient nourrir la ligne mélodique de la seconde.

Ovation pour les chœurs

Troisième prise de rôle, Cassandre Berthon campe une Fenena dramatiquement très crédible, dont le timbre plus frêle se marie à merveille, par contraste, avec les enchaînements somptueux de son aînée vers le haut du registre, dans le trio de l’acte I. Dans le finale qui suit, très électrisant, elle se hisse sur les mêmes hauteurs que ses confrères, comme plus tard dans le chant syllabique du finale II. L’Ismaele bien chantant de Piero Pretti leur donne la réplique. Coutumier du grand pontife, Michele Pertusi mène son Zaccaria d’une technique sans faille. Si le récitatif précédant la cavatine de présentation semble parfois légèrement fâché avec la justesse, l’andante maestoso brille par son legato et la cabalette par son articulation. Recueillie comme il se doit, la prière de la deuxième partie souffre néanmoins d’un certain essoufflement, alors que dans le finale IV s’affichent de très belles tonalités caverneuses.

Au Grand Prêtre quelque peu scolaire de Lorenzo Mazzucchelli, font écho l’Abdallo idiomatique de Francesco Domenico Doto et l’Anna prometteuse de Caterina Marchesini.

La direction de Riccardo Frizza sonne par endroits assez poussive. Dans l’ouverture les vents nous parviennent plutôt étouffés et les cuivres ne sont pas indemnes d’errements bruyants. Si la marche du finale I s’avère parfois mécanique, au fur et à mesure les vents acquièrent du corps, notamment dans les moments les plus belcantistes, tel le duo de l’acte III, et dans le prélude du IV.

Mais, on le sait, le public vient écouter Nabucco surtout pour ses chœurs, du moins en Italie. Royal lorsqu’il étaye l’entrée du héros, il épaule vaillamment la montée au pouvoir de sa fille supposée, mais il n’émeut guère dans les souvenances de la réclusion, malgré des beaux crescendi sur les vers évoquant la patrie perdue. Comme souvent, cela suscite l’ovation chez les spectateurs qui, isolément, réclament le bis. Très sagement, le maestro préfère ne pas obtempérer.

Au rideau, très bel accueil pour tous les interprètes, quelques protestations à l’adresse de l’équipe de production.

Les artistes

Nabucco : Ludovic Tézier
Abigaille : Marina Rebeka
Ismaele : Piero Pretti
Zaccaria : Michele Pertusi
Fenena ; Cassandre Berthon
Il Gran Sacerdote : Lorenzo Mazzucchelli
Abdallo : Francesco Domenico Doto
Anna : Caterina Marchesini

Orchestra e Coro del Teatro di San Carlo, dir. Riccardo Frizza et Fabrizio Cassi
Mise en scène : Andreas Homoki
Décors : Wolfgang Gussmann
Costumes : Wolfgang Gussmann et Susana Mendoza
Lumières : Franck Evin

Le programme

Nabucco

Dramma lirico en quatre parties de Giuseppe Verdi, livret de Temistocle Solera, créé à la Scala de Milan le 9 mars 1842.
Naples, Teatro di San Carlo, représentation du dimanche 18 janvier 2026.

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Ludovic TézierMarina RebekaMichele PertusiRiccardo FrizzaAndreas HomokiCassandre BerthonPiero Pretti
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Camillo Faverzani

Professeur de littérature italienne à l’Université Paris 8, il anime le séminaire de recherche « L’Opéra narrateur » et dirige la collection « Sediziose voci. Studi sul melodramma » aux éditions LIM-Libreria musicale italiana de Lucques (Italie). Il est l’auteur de plusieurs essais sur l’histoire de l’opéra. Il collabore également avec des revues et des maisons d’opéra (« L’Avant-scène Opéra », Opéra National de Paris).

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