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Maggio Musicale Fiorentino : une belle réussite pour Tosca avec Chiara Isotton

par Roberta Manetti 14 janvier 2026
par Roberta Manetti 14 janvier 2026

© Michele Monasta – Maggio Musicale Fiorentino

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Tosca, Florence, Teatro del Maggio Musicale Fiorentino, dimanche 11 janvier 2026

À Florence, au Teatro del Maggio Musicale Fiorentino, Tosca de Giacomo Puccini est de retour sur scène jusqu’au dimanche 18 janvier, dans la même production que pour le 86ème Festival du Maggio Musicale, mais avec d’importants changements dans la distribution : cette fois-ci, Michele Gamba dirigeait l’Orchestre et le Chœur du Maggio, ainsi que le Chœur d’enfants de l’Accademia del Maggio ; les rôles principaux étaient tenus par Chiara Isotton (Tosca) et Vincenzo Costanzo (Mario Cavaradossi).

Dès les premières mesures, on sent la présence d’un bon chef d’orchestre à la barre ; Michele Gamba privilégie une direction détendue, accompagnant les chanteurs sans les dominer. Si la tension dramatique est palpable par moments, l’accent est mis sur des tempi lents, presque langoureux dans la scène de la prison au troisième acte. Chiara Isotton captive immédiatement le public par sa voix puissante (une soprano lyrique proche du spinto), mais aussi souple et riche – indéniablement une voix de Tosca, rôle qu’elle a récemment interprété à la Scala, toujours sous la direction de Michele Gamba.

Paola Rota, reprenant la mise en scène de Massimo Popolizio, confère à son héroïne des gestes plus mesurés que ceux de Vanessa Goikoetxea, l’interprète du rôle principal dans la production de 2024. Tandis que cette dernière, dans une robe très légère, prenait des poses dignes d’une diva du téléphone blanc (Popolizio avait transposé l’action vers 1938, inspiré d’un film de Bertolucci) et se roulait par terre aux pieds de son Mario, Chiara Isotton, avec un décolleté moins révélateur, se contente tout au plus de s’asseoir. Peut-être que ces extrêmes mènent à l’autre, et une plus grande sensualité dans les actes ne serait pas superflue, mais sa Tosca est musicalement tout à fait convaincante : un phrasé juste, des aigus fermes, un Vissi d’arte touchant qui suscite de longs applaudissements, et le fameux « Do de la lame » du troisième acte parfaitement maîtrisé. Le public florentin l’a appréciée et sera ravi de la retrouver dans le Bal masqué en mai.

Dès la scène d’ouverture, le ténor Vincenzo Costanzo (anciennement Cavaradossi dans la distribution 2 de 2024) a été, à juste titre, encensé à chaque instant par le public. Il se distingue par la finesse de son chant et l’assurance de son interprétation. Si sa gestuelle est assez traditionnelle dans les moments « héroïques », il campe néanmoins un personnage convaincant et nuancé.

Alexey Markov reprend le rôle du baron Scarpia, remarquable par sa voix puissante et sa diction impeccable (il ne manque aucune voyelle, un exploit même pour un Italien non toscan). Son interprétation s’est améliorée ces deux dernières années, mais il a encore une marge de progression, notamment au deuxième acte, où l’intrigue repose en grande partie sur la complexité de son personnage. Il campe avec justesse la méchanceté et la violence du personnage : il pourrait désormais explorer le côté plus insidieux de Scarpia, ces traits aristocratiques pervers que d’autres grands barytons ont su exprimer.

Le chœur et la chorale d’enfants ont également livré une excellente prestation dans le Te Deum du premier acte, tout comme les rôles secondaires : Oronzo D’Urso (Spoletta), Mattia Denti (Angelotti), Huigang Liu (Sciarrone) et le jeune berger, interprété par la très jeune Angelique Becherucci.

Lors de la première, la salle était comble, a accueilli de nombreuses personnalités de la ville, et le public, diversifié, a rassemblé toutes les générations et tous les niveaux de connaissance de l’opéra. Dans l’ensemble, ce public s’est montré enthousiaste et plein d’attentes, qui n’ont pas été déçues.

Dans l’ensemble, une représentation des plus agréables, avec une distribution et un chef d’orchestre de premier ordre, qui ont été chaleureusement applaudis par le public à la fin.

Ce compte-rendu concerne la représentation du dimanche 11 janvier avec la première distribution ; six représentations avec deux distributions sont prévues jusqu’au dimanche 18 janvier.

Per leggere questo articolo nella sua versione originale in italiano, cliccare sulla bandiera!

Les artistes

Floria Tosca : Chiara Isotton
Mario Cavaradossi : Vincenzo Costanzo
Baron Scarpia : Alexey Markov
Cesare Angelotti : Mattia Denti
Le Sacristain : Matteo Torcaso
Spoletta : Oronzo D’Urso
Sciarrone : Huigang Liu
Un geôlier : Carlo Cigni
Un berger : Angelique Becherucci

Orchestre et Chœur du Maggio Musicale Fiorentino, dir. Michele Gamba
Chœur d’enfants de l’Académie du Maggio Musicale Fiorentino, dir. Lorenzo Fratini
Maître de chœur d’enfants de l’Académie Sara Matteucci
Mise en scène : Massimo Popolizio, reprise par Paola Rota
Décors : Margherita Palli
Costumes : Silvia Aymonino
Lumières : Pasquale Mari

Le programme

Tosca

Opéra en trois actes de Giacomo Puccini, livret de Luigi Illica et Giuseppe Giacosa d’après la pièce La Tosca de Victorien Sardou, créé au Teatro Constanzi à Rome le 14 janvier 1900.
Florence, Teatro del Maggio Musicale Fiorentino, représentation du dimanche 11 janvier 2026.

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Alexey MarkovChiara IsottonMichele GambaVincenzo CostanzoMassimo Popolizio
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Roberta Manetti

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