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FESTIVAL DONIZETTI 3/3
ALFREDO IL GRANDE : Énorme succès pour un joyau retrouvé !

par Renato Verga 27 novembre 2023
par Renato Verga 27 novembre 2023
© Gianfranco Rota
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Festival Donizetti de Bergame, Alfredo il grande, 19 novembre 2023

Immense succès, pour une œuvre possédant toutes les qualités requises pour devenir un titre de répertoire !

Avec le projet #Donizetti200, qui consiste à jouer à chaque édition un opéra composé par le grand Bergamasque la même année deux siècles plus tôt, 2023 offrait le choix entre deux œuvres : Il fortunato inganno et Alfredo il Grande. Le Festival Donizetti Opera a opté cette année pour le second titre. Après Pietro il Grande, Donizetti s’attaque à un autre personnage historique qui passe de la Livonie à l’Angleterre dans un mélodrame héroïque qui marquera ses débuts à Naples, la plus importante « piazza » d’opéra italienne de l’époque. Ce 2 juillet 1823, l’opéra ne fut pas un succès et ne fut pas repris. Donizetti n’aimait guère le livret verbeux et improbable d’Andrea Leone Tottola, qui reprenait celui, homonyme, de Bartolomeo Merelli (1819) pour Simone Mayr, lui-même tiré d’Eraldo ed Emma (1805) de Gaetano Rossi. Le livret évoque L’opéra évoque les démêlés d’ Alfred le Grand (roi du Wessex puis roi des Anglo-Saxons de 871 à 899) pour tenter de libérer la Mercie de l’emprise des Danois.

En la mettant en scène pour la première fois dans les temps modernes, le Festival de Bergame a offert à cette œuvre une certaine attractivité, et disons-le tout de suite, le public a apprécié aussi bien la partie musicale que la partie visuelle de la représentation, confiée à un Stefano Simone Pintor inconnu, qui a su donner une lecture convaincante d’une œuvre qui comporte pourtant pas mal de « trous » dramaturgiques… C’est précisément sur la base de ce défaut évident que Pintor a conçu son spectacle, commençant par une représentation de concert avec les partitions entre les mains des chanteurs et du chœur, pour y insérer progressivement les costumes de l’époque, dessinés par Giada Masi. Ensuite, les partitions, dans les mains des choristes, deviennent des boucliers avec une croix rouge sur fond blanc. Et lorsque le souverain encourage l’alphabétisation de ses sujets, voici des livres qui pleuvent dans la vidéo en fond de scène, ou qui sont dispersés sur le sol : belle allégorie de la culture contre la violence barbare, de la permanence de la lecture contre l’incendie des bibliothèques.

Dans la mise en scène de Pintor, les personnages/interprètes évoluent efficacement dans une structure scénique simple. Ici aussi, sur le même mur à leds que dans Le Déluge, des images réelles apparaissent, comme des incendies, des destructions et l’assaut du Capitole (avec la coiffe cornue du chaman que l’on retrouvera sur les têtes des Danois !), alternant avec des graphismes ironiques et élégants reprenant les codes et les miniatures de l’époque. Mais la présence des images est ici beaucoup moins envahissante et ne détourne pas l’attention de la musique comme c’était le cas dans Le Déluge.

La musique, quant à elle, se révèle surprenante de beauté et d’originalité : on soupçonne parfois le Maestro Corrado Rovaris, qui dirige l’Orchestre de l’Opéra Donizetti, de s’être amusé à y insérer des pages étrangères, mais le fait est que certains moments rappellent un Rossini à venir – il y a en effet l’hymne que l’on retrouvera dans le Viaggio a Reims ! – tant l’invention thématique et instrumentale de la partition, habilement soulignée par l’exécution, est heureuse. Les saccades rythmiques des marches (certaines jouées par un grand orchestre sur scène), les tonalités solennelles des hymnes, l’élan des cavatines, les couleurs des instruments, les joyaux mélodiques, les harmonisations raffinées, tout est rendu avec bonheur – et l’équilibre entre la fosse et les voix sur scène est admirablement réalisé. (1)

Le célèbre baryton Andrea Nozzari de Bergame a fait ses débuts dans Alfredo il Grande en 1823 dans le rôle éponyme. Antonino Siragusa, chanteur rossinien par excellence, relève ici le défi sans problème et s’acquitte de son rôle exigeant avec un squillo confiant et une technique infaillible. À ses côtés, Gilda Fiume (Amalia) est un torrent d’agilité, d’acrobaties, d’aigus et d’harmoniques, de passages legato, de notes puissamment projetées, mais aussi de mezze-voce sensibles dans les moments douloureux, le tout exprimé avec un timbre doux et des transitions de registre homogènes. Sa prestation suscite l’enthousiasme du public qui, après le pyrotechnique rondo final, la couvre  d’ovations, étendues également aux interprètes secondaires : Lodovico Filippo Ravizza, excellent Eduardo ; Adolfo Corrado, le puissant barbare Atkins ; Antonio Garés, Guglielmo ; Andrés Agudelo, Rivers. Enrichetta a un air magnifiquement interprété par Valeria Girardello, tandis que Floriana Cicìo, élève de la Bottega Donizetti, est Margherita. Enfin, le talentueux chœur de la radio hongroise est dirigé par Zoltán Pad.

Ce qui semblait être le spectacle le moins attrayant du festival bergamasque, après un drame biblique et la version française d’un des plus grands chefs-d’œuvre de Donizetti, n’a pas seulement été une heureuse reprise : ce spectacle s’est avéré être le plus réussi et l’un des meilleurs de ces dernières années, au point de nous convaincre qu’Alfredo il Grande a toutes les qualités requises pour devenir un titre de répertoire !

Per leggere questo articolo nella sua versione originale (italiana), cliccare sulla bandiera!

Les artistes

Alfredo : Antonino Siragusa
Amalia : Gilda Fiume
Eduardo : Lodovico Filippo Ravizza
Atkins : Adolfo Corrado
Enrichetta : Valeria Girardello
Margherita : Floriana Cicìo*
Guglielmo : Antonio Gares
Rivers : Andrés Agudelo
*Élèves de la Bottega Donizetti

Orchestra Donizetti Opera, dir. Corrado Rovaris
Chœur de la radio hongroise, dir. Zoltán Pad
Mise en scène : Stefano Simone Pintor
Assistante à la mise en scène : Veronica Bolognani
Décors : Gregorio Zurla
Costumes : Giada Masi
Lumières : Fiammetta Baldiserri
Vidéo : Virginio Levrio

Le programme

Alfredo il Grande

Opera seria en deux actes de Gaetano Donizetti, livret d’Andrea Leone Tottola, créé au Teatro San Carlo de Naples le 2 juillet 1823. Édition critique publiée par Edoardo Cavalli © Fondazione Teatro Donizetti


Festival Donizetti de Bergame, représentation du dimanche 19 novembre 2023.

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Renato Verga

Diplômé en Physique de l'Université de Turin, Renato Verga a toujours eu une passion immodérée pour la musique et le théâtre. En 2014, il lance un blog (operaincasa.com) pour recueillir ses critiques de DVD d'opéra, de spectacles vus partout dans le monde, de concerts, de livres sur la musique. Renato partage l'idée que la mise en scène est une partie constitutive de l'opéra lui-même et doit donc comporter de nécessaires transformations pour s'adapter à notre contemporanéité.

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