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IPHIGÉNIE EN AULIDE à Paris : enfin !

par Pascal Lelièvre 8 octobre 2022
par Pascal Lelièvre 8 octobre 2022
© Ville de Marseille, Dist. RMN-Grand Palais / Jean Bernard
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1,9K

L’extrême rareté de l’Iphigénie en Aulide de Gluck sur nos scènes est l’un des grands mystères des programmations lyriques au XXe siècle – et ce début de XXIe siècle ne change guère la donne, en dépit, tout de même, de quelques spectacles intéressants (Muti/Kokkos à la Scala en 2002 ; Bolton/Loy à Glyndebourne la même année ; Schnitzler/Barbe et Douce à l’Opéra du Rhin en 2008 ; Minkowski/Audi au DNO en 2011). Sauf erreur de notre part, l’œuvre n’a tout simplement pas été donnée à Paris durant tout le XXe siècle ! Au disque, le bilan est encore plus triste : on peut éventuellement prêter une oreille aux versions allemandes de 1951 (Greindl/Musial), 1962 (Böhm/Ludwig), 1972 (Eichhorn/Moffo), mais on leur préférera la version française gravée par Gardiner (Erato, Dawson, von Otter, Van Dam), même si elle ne rend qu’imparfaitement compte de l’exaltant concert donné dans la Cour de l’Archevêché à Aix-en-Provence en 1987.

Cette tragédie-opéra, pourtant, regorge de beautés : à l’orchestre, dont l’importance est ici cruciale, dans les airs confiés aux solistes (Iphigénie : « Par la crainte et par l’espérance », dont les sections contrastées traduisent les sentiments opposés qui agitent l’héroïne ; le poignant « Par un père cruel », ou le flamboyant « Jupiter, lance la foudre » de Clytemnestre ; le bouleversant « Ô toi, l’objet le plus aimable » d’Agamemnon, précédé de son récitatif hautement tragique,…), mais aussi dans la structure musicale même des pages, qui semblent s’affranchir de cadres formels préétablis trop rigides pour se déployer librement, épousant ainsi les fluctuations des sentiments des personnages.

"Jupiter, lance la foudre" '(A.S. von Otter / M. Minkowski, 2011)

Il faut donc remercier le Théâtre des Champs-Élysées, le Centre de musique baroque de Versailles, l’Association pour le Développement des Activités Musicales dans l’Aisne et Le Concert de la Loge (tous coproduisent le spectacle) d’avoir enfin de nouveau programmé Iphigénie en Aulide, à laquelle sa sœur de Tauride fait sans doute un peu trop d’ombre pour qu’elle puisse pleinement occuper la place qui lui revient. Et l’on ne peut s’empêcher de penser que le triomphe remporté par le concert est avant tout celui de Gluck, les spectateurs, particulièrement attentifs, ne cachant pas leur plaisir d’avoir entendu (et peut-être pour certains d’entre eux découvert) cette œuvre trop rare.

Mais les premiers artisans de ce succès sont avant tout Julien Chauvin et les musiciens du Concert de la Loge (mention spéciale aux cordes, superbes !). Dès l’ouverture, l’ensemble manifeste une fougue exceptionnelle, dont ils ne se départiront pas jusqu’au dénouement de la tragédie, avec une science des couleurs, des contrastes rythmiques, mais aussi un sens du drame en tout point remarquables. Les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles apportent eux aussi leur pierre à cette réussite collective, avec leur impeccable musicalité et surtout une prononciation d’une clarté exceptionnelle.

La distribution est d’une belle homogénéité. Plus encore que la Clytemnestre de Stéphanie D’Oustrac, d’un bel engagement mais pas toujours à son aise dans le registre élégiaque et un peu approximative vocalement quand elle laisse éclater sa fureur, on apprécie l’Iphigénie de Judith van Wanroij, peut-être un peu froide d’expression mais dont la voix et le style sont parfaitement adaptés à l’esthétique de l’œuvre (son air du dernier acte est une très belle réussite). Et bravo pour son excellente prononciation du français ! En Achille, Cyrille Dubois fait valoir ses habituelles qualités de style et de diction ainsi qu’une ligne de chant comme toujours soignée – même si le registre « vaillant » propre au personnage lui est peut-être moins naturel que d’autres… Tassis Christoyannis nous a semblé un peu fatigué ce soir ; son timbre et sa diction (il est capable de donner aux vers de Marie François Louis Gand Bailli du Roullet l’autorité, mais aussi toute la tendresse et la douleur requises) sont cependant parfaitement adaptés au personnage d’Agamemnon. Jean-Sébastien Bou, enfin, est tout simplement parfait dans le rôle trop bref de Calchas.

Une très belle réussite, qui nous rend impatients d’entendre le disque qui ne manquera probablement pas d’être gravé dans la foulée du concert. 

Les artistes

Iphigénie : Judith van Wanroij 
Clytemnestre : Stéphanie D’Oustrac 
Achille : Cyrille Dubois 
Agamemnon : Tassis Christoyannis 
Calchas : Jean-Sébastien Bou 
Patrocle / Arcas / Un Grec : David Witczak 
La première Grecque : Anne-Sophie Petit 
La deuxième Grecque : Jehanne Amzal 
La troisième Grecque : Marine Lafdal-Franc 

Le Concert de la Loge, dir. Julien Chauvin
Les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles, direction artistique Fabien Armengaud

Le programme

Iphigénie en Aulide

Tragédie-opéra en 3 actes de Christoph Willibald Gluck, livret de Marie François Louis Gand Bailli du Roullet d’après Jean Racine, créée à l’Académie royale de musique (salle des Tuileries) le 19 avril 1774 (Paris).

Concert du vendredi 7 octobre 2022, Théâtre des Champs-Élysées (Paris)

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Tassis ChristoyannisJudith van WanroijCyrille DuboisStéphanie d’OustracJean-Sébastien BouJulien Chauvin
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Pascal Lelièvre

Fils d'un explorateur danois et d'une soprano vénézuélienne, Pascal Lelièvre est styliste et comédien. Il fréquente assidûment les théâtres lyriques de France et du monde depuis avril 1976, et a rejoint l'équipe de Première Loge en janvier 2021.

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