À la une
PAATA BURCHULADZE : quatre mois déjà
SIMON BOCCANEGRA revient dans les lieux de sa création dans...
Bon sang ne saurait mentir – Les Dessay-Naouri, un Broadway Family...
Les brèves de février –
Les opéras du monde –Sydney, un opéra toutes voiles dehors !
Se préparer à Benvenuto Cellini, Monnaie de Bruxelles, 28 janvier...
La Clémence de Titus à Nice, une sacrée salade
8ᵉ Concours Voix des Outre-mer : le talent et l’enthousiasme en...
Sur la scène de l’Opéra de Nancy, les Carmélites de...
Parme, Orfeo ed Euridice – Humain, trop humain : un...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Vu pour vous

Vivre le collectif grâce aux écoutes chorales

par Sabine Teulon Lardic 16 avril 2020
par Sabine Teulon Lardic 16 avril 2020
Chœur Opéra national Montpellier Occitanie
0 commentaires 0FacebookTwitterPinterestEmail
1,5K

À vivre sous cloche, nous en venons à rêver de sociabilité, de collectivité, peut-être même de nouvelles solidarités ? Dans ce climat inédit, l’ensemble vocal ou le chœur d’opéra pourrait concrétiser – par l’écoute – cette présence chaleureuse et enveloppante du collectif. Aussi, cette semaine, Première Loge sélectionne trois chœurs afin de vous entourer de ce bien-être … polyphonique ! Nous butinons dans les répertoires lyriques et religieux des trois derniers siècles pour vous offrir un panorama diversifié.

JeanPhilippe RAMEAU, danse et chœur « Forêts paisibles » des Indes galantes

Dans Les Indes galantes, opéra-ballet de J.-P. Rameau (1736), « L’ Entrée des Sauvages » se déroule chez les Indiens à l’époque où la Louisiane appartenait à la Nouvelle-France. Lors de la cérémonie du grand calumet de la paix, les festivités de cette Entrée s’ouvrent avec la danse (vous préférerez le premier lien, vidéo avec chorégraphie). Ensuite, la partie vocale glisse vers le duo du jeune couple Zima (la soprano Sabine Devieilhe dans le second lien) et Adario (A. Lefèvre), enfin vers le  chœur des Indiens avec la même puissance rythmique. Si la musique ramiste demeure (génialement) connotée au style Louis XV, son élan vital nous porte à chanter et à danser en célébrant les

« Forêts paisibles,
Jamais un vain désir ne trouble ici nos cœurs.
S’ils sont sensibles,
Fortune, ce n’est pas au prix de tes faveurs. »

Adolphe ADAM, chœur « Ah quel tourment ! », Le Postillon de Lonjumeau

Dans cet opéra-comique d’Adolphe Adam (1836), le tourment est loin d’être véridique … Nous sommes ici dans les coulisses de l’Académie impériale de musique sous Louis XV (encore !) et les artistes de la troupe (chœur) se plaignent … de chanter trop fréquemment ! Leur feinte révolte n’est qu’une ruse de leur chef de rébellion, la haute-contre starifiée (ténor), ancien postillon, et de son acolyte (baryton). Sans aller plus loin dans l’intrigue (superbe production de l’Opéra-Comique en 2019), l’énergie chorale et la vigueur des échanges entre les deux solistes nous interpelle. En la transposant dans notre année 2020, cette révolte évoque l’heureux temps où les productions lyriques se succédaient de manière trépidante sur toute scène d’opéra … Les pétitions actuelles des artistes, les actions solidaires d’orchestres et de chœurs nous révèlent leur besoin et leur désir de « chanter toujours, chanter à chaque instant » ! (évidemment dès que la crise sanitaire sera jugulée).

 

« Ah ! quel tourment !
Ah! quel affreux martyre !
Chanter toujours, chanter à chaque instant
Non ! non ! jamais nous n’y pourrons suffire !
Dieu, quel état, c’est par trop fatigant ! »

Krzysztof PENDERECKI, Benedictus par le Chœur des jeunes de l’Ecole de musique de Koper (Slovénie)

Ce troisième choix est une modeste manière de rendre hommage à Krzysztof Penderecki (1933-2020), disparu le 29 mars dernier. Dans le monde musical international, la stature du compositeur polonais a dominé l’avant-garde européenne des décennies 1960-1970  – Thrènes pour les victimes d’Hiroshima ; Les diables de Loudun – avant d’explorer la spiritualité catholique (Passion selon Saint Luc) puis de s’orienter vers un retour brahmsien dans ses dernières Symphonies.

En 2002, son Sanctus et Benedictus, chœur d’enfants a cappella, prolonge la polyphonie renaissante et baroque par sa plénitude au service de la liturgie catholique en latin. Dans ce récent enregistrement (2017), le jeune chœur féminin slovène de l’école de musique de Koper restitue cette riche polyphonie avec engagement sous la conduite de Maja Cilenšek. Juvénile, expressive, actuelle : leur prestation nous relie au collectif !

Et si vous disposez de temps pour chanter l’opéra depuis vos écrans, essayez les tutoriels de l’Opéra-Comique : échauffement vocal et playlist vous attendent sur www.opera-comique.com/fr/saisons/saison-2020/l-operaoke-reprend-service

image_printImprimer
0 commentaires 0 FacebookTwitterPinterestEmail
Sabine Teulon Lardic

Sabine Teulon Lardic est chercheure à l'université de Montpellier 3. Spécialiste de l'opéra-comique du XIXe siècle et des spectacles lyriques dans les Théâtres de plein air (XIXe-XXIe siècles), elle a collaboré aux volumes collectifs de Carmen Abroad (Cambridge Press), The Oxford Handbook of the Operatic Canon (Oxford Press), Histoire de l'opéra français, t.3 (Fayard, 2022). Elle signe également des articles pour les programmes de salle (Opéra-Comique, Opéra de Montpellier) ou la collection CD du Palazzetto Bru Zane.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Salvatore Caputo, le chef qui va droit au c(h)oeur
prochain post
Calixto BIEITO

Vous allez aussi aimer...

SIMON BOCCANEGRA revient dans les lieux de sa...

2 février 2026

Bon sang ne saurait mentir – Les Dessay-Naouri, un...

2 février 2026

Les brèves de février –

1 février 2026

La Clémence de Titus à Nice, une sacrée...

31 janvier 2026

8ᵉ Concours Voix des Outre-mer : le talent et...

31 janvier 2026

Sur la scène de l’Opéra de Nancy, les...

31 janvier 2026

Parme, Orfeo ed Euridice – Humain, trop humain...

31 janvier 2026

Le Vaisseau fantôme à Rouen : de l’errance à...

30 janvier 2026

Philharmonie : Le Paradis et la Péri par Philippe...

29 janvier 2026

Sabine Devieilhe et Mathieu Pordoy à Bordeaux, un...

28 janvier 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : quatre mois déjà

    2 février 2026

En bref

  • Les brèves de janvier –

    28 janvier 2026
  • Ça s’est passé il y a 200 ans
    Création d’ALAHOR IN GRANATA de Donizetti

    7 janvier 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Bonne année 2026 !

    1 janvier 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Bennett dans La Clémence de Titus à Nice, une sacrée salade
  • Stéphane Lelièvre dans ERMIONE, Rossini (1819) – dossier
  • Stéphane Lelièvre dans In memoriam – JEAN-PIERRE MARTY (1932-2024)
  • LAVIGNE Jean-François dans Le Miracle d’Héliane à Strasbourg : le miracle et l’épure
  • Vinson dans ERMIONE, Rossini (1819) – dossier

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

SIMON BOCCANEGRA revient dans les lieux...

2 février 2026

Bon sang ne saurait mentir – Les...

2 février 2026

Les brèves de février –

1 février 2026