Situé place Boieldieu, au cœur du 2ᵉ arrondissement de Paris, l’Opéra-Comique est l’un des hauts lieux historiques de la vie musicale française. Fondé au XVIIIᵉ siècle, il est indissociable d’un genre lyrique original mêlant chant et dialogues parlés, qui a donné naissance à des œuvres majeures du répertoire telles que Carmen de Bizet ou Manon de Massenet.
Histoire de l’institution – les différentes salles de l’Opéra-Comique
Origines (XVIIᵉ – début XVIIIᵉ siècle)
L’opéra-comique naît en marge de l’opéra officiel (la tragédie lyrique de Lully et Rameau). Il apparaît dans les foires parisiennes (foire Saint-Germain, foire Saint-Laurent), les spectacles mêlant dialogues parlés et chansons populaires (vaudevilles) sur des airs connus. Ils ont lieu dans des salles temporaires, souvent en bois, destinées à un public populaire.
XVIIIᵉ siècle : l'institutionnalisation
La Querelle des Bouffons (1752-1754)
L’opposition entre l’opéra français traditionnel et l’opera buffa italien va favoriser l’évolution de l’opéra-comique vers un style plus expressif, avec l’émergence de musiciens tels Philidor ou André-Ernest-Modeste Grétry. En 1762, l’Opéra-Comique devient une institution officielle à Paris.
L’Hôtel de Bourgogne (1762–1783)
Cette période marque la reconnaissance institutionnelle de l’opéra-comique. Il s’agit d’une première « installation officielle » de l’Opéra-Comique après sa fusion avec la Comédie-Italienne, dans une salle située rue Mauconseil.
Révolution française et Empire
Sous la Révolution, l’opéra-comique devient un genre engagé, qui gagne en ambition musicale (avec des compositeurs tels Méhul). En 1783 est construite la première Salle Favart (1783–1838), spécialement conçue pour l’Opéra-Comique. Située place Boieldieu, elle apparaît comme une salle moderne à l’excellente acoustique, mais est détruite par un incendie en 1838.
Âge d’or au XIXᵉ siècle
L’opéra-comique atteint son apogée au XIXᵉ siècle, avec nombre de compositeurs majeurs : Auber, Offenbach, Halévy, Adam, Thomas, Massenet, Bizet,… Une deuxième Salle Favart (1840–1887) est reconstruite au même emplacement que la première. Carmen, Manon, Les Contes d’Hoffmann y sont créés. Mais elle est à nouveau détruite par un dramatique incendie en 1887.
La salle actuelle
L’actuelle salle Favart, conçue par Louis Bernier (1845-1919), toujours située place Boieldieu, est inaugurée en 1898. L’architecture en est néoclassique, avec une façade monumentale mais sobre ; une salle en forme de fer à cheval, typique des théâtres à l’italienne ; un décor intérieur comportant des dorures discrètes, des peintures allégoriques liées à la musique et au théâtre, un plafond orné d’une coupole décorée. Les objectifs de la reconstruction visaient à une sécurité renforcée (matériaux résistants au feu), de meilleures visibilité et acoustique, un meilleur confort du public.
La salle Favart continue aujourd’hui de faire vivre le répertoire traditionnel de l’opéra-comique, mais propose également des créations contemporaines, des ouvrages baroques, et cherche à maintenir vivante la tradition du chant français.
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