À la une
Bonne année 2026 !
La musique de Jacques Offenbach pétille comme du champagne à...
En 2026, commémorons et découvrons les programmations insolites !
Se préparer à Un ballo in maschera, Opéra de Paris...
Se préparer à La Passagère, Opéra national Capitole de Toulouse,...
C’est à Marseille qu’il faut aller pour commencer l’année en...
Il aurait 100 ans aujourd’hui : RICHARD VERREAU
ALESSANDRO CADARIO
PAATA BURCHULADZE : trois mois déjà…
Orphée aux Enfers à l’Opéra de Tours –Pour les fêtes, Offenbach,...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Vu pour vous

La musique de Jacques Offenbach pétille comme du champagne à l’Opéra de Reims

par Nicolas Le Clerre 2 janvier 2026
par Nicolas Le Clerre 2 janvier 2026
© D.R. (Opéra de Reims)
0 commentaires 3FacebookTwitterPinterestEmail
57

Fantaisies… pour un soir de décembre à l’Opéra de Reims, concert du vendredi 12 décembre 2025

Aux quatre coins de l’hexagone, la musique légère et les mélodies entêtantes de Jacques Offenbach sont des incontournables de la programmation musicale des fêtes de fin d’année. À quelques jours de Noël, l’Opéra de Reims et l’Académie de l’Opéra national de Paris ont associé leurs forces pour un concert festif, pétillant comme le vin de Champagne.

Qu’importe le flacon...

Saison après saison, l’Opéra de Reims creuse un sillon passionnant à observer qui consiste à faire œuvre de pédagogie et à proposer aux spectateurs champenois des spectacles qui combinent à la fois le choix de titres populaires – mais pas que – et un très haut niveau d’exigence musicale. Ainsi a-t-on pu récemment y voir une Tosca « de poche » et un Barbier de Séville sous dopamine qui, tous les deux, ont rencontré un large soutien public.

À l’approche des fêtes de Noël, l’équipe des Frivolités parisiennes qui assure la programmation de la scène rémoise depuis 2023 a donc choisi de jouer la carte souvent rebattue de Jacques Offenbach mais en confiant l’exécution musicale du concert à de jeunes artistes encore largement méconnus, tous actuellement en résidence à l’Académie de l’Opéra national de Paris.

Pour accompagner un pot-pourri d’extraits du gigantesque catalogue du petit Mozart des Champs-Élysées, une formation inédite a été composée regroupant une quinzaine de musiciens (six violonistes, deux altistes, deux violoncellistes, une contrebassiste, un flutiste, un clarinettiste, un pianiste et une percussionniste) sélectionnés parmi les titulaires de l’orchestre de l’Opéra de Reims et tous placés sous la direction d’Antoine Dutaillis.

Pianiste chef de chant à l’Académie de l’Opéra national de Paris, ce jeune Maestro fait tout naturellement le lien avec la troupe internationale de jeunes chanteurs pensionnaires dans la même structure pour proposer un programme intitulé Fantaisies … pour un soir de décembre et composé d’airs, d’ensembles et de pièces orchestrales de Jacques Offenbach.

À défaut de trouver la réponse dans le programme de salle, on cherchera en vain le fil conducteur de ce concert de 75 minutes joué sans entracte et qui laisse, après le bis, une désagréable sensation de frustration tant le temps parait s’être écoulé très vite ! Entre chaque extrait chanté, une pièce du ballet des Flocons de neiges, extrait de l’opéra féérie Le Voyage dans la lune, dessine bien une sorte de fil rouge mais les morceaux sont trop brefs pour établir une atmosphère et véritablement tisser du lien entre les extraits chantés qui, eux, couvrent la quasi-totalité de la carrière de Jacques Offenbach, d’Orphée aux enfers (dont la première version date de 1858) à Fantasio (créé deux ans après la fin de la fête impériale en 1872).

Installée sur scène, la petite formation musicale dirigée par Antoine Dutaillis se tire remarquablement de l’exécution de ces pièces de ballet composées par Offenbach avec beaucoup de métier et une veine mélodique jamais prise en défaut. Au milieu de ses musiciens, le jeune chef dirige à mains nues et insuffle à ses troupes un mélange de rigueur et d’euphorie indispensable à l’exécution de cette musique.

On sait par ailleurs que la musique d’Offenbach se prête à de multiples arrangements et à des formations de taille extrêmement variable en fonction du théâtre où elle a été créée. Pour le ballet des flocons de neige, quinze musiciens suffisent amplement, d’autant que le pianiste et la percussionniste sont interchangeables à partir du milieu du programme ! Dans le Galop qui conclut le ballet, Louis Dechambre n’a pas son pareil pour actionner une machine à vent et faire passer sur cet intermède un souffle glacial particulièrement de saison.

Composant l’essentiel de l’effectif, les cordes du petit orchestre sont extrêmement sollicitées mais démontrent toutes un soyeux et une brillance qui conviennent à cette musique festive. Il n’y a guère que dans les pièces les plus connues extraites de La Belle Hélène et de La Vie parisienne, davantage familières à l’oreille du spectateur, que l’orchestre parait sonner un peu trop maigre mais Antoine Dutaillis pallie haut la main ce déficit d’épaisseur sonore en portant toute son attention aux nuances fortissimo de la partition et à la rigueur métronomique des tempi des pièces les plus enlevées.

... pourvu qu’on ait l’ivresse !

Chanteurs et chanteuses en résidence à l"Académie de l'Opéra national de Paris 25-26 - Vincent Lappartient @Studio j'adore ce que vous faites

La nouvelle promotion de l’Académie de l’Opéra national de Paris est à l’unisson de la fièvre avec laquelle le chef dirige la musique d’Offenbach et se compose d’individualités prêtes à endosser la totalité d’un rôle dans une production scénique. La brièveté de certaines prestations rend compliquée la tâche du chroniqueur mais plusieurs de ces jeunes artistes ont incontestablement retenu son attention.

La soprano brésilienne Lorena Pires est celle dont les moyens vocaux, l’ampleur de la voix et la sonorité des aigus impressionnent le plus. Son rondo de La Grande-Duchesse de Gérolstein est l’exact contraire de la version délicate qu’en livrait Felicity Lott lorsqu’elle se saisit du rôle au théâtre du Châtelet au début des années 2000 mais sa grande voix réussit à construire en quelques minutes un personnage d’ogresse mangeuse d’hommes absolument crédible. En baronne de Gondremarck, elle compose un personnage plus réservé mais son couplet de l’ensemble « Jamais fois de cicérone » fait deviner le feu qui couve sous la cendre.
D’un format vocal tout différent, la soprano franco-allemande Neima Fischer est programmée dans trois morceaux et révèle des qualités musicales et une diction idoine qui font merveille chez Offenbach. Que ce soit dans le duo « Tous les deux, amoureux », extrait de Barbe-Bleue, ou dans celui de la mouche d’Orphée aux enfers, la jeune femme sait tirer au mieux parti d’un timbre de soprano léger, agile dans les aigus et capable d’une belle longueur de souffle.
La jeune bordelaise Amandine Portelli mérite elle aussi qu’on retienne son nom : quelques mesures et un solide tempérament de tragédienne lui suffisent pour se glisser dans le personnage de la reine de Sparte et pour livrer une interprétation habitée du duo « C’est le ciel qui m’envoie » de La Belle Hélène. Son timbre pulpeux de mezzo-soprano est homogène sur toute la tessiture et bénéficie d’une excellente projection.

Du côté des voix masculines, l’absence de jeunes artistes français ne laisse pas d’inquiéter. Les chanteurs hexagonaux n’ont évidemment pas vocation à truster les rôles du répertoire français mais il est toujours étonnant, en feuilletant les programmes de salle, de voir des distributions 100% étrangères alors qu’il existait, il y a quelques décennies encore, toute une génération d’artistes capables de chanter Offenbach avec la souplesse de leur langue maternelle.
Le ténor américain Matthew Goodheart chante dans un français teinté d’un fort accent yankee mais il y met un tel engagement et semble y prendre un tel plaisir qu’on lui pardonne volontiers ce péché de jeunesse. Le trio du 1er acte de La Vie parisienne lui permet de camper un Gardefeu roublard et bien en voix qu’on apprécierait entendre plus longuement.
Dans le duo d’amour de La Belle Hélène, le ténor norvégien Bergsvein Toverud sait lui aussi tirer son épingle du jeu et campe un Pâris séducteur au timbre suave et séduisant.
Des deux barytons affichés au programme, le brésilien Luis-Felipe Sousa est le plus prometteur. Le duo de la mouche d’Orphée aux enfers donne à entendre une voix solidement charpentée, profonde et lumineuse, qui a su digérer la leçon d’un Laurent Naouri ; mais c’est surtout dans le trio « Jamais fois de cicérone » de La Vie parisienne que le chanteur sud-américain se glisse tout naturellement dans la peau du libidineux baron de Gondremarck et confirme des talents de comique bouffon hors pair.
Moins exposés que leurs camarades, Isobel Anthony, Sofia Anisimova et Clemens Frank ne déméritent pas et mêlent eux aussi leurs voix au tutti « Feu partout » qui conclut le concert avant d’être repris en bis tandis que la salle bat la mesure en frappant des mains sur l’air populaire du cancan.

À quelques jours de Noël, le programme de cette soirée rémoise a pour principale vertu de remettre l’église au centre du village et de rappeler combien la musique d’Offenbach, au-delà des clichés et de la facilité qu’on lui prête parfois, est subtile et délicate lorsqu’elle l’exécution en est confiée à des artistes – musiciens et chanteurs – spécifiquement formés au goût français. La jeune promotion de l’Académie de l’Opéra national de Paris et le chef Antoine Dutaillis donnent des raisons d’espérer voir bientôt sur la scène de Reims (ou ailleurs) des titres rares extraits de l’abondant catalogue de Jacques Offenbach.

Les artistes

Musiciens de l’orchestre de l’Opéra de Reims, dir. Antoine Dutaillis

Avec les artistes en résidence à l’Académie de l’Opéra national de Paris :

Sopranos: Isobel Anthony, Neima Fischer et Lorena Pires
Mezzo-sopranos: Sofia Anisimova et Amandine Portelli
Ténors : Matthew Goodheart et Bergsvein Toverud
Barytons : Clemens Frank et Luis-Felipe Sousa

Le programme

Ballet des flocons de neige (Le Voyage dans la lune), Introduction
Fantasio, Voyez dans la nuit brune, Sofia ANISIMOVA – Fantasio
Ballet des flocons de neige, Les hirondelles bleues
Le Roi carotte, Un astre nouveau nous éclaire, Clemens FRANK – Pippertrunck
Ballet des flocons de neige, Mazurka
Barbe-Bleue, Tous les deux amoureux, Neima FISCHER – Fleurette, Matthew GOODHEART – Saphir
Ballet des flocons de neige, Variations
Le Voyage dans la lune, Mon Dieu qu’ai-je ressenti là, Neima FISCHER – Fantasia, Amandine PORTELLI – Caprice
Ballet des flocons de neige, Les flocons animés
Le Roi carotte, Vers ce gnome que j’abhorre, Isobel ANTHONY – Cunégonde, Bergsvein TOVERUD – Fridolin
Ballet des flocons de neige, Polka
Orphée aux enfers, Duo de la mouche, Neima FISCHER – Eurydice, Luis-Felipe SOUSA – Jupiter
Ballet des flocons de neige, Le Bonhomme de neige
La Grande-Duchesse de Gérolstein, Ah que j’aime les militaires, Lorena PIRES – la Duchesse
La Belle Hélène, C’est le ciel qui m’envoie, Amandine PORTELLI – Hélène, Bergsvein TOVERUD – Pâris
Ballet des flocons de neige, Galop
La Vie parisienne, Jamais foi de cicérone, Lorena PIRES – La Baronne, Matthew GOODHEART – Gardefeu, Luis-Felipe SOUSA – Le Baron
La Vie parisienne, Par nos chansons, Feu partout, Tutti

Opéra de Reims, concert du vendredi 12 décembre 2025

image_printImprimer
0 commentaires 3 FacebookTwitterPinterestEmail
Nicolas Le Clerre

C’est un Barbier de Séville donné à l’Opéra National de Lorraine qui décida de la passion de Nicolas Le Clerre pour l’art lyrique, alors qu’il était élève en khâgne à Nancy. Son goût du beau chant le conduisit depuis à fréquenter les maisons d'Opéra en Région et à Paris, le San Carlo de Naples, la Semperoper de Dresde ou encore le Metropolitan Opera de New-York. Collectionneur compulsif de disques, admirateur idolâtre de l’art de Maria Callas, Nicolas Le Clerre est par ailleurs professeur d’Histoire-Géographie, Président de la Société philomathique de Verdun, membre de l'Académie nationale de Metz et Conservateur des Antiquités et Objets d'Art de la Meuse.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
En 2026, commémorons et découvrons les programmations insolites !

Vous allez aussi aimer...

C’est à Marseille qu’il faut aller pour commencer...

1 janvier 2026

Orphée aux Enfers à l’Opéra de Tours –Pour les...

30 décembre 2025

Stiffelio triomphe à Plaisance et commence son voyage...

23 décembre 2025

Stiffelio trionfa a Piacenza e inizia il suo...

23 décembre 2025

Partenope : Morricone, au-delà du cinéma, dans un...

23 décembre 2025

Naples, Medea : de Cherubini à Lars von Trier

21 décembre 2025

La Chauve-Souris à Liège : Johann Strauss fête ses...

20 décembre 2025

Elena Stikhina et Adam Smith : nouvelle distribution pour...

20 décembre 2025

Ut Pictura Musica : la Bohème synesthésique de...

19 décembre 2025

Les Contes d’Hoffmann à Lyon : fantastique Michieletto

19 décembre 2025

Humeurs

  • En 2026, commémorons et découvrons les programmations insolites !

    2 janvier 2026

En bref

  • Les brèves de décembre –

    23 décembre 2025
  • Les brèves de novembre –

    20 novembre 2025

La vidéo du mois

Édito

  • Bonne année 2026 !

    1 janvier 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Stéphane Lelièvre dans Stiffelio triomphe à Plaisance et commence son voyage en terres verdiennes
  • Ilse Arrighi dans Stiffelio triomphe à Plaisance et commence son voyage en terres verdiennes
  • Sauvage dans Partenope : Morricone, au-delà du cinéma, dans un opéra-oratorio pour Naples !
  • Alberto Sgarbi dans Stiffelio trionfa a Piacenza e inizia il suo viaggio nelle terre verdiane
  • Pasquale de rosa dans Stiffelio trionfa a Piacenza e inizia il suo viaggio nelle terre verdiane

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

C’est à Marseille qu’il faut aller...

1 janvier 2026

Orphée aux Enfers à l’Opéra de...

30 décembre 2025

Stiffelio triomphe à Plaisance et commence...

23 décembre 2025