Depuis plusieurs années, les Chorégies d’Orange doivent faire face à des difficultés diverses : en mars 2016, Raymond Duffaut démissionnait. Pour rappel, la participation de la ville au financement du festival n’avait pas évolué depuis l’élection, en 1995, de Jacques Bompard (Front national puis Ligue du Sud) à la tête de la ville…
Après la démission de Raymond Duffaut et devant une possible mainmise de la municipalité sur le festival, l’État et la région Provence-Alpes-Côtes-d’Azur avaient alors menacé de retirer leurs subventions, poussant le maire à faire marche arrière. En 2018, la situation financière des Chorégies devenant alarmante, une société financière (la Société publique locale) est créée dans l’urgence afin de pouvoir sauver le festival.
Depuis, les programmations ont plus ou moins témoigné des difficultés traversées par les Chorégies : loin des années fastueuses qui voyaient programmés deux opéras en version scénique, l’un mi-juillet, l’autre début août, avec pour chacun deux représentations faisant le plein de spectateurs, l’on a vu ces derniers temps la programmation s’étioler quelque peu. Si le nombre de spectacles donnés dans le Théâtre antique est toujours resté relativement important, les soirées dévolues aux opéras se sont faites plus rares : une seule représentation lyrique par exemple en 2024 (Tosca) ; deux, de nouveau, en 2025 (La forza del destino et Il trovatore). Mais pour ces deux derniers titres comme pour la Tosca précédente, il a fallu se contenter de versions de concert…
Nouveau coup de théâtre : l’on vient d’apprendre à l’occasion de la conférence de presse présentant le programme de l’édition 2026 que le festival perdait tout à la fois son directeur et son directeur de la production.
En effet, les Chorégies vivent actuellement une transformation de leur structure juridique, le festival, de « Société publique locale », devenant « Établissement public de coopération culturelle ». Or il est stipulé que le directeur des Chorégies ne peut conserver son activité professionnelle et devenir directeur de la nouvelle structure. Jean-Louis Grinda a donc présenté sa démission ; dans ces conditions, Paulin Reynard, directeur de la production, a lui aussi choisi de quitter ses fonctions.
L’édition 2026 des Chorégies sera, une fois encore, considérablement réduite : des deux opéras que souhaitait programmer Jean-Louis Grinda, seule La traviata est maintenue (s’y produiront Nadine Sierra, Javier Camanera et Ludovic Tézier, dans une version, une nouvelle fois, simplement mise en espace). Autour de cette unique soirée lyrique, cinq autres événements seulement sont prévus, la municipalité souhaitant réduire le nombre de spectacles programmés dans le cadre des Chorégies : les traditionnelles « Musiques en fête », une soirée Gospel, un concert Philippe Katerine, un concert Renaud Capuçon, et une soirée chorégraphique (Cendrillon de Prokofiev). Exit la soirée destinée aux jeunes : Pop the opera, (malgré le succès rencontré l’an dernier), la municipalité ayant programmé le même soir un concert de musique militaire.
Les Chorégies ont toujours jusqu’à présent su résister et rebondir face aux diverses crises traversées. Espérons qu’elles parviennent une fois encore à surmonter ce nouveau coup dur…


2 commentaires
Nous étions aussi à la conférence de presse : https://classiqueenprovence.fr/les-choregies-2026-helas-28-11-2025/
Triste constat !
Je réagis avec retard à cet article que je découvre aujourd’hui. La minceur du programme reçu par courrier n’incitait pas à l’optimisme, malgré les déclarations de l’année passée qui se voulaient rassurantes pour un avenir radieux des Chorégies.
Je suis habitué des Chorégies depuis les années 70 ! Bien sûr que la dégradation de la situation saute aux yeux et ça n’est pas d’aujourd’hui.
Je suis très triste à l’idée que j’ai peut-être vécu mes dernières Chorégies en 2025 puisque la date pour l’alléchante Traviata annoncée ne peut pas me convenir, comme à beaucoup d’autres amateurs de la moitié nord du pays. Se rendre à Orange le premier samedi de juillet relève d’une témérité que je n’ai plus l’âge de solliciter !
Je ne ferai aucun grief sur le choix des versions de concert. La mise en espace faite avec beaucoup d’intelligence par Monsieur Grinda nous a mieux convenu que certaines mises en scène délirantes du passé. Souvent la beauté d’un environnement vaut tous les artifices des « revisiteurs »!
Mais j’avoue ne toujours pas avoir compris que La Force du Destin de l’année dernière n’ait pas été reportée au lendemain, comme cela est prévu et affiché en cas d’intempéries, annoncées pourtant depuis plusieurs jours.
De mon côté j’avais pris toutes les mesures pour une telle occurrence, déjà rencontrée par le passé.
Ce sera mon seul reproche aux organisateurs d’un festival cher à mon cœur et à qui je souhaite tout le meilleur, en espérant pouvoir encore le partager, si le destin m’en donne la force.
Cordialement.
Gérard L