Rita GORR (18 février 1926 – 22 janvier 2012)
Un mezzo comme on n’en fait plus : une voix charnue, opulente, ample, d’une solidité à toute épreuve, capable de belles nuances cependant – et surtout un timbre aux couleurs immédiatement émouvantes. Rita Gorr brilla bien sûr dans le répertoire français (sa Dalila gravée aux côtés de Jon Vickers ou sa Mère Marie des Dialogues des carmélites sont restées des références)… mais pas que : Kundry, Ortrud, Fricka (ces deux derniers rôles ayant été chantés à Bayreuth), mais aussi Ulrica, Eboli, Amneris, Santuzza comptent parmi ses grands succès. C’est elle que Decca et Solti choisirent pour donner la réplique, en Amneris, à Leontyne Price et Jon Vickers dans une Aida de légende : une prestation exceptionnelle, sans doute l’une des plus émouvantes interprétations de ce rôle au XXe siècle.
Espérons que cette année du centenaire voie la réédition en CD du récital d’Airs opéras italiens avec l’Orchestre de la Société des concerts du Conservatoire dirigé par Edward Downes (un pendant à l’album homonyme gravé par Crespin pour Decca avec le même chef), ou des Airs d’opéras (extraits de Lohengrin, Don Carlo, Werther,… dirigés par André Cluytens), deux albums initialement parus chez EMI.

