La folle soirée de l’Opéra de retour au TCE les 19 et 20 juin

Les 19 et 20 juin prochains au Théâtre des Champs-Élysées aura lieu une nouvelle édition de la Folle Soirée de l’Opéra, organisée par Radio Classique.  Cette année encore, l’affiche en est très prometteuse puisque, sous la direction de Victor Jacob, se produiront Vannina Santoni, Karine Deshayes, Julien Dran et Paul Gay.
À l’occasion de ce concert, Jean-Michel Dhuez, qui assurera la présentation de la soirée, nous a accordé un entretien.

Une soirée lyrique atypique : conception, organisation, choix artistiques…

Stéphane LELIÈVRE : Comment est née l’idée de La folle soirée de l’Opéra ?
Jean-Michel DHUEZ : C’est Alain Duault qui a lancé en 2016 le principe d’une soirée lyrique avec un premier concert consacré à Offenbach. Verdi, Rossini et Mozart ont ensuite été à l’affiche. Puis, sous l’impulsion de Bertrand Dermoncourt la formule a évolué pour devenir cette Folle Soirée de l’Opéra qui fêtera cette année sa quatrième édition.

S. L. : Quel est l’esprit de cette soirée : rendre l’opéra plus accessible, créer un événement festif, proposer une autre manière d’écouter ?
J.-M. D. :
Il s’agit effectivement de créer une soirée festive autour des plus grands airs d’opéra, à l’image des soirées de gala qui réunissent plusieurs chanteurs. C’est aussi bien sûr une autre manière d’écouter l’opéra, en parcourant plusieurs siècles à travers plusieurs compositeurs, offrant ainsi une grande variété de répertoires.

Jean-Michel Duhez – © Laurent Rouvrais – Radio Classique

S. L. : Comment choisissez-vous les artistes invités ? Cherchez-vous un équilibre entre grandes voix reconnues et jeunes talents ?
J.-M. D. :
Exactement. Cette année nous accueillons Karine Deshayes qui était à la première soirée Offenbach. Elle a aussi chanté pour le concert Rossini et une Folle Soirée. Dans cette même génération, Paul Gay fera ses débuts, si je puis dire, dans les concerts Radio Classique. 

Vannina Santoni, qui avait participé à la soirée Verdi sera présente, ainsi que Julien Dran, que nous avons pu entendre dans les concerts Verdi et Mozart ainsi qu’à l’une des Folles Soirées. Ces dernières années nous avons accueilli les débuts parisiens de Marina Viotti, Marianne Croux, Anaïs Constans ou encore Angélique Boudeville. De même, c’est avec une Folle Soirée de l’Opéra que Michele Spotti a dirigé pour la première fois à Paris. Il s’agit donc en effet d’un mélange de générations.

S. L. : Les artistes ont-ils carte blanche pour élaborer leur programme ?
J.-M. D. : Le programme est bien sûr conçu avec les chanteurs. Ce sont les premiers concernés. Nous échangeons sur leurs envies. De mon côté je fais plusieurs propositions. Le tout en concertation avec le chef, qui sera cette année Victor Jacob, qui participera pour la première fois aux concerts Radio Classique.

Vannina Santoni et Julien Dran dans Faust à l’Opéra de Lille – © S. Brion

 

S. L. : Comment construit-on le rythme d’une soirée d’opéra destinée à un large public ? Faut-il privilégier les grands airs célèbres ou peut-on aussi prendre des risques avec des pages moins populaires ?
J.-M. D. :
Il faut trouver un équilibre entre grands airs et, en effet, des pages moins connues. Il faut aussi proposer des duos, des trios et des quatuors pour une plus grande variété. Un peu comme un opéra finalement.

S. L. : Comment définiriez-vous votre rôle en tant qu’animateur/présentateur de la soirée  ?
J.-M. D. :
C’est à la fois de l’animation en ce sens où il faut donner de l’impulsion et créer une ambiance, et de la présentation avec quelques indications sur les œuvres en donnant quelques clés d’écoute. Je dirais que je représente le lien entre les artistes et le public.

Le public de « la Folle soirée » et la démocratisation de l’opéra

S. L. : Avez-vous aujourd’hui une idée assez précise du public qui assiste à ces soirées ? S’agit-il principalement du public traditionnel de l’opéra ? Voyez-vous venir un public plus jeune ou moins habitué aux salles lyriques ?
J.-M. D. :
Le public de La Folle soirée est principalement un public amateur d’opéra. En grande partie il s’agit de nos auditeurs qui aiment la voix. Les spectateurs viennent aussi bien sûr pour les artistes. C’est pourquoi il s’agit toujours de chanteurs français que le public aime retrouver et entendre.

S. L. : Pensez-vous que l’opéra souffre encore d’une image élitiste ? Ce type de soirée peut-il contribuer à casser certains clichés ?
J.-M. D. :
Je ne pense pas que l’opéra soit élitiste. C’est une image que l’on aime encore lui apposer. L’opéra est un art populaire qui procure toute une palette d’émotions. Pas besoin d’un diplôme de musicologie pour aimer Mozart, Verdi ou Gounod.

S. L. : Aujourd’hui, que faudrait-il inventer pour donner envie au public de franchir les portes d’un théâtre lyrique ?
J.-M. D. :
Il suffit peut-être de simplement regarder les programmations des maisons d’opéra dont les salles font le plein chaque soir. Elles proposent des œuvres que le public aime entendre dans des mises en scènes respectueuses de la musique, du livret et des artistes. Ce qui n’empêche pas ces maisons de proposer également des ouvrages moins connus, ainsi que des créations et des mises en scène plus modernes. Et puis franchir les portes d’un théâtre lyrique, c’est aussi écouter les chanteurs et l’orchestre en “live”. Cela frappe toujours les personnes qui assistent pour la première fois à un opéra. Sans oublier que, quand il s’agit d’un ouvrage en langue étrangère, le livret est traduit en français grâce au surtitrage.

Concert Radio Classique – DR

Pour conclure

S. L. : Y a-t-il eu des moments particulièrement marquants dans les précédentes éditions ?
J.-M. D. :
Difficile de répondre à cette question ! Chaque soirée est unique. Ce qui me semble particulièrement marquant c’est la grande qualité d’écoute du public et l’accueil qu’il réserve aux artistes.

S. L. : Si vous deviez convaincre quelqu’un qui n’a jamais vu d’opéra de venir à cette soirée, que lui diriez-vous ?
J.-M. D. :
De se laisser guider, tout simplement. Je suis certain qu’une personne qui n’est jamais allée à l’opéra a déjà entendu « Casta Diva», le duo « Là ci darem la mano» ou encore l’Air du Catalogue sans parler de l’Air des Bijoux ou celui de la Wally, qui sont au programme de cette prochaine Folle Soirée de l’Opéra, et qui ont été utilisés au cinéma ou dans des publicités.

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