Se préparer à LA CLÉMENCE DE TITUS, Opéra de Paris, 24 novembre-25 décembre 2026

Opera seria en deux actes de Wolfgang Amadeus Mozart, livret de Caterino Mazzolà, d’après Metastasio, créé le 06 septembre 1791 au Théâtre des États (Prague). 

Opéra national de Paris (Palais Garnier), 24 novembre-25 décembre 2026

Table des matières

LES AUTEURS

Le compositeur

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)

Mozart est non seulement un compositeur majeur de l’histoire de la musique, mais aussi sans aucun doute l’un des génies les plus étonnants de l’histoire de l’art : pour sa précocité (virtuose du clavier et du piano, il entreprend dès 6 ans une tournée européenne ; il compose son premier ouvrage lyrique, Die Schuldigkeit des ersten Gebotes, à l’âge de 11 ans); la diversité extrême de son talent (il composa avec un talent égal dans absolument tous les genres musicaux : musique sacrée, musique de chambre, musique symphonique, opéra, mélodies, …) ; 

et surtout, le ton très personnel de ses œuvres, qui se caractérisent tout à la fois par une apparente simplicité, une forme de limpidité ou d’harmonie sereine, mais aussi une profondeur de sentiment souvent exceptionnelle. Dans le genre lyrique, Mozart laisse quelques-uns des plus grands chefs-d’œuvre de l’opéra : Les Noces de Figaro (1786), Cosi fan tutte (1790), Don Giovanni (1788)… Son génie s’illustra aussi bien dans la comédie (La Finta Giardiniera, Les Noces de Figaro) que dans l’opéra pastoral (Ascanio in Alba), l’opera seria (Lucio Silla, Mithridate, Idoménée, La Clémence de Titus) ou le singspiel (Zaide, L’Enlèvement au sérail, La Flûte enchantée). 

Le librettiste

Caterino Mazzolà

Caterino Tommaso Mazzolà (1745-1806) est un poète et librettiste italien d’origine vénitienne. Poète de la cour de Dresde jusqu’en 1796, il travaille notamment avec Da Ponte et Salieri. En 1796, il rentre à Venise et s’engage dans des activités diplomatiques. 

Il meurt dans cette ville en 1806. Ses livrets les plus célèbres sont ceux de La Clémence de Titus (d’après un livret précédent signé Métastase pour un opéra d’Antonio Caldara créé en 1734) et du Turc en Italie, opéra de Franz Seydelmann qui inspirera celui de Rossini quelques années plus tard (l’œuvre de Rossini sera créée en 1814).

L’ŒUVRE

La création

La Clémence de Titus fut créée le 6 septembre 1791 à Prague, au Théâtre des États (voir ci-contre). Le rôle de l’empereur était incarné par le ténor Antonio Baglioni (créateur de Don Ottavio dans Don Giovanni) ; Maria Marchetti-Fantozzi chantait Vitellia, et le rôle de Sesto était tenu par un castrat : Domenico Bedini.  Il s’agissait d’une commande officielle, l’œuvre étant destinée à célébrer le couronnement de Léopold II, roi de Bohême. 

Le livret

Il s’agit de l’adaptation d’un livret que Métastase écrivit à l’origine pour le compositeur Caladara, et qui avait déjà été  réutilisé plusieurs dizaines de fois par d’autres musiciens. 

ACTE I
Vitellia aime l’empereur Titus : elle espère l’épouser et devenir ainsi impératrice. Mais elle apprend que l’Empereur souhaite épouser Bérénice. Elle va alors utiliser son soupirant Sextus pour se venger : elle charge le jeune homme de fomenter un complot contre Titus… Mais Titus a renoncé à Bérénice : il porte son choix sur la jeune Servilia. Hélas, Servilia (sœur de Sextus) est déjà amoureuse du jeune Annius : elle repousse les avances de l’Empereur, lequel décide alors de prendre Vitellia pour femme. Malheureusement, l’attentat ordonné par cette dernière prend forme grâce au dévouement de Sextus: le Capitole est incendié ; Titus, cependant,  échappe à la mort. 

Titus (sesterce)

ACTE II
L’Empereur apprend tous les détails du complot. Sextus doit-il se dénoncer, comme le lui recommande Annius? Doit-il s’enfuir, comme le lui conseille Vitellia ? Arrêté, le jeune homme est confronté à l’Empereur et condamné à mort. Dévorée par la culpabilité, Vitellia avoue son crime à Titus, lequel, magnanime, finit par accorder son pardon à tous les conjurés. 

La partition

Que l’œuvre ait été composée en même temps que La Flûte enchantée est on peut plus révélateur du génie protéiforme de Mozart : le ton de cet opera seria est grave, solennel – certains disent un peu froid : le fait qu’il s’agisse d’une œuvre de circonstance empêche sans doute parfois le compositeur  de rendre les personnages aussi crédibles et émouvants que ceux de la trilogie de Da Ponte. Pourtant l’œuvre, certes un peu inégale, comporte de grandes beautés : le duo Annio/Servilia du premier acte, le finale du premier acte, d’un dramatisme impressionnant, l’air de Servilia « S’altro che lagrime », le trio du second acte entre Vitellia, Publius (le capitaine de la garde) et Sextus, et surtout deux airs majeurs : le rondo de Sesto « Parto, parto », avec clarinette obligée, et celui, grandiose, que chante Vitellia (avec accompagnement de cor de basset) avant son revirement : « Non più di fiori ».

https://www.youtube.com/watch?v=vAMHz9yUY4E

Sesto : « Parto, parto » par Elina Garanca (Karel Mark Chichon)

Vitellia : « Non più di fiori » par Julia Varady (John Eliot Gardiner)

LES ARTISTES DE LA PRODUCTION DE L’OPÉRA DE PARIS

Le chef

© Dario Acosta

Harry BICKET

Né à Liverpool, Harry Bicket étudie au Royal College of Music et à l’Université d’Oxford. Spécialiste du répertoire baroque et classique, il est directeur artistique de The English Concert, orchestre sur instruments d’époque, depuis 2007, et chef principal de l’Opéra de Santa Fe depuis 2013.

À Santa Fe, il dirige notamment Carmen, Le Songe d’une nuit d’été, Les Noces de Figaro, Fidelio, Alcina et Così fan tutte. Sa carrière internationale le conduit sur les plus grandes scènes lyriques, parmi lesquelles le Metropolitan Opera de New York, le Lyric Opera de Chicago, le Gran Teatre del Liceu de Barcelone, le Theater an der Wien et le Royal Opera House de Londres. Il collabore également avec l’English National Opera, la Bayerische Staatsoper de Munich et l’Opéra de Los Angeles. À l’Opéra national de Paris, il dirige Ariodante en 2023 et La Clémence de Titus en 2026.
Son répertoire comprend de nombreux ouvrages de Haendel, notamment Rodelinda, Giulio Cesare, Ariodante, Alcina, Rinaldo, Serse et Orlando, ainsi que des œuvres de Mozart, Gluck, Purcell et Monteverdi. Il se produit par ailleurs avec de grands orchestres symphoniques sur les scènes internationales.
Avec The English Concert, il explore régulièrement les chefs-d’œuvre baroques, notamment Rinaldo, Ariodante et Serse. Au cours de la saison 2023-2024, il dirige Rodelinda en tournée aux États-Unis et en Asie, Le Couronnement de Poppée à Barcelone et Madrid, ainsi que Don Giovanni à Santa Fe.

https://youtu.be/NQJtNwB0N4M?si=FP5Kfo27RltOfuah

Harry Bicket évoque son travail avec The English Concert (en anglais)

Le metteur en scène

© Gregor Kalus

Willy DECKER

Après des études de violon, de musicologie et de philosophie à l’Université de Cologne, Willy Decker débute à vingt-deux ans comme assistant à la mise en scène à Essen, puis à Cologne. Il y travaille auprès de metteurs en scène tels que Hans Neugebauer, Harry Kupfer, Jean-Pierre Ponnelle et Michael Hampe, avant d’être nommé metteur en scène résident.

Sa carrière internationale le conduit sur les grandes scènes lyriques européennes et américaines. Il met notamment en scène Pollicino de Henze à Montepulciano, Das Schloss de Reimann à Berlin et Munich, Macbeth de Bibalo à Oslo, Les Soldats de Zimmermann à Amsterdam, Peter Grimes à Bruxelles et Tosca ainsi que le Ring à Stuttgart. Il signe également des productions remarquées de Lohengrin à Bayreuth, de La Ville morte et de La Traviata à Salzbourg, de Billy Budd à Vienne, Don Giovanni à Dresde, Eugène Onéguine, La Clémence de Titus, Lulu, Le Vaisseau fantôme et La Ville morte à Paris, Mort à Venise à Madrid.
Reconnu pour son approche dramaturgique exigeante et la force visuelle de ses mises en scène, Willy Decker a dirigé le festival de la Ruhrtriennale de 2008 à 2011. Depuis 2005, il est professeur honoraire de théâtre musical à l’Université Hanns Eisler de Berlin.

https://youtu.be/j1XHtXeHT08?si=DqducnYYDEBzjDJT

La Clémence de Titus à l’Opéra de Paris

Les chanteurs

© Pascal Albandopulos

Pavol BRESLIK, ténor (Titus)

Après trois années au sein de l’ensemble du Staatsoper Unter den Linden de Berlin, Pavol Breslik poursuit une carrière indépendante dès 2006, se produisant dans les principaux opéras et festivals européens. En 2005, le magazine Opernwelt le distingue en le nommant « Jeune chanteur de l’année ».
Son répertoire, particulièrement riche, s’étend de Mozart à Verdi, en passant par le bel canto et l’opéra romantique. Il interprète notamment Tamino dans La Flûte enchantée, Belmonte dans L’Enlèvement au sérail, Don Ottavio dans Don Giovanni, Lenski dans Eugène Onéguine, Nemorino dans L’Élixir d’amour, Alfredo dans La traviata, Faust dansMefistofele, Gennaro dans Lucrèce Borgiaet le rôle-titre de Lohengrin. 

Il se produit à la Staatsoper de Vienne, à la Bayerische Staatsoper de Munich, au Royal Opera House de Londres, au  Metropolitan Opera de New York et à l’Opéra de Zurich, où il aborde également des rôles tels que Nadir dans Les Pêcheurs de perles et le rôle-titre de Faust.  À l’Opéra national de Paris, il interprète Tamino dans La Flûte enchantée, un jeune marin et un berger dans Tristan et Isolde, puis Narraboth dans Salomé en 2024.
Artiste également très actif en concert, Pavol Breslik participe notamment, sous la direction de Thomas Hengelbrock, au concert d’ouverture de l’Elbphilharmonie de Hambourg, ou encore au concert du Nouvel An de la Semperoper de Dresde.

https://youtu.be/izk6ZnNVHbM?si=AuKp8wdyJzgond7L

Opéra de Paris : interview de Pavol Breslik (en français)
© Rebecca Fay

Matthew POLENZANI, ténor (Titus))

Matthew Polenzani est un ténor américain. Ayant suivi une formation à la Yale School of Music puis au Lindemann Young Artist Development Program du Metropolitan Opera, il fait ses débuts au Met en 1997 et y devient l’un des artistes les plus réguliers et appréciés.
Spécialiste du répertoire mozartien, du bel canto et des œuvres françaises, il s’illustre dans des rôles tels que Tamino (La Flûte enchantée), Nemorino (L’Elisir d’amore), Alfredo (La Traviata), Ottavio dans Don Giovanni, le rôle-titre d’Idomeneo, Iopas des Troyens ou Fernand de La Favorite. Sa carrière l’a conduit sur les plus grandes scènes internationales.

Il collabore régulièrement avec les orchestres et chefs les plus prestigieux et compte une discographie variée, allant de l’opéra au récital.

https://youtu.be/wFkeWZD7CQ8?si=zmlOvjn3HgnoKknr

La bohème, « Che gelida manina », Palerme, 2018
© Chris Gonz

Hanna-Elisabeth MÜLLER, soprano

La soprano allemande Hanna-Elisabeth Müller s’est imposée sur les grandes scènes lyriques internationales grâce à un répertoire qui s’étend de Mozart à Strauss, en passant par Wagner et le répertoire symphonique.
Membre de l’ensemble de la Bayerische Staatsoper de Munich de 2012 à 2016, elle fait ses débuts internationaux au Festival de Pâques de Salzbourg en 2014 dans le rôle de Zdenka (Arabella). Depuis, elle se produit dans les plus grandes maisons d’opéra, notamment à la Staatsoper de Vienne, à La Scala de Milan, au Metropolitan Opera de New York et à l’Opéra de Zurich.

Parmi ses rôles marquants figurent Eva dans Les Maîtres chanteurs de Nuremberg, la Comtesse Almaviva dans Les Noces de Figaro, Donna Anna dans Don Giovanni, ainsi que le rôle-titre de Daphné et Rosalinde dans La Chauve-souris. Elle interprète également Marzelline dans Fidelio, Susanna dans Les Noces de Figaro, Pamina dans La Flûte enchantée, Ilia et Elettra dans Idoménée, ainsi que Vitellia dans La Clémence de Titus.

Au cours de la saison 2025-2026, elle retrouve notamment le rôle de Vitellia à Vienne et se consacre au répertoire symphonique avec Le Paradis et la Péri de Schumann aux côtés de l’Orchestre national de France, la Missa solemnis de Beethoven au Maggio Musicale Fiorentino et la Symphonie n° 2 « Résurrection » de Mahler à Utrecht.

https://youtu.be/mcgKvnh8_qk?si=VvIclkdT1k7Cgr2M

Mendelssohn, Elias – « Höre Israel » – Hanna-Elisabeth Müller (Dresde, 2018)
© Mark Pillai

Emily D’ANGELO, mezzo-soprano

Née à Toronto, la mezzo-soprano canadienne Emily D’Angelo est diplômée du Studio de la Canadian Opera Company et du Lindemann Young Artist Development Program du Metropolitan Opera de New York. Elle est lauréate de nombreuses compétitions internationales.
Elle fait ses débuts sur scène en 2016 dans le rôle de Cherubino (Les Noces de Figaro) au Festival des Deux Mondes de Spoleto. Elle aborde ensuite Rosina (Le Barbier de Séville) au Festival de Glimmerglass et se produit avec le Los Angeles Philharmonic sous la direction de Gustavo Dudamel dans des extraits de La Flûte enchantée.

Sa carrière la conduit rapidement sur les grandes scènes internationales : Metropolitan Opera de New York, Staatsoper Unter den Linden de Berlin, Royal Opera House de Londres, Opéra de Paris, Bayerische Staatsoper de Munich… Son répertoire comprend notamment Dorabella (Così fan tutte), Sesto (La Clémence de Titus), Idamante (Idomeneo), Angelina (La Cenerentola), Donna Elvira (Don Giovanni), Siebel (Faust),  Orphée (Orphée et Eurydice) et les rôles-titres d’Ariodante et de Serse.

https://youtu.be/-DSdI7KG2gA?si=7e9mOnUfvpa8UPZl

Ariodante à l’Opéra de Paris : «  »Dopo Notte » »

NOTRE SÉLECTION POUR VOIR ET ÉCOUTER L’OEUVRE

CD

Krenn, Casula, Berganza / Wiener Philharmoniker, Chorus – Wiener Staatsoper, dir. Kertész. DECCA, 1967.

 

Burrows, Baker, Minton / Orchestre et choeurs de Covent Garden, dir. Colin Davis. Philips, 1976.

Schreier, Varady, Berganza / Dresdner Staatskapelle, Chorus – Leipziger Rundfunkchor, dir. Karl Böhm. DG, 1978.

Rolfe-Johnson, Varady, Von Otter / English Baroque Soloists, Chorus – Monteverdi Choir, dir. John Eliot Gardiner. Archiv, 1990.

Langridge, Popp, Murray / Chœurs et orchestre de l’Opéra de Zurich, dir. Nikolaus Harnoncourt. Teldec, 1993.

Padmore, Pendachanska, Fink / Freiburger Barockorchester, RIAS Kammerchor, dir. René Jacobs. Harmonia Mundi, 2005.

Allemano, Bernsteiner, Aldrich / Chœur et Orchestre de l’Accademia Montis Regalis, dir. Alessandro De Marchi, 2014 (version 1804).

Streamings

Levine – Ponnelle / Tappy, Neblett, Troyanos. Vienne, 1980.

Davis – McVicar / Kunde, Giannattasio, Connolly. Aix-en-Provence, 2011 (sous-titres en français)

DVD et Blu-rays

Tappy, Neblett, Troyanos / Wiener Staatsopernchor und Philharmoniker, dir. Levine ; mise en scène : Ponnelle. DG, 2006 (capté en 1989).

Prégardien, Naglestad, Graham / Choeurs et orchestre de l’Opéra national de Paris, dir. Sylvain Cambreling ; mise en scène : Herrmann. Opus Arte, 2005.

Schade, Röschmann, Kasarova / Wienerstaatsopernchor und Philharmoniker, dir. Nikolaus Harnoncourt ; mise en scène : Kušej. Arthaus, 2012 (capté en 2003).

Dahlberg, Soldh, Poulson / Choeurs et orchestre du Drottningholm Court Theatre, dir. Arnold Östman. Arthaus, 2012 (capté en 1987). 

 

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