CREATINE PRICE : « Ma mission, montrer au public français qu’un ténor peut chanter en drag queen et surtout faire des bêtises ! »

C’est sans aucun doute la sensation de Drag Race France, saison 4 ! Créatine Price est une drag queen exubérante, comme il se doit, mais elle est également ténor. Jordan Weatherston Pitts, de son vrai nom, est un artiste complet qui a suivi un parcours traditionnel avant de découvrir les strass et les paillettes. À la veille de la diffusion de l’émission haute en couleur, il s’est confié à Hugues Rameau-Crays et dit tout sur son expérience et sur sa relation particulière à la France. Rencontre avec un ténor extravaganza, incarnation rêvée de la diva ultima !

Le mélange des genres a de tout temps été utilisé dans la musique classique, sur les scènes lyriques, dans les livrets d’opéra et même dans l’écriture vocale. De Platée à Cherubino, du Prince Orlofsky à Octavian, les rôles travestis continuent à jeter le trouble à l’opéra comme dans la vie. Issu du transformisme et de bien d’autres traditions, le phénomène drag queen a pris un essor considérable dans les années 80 lorsque le voguing et la « ball culture » (popularisés par le clip Vogue de Madonna) ont envahi les pistes des boîtes de nuit. Rappelant les arts de la scène lyrique, l’art drag qui associe chant, danse, lip sync (synchronisation labiale) mais aussi le maquillage, la haute couture et le glamour, s’est invité dans les foyers américains grâce à l’émission de télévision RuPaul Drag Race. Chaque année depuis 2009 et maintenant dans dix-sept pays dont la France, une dizaine de sublimes créatures se battent pour le titre de la meilleure drag queen de la saison à coup de défilés de mode et à force de charisme, d’originalité, d’audace et de talent (« Charisma, Uniqueness, Nerve and Talent »). Présentée par Nicky Doll, la version française a connu un succès tel qu’une quatrième édition est programmée sur les antennes de France Télévisions depuis le 8 juillet 2026. Parmi les talents en compétition, un artiste intéresse particulièrement la sphère lyrique. Créatine Price (de son vrai nom Jordan Weatherston Pitts) est à la fois ténor et drag queen, « diva et bête de scène » comme il se définit lui-même. Nous avons eu le grand plaisir de rencontrer cette personnalité hors du commun à Paris. Et si le lieu de la rencontre (Rosa Bonheur, bar iconique de la communauté gay), niché au cœur du parc des Buttes-Chaumont, semblait idéal pour trouver de la fraîcheur en ces heures chaudes de canicule, la passion qui anime Jordan/Créatine a enflammé une conversation enthousiaste de mordus qui a duré près d’une heure et demie. Lors de cet entretien, en fervent défenseur de ses arts, il a évoqué son double parcours et son credo : proposer une approche différente pour toucher un public le plus large possible. Avant de le retrouver sur les scènes lyriques la saison prochaine, nous suivrons son parcours dans l’aventure Drag Race France avec intérêt en espérant qu’il ramènera la couronne à la maison Opéra !

Hugues RAMEAU-CRAYS : Jordan/Créatine, vous êtes de nationalité américaine et pourtant vous participez à l’émission Drag Race en France ?
Créatine PRICE : À vrai dire je ne m’y attendais pas du tout et c’est comme une montagne qui m’est tombée dessus. J’ai participé par hasard à l’émission La France a un Incroyable Talent sur M6, en 2024, pour faire une surprise à Marianne James alors membre du jury. Ma prestation a plu et je me suis retrouvé en finale. Je suppose que c’est ce qui a ensuite motivé la production de Drag Race France à faire appel à moi. Même si j’étais très concentré sur ma carrière lyrique, je me suis présenté deux fois aux États-Unis mais sans succès. Il faut dire que je n’étais pas tout à fait motivé à l’époque car je me sentais un peu étranger à cet univers. Je suis une Queen lyrique qui chante des airs de soprano adaptés à ma tessiture de ténor vêtu en drag, ultra glam, très diva. À mes yeux, Drag Race c’était surtout la culture voguing ou queer newyorkaise. Maintenant, je vois les choses différemment. Je me suis installé en France et j’ai la chance d’être la première américaine sur Drag Race France. Cela va me permettre une visibilité mais surtout de donner une opportunité de partager un moment d’opéra en prime time avec un public qui n’en a peut-être jamais entendu parler.

H. R-C. : L’émission qui vous mettra en compétition avec neuf autres candidates est-elle complètement enregistrée ?
C. P. : La finale aura lieu en public et en direct en août. Vous comprenez que je n’ai pas le droit d’en dire plus mais sachez que ma dernière tenue est vraiment inspirée de l’opéra [NDLR : Il est habituel que toutes les queens de la saison, même éliminées, reviennent sur le plateau lors de la dernière].

H. R-C. : Et comment se passent les enregistrements ?
C. P. : Nous enregistrons les émissions dans la foulée en enchaînant les défis jour après jour. C’est, comme on l’imagine, beaucoup de travail pour celles qui sont en finale car nous vivons l’expérience comme les spectateurs le découvrent. Voilà ce que je peux dire… Rendez-vous sur France Télévisions ou en replay sur France.tv pour en savoir plus ! Nous avons eu la chance d’avoir Isabelle Adjani comme marraine de luxe. C’est comme un rêve, elle est époustouflante.

[NDLR : à ce moment de l’entretien, le téléphone sonne : « Désolé, c’est Marianne James qui m’appelle… »]

H. R-C. : Parlons maintenant du ténor. Comment avez-vous découvert votre vocation ?
C. P. : L’histoire a commencé à 16 ans quand j’ai vu Carmen pour la première fois. Je viens de Buffalo, dans l’ouest de l’état de New York, et j’ai toujours chanté, à l’école, dans les comédies musicales, etc. J’étais un peu la star au lycée avec le melon qui va avec ! (rires). Ce qui m’a époustouflé avec l’opéra c’est que le chant, le spectacle, les costumes, l’orchestre, mais aussi la façon de projeter les voix au-dessus, toutes ces choses que j’adorais étaient réunies en un seul art. Ma voie était tracée et, comme le font tous les parents du monde, on m’a plutôt encouragé à devenir médecin mais j’ai postulé dans plusieurs écoles en chant et j’ai été accepté partout. C’est à la Boston University que les choses sérieuses ont commencé avec la découverte de ma tessiture assez large, plutôt baryton Martin avant que les aigus ne se développent. J’étais convaincu d’être ténor capable d’aller chercher un répertoire dramatique pour chanter Puccini ou même Wagner.

H. R-C. : C’est également à ce moment-là que vous avez découvert le drag ?
C. P. : Il est arrivé beaucoup plus tard. Après mon Master, je suis allé un peu partout dans le monde et notamment en Allemagne avec un contrat d’une cinquantaine de représentations de La flûte enchantée pour chanter Monostatos. Comme je ne voulais pas être coincé dans les rôles de caractère et qu’il était difficile financièrement de rester en Europe, j’ai déménagé à New York pour passer des auditions et chercher un agent. New York est également réputé pour ses profs de chant mais à 23 ans, j’étais un artiste parmi beaucoup d’autres. Pour payer les factures, j’ai fait pas mal de petits boulots comme gogo dancer en boîte de nuit. Je me suis fait beaucoup de pourboires sur une toute petite scène où l’on fréquente des drag queens. Comme il s’agit de pousser les clients à la consommation, une relation symbiotique s’installe et j’ai eu la chance de croiser des artistes comme Bob the Drag Queen et Monét X Change qui m’ont beaucoup touché. J’ai commencé à percevoir que l’on pouvait combiner les arts. Même si j’estimais qu’être belle sur scène, faire des bêtises, raconter des blagues et captiver un public pouvait être intéressant, je ne me projetais pas encore dans cet univers où tout est toujours un peu « trop ». Et surtout, j’ai commencé à avoir quelques contrats comme à Hawaï, Saratoga, Hartford, au New York City Opera dans La fanciulla del West de Puccini, etc.

H. R-C. : C’est à ce moment qu’a commencé votre relation avec le New York City Opera ?
C. P. : C’était un tout petit rôle mais j’ai passé quatre auditions. Cette exigence a payé car j’ai eu la chance de discuter avec Mark Campbell, le librettiste de Silent Night, l’opéra de Kevin Puts qui a remporté un beau succès. Il travaillait avec Iain Bell, le compositeur, sur un projet autour des émeutes de Stonewall et ils m’ont proposé le rôle d’une drag queen, le tout premier dans l’histoire de l’opéra ! La création a eu lieu pendant la cinquantième World Pride, et c’est mon amie Bob the Drag Queen qui a présenté la soirée. C’est vraiment là que Créatine a commencé à voir le jour.

H. R-C. : Est-ce qu’être en drag a été une maïeutique ?
C. P. : Stonewall a été un énorme succès et quand j’ai vu les vidéos, il y avait en effet quelque chose de magique, comme un sentiment de liberté absolue avec en plus, la timidité complètement évanouie. C’est à ce moment que les choses se sont mises en place. J’étais convaincu d’être destiné à une carrière lyrique et en même temps, je sentais qu’une partie de moi ne pourrait pas entièrement s’exprimer dans les rôles attendus. Il fallait que je montre la diva.

H. R-C. : Petty Yende [NDLR : dans l’univers drag, « Petty » signifiant mesquine ou faire preuve d’une mauvaise foi amusante] a été votre premier nom de drag mais vous avez eu un problème avec la soprano Pretty Yende qui n’a pas compris qu’il s’agissait d’un hommage ?
C. P. : Au début, j’ai eu la chance d’avoir le soutien de The Countess Mascara comme drag mother. Elle m’a encouragé à faire des petits concours pour me faire connaître et j’ai posté de plus en plus de photos sur les réseaux sociaux. Je commençais à avoir une bonne notoriété jusqu’à cet affreux montage, volontairement exagéré. Pretty Yende a chanté pour le couronnement du roi Charles dans une superbe robe jaune. J’ai collé grossièrement mon visage sur sa photo pour que l’on voit vraiment le bidouillage puis j’ai ajouté le slogan « Thank you London for this sold out show ! » [NDLR : « merci Londres pour ce spectacle à guichet fermé ! »]. C’était une blague mais elle n’a pas du tout apprécié parce qu’elle, ou la personne qui gère ses réseaux sociaux, ont imaginé qu’il s’agissait d’une usurpation. L’intégralité de mes contenus sur Instagram a été supprimé.  J’ai bien évidemment essayé de la contacter pour lui faire comprendre les enjeux des réseaux sociaux pour des artistes comme nous, les drag queens de New York, qui n’avons que ce moyen pour exister. J’ai même fait une vidéo qui lui est enfin parvenue mais c’était trop tard. Elle m’a adressé un message pour dire qu’elle était désolée, qu’elle n’était pas au courant. Tous mes contenus perdus, il a fallu que je rebondisse. Comme à l’époque je fréquentais les salles de sport – plus trop maintenant (rires)- j’avais toujours mon pot de créatine à la main. Et c’est ainsi que Créatine Price est née en hommage à la grande Leontyne Price que j’adore. J’ai fait un nouveau profil qui a attiré l’attention des médias. L’expérience malheureuse de Petty Yende m’a fait comprendre que j’avais quelque chose à construire en mixant les deux arts, celui du drag et de l’opéra qui ne cohabitent pas naturellement. Je me suis dit qu’il fallait que j’écrive mes propres spectacles et la Covid m’a donné le temps de réfléchir…

H. R-C. : Parlons de vos divas, Leontyne Price de toute évidence, peut-être également Margaret Price ?
C. P. : Ah oui, bien sûr ! Mais disons que Leontyne, c’est la diva ultime, celle qui m’a inspiré et qui est vraiment l’incarnation de l’art lyrique. Bien sûr, j’adore Maria Callas et toutes les autres mais j’estime qu’on ne rend pas suffisamment hommage à celle qui a toujours fait preuve d’un grand professionnalisme et qui a travaillé très dur pour permettre aux artistes noirs américains d’avoir plus de visibilité sur scène. Il faut se souvenir qu’avant d’être invitée à se produire au Met de New York, une star comme Jessye Norman a fait sa carrière en Europe et je peux citer Grace Bumbry, Shirley Verret, etc. Les portes sont plus ouvertes à la diversité ici où l’histoire culturelle est beaucoup plus riche. Malheureusement aux États-Unis, les artistes noirs sont toujours confrontés au racisme à un moment de leur carrière, notamment pour obtenir les rôles principaux.

H. R-C. : À propos de diva ultime, parlez-nous de votre relation avec Marianne James…
C. P. : À 14-15 ans, j’ai vu L’Ultima Récital sur Bravo TV aux États-Unis (qui, avant de devenir une chaîne de téléréalité, était dédiée à la culture). Ulrika von Glotz et le spectacle sont restés gravés dans ma mémoire jusqu’au jour où je reçois un message sur mon Instagram. C’était Marianne James qui avait vu une vidéo de moi chantant la habanera de Carmen dans une robe rouge, très sexy. Elle a été encourageante et vraiment adorable et nous sommes restés en contact. Un jour, je reçois un appel des équipes de La France a un Incroyable Talent. Pour les 20 ans de l’émission de M6 où elle était jurée, ils m’ont proposé de lui faire une surprise et je me retrouve à chanter devant elle qui fond en larmes. Ce passage marquant a été beaucoup regardé, même dans mon pays. Le plus incroyable a été la sensation de connaître Marianne depuis toujours. La connexion s’est faite immédiatement, avec évidence, comme si nous partagions un lien familial. Je peux dire que nous sommes amis, mais c’est plus que ça, c’est magique !

Incroyable Talent – © Julien Theuil
Incroyable Talent – © Guillaume Mirand

H. R-C. : Vous avez des racines françaises, il me semble ?
C. P. : Mes parents sont complètement américains mais ma grand-mère était française à une époque où il n’était pas forcément de bon ton de revendiquer sa culture. Je regrette de ne pas mieux connaître son histoire et malheureusement elle est décédée quand j’avais 16 ans. J’ai adoré ma grand-mère qui était très élégante, une grande dame typique des années 50, avec la taille très serrée, bouclée, le chic à la française… Je me souviens de son odeur, elle était toujours parfumée. J’ai désormais une double mission, retrouver mon histoire familiale du côté de Strasbourg et montrer au public français qu’un ténor peut chanter en drag queen et surtout faire des bêtises ! (rires).

H. R-C. : Vous parlez couramment français. Cela vous vient de votre maman ?
C. P. : Pas du tout ! Elle ne le parlait pas et même si je l’ai entendu avec ma grand-mère, j’ai appris par moi-même. Je pense que j’ai des facilités avec les langues. En Allemagne, j’ai beaucoup pratiqué comme au Danemark qui possède une langue très difficile. Je suis tombé amoureux de la culture scandinave en pratiquant le danois même si pour un américain, cela peut sembler complètement inutile, hélas ! Comme chanteur d’opéra, j’estime important de comprendre chaque mot et même majeur de bien entendre les directions des chefs d’orchestre ou des metteurs en scène qui s’expriment dans toutes les langues du monde. Je parle également l’espagnol et l’italien ce qui me permet d’apprendre la musique très vite. Tout rentre dans ma tête facilement quand je connais et que je comprends les paroles.

H. R-C. : Le public liégeois a déjà eu l’occasion de vous applaudir dans La Chauve-souris de Strauss avec de très bonnes critiques à la clé ?
C. P. : Oui, c’était magnifique ! Je pense que mon passage à la télévision en France et aussi sur la BBC a été porteur. Le metteur en scène Olivier Lepelletier-Leeds a eu l’idée de créer le personnage d’Ivan, ami d’Orlofsky, drag queen la nuit et gardien de prison le jour (le personnage de Frosch) et il a fait appel à moi. Familier du Moulin rouge, il a imaginé un personnage extravagant et très glamour alors avec le costumier David Belugou, ils ont exagéré la tenue. Je me souviens qu’ils voulaient toujours plus de volume avec un énorme nœud. Le plus amusant a été la réaction du chef d’orchestre, Nikolas Nägele, quand il a entendu ma voix. Il ne s’attendait pas du tout à ce que j’envoie des aigus partout ! Faire la combinaison des deux univers lyrique et drag l’a déconcerté. Mais c’est exactement ce que je recherche, sortir le monde des boîtes nuit sur les scènes d’opéra et amener l’univers lyrique dans les night-clubs. Et Créatine Price, la bête de scène, est capable de chanter des airs de soprano en ténor. Elle est ce que je ressens profondément parce qu’elle est vraiment née de mes épreuves.

Die Fledermaus – © J. Berger

H. R-C. : Donc vous transposez les airs ?
C. P. : Oui, je reste dans ma tessiture et cela fonctionne très bien. Je choisis les arias qui me parlent ou qui m’ont profondément touché et pas forcément les plus connus du grand public, Tosca ou Adriana Lecouvreur mais aussi Pagliacci… Et d’ailleurs, ce sont des airs que l’on retrouvera dans mon prochain spectacle, Créatine Project.

H. R-C. : Parlez-nous de ce spectacle que nous verrons peut-être à Paris ?
C. P. : Project Créatine est un opéra en grande partie autobiographique qui raconte l’histoire de Jordan, des épreuves qu’il a traversées, de la violence qu’il a subie et celle de Créatine, la diva. Samuel Beebe a écrit une partition très musicale et tout à fait accessible dans laquelle s’insèrent des airs d’opéra.  Moi qui suis un artiste noir américain, j’y retrouve les inspirations du métissage de toutes les musiques, l’opéra, la comédie musicale et même le rap ou le hip hop. Mes racines viennent des États-Unis mais également de la France et de l’Europe, je suis heureux de raconter une histoire queer à l’opéra. Et voilà Project Créatine qui a été créé le 12 juin 2026 à l’Institute of Contemporary Art (ICA) de Boston ! Je n’ai pas encore de dates à annoncer en France mais il y a de l’intérêt et peut-être des discussions avec un producteur…

H. R-C. : Je suppose qu’après Drag Race, le public français va vouloir rencontrer Créatine en vrai…
C. P. : Project Créatine est le spectacle idéal pour approfondir l’expérience mais je peux annoncer un récital déjà planifié Salle Cortot et un autre de mélodies à la bibliothèque musicale La Grange-Fleuret. Il faudra venir !

Project Creatine – © Shane Rogers

H. R-C. : Et peut-être une reprise de production de la Chauve-souris ?
C. P. Hé… c’est possible. Il faut demander à Olivier !

H. R-C. : Votre carrière de ténor n’est donc pas en pause ?
C. P. Oh non ! Même si Drag Race a occupé une bonne partie de mon calendrier cette saison, il faut bien voir qu’un chanteur lyrique peut vraiment faire Drag Race et mener une carrière traditionnelle. On peut faire les deux sans faire de choix !

H. R-C. : En attendant, depuis le 8 juillet 2026, on vous voit sur les écrans de France Télévisions avec la finale en direct le 21 août. Et si jamais RuPaul vous invitait à participer à l’émission américaine ?
C. P. Oui, pourquoi pas ! « bring it on baby ! », vas-y chérie, je suis prête ! Je peux le faire bien sûr… je suis Créatine pour toujours et à jamais !

Propos recueillis le 25 juin 2026

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