À la une
Les brèves d’avril –
Elle aurait 100 ans aujourd’hui : MARIE COLLIER
Une saison 2026-2027 d’exception à l’Opéra royal de Wallonie
COLMAR 2026 : 10 jours de festival !
Les rares Béatitudes de César Franck à la cathédrale Saint-Étienne...
SAMUEL HASSELHORN, entre ombre et lumière : quand la poésie...
Lucrezia Borgia enfin en version scénique à l’Opéra royal de Wallonie 
Ça s’est passé il y a 200 ans : création...
Euridice à Versailles : retour aux sources de l’opéra
CD – Romancero (Chœur de chambre Septentrion) : un compagnonnage fécond...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduRécitalVu pour vous

Récital CYRIELLE NDJIKI NYA au Musée d’Orsay – Qui peut le plus peut le moins

par Laurent Bury 21 novembre 2023
par Laurent Bury 21 novembre 2023
© Sophie Crépy Musée d'Orsay
0 commentaires 1FacebookTwitterPinterestEmail
2,2K

On se rappelle avoir entendu pour la première fois la soprano Cyrielle Ndjiki Nya lors de l’audition annuelle des lauréats de Génération Opéra, en novembre 2021 : dotée de moyens d’une ampleur remarquable, elle se lançait sans hésiter dans l’air de Chimène du Cid, et surtout dans le « Dich, teure Halle » de Tannhäuser. Un an après, elle était la grande-prêtresse d’une mémorable Aïda à Montpellier. A présent, elle forme avec Kaoli Ono, pianiste sensible et toujours attentive, l’un des duos parrainés par le Musée d’Orsay et la Fondation Royaumont. Et l’on se souvient justement d’avoir entendu ces deux musiciennes dans un contexte tout sauf idéal, lors d’un « concert promenade » où elles étaient placées dans une des salles du musée à l’acoustique fort peu propice, au milieu de la déambulation et du brouhaha des visiteurs.

Cette fois, l’Auditorium du musée offre un cadre bien plus adéquat, pour découvrir le programme que le duo a concocté. Les interprètes sont désormais invités à choisir une œuvre parmi les collections du musée, qui guide l’élaboration de leur programme. Kaoli Ono et Cyrille Ndjiki Nya ont choisi une rareté, quatre sculptures dues au Nabi Georges Lacombe, quatre bois de lit représentant le cycle de la vie humaine, de la naissance à la mort en passant par le couple, avec en plus une scène particulièrement énigmatique où un serpent se mord la queue, les anneaux de son corps formant les yeux de deux profils accolés. Avec un peu d’imagination, il est tout possible de réunir mélodies et lieder sur l’éveil de la vie, l’amour, le trépas et l’interrogation existentielle.

Pour autant, ce n’est pas la facilité qui prévaut ici, puisque la soprano a choisi de s’exprimer en quatre langues : français (Debussy, Chausson, Fauré), allemand (Schubert, Strauss), russe (Rachmaninov) et anglais (Britten, Bolcom). Avec sa discipline bien spécifique, l’exercice de la mélodie impose en outre à cette grande voix de se « rapetisser » à des dimensions bien différentes de celles d’une scène d’opéra. Et même si l’on sent que la voix de Cyrielle Ndjiki Nya n’aspire qu’à s’épanouir dans les puissantes passions du théâtre lyrique, l’interprétation des lieder a cela de précieux qu’il lui impose de prêter attention à une émission qu’on croirait volontiers naturelle, comme si elle n’avait qu’à ouvrir la bouche pour émettre les sons les plus puissants.

Excellent exercice de diction également : le français ici chanté est parfaitement limpide – on ne perd pas un mot de La Chanson perpétuelle, par exemple – et sans la moindre affectation. L’anglais paraît lui aussi tout à fait idiomatique, et nous laisserons à des juges plus compétents le soin d’évaluer l’articulation de deux autres langues. Les Trois Chansons de Bilitis sont sans doute le moment où la soprano doit le mieux doser sa voix, pour respecter ce chant si proche du parlé qu’a voulu Debussy, sans emphase même dans le passage le plus torride de « La Chevelure », et sans tomber dans l’excès inverse qui consisterait à détimbrer dans la nuance piano. La chanteuse est constamment expressive, et respecte tout l’humour des Cabaret Songs, qu’il s’agisse du « Funeral Blues », superbe tant dans sa première partie, dans le bas de la tessiture, que dans la deuxième, où la voix peut davantage se lâcher, ou des deux Bolcom, l’amusant « Toothbrush Time » marquant la fin du programme.

Chaleureusement applaudies, les deux interprètes concèdent en bis un « Allerseelen » de Richard Strauss parfaitement maîtrisé.

Les artistes

Cyrille Ndjiki Nya, soprano

Kaoli Ono, piano.

Le programme

Œuvres de Debussy, Chausson, Fauré, Schubert, Strauss, Rachmaninov, Britten, Bolcom

Auditorium du musée d’Orsay, mardi 21 novembre, 12h30. 

image_printImprimer
Cyrielle Ndjiki Nya
0 commentaires 1 FacebookTwitterPinterestEmail
Laurent Bury

Une fois hors d'un charnier natal assez septentrional, Laurent Bury a longtemps habité sous les vastes portiques du 123, rue Saint-Jacques, du 45, rue d'Ulm et du 1, rue Victor Cousin (et même ensuite du 86, rue Pasteur, 60007). Longtemps, il s'est couché de bonne heure aussitôt après les spectacles que, de 2011 à 2020, il allait voir pour un autre site opératique. Papillon inconstant, farfallone amoroso, il vole désormais entre divers sites, et a même parfois l'honneur de prêter sa plume aux volumes de L'Avant-Scène Opéra.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
L’art de la mélodie par ADRIANA GONZALEZ, Salle Cortot
prochain post
Élisabeth Jacquet de la Guerre et Antonia Bembo à l’honneur dans un concert à l’Arsenal

Vous allez aussi aimer...

Les rares Béatitudes de César Franck à la...

15 avril 2026

Lucrezia Borgia enfin en version scénique à l’Opéra royal...

13 avril 2026

Euridice à Versailles : retour aux sources de...

12 avril 2026

Satyagraha entre en triomphe au répertoire de l’Opéra...

11 avril 2026

La Création de Haydn au TCE : …et une (humble) lumière fut. 

11 avril 2026

TCE – La violence d’une Passion

11 avril 2026

Le Triomphe de Händel de retour à Rome...

10 avril 2026

Il vecchio avaro à l’Athénée : quand Harpagon devient...

10 avril 2026

Teatro Regio de Turin – Peur, foi et...

5 avril 2026

Toujours Tosca à l’Opéra Bastille : quatrième distribution de...

4 avril 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : six mois déjà

    2 avril 2026

En bref

  • Les brèves d’avril –

    16 avril 2026
  • Ça s’est passé il y a 200 ans : création d’OBERON de Weber

    12 avril 2026

La vidéo du mois

Édito

  • L’authenticité en musique : un idéal introuvable ?

    3 avril 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Rosine Fransis épouse Pirson dans Une saison 2026-2027 d’exception à l’Opéra royal de Wallonie
  • Sabine Teulon Lardic dans À Montpellier, La traviata mise en abime sur sa scène de théâtre
  • Catherine Dutrieux dans Toujours Tosca à l’Opéra Bastille : quatrième distribution de la saison
  • Stéphane Lelièvre dans In memoriam : ROBERT FORTUNE (1942-2024)
  • Stéphane Lelièvre dans In memoriam : ROBERT FORTUNE (1942-2024)

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Les rares Béatitudes de César Franck...

15 avril 2026

Lucrezia Borgia enfin en version scénique à...

13 avril 2026

Euridice à Versailles : retour aux...

12 avril 2026