À la une
Les brèves d’octobre –
Fuoco di gioia 2026 : musique et solidarité au Festival...
Festival Verdi de Parme : présentation d’une biographie du maître...
CD – Agathe Peyrat, reine de la nuit
CD – Touché par la grâce, l’ensemble Gli Angeli Genève...
Brahms, Robert et Clara Schumann, Schubert et Strauss : le...
A Festival Verdi presentazione di una biografia documentaria del compositore        
Aida est la nouvelle papesse d’Avignon et elle s’appelle Claire...
Fuoco di gioia 2026: musica e solidarietà a Festival Verdi
« Prends garde à toi » : la violence pour...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Subscribe our Newsletter for latest news.

Compte renduRécitalVu pour vous

Florent Albrecht, Marie Perbost et Chantal Santon-Jeffery aux Bouffes du Nord : quand le bel canto investit jusqu’au piano …

par Stéphane Lelièvre 18 janvier 2022
par Stéphane Lelièvre 18 janvier 2022
0 commentaires 2FacebookTwitterPinterestEmail
2,4K

La première qualité du concert proposé par Marie Perbost, Chantal Santon-Jeffery et Florent Albrecht aux Bouffes du Nord réside sans aucun doute dans la conception du programme. Le fil conducteur en est le compositeur irlandais John Field (1782-1837), dont on disait que le chant émanant de son pianoforte égalait en beauté et en émotion celui d’une cantatrice belcantiste. Quelle belle idée que de mettre cette affirmation à l’épreuve du concert, en faisant se côtoyer plusieurs Nocturnes de Field avec diverses pièces vocales composées de son vivant (à l’exception de « Es muss ein Wunderbares sein » de Liszt, composé en 1852) ! Autre motif de satisfaction : les morceaux programmés font judicieusement alterner certaines pages bien connues (le « Gretchen am Spinnrade » de Schubert, le duo Norma/Adalgisa,…) 

avec d’autres bien plus rares, telle la cantate Egle ed Irene de Rossini (1814), qui fournira au compositeur, deux ans plus tard, le motif du « Dolce nodo avventurato » dans Le Barbier de Séville.

Éclairé avec délicatesse, le spectacle, dans une semi-pénombre poétique, semble redonner vie à trois artistes disparus du premier romantisme, et l’on a plus d’une fois l’impression de se trouver subitement plongé dans l’intimité d’un salon musical des années 1820-1830.
Jouant sur un Streicher de 1834, Florent Albrecht dégage toute la poésie quasi bellinienne que recèlent les Nocturnes de Field, dont on retient moins la virtuosité (au demeurant jamais ostentatoire) que le délicat cantabile et le lyrisme tendre qui l’apparentent aussi bien à Chopin qu’au compositeur catanais. Si la finesse du jeu de Florent Albrecht et son expressivité servent au mieux les pièces de John Field, le pianiste se révèle être également  un allié précieux pour les deux chanteuses participant au concert : mieux qu’un accompagnateur, un complice qui dialogue avec elles et contribue  pleinement à l’émotion que dégagent les pages vocales interprétées au cours de la soirée.

Deux sopranos, donc, mais aux timbres bien différents : plus sombre, plus cuivré, plus dramatique (plus « Giuditta Pasta » ?) pour Chantal Santon-Jeffery – ce qui n’empêche nullement la chanteuse de délivrer un « Oh quand je dors » de Liszt raffiné et nuancé ; plus frais et juvénile (plus « Giulia Grisi »?) pour Marie Perbost, qui possède néanmoins une superbe projection vocale (avec des aigus lumineux), mais aussi un médium et un grave solides : dans le « Mira, o Norma » de Bellini, elle chante la ligne vocale grave (comme dans le Desdichado de Saint-Saëns donné en bis), celle d’Adalgise – conformément sans doute au format vocal de la créatrice du rôle, Giulia Grisi, qui créa également la Giulietta des Capuleti ou la Norina de Don Pasquale, et dont la voix devait probablement être assez éloignée des mezzos puissants et poitrinants longtemps distribués dans le rôle.

Une soirée émouvante et originale, accueillie très chaleureusement par un public particulièrement attentif…

Pour mieux connaître l’œuvre de John Field, écoutez le CD Nocturnes que vient de faire paraître Florent Albrecht aux Éditions Hortus !

Les artistes

Marie Perbost et Chantal Santon-Jeffery, sopranos
Florent Albrecht, pianoforte

Le programme

Bel(s) canto(s)

Œuvres de Field, Liszt, Schubert, Rossini, Bellini, Saint-Saëns.

Concert du lundi 17 janvier 2022, Théâtre des Bouffes du Nord (Paris)

image_printImprimer
0 commentaires 2 FacebookTwitterPinterestEmail
Stéphane Lelièvre

Stéphane Lelièvre est maître de conférences en littérature comparée, responsable de l’équipe « Littérature et Musique » du Centre de Recherche en Littérature Comparée de la Faculté des Lettres de Sorbonne-Université. Il a publié plusieurs ouvrages et articles dans des revues comparatistes ou musicologiques et collabore fréquemment avec divers opéras pour la rédaction de programmes de salle (Opéra national de Paris, Opéra-Comique, Opéra national du Rhin,...) Il est co-fondateur et rédacteur en chef de Première Loge.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
CD – Lully, LE BOURGEOIS GENTILHOMME par Le Poème Harmonique et Vincent Dumestre
prochain post
Une poétique Dame blanche à Tourcoing

Vous allez aussi aimer...

Fuoco di gioia 2026 : musique et solidarité...

20 octobre 2026

Brahms, Robert et Clara Schumann, Schubert et Strauss...

19 octobre 2026

Aida est la nouvelle papesse d’Avignon et elle...

19 octobre 2026

Fuoco di gioia 2026: musica e solidarietà a...

19 octobre 2026

« Prends garde à toi » : la...

19 octobre 2026

Le Chevalier de Saint-George enfin de retour en...

16 octobre 2026

Chronique d’un féminicide annoncé : l’Opéra de Nancy ouvre...

16 octobre 2026

Roméo et Juliette à La Monnaie : le...

14 octobre 2026

Même sans mariage, de charmantes Noces de Figaro...

14 octobre 2026

Opéra de Rome : un Falstaff milanais, mental et...

13 octobre 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE ASSOURDISSANT DU MONDE LYRIQUE

    7 octobre 2026

En bref

  • Les brèves d’octobre –

    20 octobre 2026
  • Ça s’est passé il y a 100 ans : création de Háry János de Zoltán Kodály

    16 octobre 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de septembre –
    L’inaltérable modernité des chefs-d’œuvre

    7 octobre 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • LE DICTIONNAIRE DE PREMIÈRE LOGE ~ N-Z |... dans LE DICTIONNAIRE DE PREMIÈRE LOGE ~ N-Z
  • LE DICTIONNAIRE DE PREMIÈRE LOGE ~ A-M |... dans LE DICTIONNAIRE DE PREMIÈRE LOGE ~ A-M
  • Renza dans Fuoco di gioia 2026: musica e solidarietà a Festival Verdi
  • Stéphane Lelièvre dans Aida est la nouvelle papesse d’Avignon et elle s’appelle Claire de Monteil
  • Hugues Rameau dans Aida est la nouvelle papesse d’Avignon et elle s’appelle Claire de Monteil

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Fuoco di gioia 2026 : musique...

20 octobre 2026

Brahms, Robert et Clara Schumann, Schubert...

19 octobre 2026

Aida est la nouvelle papesse d’Avignon...

19 octobre 2026