À la une
The Death of Klinghoffer  : une œuvre contemporaine percutante ouvre...
Dijon : Un Don Giovanni « all’antica »
La Route fleurie, une nouvelle production pétillante à l’Odéon de...
TOUS LES FESTIVALS DU MONDE (ou presque) en un clic...
Versailles : dans la lumière de Castor et Pollux
Arènes de Vérone : l’été lyrique 2026
Les brèves d’avril – Tempête au San Carlo de Naples...
Découverte vocale : la contralto ukrainienne VANDA KOZUB
Elle aurait 100 ans aujourd’hui : MARIE COLLIER
Une saison 2026-2027 d’exception à l’Opéra royal de Wallonie
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduRécitalVu pour vous

Les festivals de l’été – Jeanne Gérard, une intelligence musicale aux Estivales en Médoc

par Gilles Charlassier 30 juillet 2021
par Gilles Charlassier 30 juillet 2021
0 commentaires 2FacebookTwitterPinterestEmail
2,3K

Depuis plus de quinze ans, les Estivales en Médoc investissent les châteaux – et les chais – de cette langue de terre girondine aux bords du plus grand estuaire d’Europe. Après un cru 2020 reporté pour cause de crise sanitaire, l’été 2021 signe le retour de la musique et du public pour une programmation fidèle à son projet initial : mettre en avant les jeunes lauréats des concours internationaux, avec, à l’issue de chacune des soirées, une dégustation du vin de l’hôte. Le palmarès des concerts illustre à lui seul la devise du festival – « le choix de l’excellence, le pari de la jeunesse » – et dit combien le président, Jacques Hubert, et le directeur artistique, Hervé N’Kaoua, anticipent les têtes d’affiche de la nouvelle génération, pour le plus grand plaisir des mélomanes girondins. C’est d’ailleurs ce dernier  qui accompagne, au Château Lascombes-Margaux, une des plus remarquables sopranos de la relève du chant français, nominée cette année dans la catégorie « Révélation artiste lyrique » pour les Victoires de la musique, Jeanne Gérard (récemment applaudie en Sophie de Werther et en récital à Paris), dans un récital construit avec une remarquable intelligence, et commenté par Frédéric Lodéon, le parrain de la manifestation.

Dupliqué en deux concerts, l’un à 18 heures 30, l’autre à 20 heures 30, pour des questions de prévisions de jauge en lien avec les contraintes actuelles, le programme s’ouvre sur trois mélodies romantiques qui mettent en avant le sens de la ligne de chant. Musicien de la seconde moitié du dix neuvième siècle connu essentiellement pour sa collation d’airs antiques rendant hommage au répertoire baroque et classique, Parisotti n’a pas hésité à reconstituer des pastiches, à l’instar de Remo Giazotto avec l’incontournable Adagio d’Albinoni. À la différence de ce dernier, la source déclarée de Pergolèse de Se tu m’ami n’a jamais été retrouvée. La contrefaçon n’en garde pas moins une fraîcheur et une simplicité dans la ligne que la soliste fait ressortir avec un beau naturel. On retrouve ces qualités dans deux pages d’un des plus grands mélodistes du bel canto, Malincolina et Vaga luna de Bellini, avec une justesse de sentiment accompagnée avec tact par Hervé N’Kaoua. Le rubato  calibré et la modulation de l’intensité du toucher du pianiste révèlent toute la délicate pudeur du Nocturne en si bémol majeur n°1 op. 9 de Chopin.

Après cet intermède instrumental, Jeanne Gérard revient, toujours pieds nus, avec Trois sonnets de Pétrarque de Liszt, où la partie de clavier rehausse de manière lumineuse les trois numéros que l’on connaît mieux dans la réécriture pour piano seul intégrée à la deuxième volume des Années de pèlerinage. Au fil des trois sonnets – n°s 104, 47 et 123 – l’inspiration méditative et la fluidité de la déclamation, parfois aux confins du récitatif, sont servis avec intelligence par la soprano française, attentive aux inflexion du texte et de son écho pianistique. La Paraphrase sur Rigoletto de Liszt prolonge la plongée dans l’univers du maître hongrois avec un avatar de transcription de scènes des plus grands ouvrages lyriques de son temps. Ici, le quatuor du troisième de Rigoletto résonne avec un resserrement virtuose où l’ivoire prend le relais de la polyphonie théâtrale et vocale. C’est d’ailleurs avec un autre extrait du second volet de ce que l’on appelle usuellement la « Trilogie populaire » de Verdi que se referme un spicilège intelligemment composé, où les pièces se répondent avec une remarquable cohérence. Tiré du dernier acte de La Traviata, « Addio del passato » fait affleurer le dénuement affectif d’une Violetta plongée dans ses souvenirs, au seuil du trépas. Avec une belle économie en synchronie avec la décantation de la page, Jeanne Gérard fait vibrer l’émouvante fragilité du personnage, sans jamais forcer l’expression. En bis, un shot de comédie musicale donne un viatique plus souriant pour la nuit médocaine, où, comme le veulent les Estivales, se conjuguent le plaisir et l’excellence musicale.

Les artistes

Jeanne Gérard : soprano

Hervé N’Kaoua : piano

Le programme
– Se tu m’ami (Parisotti)
– Malinconia (Bellini)
– Vaga luna (Bellini)
– Nocturne op 9 n 1 (Chopin)
– 3 sonetti di Petrarca (Liszt)
– Paraphrase sur Rigoletto (Liszt)
– La Traviata, « Addio del passato » (Verdi)

Récital Jeanne Gérard, 12 juillet 2021, Château Lascombes-Margaux, Festival Estivales musique en Médoc.

image_printImprimer
Jeanne Gérard
0 commentaires 2 FacebookTwitterPinterestEmail
Gilles Charlassier

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Les festivals de l’été – Denis et Katya, création fulgurante à Montpellier
prochain post
Saison musicale des Invalides 2021-2022

Vous allez aussi aimer...

The Death of Klinghoffer  : une œuvre contemporaine...

20 avril 2026

Dijon : Un Don Giovanni « all’antica »

20 avril 2026

La Route fleurie, une nouvelle production pétillante à...

19 avril 2026

Versailles : dans la lumière de Castor et Pollux

18 avril 2026

Arènes de Vérone : l’été lyrique 2026

18 avril 2026

Les rares Béatitudes de César Franck à la...

15 avril 2026

Lucrezia Borgia enfin en version scénique à l’Opéra royal...

13 avril 2026

Euridice à Versailles : retour aux sources de...

12 avril 2026

Satyagraha entre en triomphe au répertoire de l’Opéra...

11 avril 2026

La Création de Haydn au TCE : …et une (humble) lumière fut. 

11 avril 2026

Humeurs

  • Découverte vocale : la contralto ukrainienne VANDA KOZUB

    17 avril 2026

En bref

  • Les brèves d’avril – Tempête au San Carlo de Naples !

    17 avril 2026
  • Ça s’est passé il y a 200 ans : création d’OBERON de Weber

    12 avril 2026

La vidéo du mois

Édito

  • L’authenticité en musique : un idéal introuvable ?

    3 avril 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Un nouveau fruit discographique de l’année-anniversaire 2025 d’Alessandro Scarlatti (1660 – 1725) : le CD Aparté AP428 « Vieni, O Notte » de Francesca Aspromonte, Boris Begelman et l’ensemble Arsenale Sonoro… - En cherchant bien dans CD – Francesca Aspromonte, reine de la nuit
  • Stéphane Lelièvre dans Dijon : Un Don Giovanni « all’antica »
  • Yajure Jonas dans Dijon : Un Don Giovanni « all’antica »
  • Catherine Marchi dans Dijon : Un Don Giovanni « all’antica »
  • Stéphane Lelièvre dans Les brèves d’avril – Tempête au San Carlo de Naples !

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

The Death of Klinghoffer  : une...

20 avril 2026

Dijon : Un Don Giovanni « all’antica »

20 avril 2026

La Route fleurie, une nouvelle production...

19 avril 2026