À la une
Au Théâtre des Champs-Élysées, les débuts parisiens de Karine Deshayes...
Glamour, gloire et beauté : Sonya Yoncheva au TCE
Falstaff à Montpellier. Les femmes s’inventent.
L’Oratorio de Noël à Athènes : Noël à la française...
Les brèves de janvier –
Se préparer à L’ANNONCE FAITE À MARIE – Châtelet, 28...
Elle aurait 100 ans aujourd’hui : Evelyn Lear
Ça s’est passé il y a 200 ansCréation d’ALAHOR IN...
SEMYON BYCHKOV nommé directeur musical de l’Opéra de Paris
Ça s’est passé il y a 100 ans : mort du...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduRécital

Annick Massis emprunte une nouvelle voie – L’Instant lyrique à L’Eléphant Paname

par Stéphane Lelièvre 2 décembre 2019
par Stéphane Lelièvre 2 décembre 2019
0 commentaires 0FacebookTwitterPinterestEmail
1,1K

Annick Massis est sans aucun doute l’une des personnalités du monde lyrique les plus attachantes du moment, et un public de fervents admirateurs suit son actualité avec fidélité et amour. Il est venu nombreux lundi dernier à l’Éléphant Paname, assister à un récital d’une grande originalité, témoignant de l’inflexion nouvelle que, peut-être, la chanteuse souhaite donner à sa carrière.

Sans renoncer aux emplois belcantistes ou français qui ont fait sa réputation (elle était il y a un an une superbe Lucreza Borgia à Toulouse, et elle rentre tout juste de Liège où elle a rencontré un très beau succès en Leila des Pêcheurs de perles), certaines prises de rôle récentes (Elle dans La Voix humaine à Florence, Mathilde dans Guillaume Tell à Monte Carlo, au Théâtre des Champs Élysées puis à Orange) semblent indiquer une possible inflexion vers des rôles un peu plus lyriques que ceux qu’Annick Massis défend jusqu’alors. Le programme proposé à l’Éléphant Paname confirme cette impression : peu ou pas de pyrotechnie vocale (si ce n’est dans l’extrait de Jérusalem qui clôt le récital, avec l’air d’Hélène, qui sollicite par ailleurs plus la technique du soprano d’agilità e di forza que les roucoulades éthérées des sopranos légers), mais des airs ou des mélodies qui convoquent de longues tenues de souffle, un panel de couleurs variées et des graves chaleureux.

La maîtrise du souffle et la variété des couleurs font bien sûr partie des qualités éminentes de la chanteuse : la voix sait se faire tour à tour touchante, dramatique ou riante en fonction du contexte ; elle peut se couvrir d’une ombre ou sonner triomphante, triller à la perfection, s’amenuir dans l’aigu jusqu’au plus infime pianissimo (très beaux decrescendi à la fin des airs de Léonore ou d’Amelia). Ce qui surprend plus, ce sont ces graves désormais bien sonores qui, il n’y a guère, n’appartenaient pas au bagage vocal de la chanteuse, et qui lui permettent d’aborder des rôles – ou du moins des airs – qu’a priori on aurait cru inadaptés à sa vocalité : Medora du Corsaire, Amelia de Simon Boccanegra, Adrienne Lecouvreur (dont l’« Umile ancilla » est proposée en bis) ou Leonora du Trouvère – encore qu’une Léonore d’essence belcantiste n’est pas un contre-sens, Joan Sutherland l’ayant prouvé dans l’étonnante intégrale Decca. Le médium en revanche est parfois un peu rebelle : il se dérobe de temps en temps et la chanteuse peine quelquefois à lier les registres entre eux (mais peut-être était-elle enrhumée : elle a dû en effet à plusieurs reprises toussoter pour s’éclaircir la voix). La musicalité en revanche reste intacte, de même que le raffinement et l’engagement entier de l’interprète. Autant de qualités qui font littéralement craquer le public, adressant à la chanteuse (et au pianiste Antoine Palloc, accompagnateur talentueux et très attentionné comme à son habitude) d’enthousiastes témoignages d’amour et de reconnaissance.   

Verdi : Jérusalem – Festival Verdi de Parme, 2017 (Hélène : Annick Massis)

Les artistes

Annick Massis, soprano
Antoin Palloc, piano

Le programme

Éléphant Paname, 02 décembre 2019

Maurice Ravel : M’affacio la finestra … ; 
Gabriel Fauré : Levati sol…;
Franz Schubert : Guarda che brancha luna… ;
Franz Liszt : I vidi in terra angelici costumi… ;
Giuseppe Verdi : Il corsaro (« Egli non riede ancora ….   Non so le tetre immagine… ») ; Il trovatore (« Timor di me … D’amor sull’ali rose« ) ; Simon Boccanegra (« Come in quest’ora bruna… ») ; I Masnadieri (« Venerabile o padre …  Lo sguardo avea degli angeli« ) ; Jérusalem (« Il respire,  …. Ô transport … »);
Cilea : Adriana Lecouvreur (« Ecco : respiro appena … Io son l’umile ancella … »).

image_printImprimer
Annick MassisAntoine Palloc
0 commentaires 0 FacebookTwitterPinterestEmail
Stéphane Lelièvre

Stéphane Lelièvre est maître de conférences en littérature comparée, responsable de l’équipe « Littérature et Musique » du Centre de Recherche en Littérature Comparée de la Faculté des Lettres de Sorbonne-Université. Il a publié plusieurs ouvrages et articles dans des revues comparatistes ou musicologiques et collabore fréquemment avec divers opéras pour la rédaction de programmes de salle (Opéra national de Paris, Opéra-Comique, Opéra national du Rhin,...) Il est co-fondateur et rédacteur en chef de Première Loge.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
KARINE DESHAYES, Une amoureuse flamme
prochain post
Les Géorgiennes balancent leur Rhodo à la MPAA/Saint-Germain

Vous allez aussi aimer...

Au Théâtre des Champs-Élysées, les débuts parisiens de...

10 janvier 2026

Glamour, gloire et beauté : Sonya Yoncheva au TCE

9 janvier 2026

Falstaff à Montpellier. Les femmes s’inventent.

9 janvier 2026

L’Oratorio de Noël à Athènes : Noël à...

9 janvier 2026

La Périchole à Saint-Étienne – Que la vie...

3 janvier 2026

C’est à Marseille qu’il faut aller pour commencer...

1 janvier 2026

Orphée aux Enfers à l’Opéra de Tours –Pour les...

30 décembre 2025

Stiffelio triomphe à Plaisance et commence son voyage...

23 décembre 2025

Stiffelio trionfa a Piacenza e inizia il suo...

23 décembre 2025

Partenope : Morricone, au-delà du cinéma, dans un...

23 décembre 2025

Humeurs

  • À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant

    3 janvier 2026

En bref

  • Ça s’est passé il y a 200 ans
    Création d’ALAHOR IN GRANATA de Donizetti

    7 janvier 2026
  • SEMYON BYCHKOV nommé directeur musical de l’Opéra de Paris

    6 janvier 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Bonne année 2026 !

    1 janvier 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Fabrice del Dongo dans Glamour, gloire et beauté : Sonya Yoncheva au TCE
  • Ivar kjellberg dans Les Noces de Figaro à Garnier : un opéra déconstruit
  • Renato Verga dans À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant
  • Stéphane Lelièvre dans Violence et passion au Théâtre des Champs-Élysées : le WERTHER bouleversant de B. Bernheim, M. Viotti et C. Loy
  • Stéphane Lelièvre dans À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Au Théâtre des Champs-Élysées, les débuts...

10 janvier 2026

Glamour, gloire et beauté : Sonya Yoncheva au...

9 janvier 2026

Falstaff à Montpellier. Les femmes s’inventent.

9 janvier 2026