À la une
Opéra de Rome : un Falstaff milanais, mental et onirique
Les brèves d’octobre –
Le Requiem de Verdi selon Jérémie Rhorer : entre terreur...
Gala de l’Opéra royal de Versailles aux Concerts d’automne –...
Le Crépuscule des dieux de Wagner à Bastille : pour...
« Faute et Pardon » au Festival Verdi 2027 de Parme
Résurrection d’un oublié de la musique française : Louis-Joseph-Ferdinand HEROLD (1791-1833)
À Lille, les voix de la magicienne Alcina enchantent dans...
Découvrez le programme 2027 du Festival de Pâques d’Aix-en-Provence
Ça s’est passé il y a 200 ans : création du...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Subscribe our Newsletter for latest news.

ProductionCompte renduVu pour vous

AIDA à l’Opéra de Rouen Normandie : sous la poussière d’Égypte, une impression de « déjà vu »…

par Frédéric Meyer 30 septembre 2024
par Frédéric Meyer 30 septembre 2024

© Fred Margueron

© Fred Margueron

© Fred Margueron

© Fred Margueron

0 commentaires 6FacebookTwitterPinterestEmail
9,9K

Que le rideau se lève sur Aïda et Radamès en train de faire l’amour sur un lit d’hôpital, pourquoi pas ?… Que ce même lit juché sur un tas de pierres tourne sur lui-même tout au long de ces 4 actes encadrés par des immenses échafaudages sur lesquels sont accrochés des phares de voiture, soit. Qu’Aïda soit habillée en soubrette sortie d’une pièce de Labiche , soit. Que les costumes mélangent treillis de la guerre de 14, smoking, robes longues, punk, soit.  Que la marche triomphale d’Aïda soit remplacée par une pluie de billets de banque tombant des cintres soit encore ! Le seul problème est que tout ces procédés sont utilisé ad nauseam depuis des années, démontrant surtout le manque d’imagination, d’audace et d’originalité du metteur en scène  Philipp Himmelmann.

Restent les chanteurs , pourtant souvent expérimentés, mais empêtrés dans un jeu de scène inexistant et qui de facto les empêche de donner le meilleur d’eux-mêmes.

Ainsi, comment trouver Joyce El-Khoury crédible dans le rôle d’Aïda portant un costume de femme de chambre avec tablier blanc ? Elle est pourtant habituée et présente depuis des années dans les plus grands rôles italiens : Violetta Valéry, Liu, Mimi, Maria Stuarda… « Ritorna vincitor » à l’acte 1 est chanté correctement mais sans vraie conviction. Il est regrettable que le sublissime air de l’acte 3 « O patria mia » manque de puissance et soit chanté avec un regard halluciné qui n’exprime pas grand-chose… On reste loin de la majesté conférée à Aida par les grandes titulaires du rôle, Leontyne Price en tête…

Le ténor anglais Adam Smith fait entendre dès le premier air « Celeste Aida » des sonorités parfois trop nasales ou métalliques. À sa décharge, on le sent peu à l’aise en T-shirt marcel et les pieds nus. Il affronte vaillamment le reste des quatre actes, mais là encore l’émotion est trop peu présente. On le sent ailleurs, et c’est d’autant plus dommage qu’au fil des actes la voix s’est affermie.

Iryna Kyshliaruk, artiste lyrique ukrainienne, est parfaite dans le rôle de la grande prêtresse. La voix est claire, puissante, assurée bien que la chanteuse soit juchée au sommet des échafaudages. Il est regrettable que son costume de tyrolienne annihile une fois encore tout effet dramatique.

Restent, selon nous, les deux étoiles de la soirée.

Alisa Kolosova, mezzo-soprano russe, affronte le rôle d’Amneris avec grande classe et une réelle beauté vocale. Elle apporte ici le juste équilibre entre tendresse et noirceur, notamment dans les duos avec Aïda et Radamès. Elle se révèle extraordinaire à l’acte 4 où elle implore la clémence ,des dieux pendant le procès de Radamès.

Enfin Nikoloz Lagvilava, baryton géorgien, justifierait à lui seul le fait d’assister à cette soirée, avec son extraordinaire composition en Amonasro. Sa puissance vocale, sa ligne de chant sont tout simplement phénoménales et lui vaudront des applaudissements plus que nourris et largement mérités au rideau final.

Tout comme seront fêtés comme il se doit le chœur accentus et celui de l’Opéra de Rouen Normandie, comme toujours excellents, ainsi que l’Orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie et l’Orchestre Régional de Normandie (placés sous la direction experte de  Pierre Bleuse), en très grande forme et visiblement très à l’aise dans cette œuvre.

Les artistes

Aïda : Joyce El-Khoury
Radamès : Adam Smith
Amneris : Alisa Kolosova
Ramfis : Adolfo Corrado
Amonasro : Nikoloz Lagvilava
Le Roi d’Égypte : Emanuele Cordaro
Un Messager : Néstor Galván
La Grande-Prêtresse : Iryna Kyshliaruk
Danseurs : Michael Arellano, Paolo Busti, Adrien Delépine, Georgina Hills, Aurélie Robichon, Greta Rodorigo, Fay van Baar, Thomas van de Ven

Orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie, Orchestre Régional de Normandie, Chœur accentus / Opéra de Rouen Normandie, dir. Pierre Bleuse
Mise en scène : Philipp Himmelmann
Assistanat à la mise en scène : Riikka Räsänen, Mirva Koivukangas
Scénographie : David Hohmann
Costumes : Lili Wanner
Lumières : Fabiana Piccioli, François Thouret
Chorégraphie : Kristian Lever
Vidéo : Tieni Burkhalter

Le programme

Aida

Opéra en quatre actes de Giuseppe Verdi, livret d’Antonio Ghislanzoni, créé le 24 décembre 1871 à l’Opéra khédival du Caire.
Opéra de Rouen Normandie, représentation du vendredi 27 septembre 2024
Coproduction Savonlinna Opera Festival

image_printImprimer
Adam SmithJoyce El-KhouryPhilipp HimmelmannNikoloz LagvilavaPierre BleuseAlisa Kolosova
0 commentaires 6 FacebookTwitterPinterestEmail
Frédéric Meyer

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Opéra de Marseille : evviva NORMA !
prochain post
Reprise du Faust très actuel de Tobias Kratzer à l’Opéra Bastille

Vous allez aussi aimer...

Opéra de Rome : un Falstaff milanais, mental et...

13 octobre 2026

Le Requiem de Verdi selon Jérémie Rhorer :...

11 octobre 2026

Gala de l’Opéra royal de Versailles aux Concerts...

11 octobre 2026

Le Crépuscule des dieux de Wagner à Bastille...

10 octobre 2026

« Faute et Pardon » au Festival Verdi 2027 de...

10 octobre 2026

À Lille, les voix de la magicienne Alcina...

9 octobre 2026

Wozzeck à Florence : Marie, gratia plena

8 octobre 2026

Trois visions de l’Amérique au Théâtre des Champs-Élysées

6 octobre 2026

Milan – Redécouverte de CHATTERTON : le Werther...

5 octobre 2026

L’amour des trois oranges à Lyon : une ouverture de...

5 octobre 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE ASSOURDISSANT DU MONDE LYRIQUE

    7 octobre 2026

En bref

  • Les brèves d’octobre –

    12 octobre 2026
  • La vidéo du mois : Gala aus dem Festspielhaus Baden-Baden – Anja Harteros, Ekaterina Gubanova, Jonas Kaufmann, Bryn Terfel et Marco Armiliato

    1 octobre 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de septembre –
    L’inaltérable modernité des chefs-d’œuvre

    7 octobre 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Jean-Jacques van Weinan dans PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE ASSOURDISSANT DU MONDE LYRIQUE
  • Jean-Jacques van Weinan dans À Lille, les voix de la magicienne Alcina enchantent dans la confusion des genres
  • Marylise Ty dans Le Crépuscule des dieux de Wagner à Bastille : pour les voix et la musique
  • Hugues Rameau dans A l’Opéra de Nice, une rentrée de folie avec Orlando de Haendel
  • Hugues Rameau dans À Lille, les voix de la magicienne Alcina enchantent dans la confusion des genres

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Opéra de Rome : un Falstaff milanais,...

13 octobre 2026

Le Requiem de Verdi selon Jérémie...

11 octobre 2026

Gala de l’Opéra royal de Versailles...

11 octobre 2026