À la une
Au Théâtre des Champs-Élysées, les débuts parisiens de Karine Deshayes...
Glamour, gloire et beauté : Sonya Yoncheva au TCE
Falstaff à Montpellier. Les femmes s’inventent.
L’Oratorio de Noël à Athènes : Noël à la française...
Les brèves de janvier –
Se préparer à L’ANNONCE FAITE À MARIE – Châtelet, 28...
Elle aurait 100 ans aujourd’hui : Evelyn Lear
Ça s’est passé il y a 200 ansCréation d’ALAHOR IN...
SEMYON BYCHKOV nommé directeur musical de l’Opéra de Paris
Ça s’est passé il y a 100 ans : mort du...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

ProductionCompte renduVu pour vous

Le Chat du rabbin fait escale à Tourcoing !

par Stéphane Lelièvre 21 janvier 2024
par Stéphane Lelièvre 21 janvier 2024
© Les Frivolités parisiennes
1 commentaire 4FacebookTwitterPinterestEmail
1,6K

Il en aura parcouru du chemin, ce Chat du rabbin, depuis la parution du premier album de Joann Sfar, publié pour la première fois il y a maintenant plus de vingt ans ! Douze albums, deux adaptations théâtrales, un long-métrage d’animation, un feuilleton-radio, et un spectacle musical créé en 2022 au Théâtre de l’Œuvre – ayant depuis entamé un joli périple : après Paris, Saint-Omer, Abbeville, Auxerre, Condette, Dijon, Charleroi ont déjà accueilli le facétieux félin… avant Tourcoing où l’équipe des Frivolités parisiennes présentait le spectacle ce vendredi 19 janvier.

Le premier album de la série conçue par Joann Sfar.

Dans son habile adaptation de l’œuvre de Joann Sfar, Pascal Neyron a recentré l’intrigue autour des liens unissant le chat à sa maîtresse Zlabya (tome 1), mais aussi autour des questionnements religieux et existentiels du rabbin, qui surgiront notamment lors de son voyage à Paris (tome 3). Le texte est fluide, présente une progression dramatique simple mais habile, permet d’agréables focus sur les pensées de tel ou tel personnages grâce aux lyrics d’Oldelaf. Le livret, surtout, préserve le subtil mélange de légèreté et de profondeur, d’impertinence et de sagesse qui assure depuis vingt ans le succès des œuvres de Sfar.

Le Chat du rabbin - teaser

Pascal Neyron règle également la mise en scène du spectacle. La scénographie conçue par Casilda Desazars est à la fois simple et efficace : les musiciens des Frivolités parisiennes sont présents sur le plateau, et occupent un dispositif qui permettra la projection de vidéos (signées Nathalie Cabrol) tout autant évocatrices que poétiques, faisant habilement voyager le spectateur d’Alger à Paris. Dans ce décor évoluent les quatre acteurs-chanteurs, campant leur rôle avec conviction et humour : bravo à Sinan Bertrand pour l’aisance avec laquelle il endosse les différents rôles qui lui échoient ; à Neïma Naouri pour sa Zlabya subtile vocalement et impliquée scéniquement ; à Jean-Michel Fournereau, qui campe comme il se doit un rabbin à la fois drôle et touchant lorsqu’il sent vaciller les convictions sur lesquelles son existence s’appuyait (« Si on peut être heureux sans respecter la Torah, pourquoi suivre des préceptes qui compliquent la vie ? »). Quant à Richard Delestre, il campe un chat tour à tour miaulant et feulant, mais aussi… parlant et chantant, le fait d’avoir avalé le perroquet de la maison lui ayant en effet conféré le don s’exprimer et de communiquer avec les humains. Ce dont il ne se prive pas, délivrant des leçons de sagesse (sur le libre-arbitre, le pouvoir de la parole, la liberté de croire ou de ne pas croire, d’adhérer aveuglément à un dogme ou de poser sur lui un regard critique, le vivre-ensemble,…) avec sans doute bien plus d’efficacité que ne le feraient de longs discours philosophiques !

Sur le livret de Pascal Neyron et Oldelaf, Mathhieu Michard a déposé une musique dont les références savantes (musiques arabo-andalouses[1], juives, jazz, chanson française du début du XXe siècle…) n’entravent en rien la spontanéité ni la fraîcheur. Le public, conquis, manifeste sans retenue son enthousiasme à la fin du spectacle, dont on espère que d’autres scènes encore pourront prochainement l’inviter.

—————————————————

[1] Aux instruments « classiques » viennent s’ajouter l’oud et un ensemble de percussions traditionnelles.

Les artistes

Le Chat : Richard Delestre
Le rabbin : Jean-Michel Fournereau
Zlabya : Neïma Naouri
Sinan Bertrand (multi-rôles)

Chef de chant : Nicolas Chesneau

Orchestre
Violon : Thibaut Maudry, Florian Perret
Alto : Issey Nadaud
Violoncelle : Alexis Derouin
Contrebasse : Sylvain Courteix
Flûte : Marie Laforge
Hautbois / cor anglais : Coline Prouvost
Clarinette : Mathieu Franot
Basson : Benjamin El Arbi
Oud : Yacir Rami
Percussions traditionnelles, violon et chant : Rabah Hamrene
Batterie/ Percussions : Sébastien Gisbert

Mise en scène et adaptation : Pascal Neyron
Collaboratrice artistique : Elisabeth de Ereno
Scénographie et accessoires : Casilda Desazars
Création costumes : Sabine Schlemmer
Réalisation costumes : Julia Brochier
Maquillage et coiffure : Maurine Baldassari
Lumières : Florent Jacob
Ingénieur du son : Silouane Colmet-Dâage
Création vidéo : Nathalie Cabrol
Assistant vidéo : Jérémy Secco

Une production Les Frivolités Parisiennes
Co-production La Clef des Chants

Le programme

Le chat du rabbin

Spectacle musical de Matthieu Michard (musique), Pascal Neyron (texte), Oldelaf (lyrics), créé le 9 septembre 2022 au Théâtre de l’Œuvre (Paris).
Tourcoing, Théâtre Raymond Devos, représentation du vendredi 19 janvier 2024.

image_printImprimer
1 commentaire 4 FacebookTwitterPinterestEmail
Stéphane Lelièvre

Stéphane Lelièvre est maître de conférences en littérature comparée, responsable de l’équipe « Littérature et Musique » du Centre de Recherche en Littérature Comparée de la Faculté des Lettres de Sorbonne-Université. Il a publié plusieurs ouvrages et articles dans des revues comparatistes ou musicologiques et collabore fréquemment avec divers opéras pour la rédaction de programmes de salle (Opéra national de Paris, Opéra-Comique, Opéra national du Rhin,...) Il est co-fondateur et rédacteur en chef de Première Loge.

1 commentaire

leconte 22 janvier 2024 - 10 h 52 min

Merci Stéphane pour ce compte-rendu. La longue tournée de ce spectacle et les applaudissements du public venu nombreux malgré le verglas et les routes compliquées témoignent du savoir-faire indéniable de nos Frivolités Parisiennes toujours bienvenue à Tourcoing !

Répondre

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
EWA PODLEŚ (1952-2024)
prochain post
CD – Brahms le Tzigane

Vous allez aussi aimer...

Au Théâtre des Champs-Élysées, les débuts parisiens de...

10 janvier 2026

Glamour, gloire et beauté : Sonya Yoncheva au TCE

9 janvier 2026

Falstaff à Montpellier. Les femmes s’inventent.

9 janvier 2026

L’Oratorio de Noël à Athènes : Noël à...

9 janvier 2026

Les brèves de janvier –

9 janvier 2026

Elle aurait 100 ans aujourd’hui : Evelyn Lear

8 janvier 2026

La Périchole à Saint-Étienne – Que la vie...

3 janvier 2026

La musique de Jacques Offenbach pétille comme du...

2 janvier 2026

C’est à Marseille qu’il faut aller pour commencer...

1 janvier 2026

Orphée aux Enfers à l’Opéra de Tours –Pour les...

30 décembre 2025

Humeurs

  • À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant

    3 janvier 2026

En bref

  • Ça s’est passé il y a 200 ans
    Création d’ALAHOR IN GRANATA de Donizetti

    7 janvier 2026
  • SEMYON BYCHKOV nommé directeur musical de l’Opéra de Paris

    6 janvier 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Bonne année 2026 !

    1 janvier 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Fabrice del Dongo dans Glamour, gloire et beauté : Sonya Yoncheva au TCE
  • Ivar kjellberg dans Les Noces de Figaro à Garnier : un opéra déconstruit
  • Renato Verga dans À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant
  • Stéphane Lelièvre dans Violence et passion au Théâtre des Champs-Élysées : le WERTHER bouleversant de B. Bernheim, M. Viotti et C. Loy
  • Stéphane Lelièvre dans À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Au Théâtre des Champs-Élysées, les débuts...

10 janvier 2026

Glamour, gloire et beauté : Sonya Yoncheva au...

9 janvier 2026

Falstaff à Montpellier. Les femmes s’inventent.

9 janvier 2026