À la une
Édition 2027 du FESTIVAL PUCCINI de Torre del Lago :...
Le Chevalier de Saint-George enfin de retour en son royaume,...
Se préparer à LA CLÉMENCE DE TITUS, Opéra de Paris,...
Ça s’est passé il y a 100 ans : création de...
Chronique d’un féminicide annoncé : l’Opéra de Nancy ouvre sa saison...
Nabucco à Parme : rencontre avec le metteur en scène...
In memoriam – MARTINA ARROYO (1937-2026), la voix verdienne…
Les brèves d’octobre –
Intervista a Pier Luigi Pizzi, regista, scenografo e costumista di...
Roméo et Juliette à La Monnaie : le lyrisme en...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Subscribe our Newsletter for latest news.

ProductionCompte renduVu pour vous

Fidelio en version vidéographique à l’Opéra-Comique

par Gilles Charlassier 5 octobre 2021
par Gilles Charlassier 5 octobre 2021
0 commentaires 3FacebookTwitterPinterestEmail
1,9K

Crédit photos : © Stefan Brion

L’Opéra Comique fait sa rentrée avec l’unique opéra de Beethoven, Fidelio, confié à Cyril Teste, qui avait réglé en 2018 dans cette même salle Favart Hamlet d’Ambroise Thomas. Le metteur en scène français y reprend les mêmes injections vidéographiques, avec, entre autres, des gros plans sur les visages. Si dans le drame shakespearien, le dispositif mettait efficacement l’accent sur les tourments et les ruses d’Hamlet, le procédé tend à faire glisser la parabole morale du singspiel beethovénien vers une caractérisation plus naturaliste que corrobore l’actualisation du cadre de la geôle vers une prison contemporaine d’allure américaine et aseptisée, dessinée par Valérie Grall et rehaussée par les lumières de Julien Boizard, avec un vestiaire à l’avenant, conçu par Marie La Rocca. Le concept ne manque pas de trouvailles pertinentes, à l’exemple du prologue où l’on voit Leonore se muer en Fidelio par le renoncement à sa féminité extérieure, en se coupant les cheveux, ou encore dans le retournement de la caméra vers Pizarro, véritable arme qui démasquera le tortionnaire. Mais le rappel de la violence carcérale gratuite sur Florestan dans l’introduction, ou encore le meurtre transposé sur une table d’injection létale, prennent le parti d’un naturalisme qui, par ailleurs, émousse parfois la théâtralité symbolique du livret et de la musique. La cohérence relative du spectacle a cependant le mérite d’atténuer la teneur surannée du vaudeville au premier acte. La force de l’universalisme irradiant du message de Fidelio n’a pas nécessairement besoin de réalisme.

Annoncée souffrante pour les deux premières représentations, Siobhan Stagg mime le rôle de Leonore tandis que, depuis la fosse, Jacquelyn Wagner restitue la partie vocale. On ne saurait que saluer à la fois l’engagement théâtral de la première et celui, musical, de la seconde, sans oublier la coordination des deux. L’équilibre entre la vaillance et l’homogénéité de la voix sert une incarnation  crédible, à fleur de sentiment. Mais c’est peut-être le Florestan de Michael Spyres qui était le plus attendu. Désormais estampillé « bariténor », l’Américain, dont on a régulièrement salué la robustesse autant que le sens du style et la qualité de la diction dans le répertoire français, fait valoir ces mêmes qualités dans le héros beethovénien. La grande scène du début de deuxième acte, dans le cachot, se distingue par un saisissant crescendo dans le réveil de l’espérance, sensible dans l’évolution de l’émission et de la texture.

Albert Dohmen résume une certaine bonhomie émérite, où la vérité du caractère prime, non sans justesse dramatique, sur la bravoure technique. Le Pizarro de Gabor Bretz contraste avec une noirceur mordante qui condense toute la cruauté du geôlier. Christian Immler assume l’autorité équitable et souveraine du gouverneur Don Fernando. Mari Eriksmoen se garde, avec une appréciable fraîcheur, d’accentuer inutilement les minauderies amoureuses de Marcelline, face au Jaquino à la franchise un rien rustique de Linard Vrielink. Sous la houlette de Raphaël Pichon, les effectifs de Pigmalion soulignent la vigueur de la partition, qui font oublier quelques menues scories ça et là dans les vents. Les discrets bruitages voulus pour les dialogues dans l’esprit théâtral du singspiel prennent plutôt l’allure d’un murmure pseudo-réaliste qui sacrifie aux parasitages numériques. L’essentiel réside cependant dans les couleurs et l’architecture de l’écriture de Beethoven, dont on retrouve ici l’essentiel, avec une vitalité évidente. Prima la musica…

Les artistes

Fidelio / Leonore : Siobhan Stagg / Jacquelyn Wagner 
Marcelline : Mari Eriksmoen 
Florestan : Michael Spyres 
Rocco : Albert Dohmen 
Don Pizarro : Gabor Bretz 
Don Fernando : Christian Immler 
Jaquino : Linard Vrielink 

Raphaël Pichon : direction musicale
Cyril Teste : mise en scène

Le programme

Fidelio

Opéra en deux actes de Beethoven, livret de Josef Sonnleithner, Stephan von Breuning et Georg Friedrich Treitschke, créé au Kärtnertortheater, Vienne, le 23 mai 1814.

Représentation du 27 septembre 2021, Opéra-Comique (Paris). 

image_printImprimer
BeethovenMichael Spyres
0 commentaires 3 FacebookTwitterPinterestEmail
Gilles Charlassier

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Instant Lyrique, Michael Spyres ou la fraicheur des Nuits d’été à la salle Gaveau
prochain post
La Princesse jaune/Djamileh : exotisme épuré et inspiré pour un doublé Saint-Saëns/Bizet à Tours

Vous allez aussi aimer...

Le Chevalier de Saint-George enfin de retour en...

16 octobre 2026

Chronique d’un féminicide annoncé : l’Opéra de Nancy ouvre...

16 octobre 2026

Roméo et Juliette à La Monnaie : le...

14 octobre 2026

Même sans mariage, de charmantes Noces de Figaro...

14 octobre 2026

Opéra de Rome : un Falstaff milanais, mental et...

13 octobre 2026

Tarare de Salieri (1787) : un cas rare...

13 octobre 2026

Le Requiem de Verdi selon Jérémie Rhorer :...

11 octobre 2026

Gala de l’Opéra royal de Versailles aux Concerts...

11 octobre 2026

Le Crépuscule des dieux de Wagner à Bastille...

10 octobre 2026

« Faute et Pardon » au Festival Verdi 2027 de...

10 octobre 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE ASSOURDISSANT DU MONDE LYRIQUE

    7 octobre 2026

En bref

  • Ça s’est passé il y a 100 ans : création de Háry János de Zoltán Kodály

    16 octobre 2026
  • Les brèves d’octobre –

    14 octobre 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de septembre –
    L’inaltérable modernité des chefs-d’œuvre

    7 octobre 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Alain dans Le Chevalier de Saint-George enfin de retour en son royaume, à Versailles
  • À Nancy, Otello ouvre la saison dans une mise en scène contemporaine - Nancy Évasion dans Chronique d’un féminicide annoncé : l’Opéra de Nancy ouvre sa saison avec Otello
  • Olivier Sarde dans In memoriam – MARTINA ARROYO (1937-2026), la voix verdienne…
  • Mirabelle dans Le Chevalier de Saint-George enfin de retour en son royaume, à Versailles
  • Dorian dans Le Chevalier de Saint-George enfin de retour en son royaume, à Versailles

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Le Chevalier de Saint-George enfin de...

16 octobre 2026

Chronique d’un féminicide annoncé : l’Opéra de...

16 octobre 2026

Roméo et Juliette à La Monnaie...

14 octobre 2026