À la une
Les brèves de juin –
Le Chant de la Terre au TCE : la Fin...
RENÉ BARBERA : « Peu importe l’apparence des costumes ou des décors...
Mozart entre comédie, Orient et Lumières : un Enlèvement au...
Redécouvrir Brundibar
Saison 2026-27 de l’Opéra Orchestre national de Montpellier
RENÉ BARBERA: “No matter what the costumes or sets look...
ADDIO DEL PASSATO, LOL
Odéon de Marseille : Les Noces de Figaro, de Beaumarchais...
Ça s’est passé il y a 200 ans : mort Carl...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

ProductionCompte rendu

Le Docteur Miracle de Charles Lecocq au Studio Marigny

par Stéphane Lelièvre 27 septembre 2019
par Stéphane Lelièvre 27 septembre 2019
0 commentaires 0FacebookTwitterPinterestEmail
2,K

Photos : Copyright Julien Benhamou

Le Docteur Miracle de Bizet fait parfois l’objet de reprises et est donc (assez) bien connu, d’autant que l’œuvre est également disponible en CD (C. Eda-Pierre, R. Massard, R. Corazza, dir. B. Amaducci, Opera d’Oro ; ou M.B. Souquet, I. Druet, J. Billy, P.Y. Pruvot, dir. S. Jean, Timpani). La version de Charles Lecocq est beaucoup moins célèbre, bien que le compositeur ait partagé avec Bizet le premier prix du concours d’opérettes organisé par Offenbach en 1856.

C’est très injuste : certes, l’inspiration mélodique est parfois un peu courte, et le compositeur charmera son public par des airs plus immédiatement séduisants dans Giroflé-Girofla (1862), Fleur-de-thé (1868), Les Cent Vierges (1872), Le Petit Duc (1878), Le Cœur et la main (1882), ou bien sûr La Fille de Madame Angot (1872). Mais la partition est, dans son ensemble, vraiment de qualité, le musicien faisant notamment preuve d’un réel talent dans la construction des ensembles (le trio qui ouvre l’œuvre, l’ensemble – hilarant – de l’omelette, le finale) et dans la composition de pages capables de proposer un équivalent musical à l’humour souvent désopilant du livret de Ludovic Halévy et Léon Battu.

Mais s’il faut absolument aller voir ce Docteur Miracle, c’est avant tout pour la qualité du spectacle offert par Bru Zane France, l’Opéra de Tours et celui de Saint-Étienne qui le coproduisent. Pas d’orchestre pour ces représentations mais un piano vif, coloré, et subtil, tenu par l’excellent Martin Surot.

Les chanteurs rassemblés ont les moyens vocaux propres à défendre ce répertoire : clarté de la diction (une qualité absolument indispensable pour rendre justice à l’humour du livret), musicalité, bagage technique suffisant. Le rôle de Laurette, notamment, est un peu plus exposé que les autres : Makeda Monnet se sort très bien des vocalises ou aigus dont son rôle est parsemé, et elle fait un louable effort pour nuancer sa ligne de chant.

Makeda Monnet et David Ghilardi

Laura Neumann est irrésistible en Véronique, femme lassée de son mari, dévorée par sa libido et plus ou moins jalouse de sa belle-fille. La voix est clairement projetée et un soupçon de gouaille lié à une excellente prononciation font de son « Ni vu, ni connu » un moment très drôle. La voix légère de David Ghilardi est conduite avec élégance dans le beau duo « Viens, suis-moi, là-bas est le bonheur », mais l’interprète brille aussi par des talents de comédien exceptionnels. Son numéro de domestique idiot est absolument irrésistible.

David Ghilardi et Laurent Deleuil

Enfin, Laurent Deleuil, en Podestat, fait valoir un très beau timbre, un phrasé soigné et, là encore, une prononciation parfaitement claire. La prosopopée dans laquelle il donne la parole à son omelette sur le mode héroï-comique (« Je suis ton déjeuner fidèle, viens, je t’attends, viens je t’appelle ! » – l’Orphée de Gluck n’est pas loin : « C’est ton époux fidèle, / Entends ma voix qui t’appelle ! ») est un modèle d’interprétation musicale humoristique.

Tous ces artistes se démènent comme des beaux diables une heure durant, incroyablement impliqués dans cette petite œuvre charmante à laquelle ils communiquent une énergie contagieuse, grâce à Pierre Lebon qui non seulement joue l’assistant du Docteur Miracle mais signe également une mise en scène survoltée et pleine d’humour. En témoignent les rires incessants du public et l’accueil enthousiaste que celui-ci réserve à tous les artistes à la fin du spectacle.

Il reste encore deux représentations : samedi 28 et dimanche 29 septembre. À ne pas rater !

Les artistes

Le Podestat : Laurent Deleuil
Le Capitaine Sivio : David Ghilardi
Véronique : Laura Neumann
Laurette : Makeda Monnet
Assistant du Docteur
Miracle : Pierre Lebon
Piano: Martin Surot
Mise en scène : Pierre Lebon

Le programme

Studio Marigny, représentation du vendredi 27 septembre 2019

image_printImprimer
0 commentaires 0 FacebookTwitterPinterestEmail
Stéphane Lelièvre

Stéphane Lelièvre est maître de conférences en littérature comparée, responsable de l’équipe « Littérature et Musique » du Centre de Recherche en Littérature Comparée de la Faculté des Lettres de Sorbonne-Université. Il a publié plusieurs ouvrages et articles dans des revues comparatistes ou musicologiques et collabore fréquemment avec divers opéras pour la rédaction de programmes de salle (Opéra national de Paris, Opéra-Comique, Opéra national du Rhin,...) Il est co-fondateur et rédacteur en chef de Première Loge.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
À Bordeaux, Jacques Offenbach, Marc Minkowski et Vincent Huguet règlent leurs Contes, pour la plus grande joie du public
prochain post
Jessye Norman (15 septembre 1945 – 30 septembre 2019) : Habe Dank !

Vous allez aussi aimer...

Le Chant de la Terre au TCE :...

7 juin 2026

Mozart entre comédie, Orient et Lumières : un...

6 juin 2026

Redécouvrir Brundibar

6 juin 2026

ADDIO DEL PASSATO, LOL

6 juin 2026

Odéon de Marseille : Les Noces de Figaro,...

6 juin 2026

La Cenerentola au Palais Garnier, ou comment s’enflammer...

4 juin 2026

Découvrir le pansori coréen à l’Opéra de Montpellier

2 juin 2026

Berne, L’Agamennone – L’opéra d’Eschyle selon Sciarrino

1 juin 2026

Nice : Une Traviata qui crée l’événement grâce...

1 juin 2026

À Tours,  La Fille du régiment fait monter...

1 juin 2026

Humeurs

  • Covent Garden et la Monnaie de Bruxelles solidaires de Paata Burchuladze

    14 mai 2026

En bref

  • Les brèves de juin –

    7 juin 2026
  • La vidéo du mois : Felicity Lott et Hermann Prey chantent Intermezzo

    1 juin 2026

La vidéo du mois

Édito

  • L’été des festivals : la parenthèse enchantée qu’attendent tous les lyricophiles !

    3 juin 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Eva Risteg dans Mozart entre comédie, Orient et Lumières : un Enlèvement au sérail convaincant au TCE
  • meyer frederic dans Mozart entre comédie, Orient et Lumières : un Enlèvement au sérail convaincant au TCE
  • Andreieff dans Nice : Une Traviata qui crée l’événement grâce à son interprète et à la direction d’orchestre
  • meyer frederic dans Ça s’est passé il y a 200 ans : mort Carl Maria von Weber
  • André Dion dans In memoriam : Jean-Philippe COURTIS (1951-2026)

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Le Chant de la Terre au...

7 juin 2026

Mozart entre comédie, Orient et Lumières...

6 juin 2026

Redécouvrir Brundibar

6 juin 2026