À la une
Le bal du Mardi Gras : seconde distribution d’Un ballo in...
Elle aurait 100 ans aujourd’hui : RITA GORR
Entre moquerie et mélancolie : Le Falstaff de Laurent Pelly...
Fenice : Traviata, anatomie d’un drame
Versailles – Pigmalion était une femme…
Ariane et Barbe-Bleue au Teatro Real de Madrid : après l’avoir...
Après Marseille, Les Brigands (I masnadieri) assiègent Madrid !
TCE : La tempête ravageuse d’une Médée ressuscitée
Création à Milan de la Marina du jeune Giordano
Nadine Sierra à la Salle Gaveau, « J’adore »
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Vu pour vous

Marina Viotti et Gabriel Bianco à la Sainte-Chapelle : la classe !

par Stéphane Lelièvre 30 avril 2023
par Stéphane Lelièvre 30 avril 2023

© Première Loge

© Première Loge

0 commentaires 2FacebookTwitterPinterestEmail
1,6K

En 2020, en pleine période de confinement, Gabriel Bianco et Marina Viotti avaient créé la surprise en proposant un étonnant récital voix/guitare (toujours visible sur Youtube), qui avait enthousiasmé Sabine Teulon-Lardic à la fois pour l’originalité du programme et la qualité de l’interprétation. Trois ans plus tard, les mêmes interprètes reviennent à la rencontre du public, par le biais d’un disque (Porque existe otro querer) mais aussi d’un concert donné hier à la Sainte Chapelle, dans le cadre du Paris Opera Festival. Le charme opère de nouveau, la présence physique des artistes et la relation chaleureuse, intime qu’ils parviennent à établir avec le public, apportant encore un surcroît d’émotion par rapport au concert virtuel de 2020…

Le programme qui se veut un hommage à l’Amour sous toutes ses formes, fait voyager le spectateur de la France (Fauré) à l’Espagne et l’Amérique latine (de Falla, Torroba, Almarán, Carrillo), avec comme point de bascule la « Nuit d’Espagne » de Massenet. En superbe voix, Marina Viotti confère aux pages de la seconde partie du concert une hispanité plus vraie que nature, et convainc aussi bien dans le registre pathétique (la tristesse amoureuse « Asuriana ») que dans la douceur de la berceuse « Nana » ou l’évocation de la douleur amoureuse de la dernière chanson de de Falla (« Polo »), où, pour donner corps au désespoir tragique qui saisit la narratrice, la voix prend soudainement de superbes couleurs telluriques, âpres et rugueuses. Ce volet « hispanisant » contraste de façon très bienvenue avec la première partie du concert : la voix de Marina Viotti se glisse dans les mélodies de Fauré comme dans un gant, avec un naturel et une simplicité déconcertants. La chanteuse fait preuve dans ce répertoire d’un goût parfait : les nuances, discrètes et toujours subtilement expressives, colorent une ligne de chant par ailleurs toujours impeccable ; la diction, précise sans jamais être précieuse, accentue tel mot, telle syllabe, avec la même efficacité discrète et raffinée, qui donne l’impression que la chanteuse ne chante que pour vous et pour vous seul. De toute évidence, Marina Viotti a beaucoup à dire dans le répertoire de la mélodie : puisse-t-elle avoir d’autres occasions de pousser plus avant l’exploration de ce domaine !

Gabriel Bianco s’est quant à lui révélé un partenaire idéal de charme, de musicalité, de complicité. Toujours attentif à la chanteuse et soucieux d’établir un vrai dialogue musical avec elle, il a également brillé dans quelques pièces où il est intervenu seul : la Gnossienne n°1 de Satie a notamment été un pur moment d’émotion, les sonorités claires et limpides de la guitare apportant à cette célèbre pièce une tendresse, une fragilité, une émotion incomparables. Le silence du public alors que le guitariste conclut son interprétation dans un pianissimo recueilli, comme s’il éteignait lentement, progressivement la lumière d’une salle avant de la quitter, est un signe tangible de l’émotion suscitée par son interprétation.

Au public conquis, les artistes proposent deux bis : une Chanson des vieux amants (Brel) bouleversante d’émotion contenue et de simplicité, et une Danza de Rossini d’une classe et d’une espièglerie étourdissantes : dépourvue de toute grimace vocale ou physique, de graves outrageusement poitrinés ou d’aigus passés en force, de rallentando intempestif, de surarticulation ou d’agressivité dans l’émission censées tenir lieu d’expressivité, la mélodie se déploie avec fraîcheur, grâce, naturel, et retrouve enfin l’irrésisitible entrain qui est le sien. Exemplaire.

Vous souhaitez prolonger le plaisir de ce concert ? Ou vous consoler de n’avoir pu y assister ? Le CD Publié par Aparté est pour vous ! Vous y trouverez, à quelques nuances près, le même programme, enrichi de quelques pages supplémentaires…

Les artistes

Marina Viotti, mezzo-soprano
Gabriel Bianco, guitare

Le programme

Porque existe otro querer

Œuvres de Fauré, de Falla, Rossini, Brel, Massenet, Carrillo, Torroba, Almarán, Satie, Halimi.
Paris, Sainte-Chapelle, Concert du samedi 29 avril 2023

image_printImprimer
Marina ViottiGabriel Bianco
0 commentaires 2 FacebookTwitterPinterestEmail
Stéphane Lelièvre

Stéphane Lelièvre est maître de conférences en littérature comparée, responsable de l’équipe « Littérature et Musique » du Centre de Recherche en Littérature Comparée de la Faculté des Lettres de Sorbonne-Université. Il a publié plusieurs ouvrages et articles dans des revues comparatistes ou musicologiques et collabore fréquemment avec divers opéras pour la rédaction de programmes de salle (Opéra national de Paris, Opéra-Comique, Opéra national du Rhin,...) Il est co-fondateur et rédacteur en chef de Première Loge.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
CARMEN à l’Opéra Comique – Lost in translation
prochain post
À Dijon, une Armide de Lully écartelée entre tradition et modernité

Vous allez aussi aimer...

Le bal du Mardi Gras : seconde distribution d’Un...

18 février 2026

Entre moquerie et mélancolie : Le Falstaff de...

17 février 2026

Fenice : Traviata, anatomie d’un drame

17 février 2026

Versailles – Pigmalion était une femme…

17 février 2026

Ariane et Barbe-Bleue au Teatro Real de Madrid :...

16 février 2026

Après Marseille, Les Brigands (I masnadieri) assiègent Madrid...

15 février 2026

TCE : La tempête ravageuse d’une Médée ressuscitée

15 février 2026

Création à Milan de la Marina du jeune...

15 février 2026

Nadine Sierra à la Salle Gaveau, « J’adore...

14 février 2026

De l’eau aux assoiffés ! Tristan et Isolde à...

14 février 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : quatre mois déjà

    2 février 2026

En bref

  • Les brèves de février –

    11 février 2026
  • La vidéo du mois – Anne Sofie von Otter chante Göttingen de Barbara

    5 février 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Quand l’audace lyrique se joue loin de Paris…

    6 février 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Fabrice del Dongo dans TCE : La tempête ravageuse d’une Médée ressuscitée
  • Marc Dumont dans TCE : La tempête ravageuse d’une Médée ressuscitée
  • Fabrice del Dongo dans TCE : La tempête ravageuse d’une Médée ressuscitée
  • Marc Dumont dans TCE : La tempête ravageuse d’une Médée ressuscitée
  • F Valentin dans TCE : La tempête ravageuse d’une Médée ressuscitée

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Le bal du Mardi Gras : seconde...

18 février 2026

Entre moquerie et mélancolie : Le...

17 février 2026

Fenice : Traviata, anatomie d’un drame

17 février 2026