À la une
Zampa d’Hérold : le fantastique versus opéra-comique
Les brèves d’octobre –
Oliver Mears : « Il est bon de susciter des...
Roméo et Juliette à la Philharmonie : Klaus Mäkelä et...
OLIVER MEARS: “ It’s good to provoke different opinions ”
Fuoco di gioia 2026 : musique et solidarité au Festival...
Festival Verdi de Parme : présentation d’une biographie du maître...
CD – Agathe Peyrat, reine de la nuit
CD – Touché par la grâce, l’ensemble Gli Angeli Genève...
Brahms, Robert et Clara Schumann, Schubert et Strauss : le...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Subscribe our Newsletter for latest news.

CDMédiathèqueVu pour vous

CD – Madonna della grazia par l’Ensemble Il Caravaggio

par Marc Dumont 31 mars 2021
par Marc Dumont 31 mars 2021
0 commentaires 1FacebookTwitterPinterestEmail
3,4K

Sacré ? Profane ? Le titre même du programme semble faire pencher vers le premier terme, tant l’image de la Madonne est omniprésente. « Une fusion de l’humain et du sacré », dit Anna Reinhold dans le passionnant livret. C’est à un chemin musical fait des plus grands contrastes que nous convient les musiciens de l’ensemble Il Caravaggio. De la pureté de la Vierge Marie aux allusions les plus crues, avec le cul de Cicerenella mia. Des moments apaisés, quasi hors du temps, alternent avec des rythmes endiablés qui nous entraînent dans des danses populaires furieuses.

Ce programme autour de la Madonne de Grâce, titre d’une tarentelle anonyme endiablée, n’est pas un chemin de roses : une mère assiste à la mort de son fils ; une jeune femme déplore l’infidélité d’un amant parjure devenu glacial ; et les roses évoquées dans In sanguine gloria de la compositrice Leonarda sont teintées de rouge sang (« ton sang est plein de roses »).

Le Stabat Mater de Sances qui ouvre le disque nous plonge dans la fêlure d’une partition, la douleur infinie de la mère de Jésus au pied de la croix, les arrachements rythmés par un théorbe complice de la mélancolie. L’Alma redemptoris recèle une inquiétude plus qu’une confiance. Le Lamento della Ninfa, qui n’est pas celui de Monteverdi mais d’Antonio Brunelli, nous fait changer de climat, ouvrant la porte vers des espaces plus populaires, ceux de Cicerenella mia et du Canto delle Lavandaie superbement interprété par… Camille Delaforge elle-même.

Enfin, tout nous mène vers l’air célèbre qui clôt l’enregistrement, Hor ch’é tempo di dormire de Merula, où l’ostinato des cordes pincées offre un écrin précieux et contrasté à la voix d’Anna Reinhold. Si la version de Montserrat Figueras (1992, avec Jordi Savall) était un baume, si celle de Maria-Christina Kiehr (1998, avec Jean Tubéry) était un rêve magique, celle-ci est un drame, celui de la mère qui, tout en berçant son enfant, entrevoit sa destinée fatale. 

Voilà un parcours original, une sorte de labyrinthe d’amour marial italien, exigeant ; car si la Passion des Abruzze (relevée par Giovanna Marini) fait entendre des mélismes orientaux sur un bourdon médiéval, Guilhem Worms chante, monocorde, le désespoir de Marie le jeudi Saint. Il en va de même pour l’Ave Maris Stella, anonyme, dépouillé, là aussi sur un seul bourdon.  La voix y est à son meilleur, malgré une prononciation italienne peu idiomatique. Ailleurs, on aurait souhaité plus de grâce et d’homogénéité dans la voix du chanteur, qui révèle quelques  limites dans les notes de passage…
Cela nous met face au regret que suscite cet enregistrement : pourquoi accorder tant de place à la voix masculine dans un programme dédié aux femmes ? La présence d’Anna Reinhold est trop rare – même si elle semble parfois un peu moins à l’aise que d’habitude…

Reste cette impression d’un voyage vers un ailleurs intérieur, distillé grâce au cheminement musical et au jeu sur les couleurs instrumentales, malgré le violon un peu acide de Fiona-Emilie Poupard. Depuis son clavecin ou son orgue, Camille Delaforge passe de la subtilité à la vélocité et entraine son ensemble à jouer sur les contrastes. Il Caravaggio porte bien son nom

Les artistes

Anna Reinhold   mezzo-soprano
Guilhem Worms   baryton-basse
Robin Summa   baryton
Ensemble Il Caravaggio, dir. Camille Delaforge

Le programme

Ouvres de Strozzi, Cavalli, Merula, Rigatti, Leonarda ; oeuvres anonymes.

1 CD Klarthe Records

image_printImprimer
0 commentaires 1 FacebookTwitterPinterestEmail
Marc Dumont

Passionné par l’Histoire et la Musique, Marc Dumont a présenté des centaines de concerts et animé de multiples émissions à Radio France de 1985 à 2014. Il se consacre à des conférences et animations, rédige actuellement un livre où Musiques et Histoire se croisent sans cesse, et propose des « Invitations aux Voyages », qui sont des rencontres autour de deux invités, en vidéo.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Sophie Koch : bientôt Sieglinde !
prochain post
Phryné inédite enregistrée à l’Opéra de Rouen

Vous allez aussi aimer...

Zampa d’Hérold : le fantastique versus opéra-comique

24 octobre 2026

Roméo et Juliette à la Philharmonie : Klaus...

22 octobre 2026

Fuoco di gioia 2026 : musique et solidarité...

20 octobre 2026

Festival Verdi de Parme : présentation d’une biographie...

20 octobre 2026

CD – Agathe Peyrat, reine de la nuit

20 octobre 2026

CD – Touché par la grâce, l’ensemble Gli...

20 octobre 2026

Brahms, Robert et Clara Schumann, Schubert et Strauss...

19 octobre 2026

A Festival Verdi presentazione di una biografia documentaria...

19 octobre 2026

Aida est la nouvelle papesse d’Avignon et elle...

19 octobre 2026

Fuoco di gioia 2026: musica e solidarietà a...

19 octobre 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE ASSOURDISSANT DU MONDE LYRIQUE

    7 octobre 2026

En bref

  • Les brèves d’octobre –

    24 octobre 2026
  • Ça s’est passé il y a 100 ans : création de Háry János de Zoltán Kodály

    16 octobre 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de septembre –
    L’inaltérable modernité des chefs-d’œuvre

    7 octobre 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Sandra Bonazzi dans A Festival Verdi presentazione di una biografia documentaria del compositore        
  • Michel Bettane dans Roméo et Juliette à la Philharmonie : Klaus Mäkelä et l’Orchestre de Paris au cœur du drame berliozien
  • LAVIGNE Jean-François dans Roméo et Juliette à la Philharmonie : Klaus Mäkelä et l’Orchestre de Paris au cœur du drame berliozien
  • LE DICTIONNAIRE DE PREMIÈRE LOGE ~ N-Z |... dans LE DICTIONNAIRE DE PREMIÈRE LOGE ~ N-Z
  • LE DICTIONNAIRE DE PREMIÈRE LOGE ~ A-M |... dans LE DICTIONNAIRE DE PREMIÈRE LOGE ~ A-M

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Zampa d’Hérold : le fantastique versus opéra-comique

24 octobre 2026

Roméo et Juliette à la Philharmonie...

22 octobre 2026

Fuoco di gioia 2026 : musique...

20 octobre 2026