À la une
La colline verte n’a pas fini de rougir — L’affaire...
Les Deux Pêcheurs au Théâtre du Châtelet, une amitié qui fait...
Les opéras du monde – Bayerische Staatsoper, l’âme lyrique de...
Le nozze di Teti e Peleo : quand la Discorde...
Le dernier scandale de Monteverdi : Poppea, influenceuse de l’Empire...
Daniel-François-Esprit AUBER : un maître de l’opéra romantique à redécouvrir
Maggio Musicale Fiorentino – et 89e Festival del Maggio :...
Maggio Musicale Fiorentino: la ricca Stagione 2027, compreso l’89° Festival...
Le siège de Corinthe : 1826-2026Pour en savoir plus sur le...
Le Requiem de Verdi à Bordeaux : l’audace d’une autre...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

CDMédiathèqueVu pour vous

CD – Madonna della grazia par l’Ensemble Il Caravaggio

par Marc Dumont 31 mars 2021
par Marc Dumont 31 mars 2021
0 commentaires 1FacebookTwitterPinterestEmail
2,8K

Sacré ? Profane ? Le titre même du programme semble faire pencher vers le premier terme, tant l’image de la Madonne est omniprésente. « Une fusion de l’humain et du sacré », dit Anna Reinhold dans le passionnant livret. C’est à un chemin musical fait des plus grands contrastes que nous convient les musiciens de l’ensemble Il Caravaggio. De la pureté de la Vierge Marie aux allusions les plus crues, avec le cul de Cicerenella mia. Des moments apaisés, quasi hors du temps, alternent avec des rythmes endiablés qui nous entraînent dans des danses populaires furieuses.

Ce programme autour de la Madonne de Grâce, titre d’une tarentelle anonyme endiablée, n’est pas un chemin de roses : une mère assiste à la mort de son fils ; une jeune femme déplore l’infidélité d’un amant parjure devenu glacial ; et les roses évoquées dans In sanguine gloria de la compositrice Leonarda sont teintées de rouge sang (« ton sang est plein de roses »).

Le Stabat Mater de Sances qui ouvre le disque nous plonge dans la fêlure d’une partition, la douleur infinie de la mère de Jésus au pied de la croix, les arrachements rythmés par un théorbe complice de la mélancolie. L’Alma redemptoris recèle une inquiétude plus qu’une confiance. Le Lamento della Ninfa, qui n’est pas celui de Monteverdi mais d’Antonio Brunelli, nous fait changer de climat, ouvrant la porte vers des espaces plus populaires, ceux de Cicerenella mia et du Canto delle Lavandaie superbement interprété par… Camille Delaforge elle-même.

Enfin, tout nous mène vers l’air célèbre qui clôt l’enregistrement, Hor ch’é tempo di dormire de Merula, où l’ostinato des cordes pincées offre un écrin précieux et contrasté à la voix d’Anna Reinhold. Si la version de Montserrat Figueras (1992, avec Jordi Savall) était un baume, si celle de Maria-Christina Kiehr (1998, avec Jean Tubéry) était un rêve magique, celle-ci est un drame, celui de la mère qui, tout en berçant son enfant, entrevoit sa destinée fatale. 

Voilà un parcours original, une sorte de labyrinthe d’amour marial italien, exigeant ; car si la Passion des Abruzze (relevée par Giovanna Marini) fait entendre des mélismes orientaux sur un bourdon médiéval, Guilhem Worms chante, monocorde, le désespoir de Marie le jeudi Saint. Il en va de même pour l’Ave Maris Stella, anonyme, dépouillé, là aussi sur un seul bourdon.  La voix y est à son meilleur, malgré une prononciation italienne peu idiomatique. Ailleurs, on aurait souhaité plus de grâce et d’homogénéité dans la voix du chanteur, qui révèle quelques  limites dans les notes de passage…
Cela nous met face au regret que suscite cet enregistrement : pourquoi accorder tant de place à la voix masculine dans un programme dédié aux femmes ? La présence d’Anna Reinhold est trop rare – même si elle semble parfois un peu moins à l’aise que d’habitude…

Reste cette impression d’un voyage vers un ailleurs intérieur, distillé grâce au cheminement musical et au jeu sur les couleurs instrumentales, malgré le violon un peu acide de Fiona-Emilie Poupard. Depuis son clavecin ou son orgue, Camille Delaforge passe de la subtilité à la vélocité et entraine son ensemble à jouer sur les contrastes. Il Caravaggio porte bien son nom

Les artistes

Anna Reinhold   mezzo-soprano
Guilhem Worms   baryton-basse
Robin Summa   baryton
Ensemble Il Caravaggio, dir. Camille Delaforge

Le programme

Ouvres de Strozzi, Cavalli, Merula, Rigatti, Leonarda ; oeuvres anonymes.

1 CD Klarthe Records

image_printImprimer
0 commentaires 1 FacebookTwitterPinterestEmail
Marc Dumont

Passionné par l’Histoire et la Musique, Marc Dumont a présenté des centaines de concerts et animé de multiples émissions à Radio France de 1985 à 2014. Il se consacre à des conférences et animations, rédige actuellement un livre où Musiques et Histoire se croisent sans cesse, et propose des « Invitations aux Voyages », qui sont des rencontres autour de deux invités, en vidéo.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Sophie Koch : bientôt Sieglinde !
prochain post
Phryné inédite enregistrée à l’Opéra de Rouen

Vous allez aussi aimer...

Les Deux Pêcheurs au Théâtre du Châtelet, une...

24 juin 2026

Le nozze di Teti e Peleo : quand...

23 juin 2026

Le dernier scandale de Monteverdi : Poppea, influenceuse...

22 juin 2026

Le Requiem de Verdi à Bordeaux : l’audace...

21 juin 2026

Rendez-vous annuel : la Folle soirée de Radio Classique...

20 juin 2026

Juan Diego Flórez à Bordeaux : le portrait...

20 juin 2026

Naples, Adriana Lecouvreur : Et l’ombre de Magda Olivero...

19 juin 2026

Tosca à Bruxelles : Scarpia, le parfait Salo ?

19 juin 2026

Amour, gloire et beauté à Rouen : Robert Carsen...

19 juin 2026

Un Couronnement de Poppée très contemporain à l’Opéra...

17 juin 2026

Humeurs

  • La colline verte n’a pas fini de rougir —
    L’affaire Friedman et les fantômes de Bayreuth : le festival Wagner bute sur son passé antisémite

    26 juin 2026

En bref

  • Les brèves de juin –

    19 juin 2026
  • Ça s’est passé il ya 200 ans : création de Don Gregorio de Gaetano Donizetti

    11 juin 2026

La vidéo du mois

Édito

  • L’été des festivals : la parenthèse enchantée qu’attendent tous les lyricophiles !

    3 juin 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Sabine Teulon Lardic dans La colline verte n’a pas fini de rougir —
    L’affaire Friedman et les fantômes de Bayreuth : le festival Wagner bute sur son passé antisémite
  • Marc Dumont dans Bach (Cantates II : Actus tragicus) à Versailles : le souffle profond de Gardiner
  • Maurice Dinard dans Bach (Cantates II : Actus tragicus) à Versailles : le souffle profond de Gardiner
  • Ngus dans La Vie parisienne au Châtelet, ou la joyeuse basse-cour ! 
  • Stéphane Lelièvre dans Opéra Bastille, La traviata toujours : Pretty Yende retrouve la production de ses débuts dans le rôle de Violetta

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Les Deux Pêcheurs au Théâtre du...

24 juin 2026

Le nozze di Teti e Peleo...

23 juin 2026

Le dernier scandale de Monteverdi :...

22 juin 2026