Saison 2026-2027 à l’OPÉRA DE DIJON : une programmation enthousiasmante qui fait le grand écart entre le répertoire baroque et celui du XXe siècle

Parmi les nouvelles saisons lyriques que les théâtres dévoilent une à une depuis le début du mois de mai, celle de l’opéra de Dijon se distingue par bon nombre de raretés baroques et une large place faite au répertoire du XXe siècle. Tous les publics devraient y trouver l’occasion de se donner rendez-vous à l’auditOrium Robert-Poujade.

Nouvelle édile (les dernières élections municipales ont confirmé le souhait des Dijonnais de voir Nathalie Koenders succéder à François Rebsamen) et nouvelle directrice générale et artistique à la tête de l’Opéra (après avoir remplacé Dominique Pitoiset en juillet 2025, Antonella Zedda présente sa première saison entièrement de son cru) : c’est dans une atmosphère profondément renouvelée que l’institution lyrique bourguignonne vient de rendre public le détail de sa prochaine saison 2026-2027.

Si cette dernière ne compte que quatre titres lyriques présentés en version scénique, ce ne sont pas moins de seize spectacles qui – étalés de septembre à juin – seront susceptibles d’attiser la curiosité des amateurs de musique vocale.

Dans la continuité de choix artistiques posés il y a déjà quelques années, l’opéra de Dijon fera une large place au répertoire des XVII et XVIIIe siècles en proposant un équilibre subtil entre des œuvres appréciées du grand public (le Requiem de Mozart, les Indes galantes de Jean-Philippe Rameau) et des raretés que de nombreux amateurs de musique baroques seront curieux de découvrir sur scène, fut-ce en version de concert (La Morte d’Orfeo de Stefano Landi, Riccardo Primo de Haendel, Ercole amante de Francesco Cavalli et, surtout, L’Avare de Francesco Gasparini adapté de la pièce homonyme de Molière).

Le répertoire du XXe siècle se taille lui aussi la part du lion dans la prochaine saison dijonnaise avec notamment une nouvelle production scénique d’Ariane à Naxos (Richard Strauss), le cycle du Chant de la terre (Gustav Mahler) et une œuvre plus légère d’Ástor Piazzolla intitulée María de Buenos Aires. Francis Poulenc, Samuel Barber et Arvo Pärt (réuni dans un programme pour chœur a cappella intitulé Messa !) ne seront pas oubliés, non plus que Leonard Bernstein et Stephen Sondheim qui fourniront une bonne part du programme du concert Nouvel an à Broadway.

Pour n’oublier aucun public, un opéra de poche intitulé Carrousel (autour du répertoire de Jacques Offenbach) s’adressera plus particulièrement aux enfants tandis que Carmen case, inspiré du chef d’œuvre de Bizet, apportera sa contribution à la réflexion sociétale autour des féminicides au travers de la reconstitution du procès de Don José.

L’ottocento est le grand sacrifié de cette riche saison dijonnaise : pour s’en consoler, les amateurs de bel canto se précipiteront applaudir Cenerentola (Rossini) dans une nouvelle production scénique coproduite avec l’Opéra national du Rhin.

Parmi les artistes et les formations invitées, on retrouvera cette saison à Dijon tout le gratin de la musique baroque : Les Arts Florissants dirigés par Paul Agnew (Riccardo Primo), Le Poème Harmonique de Vincent Dumestre (L’Avare), la Cappella Mediterranea de Leonardo García-Alarcón (Ercole amante) … sans oublier Les Talens Lyriques et Christophe Rousset (Les Indes galantes) !

Côté voix, c’est à Dijon qu’il faudra se rendre pour entendre l’Orfeo du ténor italien Valerio Contaldo, le Riccardo de Jakub Józef Orlinski, les très prometteurs Marine Chagnon et Mikhail Timoshenko (Angelina et Dandini dans la Cenerentola) ou encore l’attachant ténor tchèque Petr Nekoranec (les Indes galantes).

Intitulée « Le cœur battant », la saison dijonnaise concoctée par Antonella Zedda dispose de tous les atouts pour susciter la curiosité des amateurs d’art lyrique, à commencer par celle des rédacteurs de Première Loge.

Et pour consulter les programmes de toutes les salles d’opéras, c’est là !