Saison 26-27 de l’Opéra de Paris : 19 productions lyriques dont 7 nouvelles productions

Fort d’un taux de fréquentation toujours très élevé (93,6% pour la saison 24-25) et avant les fermetures annoncées de ses deux salles pour travaux pour une durée de deux ans (Garnier dès l’été 2027, Bastille en 2030), L’Opéra de Paris vient de dévoiler sa future saison.

La surprise réside peut-être dans la place accordée aux répertoires des XXe et XXIe siècles, avec certes des œuvres déjà devenues des classiques incontournables (Katia Kabanova, Lady Macbeth de Mzensk, Turandot), mais aussi Perle noire de Sorey (un hommage à Joséphine Baker) et une création : Miroir de nos Peines (Parra).

Pour le reste, les nouvelles productions ne réservent guère de surprises. Certains spectacles annoncés comme étant de « nouvelles productions » ne le sont que pour l’Opéra de Paris : il s’agit de reprises de spectacles déjà applaudis ailleurs (Perle noire par Sellars, un spectacle déjà vu, entre autres, au Châtelet ; Werther par Carsen, applaudi à Baden-Baden, Don Giovanni déjà proposé à New York par Louisa Proske). Comme véritables « nouvelles productions », ne restent donc que la Götterdämmerung de Wagner, conclusion d’un Ring qui est loin d’avoir fait l’unanimité (deux cycles complets en seront proposés), et Idomeneo : pourquoi pas ? mais enfin, le chef d’œuvre de Mozart a déjà bénéficié de deux productions à l’Opéra de Paris, certes un peu anciennes, l’une signée Federik Mirdita à la fin du XXe siècle (1987), l’autre réalisée par Luc Bondy, encore reprise au Palais Garnier en 2010. Faut-il rappeler, une énième fois, que de trop nombreux chefs-d’œuvre des répertoires français, allemand, italien, espagnol, russe, tchèque, anglais,…  attendent toujours d’être tout simplement créés à l’Opéra de Paris ?

Côté reprises, onze spectacles ayant déjà fait leurs preuves raviront ceux qui ne les ont jamais vus, ou ceux qui souhaiteraient les revoir dans des distributions renouvelées (Hamlet version ténor avec John Osborn ; Roméo et Juliette avec Nadine Sierra et Juan Diego Flórez ;…). Remarquons une fois encore que, pour l’Opéra de Paris, le belcanto se résume hélas aux sempiternels Don Pasquale, Elisir d’amore et Barbier de Séville. Comme si Rossini et Donizetti n’avaient jamais composé d’opere serie… Après quelque 200 ans de purgatoire, formons des vœux pour qu’Otello, Ermione, Maria Stuarda, Roberto Devereux , Zelmira, La gazza ladra, Tancredi, Semiramide, Il pirata, Maria de Rudenz, Poliuto, La Favorite, Armida,… aient un jour – enfin – les honneurs de la première scène française !

À noter enfin la création d’une Maîtrise de l’Opéra, un spectacle d’après La Dispute de Marivaux, Ce qui brûle en silence, sur des musiques de Strozzi, Fénelon et Monteverdi par les membres de l’Académie de l’Opéra, et, côté concerts, un hommage à Régine Crespin à l’occasion de son centenaire (avec Sondra Radvanovsky, Ludovic Tézier, Léa Desandre, Marina Rebeka,…) et un récital Schubert par Lise Davidsen.

Pour le programme complet de la nouvelle saison, consultez le site de l’Opéra de Paris.

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