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LA FILLE DE MADAME ANGOT, Lecoq (1872) – dossier

Opéra-comique en 3 actes de Charles Lecoq, livret de Clairville, Paul Siraudin et Victor Koning (1872)

Le compositeur :
Charles LECOCQ (1832-1918)

Né à Paris le 03 juin 1832, Charles Lecocq acquiert l’essentiel se sa formation musicale auprès de Louis Crèvecœur, puis entre au Conservatoire. Il suit les classes de Bazin et d’Halévy, avant d’être révélé par Offenbach à l’occasion du concours d’opérette que celui-ci organise en 1856, et que Lecoq remporte avec Bizet (Le Docteur Miracle, 1857). Il compose par la suite une cinquantaine d’opérettes, parmi lesquelles La Fille de Madame Angot (1872), Giroflé-Girofla (1874), La Petite Mariée (1875), Le Petit Duc (1878) et Le Cœur et la Main (1882). Ami de Saint-Saëns et Chabrier, il confia à ce dernier dans une lettre datée du 8 juin 1892 sa frustration de n’avoir jamais composé d’opéra.

Sa musique, constamment fraîche et élégante et dotée d’une grande efficacité dramatique, remporta un énorme succès en une période où le public français tout à la fois se montrait avide de légèreté (il s’agissait d’oublier la débâcle de 1870…) et commençait à se lasser du genre bouffe, préférant au burlesque, à la satire et à l’absurde (qu’un Offenbach avait portés au sommet) un comique aux contours plus adoucis, au ton plus sentimental et plus petit-bourgeois.
Charles Lecocq meurt à Paris le 24 octobre 1918.

Les librettistes

Clairville

Paul Siraudin

Victor Koning

CLAIRVILLE (de son vrai nom Louis-François Nicolaie, 1811-1879)
L’immortel auteur de la chanson « Il était un petit navire » fut connu en son temps pour ses parodies d’opéras célèbres (L’Âne à Baptiste, parodie du Prophète, ou Ya-mein-Herr, parodie de Tannhäuser). Il fut également le librettiste d’opérettes ou d’opéras-comiques célèbres : Les Cent Vierges (avec Chivot et Duru, 1873, musique de Lecocq), Les Cloches de Corneville (avec Gabet, 1877, musique de Planquette).

Paul SIRAUDIN, confiseur célèbre mais aussi librettiste d’opérettes (1812-1883). Il écrivit entre autres livrets ceux du Voyage de messieurs Dunanan père et fils pour Offenbach (avec Jules Moineaux, 1862), La Fanfare de Saint-Cloud pour Hervé (avec Ernest Blum, 1862), ou Malbrough s’en va-t-en guerre pour Bizet, Jonas, Legouix et Delibes (1867).

Victor KONING (Konig, dit. 1842-1894). Né à Belleville, ce dramaturge écrivit essentiellement des comédies, des vaudevilles et des livrets d’opérettes. Avec ses confrères Paul Siraudin et Clairville, outre le livret de La Fille de Madame Angot, il écrivit Canaille et compagnie, un drame en 5 actes créé au théâtre de l’Ambigu-Comique en 1873. Victor Koning fut également le directeur du théâtre de la Gaîté (1868-1869) et du théâtre de la Renaissance (1875-1882).

La création

L’œuvre fut créée à Bruxelles, aux Fantaisies-Parisiennes, le 04 février 1872. Pauline Luigini chantait le rôle-titre, Marie Desclauzas celui de Melle lange, Mario Widmer celui d’Ange Pitou, Alfred Jolly celui de Pomponnet.

Le triomphe de la création se renouvelle lors de la première parisienne, aux Folies-Dramatiques, le 21 février 1873, malgré un spectacle beaucoup plus pauvre, le directeur de la salle n’ayant tout d’abord pas cru au succès de l’œuvre. À Paris, c’est Paola Marié qui tenait le rôle-titre, Marie Desclauzas reprenant celui de Melle Lange, les deux artistes ayant été obligées de trisser, lors de la première, les Couplets de la dispute (« Ah ! C’est donc toi, Madam’ Barras ! ») du dernier acte !

Après sa création parisienne, « l’œuvre obtint une série consécutive de quatre cents représentations, qui est aujourd’hui bien plus que doublée » écrivent Félix Clément et Pierre Larousse dans leur Dictionnaire des Opéras (édition de 1905). De fait, l’opéra-comique de Lecocq connut de très nombreuses reprises pendant toute la fin du XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle, avec notamment de célèbres productions à l’Opéra-Comique.  Il voyagea à travers toute l’Europe et même jusqu’à New York.  Puis, le genre même de l’opérette disparaissant peu à peu des scènes lyriques françaises à partir des années 80, elle se fit de plus en plus rare. Quelques reprises eurent lieu cependant au tournant du siècle : au Châtelet en 1984, à Lausanne en 2010, à l’Opéra Royal de Liège en 2011, ou encore à Marseille en 2018.

Le livret

© Gallica / BnF

Le livret est une création de Clairville, Siraudin et Koning, mais l’intrigue qu’ils imaginent prend la suite de nombreux autres textes dont le premier est un court récit, Le Déjeuner de la râpée (1748), signé Lécluse (de son vrai nom Louis de Tilloy), le spécialiste, avec Jean Joseph Vadé, du genre poissard au XVIIIe siècle. On trouve dans ce récit une « Mademoiselle Ango », mais le personnage connaîtra un essor considérable avec une série de comédies de Maillot (de son vrai nom Antoine-François Ève ) ayant remporté un très grand succès sous le Directoire. Personnage d’ex-poissarde enrichie, le rôle était initialement tenu  – comme les dames de la Halle d’Offenbach –, par un homme : l’acteur dénommé Corse, alors très célèbre sur le boulevard du Temple. Portant jupons, robes et  chapeau, frou-frou et mousseline, le rôle de Madame Angot offrait au comédien l’occasion de proposer un florilège de gouaille, de sans-gêne, d’insultes et de fautes de langue.

Les aventures de Madame Angot sont résumées dans l’air d’Amaranthe au premier acte de l’opéra-comique de Lecocq :

Marchande de marée,
Pour cent mille raisons,
Elle était adorée,
À la halle aux poissons,
Jours de fête et dimanche,
Quand on l’asticotait,
Les deux poings sur la hanche,
Elle se disputait.

Très jolie,
Peu polie,

Possédant un gros magot,
Pas bégueule,
Forte en gueule,

Telle était madame Angot !

En ballon elle monte,
La voilà dans les airs,
Et plus tard elle affronte
Les mers et les déserts.
Au Malabar captive,
La croyant veuve, hélas!
On veut la brûler vive,
C’est la mode là-bas!

Folle et grave,
Elle brave

Ballon, tempête et fagot,
Le tonnerre
N’eût pu faire
Reculer madame Angot !

Enfin toute sa vie,
Elle a voyagé, mais
C’est surtout en Turquie
Qu’elle eut un vrai succès;
Malgré ses cinq cents femmes,
Le Sultan, certain soir,
Brûlant de mille flammes,
Lui jeta le mouchoir.

Très jolie,
Peu polie,
Possédant un gros magot,
Pas bégueule,
Forte en gueule,
Telle était madame Angot !

Les couplets d’Amaranthe par Jany Sylvaire (Marcel Cariven et son orchestre, 1965)

Il faut croire qu’en 1872, le souvenir des pièces de Maillot était encore très vif puisque ces couplets font explicitement allusion à quatre d’entre elles : Madame Angot ou la Poissarde parvenue (1796) ; Madame Angot dans son ballon (1798) ; Madame Angot au sérail de Constantinople (1800) ; Madame Angot au Malabar ou la Nouvelle Veuve (1803).

Résumé de l’intrigue

L’opérette de Lecocq se passe sous le Directoire, alors qu’Incroyables et Merveilleuses tentaient, par leurs extravagances, de faire oublier les sombres excès de la Terreur.  Outre un accoutrement vestimentaire véritablement « incroyable » (longues tresses de cheveux, grands anneaux aux oreilles, énormes lunettes et cravates,…), les « Inc-oyables » avaient pris l’habitude de ne pas prononcer les « r », jugés trop rudes, et se reconnaissaient entre eux à leur perruque blonde et à leur collet noir, lesquels sont cités dans le chœur des « conspi-a-teu-s » du second acte.  Les « Me-veilleuses » ne leur cédaient en rien pour l’extravagance de leurs tenues : costumes à la grecque aux tissus plus ou moins transparents, immenses chapeaux, cothurnes, bagues précieuses passées aux orteils, anneaux d’or aux mollets,…

Un Incroyable et une Merveilleuse peints par Louis-Léopold Boilly (Point de convention, vers 1797)

Le livret de La Fille de Madame Angot met en scène personnages fictifs (telle Clairette, l’héroïne éponyme) et personnages ayant bel et bien existé, ne faisant parfois l’objet que de simples allusions. Parmi les personnages réels :

  • Paul Barras (1755-1829), l’un des cinq Directeurs, dont il est toujours question dans l’intrigue mais qui n’apparaît jamais sur scène.

  • Charles Pierre François Augereau (1857-1816) fut un célèbre général avant de devenir maréchal d’Empire.

  • Le contre-révolutionnaire Louis Ange Pitou (1767-1846), considéré comme l’auteur des paroles de la chanson Les collets noirs rendant hommage à Louis XVI et Louis XVII (et auxquels font allusion les conspirateurs du deuxième acte de l’opérette de Lecocq).

  • Anne Françoise Elizabeth Lange (1722-1816 ou 1825) : actrice renommée au nombre de rôles et de (riches) amants impressionnant. Ses relations privilégiées avec plusieurs personnalités importantes lui permirent de mener grand train et d’échapper à la guillotine. Elle est notamment restée célèbre pour avoir été peinte en prostituée par Girodet.
Acte 1

Les Dames de la Halle ont pris en charge l’éducation de Clairette, la fille de feu Madame Angot. Elles lui destinent, comme époux, le perruquier Pomponnet. Hélas, si Pomponnet aime sincèrement Clairette, celle-ci lui préfère le volage Ange Pitou, un chansonnier sans cesse poursuivi pour ses couplets provocateurs visant le Directoire (mais qu’une mystérieuse femme parvient toujours à faire sortir de prison…). Les deux amants se retrouvent secrètement et cherchent ensemble un moyen d’éviter le mariage de Clairette et de Pomponnet, lorsqu’arrive le financier Larivaudière : ayant eu vent d’une nouvelle chanson dévoilant ses amours avec Melle Lange, la favorite du Directeur Barras, il paie Pitou pour que celui-ci supprime son nom de sa chanson. Mais la foule arrive et presse Ange Pitou de chanter ladite chanson… Pitou refuse, mais Clairette voit là le moyen de ne pas épouser Pomponnet : elle chante les couplets interdits, est immédiatement arrêtée, ce qui rend son mariage impossible ! 

I
Jadis les rois, race proscrite,
Enrichissaient leurs partisans ;
Ils avaient mainte favorite,
Cent flatteurs, mille courtisans.
Sous le Directoire tout change,
Pourtant ne vous y fiez pas !
On dit mademoiselle Lange
La favorite de Barras…

Barras est roi, Lange est sa reine,
C’n’était pas la peine, c’n’était pas la peine,
Non, pas la peine, assurément,
De changer de gouvernement !

LE CHOEUR
Barras est roi, etc

II

Pour épuiser la France entière
Les rois avaient des financiers,
Et Barras a Larivaudière
Qui paye tous ses créanciers.
Seulement ce qu’on ne dit guère
C’est qu’en dépit des tribunaux,
Barras paye Larivaudière
Avec les biens nationaux !

Voilà comme cela se mène
C’ n’était pas la peine, c’n’était pas la peine,
Non, pas la peine, assurément,

De changer de gouvernement !

LE CHOEUR
Voilà comme cela se mène, etc.

III

Des favorites infidèles
On sait quelles étaient les mœurs :
Les rois étaient trompés par elles,
Aujourd’hui sommes-nous meilleurs ?
Non, car l’amour est hypocrite
Et Larivaudiere est chéri.
À prix d’or de la favorite
Il est, dit-on, le favori !

Il… chiffonne la souveraine;
C’ n’était pas la peine, c’n’était pas la peine,
Non, pas la peine, assurément,
De changer de gouvernement !

LE CHŒUR
Il chiffonne la souveraine, etc.

« Jadis les rois… » (Liliane Berton, Orchestre des Concerts de Paris, André Gallois, 1961)

Acte II

Mlle Lange tient salon en compagnie de Larivaudière, qui raconte  aux « Merveilleuses » l’arrestation de Clairette. Mais Mlle Lange souhaite être seule : elle doit en effet recevoir un groupe de conspirateurs complotant contre les Directeurs. Ces conspirateurs royalistes sont cependant précédés par Pomponnet, qui vient plaider la cause de Clairette auprès de Melle Lange : Clairette est, selon lui, tellement naïve et innocente qu’elle n’a pas compris la gravité de son geste… Melle Lange a précisément demandé à son protecteur Barras de libérer la jeune fille, dont elle aimerait faire la connaissance. Lorsque les deux femmes sont en présence, elles tombent dans les bras l’une de l’autre, se reconnaissant toutes deux comme d’anciennes pensionnaires du même institut. Arrive Ange Pitou : Melle Lange cache Clairette et le reçoit. Pitou découvre alors que Melle Lange est sa protectrice mystérieuse, et il ne tarde pas à succomber au charme de la dame, tout comme la dame succombe au sien.

Alors que les conspirateurs, un groupe d’ « Incroyables » en « perruques blondes et collets noirs » entrent dans les appartements de Melle Lange , on annonce l’arrivée des forces du général d’Augereau. Qu’à cela ne tienne : pour écarter tout soupçon, Melle Lange improvise un grand bal censé être donné à l’occasion de noces : celles de Clairette et d’Ange Pitou. Clairette a cependant compris que son bien-aimé est tombé amoureux de Melle Lange…

« Tournez, tournez… » (Christiane Stutzmann, Choeur du Théâtre de L’Opéra – Orchestre du Théâtre National de L’Opéra Comique, dir. Jean Doussard)

Acte III

Clairette est bien décidée à se venger de Melle Lange et d’Ange Pitou.

I
Vous aviez fait de la dépense
Pour me donner de l’innocence,
De la candeur, et journell’ment
J’ vous en donnais pour votre argent,
Je faisais preuve de modestie,
J’ baissais les yeux à tout moment,
Mais c’ n’était pas dans mon tempérament ;
Vous savez d’où je suis sortie :

De la mère Angot
J’ suis la fille,
Et la fille Angot
Tient d’ famille.
R’gardez-moi, vl’a c’ que faut
Qu’ soit mamz’lle Angot !

II
Vous alliez m’ donner, je l’ confesse,
Un mari digne de ma tendresse ;
Mais j’en aimais un autre. . . eh quoi !
Qu’ voulez-vous? ça n’ dépend pas d’ soi ;
Or, mon choix n’étant pas le vôtre,
Et n’osant dire oui ni non,
J’ai préféré me fair’ mettre en prison
Et n’épouser ni l’un ni l’autre.

De la mère Angot,
Etc.

« Vous aviez fait de la dépense… » (Colette Riedinger, dir. Richard Blareau)

Clairette a envoyé à Pitou et Melle Lange un message leur faisant croire qu’ils se donnaient l’un l’autre rendez-vous au bal Calypso de Belleville. Les deux amoureux déguisés (Pitou en charbonnier, Lange en poissarde) sont surpris par la foule, en présence de Larivaudière, ce qui vaut une passe d’armes entre Clairette et Melle Lange : « Ah, c’est donc toi, Madam’ Barras ! »

In extremis, les deux femmes se calment en se remémorant leur ancienne amitié. Clairette accepte de renoncer à Ange Pitou et d’épouser Pomponnet – même si Pitou ne perd pas espoir de conquérir un jour la jeune fille : « Elle m’échappe, mais j’espère / Qu’elle fera comme sa mère. / Attendons, nous verrons ! »

La partition

Elle regorge de ce qui, jusqu’aux années 1960, était de véritables tubes : les couplets d’Amaranthe, les couplets politiques (« Jadis les rois… »), ceux de Pomponnet, le duo Pitou/ Melle Lange, le chœur des conspirateurs, les couplets de la fille Angot (« De la mère Angot, j’suis la fille ! », ceux de la dispute,…).

La musique se caractérise par une inépuisable inventivité mélodique, faite de simplicité, de charme, de délicatesse y compris dans une orchestration claire et soignée. Lecocq excelle dans la veine tendre et sentimentale (le premier air de Clairette : « Je vous dois tout, moi l’enfant de la Halle », ceux de Pomponnet : « Elle est tellement innocente », le délicieux duo entre Clairette et Lange au deuxième acte : « Jours fortunés de notre enfance », où les mélismes dessinés par les voix des deux femmes proposent une version légère 

– une version « opérette » – des duos féminins entre soprano et mezzo qui, de Bellini à Berlioz, de Rossini à Offenbach, ont embelli tant de partitions d’opéras…). Mais sa musique est tout aussi irrésistible dans les couplets pleins de verve ou de gouaille (« Jadis, les rois, race proscrite », « Vous aviez fait de la dépense », les fameux couplets de la dispute,…). Tour à tour amusante, touchante, cinglante, enjôleuse (splendide valse clôturant de deuxième acte !), elle témoigne par ailleurs d’une constante adéquation au texte et d’un vrai sens du drame. Meilhac, Halévy et Bizet y furent-ils sensibles ? Toujours est-il que le chant de Carmen et de ses complices contrebandières, au troisième acte du chef-d’œuvre de Bizet (« Quant au douanier, c’est notre affaire, tout comme un autre, il aime à plaire / Il aime à faire le galant, / Ah, laissez-nous passer en avant ! ») évoque à s’y méprendre celui de Lange et des Merveilleuses quand plane sur elles la menace d’une arrestation par les soldats d’Augerau (« Les soldats d’Augereau sont des hommes, / Et toutes faibles que nous sommes, / Je promets que nous les valons, / Car nous faisons des hommes / Tout ce que nous voulons ! »).

Pour voir et écouter l’œuvre

CD

Extraits – Lina Dachary, Solange Michel, Michel Dens, Joseph Peyron ; Orchestre de l’Association des Concerts Lamoureux ; chœurs Raymond Saint-Paul, dir. Jules Gressier – EMI, 1952.

Extraits – Claudine Collart, Lyne Culia, Henri Legay, Robert Lilty ; Grand Orchestre et Chœur, dir. Jésus Etcheverry – Philips, 1957.

Colette Riedinger, Suzanne Lafaye, Gabriel Bacquier, Bernard Alvi ; Choeur et orchestre symphonique de Paris, dir. Richard Blareau – DECCA, 1958.

Mady Mesplé,  Christiane Stutzmann, Bernard Sinclair, Charles Burles ; Chœurs du Théâtre national de l’Opéra ; Orchestre du Théâtre national de l’Opéra-Comique, dir.  Jean Doussard – EMI, 1972.

Streaming

Bénédicte Tauran, Maryline Fallot, Jean-Sébastien Bou, Emiliano Gonzalez.

Chœur de l’Opéra de Lausanne, Sinfonietta de Lausanne, dir. Nicolas Chalvin. Mise en scène Anémone. Opéra de Lausanne, décembre 2010 (sous-titres en français). 

Dossier réalisé par Stéphane Lelièvre